dimanche 20 août 2017

Opus Symbiosis - Opus Symbiosis (2009)

Opus Symbiosis
Opus Symbiosis - Opus Symbiosis
(2009)
Opus Symbiosis, petit vent de fraîcheur en provenance de Finlande... Leur premier album éponyme sort en 2009. D'une durée inférieure à quarante minutes, il réunit six titres composés entre 2003, date de formation du groupe, et 2009. Deux dépassent les sept minutes, Tales From A Whispering Society et l'intrépide Empty But Not Completely Infoless.

Si le groupe qualifie sa musique de rock progressif expérimental, la prédominance des guitares laisse également penser à du rock indépendant de qualité. Les références qui viennent en tête vont de Blondie à The Gathering époque Anneke van Giersbergen, en passant par Touchstone ou IO Earth pour l'énergie déployée. 

Deux des cinq musiciens sont des guitaristes. En retrait, les claviers sont joués par le batteur Staffan Strömsholm. Le chant de Christine Sten est direct, comme celui de Kim Seviour de Touchstone. Peu chaleureux, il exprime davantage de la colère et d'autre sentiments exacerbés que de la douceur ou de la tendresse.

La scène finlandaise réserve bien des surprises depuis deux décennies. Opus Symbiosis est de celles-là, de même que d'autres formations toutes aussi intéressantes comme Paidarion ou Porcelain Moon

Musiciens


Christine Sten : chant
Victor Sägfors : guitares, chœurs
Michael Rosenback : guitares, percussions
Jafet Kackur : basse, glockenspiel, chœurs
Staffan Strömsholm : batterie, percussions, claviers, chœurs

Titres


01. Solar Clouds
02. Tales From A Whispering Society
03. Meanwhile
04. Empty But Not Completely Infoless
05. Heads Tails
06. Artefacts Of The Gardener

samedi 19 août 2017

Paidarion - Hauras Silta (2009)

Paidarion Haura Silta
Paidarion - Haura Silta (2009)
Au contraire de ses compatriotes finlandais Nightwish ou Lordi, Paidarion n'est que douceur. Une douceur qui fait le plus grand bien. 

Le groupe est mis sur pied en 2006 par Kimmo Pörsti, déjà batteur de Mist Season, formation purement instrumentale orientée jazz fusion. Son souhait était de mettre en musique les textes de Pirkko Salhi. Pour cela, il emmène avec lui ses collègues Timo Kajamies (claviers) et Tommi Varjola (guitares). Le trio est rejoint ensuite par l'excellent bassiste Jan-Olof Strandberg (écoutez l'intro de Tuulensuoja ou Päivän Kajo Hileessä et vous comprendrez) ainsi que par le guitariste Jaan Jaanson, tous deux de Progression, autre formation spécialisée aussi dans le jazz. Suivent le saxophoniste et flûtiste Olli Jaakkola, le guitariste Harri Göös, puis les chanteurs Jari Markkula et Kristina Johnson. Si le choix de Jari Markkula est plus discutable, la prestation de Kristina Johnson est tout simplement géniale. Son chant soprano illumine à lui seul ce disque fleurant bon cette mélancolie scandinave propre aux pays nordiques.

Mélange à la fois de musique folklorique finlandaise, de jazz et de rock progressif, Haura Silta, le "pont fragile" en bon français, propose un voyage bucolique à travers les forêts finlandaises infinies. La flûte de Olli Jaakkola, très présente, contribue à donner cette couleur particulière. On pense ainsi aux premiers albums de Mostly Autumn, mais aussi aux Polonais de Quidam. Le chant de Kristina évoque tant celui de ses consœurs Heather Findlay et Emila Derkowska que celui de la grande Tarja Turunen

Bref, ce disque est un véritable régal pour les oreilles. La qualité des compositions, le haut niveau des musiciens et sa production sans faille séduiront à ne pas en douter les mélomanes les plus exigeants à la recherche de belles découvertes.


Musiciens


Kristina Johnson : chant
Jari Markkula : chant
Kimmo Pörsti : batterie, percussions, guitares, claviers
Jan-Olof Strandberg : basse
Harri Göös : guitares
Tommi Varjola : guitares
Jaan Jaanson : guitares
Timo Kajamies : claviers
Olli Jaakkola : flûtes, saxophones

Titres


01. Hauras Silta
02. Polku
03. Oljenkorsi
04. Pieni Askel
05. Eksynyt
06. Kipinät Vedestä
07. Kultapallo
08. Tyhjä Takki
09. Tuulensuoja
10. Hahmo
11. Päivän Kajo Hileessä
12. Hauras Silta II

jeudi 17 août 2017

Porcelain Moon - ...As It Were. Here And There (2011)

Porcelain Moon As It Were. Here And There
Porcelain Moon - ...As It Were.
Here And There (2011)
En provenance de Finlande, Porcelain Moon se compose de six musiciens menés par la chanteuse Charlotta Kerbs. Formé en 2005, le groupe s'est d'abord dénommé tout simplement Porcelain. Ils sortent un premier album autoproduit en 2009, ...As It Were. Here And There. Repérés par Muséa, le label français spécialisé dans les musiques progressives, cet album est réédité en 2011 et le nom de Porcelain Moon adopté pour l'occasion.

La musique de Porcelain Moon peut être qualifiée de prog psychédélique à forte teneur joplinienne. Bien que le timbre de voix de Charlotta se trouve fort éloigné de celui de la perle Janis, elle n'en possède pas moins la même énergie et surprend par ses emportements. Ainsi, ...As It Were. Here And There plonge l'auditeur dans le meilleur des seventies, à l'époque des Camel, Pink Floyd, Deep Purple ou Procol Harum. L'orgue Hammond, omniprésent aux côtés de la guitare électrique, n'est pas sans rappeler l'influence majeure de ces derniers. Les sept titres, oscillant entre quatre et huit minutes, sont également traversés de violon et piano. Tous sont chantés en anglais à l'exception du dernier, Vinden, où Charlotta s'exprime dans sa langue natale... le suédois. Et oui, la jeune chanteuse est issue de la minorité suédoise vivant en Finlande. 

C'est vraiment elle la révélation de cette album. A la fois étonnante et éblouissante par tant de maîtrise, sa prestation donne le vertige sur Parts et fait du faussement naïf Someone And Love une belle curiosité à découvrir de toute urgence si ce n'est déjà fait. 


Musiciens


Charlotta Kerbs : chant
Mathias Björk : guitares
Niklas Harju : guitares
Markus Kankkonen : basse, percussions
Tony Nyström : claviers, orgue Hammond
Pia Susanne Kurtén : violon, piano
Tom Simell : batterie

Titres


01. Lost In Haze
02. Parts
03. Caught In A Dream
04. Rainbow
05. Someone And Love
06. Marken grøde
07. Vinden

mardi 15 août 2017

The Moon And The Nightspirit - Of Dreams Forgotten And Fables Untold (2005)

The Moon And The Nightspirit Of Dreams Forgotten And Fable Untold
The Moon And The Nightspirit -
Of Dreams Forgotten And
Fable Untold (2005)
The Moon And The Nightspirit est un sympathique duo en provenance de Hongrie. Formé en 2003, il se compose de Mihaly Szabo à la guitare, basse et instruments à vent, ainsi que d'Agnes Toth au chant, violon, instruments à vent et piano. Disponible en 2005, Of Dreams Forgotten And Fables Untold est leur tout premier album.

S'il fallait qualifier ce disque d'un seul mot, ce serait sans hésitation "magique". Magique par la voix féerique d'Agnes, véritable conteuse dont le chant évoque aussi bien celui de Candice Night de Blackmore's Night que celui de la douce Heather Findlay, ex-Mostly Autumn. Magique par la musique aux influences médiévales et folk. Ne sont employés ici que des instruments acoustiques, telles les percussions chamaniques de Gabor Vegh. 

La magie est omniprésente dans ces neuf chansons aux allures d'incantations ancestrales et de prières mystérieuses. Le groupe puise son inspiration dans les vieilles légendes hongroises et nous transportent dans un monde oublié où il est question de forêts mystérieuses, de lacs hantés et de divinités païennes aux pouvoirs inquiétants. Bien que chanté en anglais, deux titres, Egi Táltos et Holdanyánk sont interprétés dans leur langue natale, ce qui leur donne une coloration bien plus authentique. Dans les productions suivantes, le hongrois sera définitivement adopté.

The Moon And The Nightspirit est à la Hongrie ce qu'Irfan est à la Bulgarie, Daemonia Nymphe à la Grèce ou Faun à l'Allemagne, à savoir le vecteur moderne d'un passé mythifié et d'une culture millénaire à la richesse inouïe, souvent méconnue.

Musiciens


Agnes Toth : chant, violon, instruments à vent, piano
Mihaly Szabo : guitare acoustique, basse, instruments à vent

Gabor Vegh : percussions

Titres


01. Egi Táltos
02. Lullaby
03. Beloved Enchantress
04. The Secret Path
05. In Garden Of Worlds Undreamt
06. Holdanyánk
07. Echo Of Atlantis
08. Pagan
09. Dreams Forgotten And Fables Untold

dimanche 13 août 2017

Luar Na Lubre - Beira - Atlántica (1990)

Luar Na Lubre Beira Atlantica
Luar Na Lubre - Beira - Atlántica
(1990)
Accordéon, cornemuse, flûte, violon, bodhrán sont à nouveau au rendez-vous pour ce deuxième album de Luar Na Lubre. Originaire de la Galice espagnole, les six musiciens et leur chanteuse Ana Espinosa explorent les racines celtiques de leur peuple et cherches à les relier aux autres nations celtes que sont l'Écosse, l'Irlande, l'île de Man, le Pays de Galles, les Cornouailles et la Bretagne.

Deux des titres proposés sont d'ailleurs un hommage direct à ces territoires séparés par l'Atlantique. Highlanders, medley d'une gigue et de trois reels, offre une salutation fraternelle à la lointaine Écosse. Composée par Bieito Romero, Jig - Muiñeira Do Miño-Carballesa diffuse une légère saveur en provenance du Pays de Galles.

Luar Na Lubre n'en oublie pas pour autant la propre histoire de sa région. Ainsi, Canción De Berce se souvient du poète Celso Emilio Ferreiro, ardent défenseur de la Galice et de sa langue. Le chant d'Ana, rare sur cet album, transparaît ici dans toute sa splendeur et fait preuve d'émotion. TroquemosMuñeira De Mazaricos et Danza De Palillos - Foliada sont les deux autres titres sur lesquels il est possible de le savourer.

Beira - Atlántica est une collection de danses traditionnelles remises au goût du jour par Luar Na Lubre. Certaines d'entre elles remontent à des temps ancestraux et font la richesse culturelle de ce petit bout de terre niché au nord-ouest de l'Espagne.


Musiciens


Ana Espinosa : chant, claviers
Bieito Romero : cornemuse, flûtes, accordéon
Xan Cerqueiro : flûtes
Andres Bardullas : violon
Daniel Cerqueiro : guitare, chant
Patxi Bermudez : percussions
Xulio Varela : percussions, chant

Titres


01. Troquemos - Muñeira De Mazaricos
02. Danza De Santa María De Toras
03. Muiñeira De Cabana
04. Danza Das Burgas
05. Beira Atlántica
06. Jig - Muiñeira Do Miño-Carballesa
07. Danza De Palillos - Foliada
08. Canción De Berce
09. Highlanders

samedi 12 août 2017

Tarja Turunen & Harus - In Concert Live At Sibelius Hall (2011)

Tarja Turunen In Concert Live At Sibelius Hall
Tarja Turunen & Harus -
In Concert Live At Sibelius Hall (2011)
Bénéficiant d'une renommée internationale certaine, Tarja Turunen, ancienne chanteuse du groupe de metal symphonique Nightwish, est devenue une véritable ambassadrice de la culture finlandaise. Déjà, au début des années 2000, elle a monté la tournée "Noche Escandinava" en Amérique du Sud afin de valoriser les compositeurs classiques de son pays. La deuxième série de concert sera gravée sur CD sous le titre Noche Escandinava II en 2005. L'année suivante, Henkäys Ikuisuudesta, son premier opus en solo, comporte essentiellement des chants de Noël traditionnels finlandais.

On retrouve d'ailleurs plusieurs chansons de cet album sur ce In Concert Live At Sibelius Hall paru en 2011. Donné le 7 décembre 2009 à Lahti, dans le sud de la Finlande, ce récital a été enregistré au Palais Sibelius. Véritable chef d'œuvre de l'architecture moderne en bois, cette salle de concert a été construite en ce début de millénaire et dispose d'une acoustique remarquable. Elle porte le nom du plus grand compositeur finlandais du siècle passé,

Depuis 2008, Tarja a pris l'habitude de partir en tournée au mois de décembre, souvent dans des églises et autres lieux sacrés, afin de célébrer Noël. Elle s'entoure alors de trois musiciens regroupés sous le nom d'Harus. Tous sont des pointures dans leur domaine. L'organiste Kalevi Kiviniemi s'est spécialisé très tôt dans la musique française. Il a notamment joué à Sainte-Clotilde et à Notre Dame de Paris, à Orléans ainsi qu'à Rouen. On lui doit aussi l'enregistrement de l'œuvre intégrale de Sibelius à l'orgue. Plutôt spécialisé dans la musique jazz, Marzi Nyman étudie la guitare à l'Académie de musique d'Helsinki depuis 1998. Quant au percussionniste Markku Krohn, il est un membre éminent du prestigieux Orchestre symphonique de Lahti. 

Les quatre artistes ont tous reçu une formation classique et ont l'ambition de relier chants traditionnels et musique contemporaine à travers cette série de récitals. Ainsi, le célèbre Silent Night dénommé Jouluyö, Juhlayö, interpété à la perfection par Tarja, est habillé d'une délicate guitare électrique dont chaque note illustre un fragile flocon tombant avec volupté sur un blanc manteau neigeux. Deux Ave Maria sont interprétés, dont un mis en musique par Tarja elle-même. Clin d'œil à l'ère Nightwish, Tarja et ses musiciens reprennent le désormais célèbre Walking In The Air dans une version des plus oniriques. 

Parfois à la limite de la musique expérimentale (Astral Bells, Improvisation: Variation Sur Un Noël), In Concert Live At Sibelius Hall est illuminé par l'orgue majestueux de Kalevi dont l'intensité dramatique se trouve en contraste avec la guitare sensuelle de Marzi. Portée par les carillons volatiles de Markku, la voix angélique de Tarja n'a jamais été aussi sublimée.




Musiciens


Tarja Turunen : chant
Kalevi Kiviniemi : orgue
Marzi Nyman : guitare
Markku Krohn : percussions

Titres


01. Arkihuolesi Kaikki Heitä
02. Ave Maria op. 80
03. Ave Maria
04. Maa On Niin Kaunis
05. Varpunen Jouluaamuna
06. Heinillä Härkien
07. En Etsi Valtaa Loistoa
08. Jouluyö, Juhlayö (Silent Night)
09. Astral Bells
10. You Would Have Loved This
11. Walking In The Air
12. Improvisation: Variation Sur Un Noël

vendredi 11 août 2017

Millenium - Millenium (1999)

Millenium polish band
Millenium - Millenium (1999)
Framauro n'est plus. Vive Millenium... ou presque... En 1999, Ryszard Kramarski et Tomasz Pabian envisagent de donner une suite à Etermedia, le premier album de Framauro. Souhaitant professionnaliser le groupe, ils décident d'abandonner la boîte à rythme au profit d'un vrai batteur. Ils recrutent alors Tomasz Paśko, membre d'Inside Out (groupe de rock progressif local, sans aucun lien avec le célèbre label musical allemand spécialisé dans les musiques progressives). Ils choisissent également de changer de chanteur. Leur choix se porte sur Lukasz Galęziowski, vieille connaissance du nouveau batteur. Par la suite, il prendra comme nom de scène Lukasz Gall. Il ne manque plus que le bassiste. Ce sera Piotr Mazurkiewicz, lui aussi un ancien d'Inside Out. 
  
Durant les sessions d'enregistrement, il devient évident qu'un nouveau groupe est en train de naître. Ryszard abandonne finalement le nom de Framauro au profit de Millenium. Millenium comme le nouveau millénaire qui s'annonce. Mais cette nouvelle appellation n'est pas non plus sans évoquer les légendaires Marillion, source d'inspiration assumée par Ryszard et ses musiciens. L'album au titre éponyme sort en octobre 1999. Mais, avec le recul, est-ce vraiment un album de Millenium ?

En fait, ce disque est plutôt à considérer comme un album de transition entre Framauro et ce que deviendra Millenium. Le chant de Lukasz, encore mal assuré, est exclusivement en polonais. Dès l'album suivant, l'anglais sera adopté. Ryszard lui-même considère l'album Millenium comme une parenthèse ou, plus précisément, un numéro 0 (le numéro 1 étant Vocanda). 

Pourtant, les principales bases du futur Millenium sont bien posées, que ce soient les envolées synthétiques de Ryszard, les soli de guitare gilmouriens, la présence du saxophone sur deux titres (Był Sobie Kraj!, Ona I On) ou les splendides chœurs féminins évoquant notamment la performance de Tessa Niles sur le mythique Clutching At Straws de Marillion à l'intérieur de Święte Małpy. Pas entièrement satisfait de ce premier opus, Ryszard remodèlera chaque titre sous une nouvelle forme pour Deja Vu en 2004. Ainsi, on retrouvera un peu de Betonowy Świat dans Fumbled, de Karty Prawdy dans The Silent Hill et ainsi de suite.

Alors, indispensable ce Millenium ? Pour être honnête, non. La suite discographique sera bien plus passionnante. Il apporte avant tout un éclairage sur la carrière de cet excellent groupe. Et il permet aussi de découvrir la langue polonaise sous un autre angle, de se familiariser avec elle et sa mélodie. C'est peut-être peu... mais ce peu, c'est déjà beaucoup.

Musiciens


Lukasz Galęziowski : chant
Tomasz Pabian : guitares
Ryszard Kramarski : claviers, guitares
Piotr Mazurkiewicz : basse
Tomasz Paśko : batterie, percussions

Edyta Struszewska : chœurs
Magda Mitoń : chœurs
Mariusz Augustyn : guitare classique
Bogdan Kolodziej : guitares
Magda Książek : violon
Agnieszka Wilkoń : saxophone
Arkadiusz Kaliński : flûte

Titres


01. Betonowy Świat
02. Ekopieśń
03. Baśniowe Alternatywy
04. Chaos
05. Był Sobie Kraj!
06. Święte Małpy
07. Fatamorgana
08. Karty Prawdy
09. Ona I On

jeudi 10 août 2017

C-Sides - Devitrification (2011)

C-Sides Devitrification
C-Sides - Devitrification (2011)
Fondé en 2007, C-Sides est un trio gallois réunissant d'anciens musiciens de Magenta. Martin Rosser, Dan Fry et Allan Mason-Jones en ont été respectivement guitariste, bassiste et batteur. Devitrification, leur premier album, sort en 2011 sur le label confidentiel White Knight crée par Rob Reed.

La musique proposée par ce nouveau combo se trouve bien éloignée de la galaxie Magenta. Si ces derniers regardent du côté de Yes, Genesis, Pink Floyd ou Renaissance, Devitirification ressuscite l'espace d'un instant le rock bien puissant des seventies façon Rush. 

Producteur du disque, Martin Rosser délivre un jeu de guitare saisissant et fougueux. Outre Magenta, on se souvient de ce musicien intuitif pour sa participation au projet original The Othello Syndrome ainsi que sur l'unique album d'Alan McCarthy, Through The Fire en 1999. En retour (?), Ce dernier a été convié à participer aux chœurs aux côtés d'Emily Bates, seule présence féminine.

En plus de la basse, Dan Fry tient le chant principal. Sa prestation convaincante évoque à la fois le Chris Cornell du You Know My Name (la BO du James Bond Casino Royale) sur Master Plan que le Jim Kerr de Simple Minds (Stand Up).

Sans révolutionner le genre, C-Sides demeure une agréable surprise et permet de découvrir ces trois talentueux musiciens dans un autre registre que le rock néo-progressif de Magenta.


Musiciens


Martin Rosser : guitares, claviers, chœurs
Dan Fry : chant, basse
Allan Mason-Jones : batterie, percussions

Emily Bates : chœurs
Matthew Rosser : percussions, guitare
Alan McCarthy : chœurs

Titres


01. The Ribbon
02. Times For Me
03. Master Plan
04. Stand Up
05. Devitrification Pt.1
06. Devitrification Pt.2
07. Devitrification Pt.3
08. Let It Go
09. Way I See

mercredi 9 août 2017

Eddie Mulder - Dreamcatcher (2015)

Eddie Mulder Dreamcatcher
Eddie Mulder - Dreamcatcher (2015)
Le guitariste Eddie Mulder s'est fait connaître dans le monde des musiques progressives par son appartenance aux formations Flamborough Head, Trion et Leap Day. Dreamcatcher est son premier disque en solo sur lequel on retrouve quelques musiciens qui l'ont accompagnés ces dernières années, dont la chanteuse et flûtiste de Flamborough Head, Margriet Boomsma. Album uniquement instrumental, Margriet apporte une légère touche bucolique à Barren Lands, titre d'ouverture, puis à Questions où sa flûte se marie avec grâce à la guitare acoustique d'Eddie. 

A la fois musicien professionnel et professeur de guitare, Eddie a été bercé dans sa jeunesse par les maîtres du genre que sont Genesis, Yes, Pink Floyd mais aussi Gong, Gentle Giant et Steve Hillage. Plus tard, il s'est ouvert au jazz, aux musiques du monde ainsi qu'au new age. Durant les années 80, il intègre la formation Avenue qu'il quitte ensuite pour rejoindre French Connection, trio de guitare acoustique avec lequel il publiera deux albums, It Don't Mean A Thing en 1997, suivi de Koh Samet l'année suivante. 

Dreamcatcher s'inscrit dans la continuité de sa production avec French Connection puisque cet album a été construit autour de la guitare acoustique. En références, impossible de ne pas citer Anthony Phillips ou Nick Fletcher. Outre la flûte de Margriet, les différents morceaux se trouvent agrémentés de quelques nappes synthétiques aériennes jouées par Edo Spanninga (Flamborough Head, Trion), Gert van Engelenburg et Derk Evert Waalkens, tous deux de Leap Day. D'ailleurs, en bonus, sont proposés un titre de Leap Day et un autre de Trion. 

Disponible sur le label polonais Oskar, Dreamcatcher est une œuvre intimiste d'une cinquantaine de minutes, idéale pour les veillées nocturnes romantiques. 


Musiciens


Eddie Mulder : guitares, basse

Margriet Boomsma : flûte
Edo Spanninga : claviers
Gert van Engelenburg : claviers
Derk Evert Waalkens : claviers

Titres


01. Barrens Lands
02. Symbiosis
03. Feeling Good
04. Forgotten Lines
05. Tenderly
06. Hurry Up!
07. Long Ago
08. Questions
09. Dreamcatcher
10. Go With The Flow
11. Waves
12. Sorrow
13. Humble Origin (Leap Day)
14. Wandering (Trion)

mardi 8 août 2017

Carlos Gallego y Robert Santamaría - El Estigma De Caín : Observaciones Del Señor Fantasía (2001)

Carlos Gallego Robert Santamaría El Estigma De Caín
Carlos Gallego y Robert Santamaría -
El Estigma De Caín : Observaciones
Del Señor Fantasía (2001)
Étrange album que cet El Estigma De Caín : Observaciones Del Señor Fantasía conçu et interprété par Carlos Gallego et le fondateur de la formation progressive espagnole Amarok, Robert Santamaría.

Les deux musiciens se sont inspirés de la malédiction divine affligée à Caïn pour écrire cette fable théâtrale imaginaire dans laquelle ils ont laissé libre cours à leur inspiration. De l'aveu même de Robert, jamais il ne retrouvera par la suite un telle liberté créatrice. Tout leur semblait alors possible, sans aucune limite. Cet état d'esprit évoque l’époque du rock progressif naissant des années 60-70. Et la musique s'en ressent. En toute insouciance, les deux amis se sont fait plaisir et ont produit ainsi une œuvre originale trouvant sa source dans un rock progressif bucolique agrémenté de jazz et de musique traditionnelle espagnole.

L'album se divise en trois actes comportant chacun trois scènes. Si Carlos occupe le rôle principal, il est secondé aux vocaux par celles qui demeureront les voix emblématiques d'Amarok : Lídia Cerón et Marta Segura. A ce moment-là, Marta n'a pas encore sorti d'album avec Amarok. Il faudra attendre l'année suivante et Mujer Luna. Elle ne quittera plus par la suite son nouveau groupe d'adoption. Quant à Lídia, c'est elle qui illumine leurs premiers albums, d'Els Nostres Petits Amics (1994) à Gibra'ara en 1998.

A leurs côtés, une belle brochette d'invités sont venus étoffer l'offre musicale. Tous ont ou auront un rôle prépondérant au sein d'Amarok. Que ce soit le violoniste Robert Abella, le batteur Pau Zañartu, la saxophoniste Mireia Sisquella ou encore Manel Mayol à la flûte traversière. 

Malgré ce que laisse supposer l'intitulé, il n'y aura pas de suite à cet opus. Il demeure donc encore aujourd'hui un supplément à la fois inédit et indispensable à la discographie d'Amarok, un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, groupe de rock progressif de la péninsule ibérique.

Musiciens


Carlos Gallego : chant, guitares, basse, percussions
Robert Santamaría : chant, claviers, guitares, saz, kanun, basse, glockenspiel, percussions

Lídia Cerón : chant
Marta Segura : chant
Robert Abella : violon
Manel Mayol : flûte traversière
Mireia Sisquella : saxophone
Pau Zañartu : batterie

Titres


01. Bienvenidos A La Luna, parte I
02. Caín Frente A La Tormenta
03. Paz
04. Confidencias A La Noche
05. Mar Allá
06. Tormenta
07. Juego
08. Parto
09. Cancion Para La Niña Gitana
10. Nana Antes De Un Viaje
11. Hazlo Tu Mismo
12. Bienvenidos A La Luna, parte II

dimanche 6 août 2017

Liam Davison - A Treasure Of Well-Set Jewels (2011)

Liam Davison A Treasure Of Well-Set Jewels
Liam Davison - A Treasure Of
Well-Set Jewels (2011)
A Treasure Of Well-Set Jewels, première œuvre en solo de Liam Davison, offre l'occasion au second guitariste de Mostly Autumn de passer l'espace d'un instant de l'ombre à la lumière. Membre fondateur de la formation yorkaise, Liam s'est toujours tenu en retrait derrière son leader Bryan Josh. Personnage discret et timide, il s'est révélé d'une efficacité redoutable à maintes occasions.

En 2007, Liam décide de quitter Mostly Autumn afin de se consacrer à cet album qui ne sera disponible qu'en 2011. Entre, il aura fait quelques apparitions au sein de Breathing Space, groupe du claviériste "autumnien" Iain Jennings, puis il réintégrera sa formation d'origine en 2009. A Treasure Of Well-Set Jewels s'inscrit pleinement dans le sillon tracé par Mostly Autumn, synthèse entre Pink Floyd et Fairport Convention.

Si Liam s'est occupé des parties de guitare, du chant (très similaire à celui de Bryan Josh), de quelques claviers additionnels et de la programmation, Iain Jennings, Paul Teasdale, bassiste de Breathing Space ainsi que Gavin Griffiths (Mostly Autumn, Panic Room, Fish) sont également de la partie. L'affiche ne serait pas complète sans les participations exceptionnelles de ses anciennes complices féminines : Anne-Marie Helder et Heather Findlay. En 2011, cette dernière n'est plus membre de Mostly Autumn. Elle est partie suivre sa propre carrière en solo (The Phoenix Suite). Elle apparaît ici sur deux titres : la splendide ballade acoustique Once In A Lifetime d'une qualité équivalente, voire supérieure, au répertoire traditionnel "autumnien", ainsi que sur le très atmosphérique Picture Postcard traversé par un magnifique solo de guitare à l'inspiration des plus "gilmouriennes". Pink Floyd, il en est encore question sur le titre bonus Immoralized où Anne-Marie Helder s'est métamorphosée l'espace d'un instant en Clare Torry, celle-là même qui a immortalisé en son temps The Great Gig In The Sky du légendaire Dark Side Of The Moon. Anne-Marie participe aux harmonies vocales sur quatre autres titres, dont Eternally Yours, petite merveille aux accents des plus "autumniens", et l'inquiétant Into The Setting Sun où sa performance n'est pas sans rappeler une certaine Lisa Gerrard.   

Difficile de passer à côté de ce très bel essai pour tout fan de Mostly Autumn qui se respecte. Pour ceux qui n'ont pas la chance de connaître ce formidable groupe, l'écoute de A Treasure Of Well-Set Jewels leur permettra de se familiariser avec un artiste doté d'une grande sensibilité, à l'univers musical original situé hors des sentiers battus. 


Musiciens


Liam Davison : chant, guitares, claviers, programmation

Anne-Marie Helder : chant
Heather Findlay : chant
Iain Jennings : claviers
Simon Waggott : orgue Hammond, chœurs
Paul Teasdale : basse
Gavin Griffiths : batterie
Shadow : percussions

Titres


01. Ride The Seventh Wave
02. The Way We Were
03. Emerald Eternity
04. Eternally Yours
05. Into The Setting Sun
06. Once I A Lifetime
07. Heading Home
08. Picture Postcard

Bonus:
09. A Moment Of Silence
10. Immortalized

samedi 15 juillet 2017

Mostly Autumn - Still Beautiful Live 2011 (2011)

Mostly Autumn Still Beautiful
Mostly Autumn - Still Beautiful
Live 2011 (2011)
La tradition s'installe pour le plus grand bonheur des fans de Mostly Autumn. Chaque nouvel album studio est désormais suivi de son disque en concert. Still Beautiful Live 2011 est donc le témoignage live de la tournée promotionnelle qui accompagnait la parution de Go Well Diamond Heat. Sorti en 2010, il est le premier album avec Olivia Sparnenn au chant principal, suite au départ surprise d'Heather Findlay. Cette dernière officiait à ce poste depuis plus d'une dizaine d'années.

Fait rare, le line-up est demeuré stable après plusieurs années de turbulences. Autour d'Olivia et de son mari Bryan Josh, l'âme de Mostly Atumn, se tiennent les vieux complices Iain Jennings aux claviers, Liam Davison à la guitare et Andy Smith à la basse. Les deux Panic Room Anne-Marie Helder et Gavin Griffiths viennent renforcer l'équipe, flûte, claviers et chœurs pour la première, batterie et percussions pour le second. 

Si la setlist met bien en avant la toute dernière production du groupe avec pas moins de huit titres joués sur les dix-neuf présentés, dont deux extraits de la version collector, Forever Young  et l'excellent Ice, Passengers est lui aussi mis à l'honneur. Cinq de ses titres ont été retenus, et pas des moindres : Distaint Train à la flûte angélique, le tonitruant Answer The Question, un Caught In A Fold très rock enjolivé une nouvelle fois par la flûte d'Anne-Marie, la magnifique chanson titre et son piano inoubliable, First Thought, dernier mets délicat. Pour le reste du répertoire, Mostly Autumn a pioché dans sans trois premiers albums et au sein du projet parallèle de Iain Jennings, Breathing Space avec un Questioning Eyes à la beauté renversante.  

Le concert se termine de manière bienveillante par l'hymne à la paix And When The War Is Over... qui n'est pas sans rappeler le tout aussi émouvant Dance Me To The End Of Love du regretté Leonard Cohen. Still Beautiful Live 2011 démontre une nouvelle fois à toute personne qui en douterait encore que Mostly Autumn est un groupe de scène, fait pour celle-ci. Son énergie y est décuplée par rapport à ce qu'il produit en studio et l'émotion, présente sur chaque titre, est à l'état brut. Comme du diamant...

Musiciens


Olivia Sparnenn : chant, guitare acoustique, percussions
Bryan Josh : chant, guitares
Iain Jennings : claviers
Liam Davison : guitares, chant
Andy Smith : basse
Anne-Marie Helder : chant, claviers, flûte
Gavin Griffiths : batterie

Titres


1.01. Hold The Sun
1.02. Deep In Borrowdale
1.03. Something Better
1.04. Forever Young
1.05. Ice
1.06. The Dark Before The Dawn
1.07. The Last Climb
1.08. Questioning Eyes

2.01. Heroes Never Die
2.02. Distant Train
2.03. Answer The Question
2.04. Caught In A Fold
2.05. Nowhere To Hide
2.06. Go Well Diamond Heart
2.07. Passengers
2.08. First Thought
2.09. For All We Shared
2.10. Evergreen
2.11. And When The War Is Over...

dimanche 9 juillet 2017

Ginman / Eivør - The Color Of Dark (2014)

Ginman Eivør The Color Of Dark
Ginman / Eivør - The Color Of Dark
(2014)
The Color Of Dark marque la rencontre au sommet entre l'étoile scintillante des îles Féroé Eivør Pálsdóttir et Lennart Ginman, célèbre contrebassiste et compositeur danois. Les deux artistes proposent une musique électro pop sombre, illuminée de quelques touches jazzy. 

Si le jazz est le domaine de prédilection de Ginman, à l'instar d'Eivør, le musicien n'a pas hésité à explorer de nouveaux genres musicaux au cours de sa riche carrière. Il s'est ainsi bâti une solide réputation au fil des décennies. 

Tous deux projetaient une collaboration commune depuis plusieurs années, mais le temps manquait. Il aura fallu un déclic à Ginman pour qu'il se mette à composer des chansons en pensant à Eivør et à sa voix unique. De là est partie l'idée concrète de réaliser un album. Le processus a duré plus d'un an. La production et le mixage ont été assuré avec brio par Klaev Gliemann, également claviériste de l'album. A ce trio, se sont ajoutés Oliver Hoiness (guitares) et Mads Emil Nielsen (batterie).

Tout au long de The Color Of The Dark, Eivør utilise sa voix comme une véritable caresse. Elle ne nous avait jamais habitué à autant de retenue. L'expérience est saisissante. Il faut attendre la fin d'un Gloomy Sunday très "joplinien" dans l'âme, ou cette petite perle toute en émotion qu'est Daughter pour l'entendre monter délicatement vers les cieux. Les amoureux de la Eivør des premiers temps retrouveront ses sonorités ethniques posées en arrière-plan du pourtant très moderne Son Of The Sin. Un beau contraste est ainsi offert. 

Traversé par toute une palette d'émotions, du nostalgique My Little Blue Star dédié au père de Ginman, au mélancolique Inside en passant par des moments de pure folie tels For Every Dream There Is A War ou The Ship, The Color Of The Dark est indéniablement une réussite. A ce jour, les deux artistes n'ont pas prévu de lui donner une suite, ce qui est fort regrettable. 


Musiciens

Eivør : chant
Lennart Ginman : contrebasse
Kaev Gliemann : claviers
Oliver Hoiness : guitares
Mads Emil Nielsen : batterie

Titres

01. My Little Blue Star
02. The Sinner Or The Saint
03. For Every Dream There Is A War
04. Gloomy Sunday
05. I'll Get You The Moon
06. Son Of The Sin
07. The Ship
08. Daughters
09. Inside

samedi 8 juillet 2017

The Skys - Colours Of The Desert (2011)

The Skys Colours Of The Desert
The Skys - Colours Of The Desert
(2011)
The Skys ou les Mostly Autumn de la mer Baltique... Apparus, comme leurs lointains cousins yorkais, dans le courant des années 90, The Skys ont été fondés par le chanteur-guitariste-auteur-compositeur Jonas Ciurlionis en Lituanie. A l'instar de Bryan Josh, son jeu de guitare se trouve fortement influencé par le grand David Gilmour, de même que sa manière de chanter. En l'espace de quelques années, le groupe sort trois albums au succès local : Civilized (1997), Dreams (1999), puis Postmodern Game (2004). 

L'arrivée en 2008 de la claviériste et chanteuse Božena Buinicka donne un nouvel élan à la formation. Ensemble, ils prennent le temps de concocter cette petite merveille qu'est Colours Of The Desert. Ce quatrième opus à l'ambition internationale affichée voit le jour en 2011, avec un héritage "floydien" totalement assumé. L’énigmatique pochette ainsi que l'artwork intérieur que l'on doit notamment au bassiste Justinas Tamasevicius, semblent tout droit sortis des studios Hipgnosis. C'est eux qui ont réalisés en leur temps les couvertures des albums de Pink Floyd et quelques-unes de Renaissance. La musique, quant à elle, s'inscrit dans la continuité de The Division Bell : gigantesques soli de guitares sans fin, claviers aux ambiances aériennes, chœurs féminins majestueux. 

Anne-Marie Helder (Mostly Autumn, Panic Room) participe à ces chœurs, en particulier sur un Lethal Kiss des plus envoûtants. Son compagnon Dave Kilminster du Roger Waters Band est un autre invité de marque. Il illumine par son jeu unique le morceau titre Colours Of The Desert ainsi qu'un When The Western Wind Blows splendide. Egalement producteur de l'album, John Young fait une courte apparition aux claviers. Pour les non-initiés, il est le leader du groupe de rock progressif Lifesigns et a joué avec des artistes aussi divers que Scorpions, Asia, Bonnie Tyler ou Fish (Fellini Days). Enfin, à cette bande, s'ajoutent le saxophoniste Snake Davis entendu aux côté de Paul McCartney, Lisa Stansfield ou Eurythmics, le guitariste Tony Spada (Holding Pattern), et le batteur historique de Cutting Crew, Martin Beedle. 

Indéniablement, Colours Of The Desert est une réussite. A l'instar de leurs voisins polonais Milllenium, The Skys maintiennent à un haut niveau le rock progressif contemporain. Certes, ce dernier n'est plus aussi innovant que lors de son apogée dans les années 70. Mais c'est comme pour les bons plats, il y a des recettes dont on ne se lasse pas.


Musiciens


Jonas Ciurlionis : chant, guitare
Božena Buinicka : chant, claviers
Alexandr Liutvinskij : guitare, chœurs
Justinas Tamasevicius : basse

Dave Kilminster : guitares
John Young : claviers
Snake Davis : saxophone
Martin Beedle : batterie, percussions
Anne-Marie Helder : chœurs
Tony Spada : guitare
Anatolij Lomonosov : tampura
Jolanta Grietnickaite : chœurs
Lijana Stakauskaite : chœurs
Aqua : chœurs
Ruta : chœurs

Titres


01. Colours Of The Desert
02. Is This The Way?
03. I... He...
04. Walking Alone
05. When The Western Wind Blows
06. Calling Out Your Name
07. The Pyramid
08. Lethal Kiss
09. What If?

jeudi 6 juillet 2017

Elisa Montaldo - Fistful Of Planets Part I (2015)

Elisa Montaldo Fistful Of Planets
Elisa Montaldo - Fistful Of Planets
Part I (2015)
Album essentiellement instrumental, à l'exception de trois titres chantés, Fistful Of Planets Part I est la première œuvre en solo de la fondatrice du groupe de rock progressif italien Il Tempio delle Clessidre. 

Ce court opus d'une trentaine de minutes à peine, dévoile une parcelle de l'univers musical d'Elisa Montaldo. Dans le livret richement illustré, à l'image de la pochette pleine de mystère et de charme, l'artiste lunaire présente quatre de ses titres comme des planètes autour desquelles gravitent des satellites. En bonus, elle offre, en guise d'étoiles filantes, un extrait du premier album de son groupe sur lequel elle chante dans sa langue natale, Danza Esoterica Di Datura, et Notturna, morceau instrumental de l'album suivant, AlieNatura

Conçu comme un journal intime, l'artiste y a retranscrit ses humeurs du moment. Véritable instantané d'émotions, les morceaux ont été composés aux quatre coins de l'Italie, aussi bien dans des montagnes reculées enneigées (In The Cold White Desert) qu'à Florence, la magnifique (Vodka E Limone). La musique délicate se veut à la fois cinématique, onirique et expérimentale. Reproduisant les enregistrements du premier robot parlant en 1971, Robot Madness est sans aucun doute le passage le plus déjanté. La surprise vient d'un Blackgrass II complètement inattendu par son aspect country. Composé par le guitariste Karl Demata, il semble tout droit sorti un film de Quentin Tarantino. To Gather et Weeping Willow laissent découvrir la délicate voix d'Elisa, située quelques part entre l' étoile scintillante Kate Bush et l'astre cosmique féroïen Eivør Pálsdóttir

Accompagnée également de Mattias Olsson, ancien batteur d'Ägnlagård et de White Willow, ainsi que du guitariste Giacomo Castellano que l'on retrouve à la coproduction, au mixage et à la programmation, Elisa Montaldo propose avec ce Fistful Of Planets Part I un objet musical non identifié de qualité en provenance d'un lointaine, très lointaine galaxie ne demandant qu'à être explorée. 

Musiciens 


Elisa Montaldo : claviers, chant, instruments ethniques, programmation

Karl Demata : guitares, mandoline, programmation
Giacomo Castellano : guitare, ukulele, programmation
Mattias Olsson : batterie, percussions, guitare

Titres


01. In The Cold White Desert
02. Senza Parole
03. To Gather
04. Electic Rocks
05. Blackgrass II
06. Vodka E Limone
07. Weeping Willow
08. Robots Madness
09. Danza Esoterica Di Datura
10. Notturna

lundi 3 juillet 2017

The Morrigan - War In Paradise (1993)

The Morrigan War In Paradise
The Morrigan - War In Paradise
(1993)
Après Rides Out, The Morrigan envisageait la sortie d'un album live. Malheureusement, suite à un incident technique, seules deux pistes de l'enregistrement effectué le 14 novembre 1992 à Elaines Barn étaient exploitables. Finalement, le groupe décide de les publier avec trois titres inédits sur l'EP War In Paradise en 1993. 

Disons-le de suite, il faut attendre le troisième titre The Minners Song pour que War In Paradise suscite un réel intérêt. Composés par le bassiste Cliff Eastabrook, le brouillon Throwing It All Away aux faux airs de Steeleye Span et Paradise, indigeste farce funky interprétée en rap, provoquent un certain malaise à qui attendait une suite honorable à Rides Out. Au contraire de The Minners Song qui s'inscrit dans sa continuité. Cette chanson traditionnelle réarrangée aux sonorités celtiques met au premier plan la voix si plaisante de Cathy Alexander. On retrouve cette même touche celtique sur les deux extraits lives suivants, Fingals Cave et Spirit Of The Soup du premier album du même nom.  

Après le départ de Melanie Byfield en 1990, le guitariste John Hayward avait occupé sa place devenue vacante. Mais, à peine cet EP sorti, il s'en va à son tour, lassé de ce groupe tourmenté, encore à la recherche de son identité et de son orientation musicale. War In Paradise étant le symbole de cette période d'incertitude. Plus grave, après dix ans de bons et loyaux services, Cliff quitte également ce navire en déperdition. 

...And then, they were three...

Musiciens


Cathy Alexander : chant, claviers, flûte, percussions
Cliff Eastabrook : basse, chant
John Hayward : guitares, percussions, chant
Colin Masson : guitares, trombone, chant
Archie : batterie, percussions, chant

Titres


01. Throwing It All Away
02. Paradise
03. The Miners Song
04. Fingals Cave
05. Spirit Of The Soup

dimanche 2 juillet 2017

Morrighans - The Three Circles Of Death (2017)

Morrighans The Three Circles Of Death
Morrighans - The Three Circles
Of Death (2017)
Nouveaux venus dans la galaxie progressive française, Morrighans frappent fort avec The Three Circles Of Death, leur premier album publié en ce début d'année 2017. 

Le groupe est né en 2012 à Lyon, la célèbre capitale des Gaules. C'est tout naturellement que ses deux membres fondateurs, la chanteuse Fanny Thibert et le guitariste Laurent Wilb, ont choisi comme nom de scène celui de la déesse celte de la guerre, souvent symbolisée par trois corneilles annonciatrices de malheur. Ces trois sinistres oiseaux figurent sur la magnifique pochette du disque conçue par Fanny. Elle illustre à la perfection l'univers steampunk dont se revendiquent Morrighans. A l'origine simple courant littéraire, le steampunk s'est étendu aussi bien au cinéma qu'à la musique. Il puise son inspiration dans un XIXe siècle réinventé autour de sa révolution industrielle qui a changé à tout jamais la face du monde.

En 2015, Morrighans deviennent un véritable groupe suite à l'arrivée de nouveaux membres : le second guitariste Georges-Marc Lavarenne, le bassiste Richard Mantovani, ancien complice de Laurent au sein de son ancien combo The Mad Experience en 1991, Hervé Gambonnet à la batterie et Séverine Demmer aux claviers. Bien que provenant d'univers musicaux forts différents, tous ont en commun cette même passion pour la musique. 

The Three Circles Of Death alterne habilement ambiances atmosphériques crépusculaires aux frontières du gothique, et passages plus vigoureux lorgnant du côté du metal. On pense alors à Ayreon (The Reapper's Hand) ou aux Suédois d'Introitus sur l'épique tout en crescendo The Road. Le chant habité de Fanny évoque certaines grandes figures de la scène progressive internationale, en particulier Tracy Hitchings de Landmarq. Intra Nox Insomnia chanté en français, Schizophrenia à la limite de la folie, Angels Song abordant avec justesse la douloureuse perte d'un enfant, un The Dark Tide captivant d'un bout à l'autre ou la mystérieuse chanson titre The Three Circles Of Death au désespoir palpable, sont autant de titres générant une émotion certaine.

Album à la fois audacieux et ambitieux, il nous faut espérer que Morrighans persévèrent dans cette direction. La suite n'en sera que meilleure... 


Musiciens


Fanny Thibert : chant, claviers
Laurent Wilb : guitare
Georges-Marc Lavarenne : guitare
Séverine Demmer : claviers
Richard Mantovani : basse
Hervé Gambonnet : batterie

Titres


01. Melancholia
02. Mourning Song
03. Intra Nox Insomnia
04. The Reaper's Hand
05. Schizophrenia
06. The Road
07. Angels Song
08. The Awakening
09. The Dark Tides
10. Three Circles Of Death
11. Travel With Spirits

samedi 1 juillet 2017

Stackridge - The Final Bow, Bristol 2015 (2017)

Stackridge The Final Bow
Stackridge - The Final Bow,
Bristol 2015 (2017)
Attention, album événement ! Non seulement The Final Bow est l'ultime production de Stackridge, groupe britannique de folk progressif fondé à la fin des années 60, mais il est aussi le 500ème album du label Angel Air Records qui fête en cette année 2017 ses vingt ans d'existence. Spécialisé dans les musiques progressives et rock, il compte à son catalogue des artistes aussi intéressants que Renaissance, The Storys, Rob Thompson ou Davey Dodds.

En 1969, orphelins de leur ancienne formation Grytpype Thynne, Andy Davis (chant, guitares) et James "Crun" Walter (basse) mettent sur pied Stackridge Lemon avec James Warren (guitares, chant), Mike "Mutter" Slater (flûte, chant), Mike Evans (violon, chant) et Billy "Sparkle" Bent (batterie). Très vite, les six musiciens adoptent le seul nom de Stackridge et laissent tomber le "Lemon". Dans cette mouvance évanescente de fusion entre instruments rock (guitares, claviers...) et folk (violon, flûte...), Stackridge se démarque de ses contemporains comme le Fairport Convention en interprétant essentiellement ses propres compositions. Pas, ou peu, de reprises de chansons traditionnelles. Il en est ainsi sur leur premier album éponyme disponible en 1971. Quatre autres suivront dans les années 70, décennie durant laquelle Stackridge tournera avec les pointures de l'époque : Renaissance, Wishbone Ash, Camel, Elton John ou The Beach Boys. Après plusieurs changements de personnel, le groupe s’éteint en 1976.

Andy Davis et James Warren poursuivent leur collaboration en fondant The Korgis, groupe de new wave qui rencontrera un certain commercial au début des années 80. Il faut attendre 1999 pour que la machine Stackridge soit relancée autour de Warren, Mutter Slater et Crun Walter. Andy Davis ne réintégrera la bande qu'en 2002. A noter au sein de cette nouvelle mouture la présence de Tim Robinson, batteur des premiers albums de Magenta. A nouveau, Stackridge connaît une histoire mouvementée suite aux départs successifs de certains membres fondateurs et à l'arrivée de nouveaux éléments. Après avoir publié plusieurs albums forts honorables chez Angel Air Records, la formation se stabilise autour du duo Davis-Warren à partir de 2010.

A l'issu d'une émouvante tournée d'adieu, les deux musiciens décident de donner un ultime concert au Fiddlers Club de Bristol, le 19 décembre 2015. Ce soir-là, ils sont accompagnés de Glenn Tommey (claviers, chant), vieille connaissance qui a joué jadis sur le tout premier album de The Korgis en 1979, d'Eddie John (batterie) et de Clare Lindley (violon, guitare, chant) dont la douce voix n'est pas sans évoquée une certaine Heather Findlay...  L'ami de toujours Mutter Slater honorera le groupe de sa présence sur deux titres, Purple Spaceships Over Yatton et Slark. Toujours avec le même sens de la dérision, Stackridge offre un spectacle festif où la bonne humeur est de mise malgré une émotion palpable. Qui d'autre qu'eux aurait pu composer et interpréter Dora The Female Explorer en référence à la célèbre héroïne pour enfants ? 

Idéal pour se faire une idée de cette formation désormais culte, The Final Blow survole dans une ambiance bon enfant l'ensemble de sa carrière, du tout premier album de 1971 au dernier en date, A Victory For Common Sens, en passant par le Mr Mick de 1976 et son Fish In A Glass que n'aurait pas renié Supertramp.


Musiciens


Andy Davis : guitares, chant
James Warren : basse, chant
Clare Lindley : violon, guitare, chant
Glenn Tommey : claviers, chant
Eddie John : batterie

Mutter Slater : flûte, chant

Titres


1.01. Over The Horizon
1.02. The Road To Venezuela
1.03. The Last Plimsoll
1.04. Red Squirrel
1.05. Syracuse The Elephant
1.06. Fudamentally Yours
1.07. Highbury Incident
1.08. Teatime
1.09. God Speed The Plough
1.10. Long Dark River
1.11. Purple Spaceships Over Yatton

2.01. All I Do Is Dream Of You
2.02. Fish In A Glass
2.03. Something About The Beatles
2.04. No Ones More Important Than The Earthworm
2.05. Lost And Found
2.06. Boots And Shoes
2.07. The Final Bow
2.08. Lummy Days
2.09. Slark
2.10. Dora The Female Explorer
2.11. Do The Stanley Aviator Brass

vendredi 30 juin 2017

Steeleye Span - Wintersmith (2013)

Steeleye Span Wintersmith
Steeleye Span - Wintersmith (2013)
Fondateur du mouvement folk électrique aux côtés de Pentangle, Fairport Convention et Trees, Steeleye Span demeure méconnu en France. Sorti en 2013, Wintersmith est pourtant leur 22ème album studio depuis le cultissime Hark! The Village Wait de 1970.

Pour ce nouvel opus, le groupe s'est inspiré de l'œuvre du même nom de Terry Pratchett, traduite sous le titre L'Hiverrier dans nos contrées. Il s'agit du quatrième volume indépendant de la série Les Annales Du Disque-Monde, célèbre saga commencée en 1983. Cette nouvelle relate les aventures de Tiffany, jeune sorcière en apprentissage, devant faire face au génie de l'hiver tombé amoureux d'elle. Rituels anciens et danses secrètes sont aux menus de cette aventure.

Steeleye Span a d'ailleurs convié Pratchett à lire quelques passages. Bob Johnson, leur ancien guitariste entre 1972 et 1977, puis de 1980 à 2002 participe au chant. A noter la présence de deux autres invités de marque : Kathryn Tickell, déjà entendue auprès de Sting, à la cornemuse, et John Spiers au mélodéon (accordéon diatonique bi-sonore).

Habitué aux multiples changements de personnel depuis sa création, Steeleye Span est ici composé de Maddy Prior (chant), Peter Knight (violon, chant, piano), Rick Kemp (basse, chant), Liam Genockey (batterie, percussions), Peter Zorn (guitare acoustique, saxophone, chant), et du petit dernier, le guitariste Julian Littman, arrivé en 2010. Après cet album, Peter Knight, présent depuis 1971, s'en ira, suivi de peu par Peter Zorn qui décédera d'un cancer en 2015.

Steeleye Span s'est forgé une solide réputation relative à la qualité d'orfèvre de ses harmonies vocales. Le séduisant Wintersmith ne déroge pas à la règle. Fire & Ice en est l'exemple type : la voix cristalline de Maddy en ouverture cède la place à son comparse Rick, puis les deux s'unissent au reste du groupe afin de mieux gravir les sommets. Ces mêmes sommets sont atteints sur l'intrépide The Wee Free Men. Maddy déploie seule toute une panoplie d'émotions aussi bien sur la splendide ballade Ancient Eyes que sur un Band Of Teachers au refrain entêtant ou du tendre First Dance bercé par le violon rêveur de Peter Knight. 

Concept-album par excellence à l'inspiration certaine avec ses thèmes récurrents (The Dark Morris Song/The Dark Morris Tune), la version Deluxe de ce Wintersmith sortie en 2014 n'est pas dénuée d'intérêt. Le second disque comporte des titres inédits, l'extrait d'un concert donné lors du Wintersmith tour et deux démos. Que du bon !

Musiciens


Maddy Prior : chant
Peter Knight : violon, chant, piano
Rick Kemp : basse, chant
Liam Genockey : batterie, percussions
Julian Littman : guitare, chant, piano
Peter Zorn : guitare acoustique, saxophone, chant
Jessie May Smart : violon (CD2, titres 1 à 4)

Terry Pratchett : lecture
Kathryn Tickell : cornemuse
Bob Johnson : chant
John Spiers : mélodéon

Titres


1.01. Overture
1.02. The Dark Morris Song
1.03. Wintersmith
1.04. You
1.05. The Good Witch
1.06. Band Of Teachers
1.07. The Wee Free Men
1.08. Hiver
1.09. Fire & Ice
1.10. The Making Of A Man
1.11. Crown Of Ice
1.12. First Dance
1.13. The Dark Morris Tune
1.14. The Summer Lady
1.15. Ancient Eyes
1.16. We Shall Wear Midnight

2.01. To Be Human
2.02. Be Careful What You Wish For
2.03. Granny Aching
2.04. Just One Heart
Live
2.05. Ancient Eyes
2.06. The Dark Morris Tune
2.07. The Dark Morris Song
2.08. The Making Of A Man
2.09. Crown Of Ice
2.10. The Summer Lady
2.11. We Shall Wear Midnight
Démos
2.12. Ancient Eyes
2.13. The Wee Free Men

samedi 24 juin 2017

Renaissance - Novella (1977)

Renaissance Novella
Renaissance - Novella (1977)
Coincé entre Scheherazade And Others Sories (1975) et A Song For All Seasons (1978), Novella est un album peu connu de Renaissance. Il n'en demeure pas moins excellent et se classe au sommet de leurs meilleures productions.

Si, à sa sortie en 1977, Novella se différencie de ses prédécesseurs avec sa pochette d'inspiration médiévale conçue par Churchmouse et non plus par les célèbres studios Hipgnosis, il s'inscrit dans leur continuité sur le plan musical. Renaissance propose toujours ce savant dosage de musiques classiques, progressives et folks qui ont fait son succès. La présence d'un orchestre a de nouveau été requise. Richard Hewson s'est chargé de le diriger et a réalisé les arrangements. C'est à lui que l'on doit ceux du fameux Accross The Universe des Beatles. Il a également collaboré avec les Bee Gees, Supertramp et Fleetwood Mac.

Le guitariste Michael Dunford est au cœur des compositions. Trois sont cosignées avec Jon Camp et une avec John Tout. Comme sur les précédents opus, la poétesse Bettie Thatcher, retirée dans ses Cornouailles, a participé à l'écriture des paroles. Elle décédera en 2011 des suites d'un cancer, année de la réédition et remasterisation de Novella par la maison de disques Repertoire.

Toujours inventif, Renaissance ne recopie pas à l'identique les mêmes recettes usitées auparavant. De nouveaux ingrédients sont ajoutées telle la guitare espagnole sur The Sisters, magnifique complainte faisant suite au majestueux morceau d'ouverture aux airs d'opéra Can You Hear Me? s'étendant sur treize minutes frénétiques. Autre nouveauté, John Tout délaisse partiellement son piano et utilise toute une gamme de synthétiseurs dont le Moog. Le saxophone est un autre instrument que l'on peut entendre pour la première fois sur un album de Renaissance. Il fait une brève apparition sur le second épique Touching Once à l'ambiance cabaret. 

Bien évidemment, Annie Haslam brille tout au long de cet album. Son chant inimitable rend unique chaque pièce et donne vie aux cinq histoires qui se succèdent, de la ballade romantique The Captive Heart à l'intrigante Midas Man qui trouve sa source dans la mythologie antique. Selon la légende, ce roi transformait en or tout ce qu'il touchait. Tout aussi précieux, Novella est de cette même substance.


Renaissance


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitares acoustiques, chant
John Tout : claviers, chant
Jon Camp : basse, guitare acoustique, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

Titres


01. Can You Hear Me?
02. The Sisters
03. Midas Man
04. The Captive Heart
05. Touching Once

jeudi 22 juin 2017

Pentangle - Open The Door (1985)

Pentangle Open The Door
Pentangle - Open The Door (1985)
Alors que l'année 1985 est marquée par le cultissime The Head On The Door de The Cure, Pentangle, groupe phare de la scène folk des années 60-70 revient par la grande porte avec son Open The Door, premier album depuis Solomon's Seal remontant à... 1973. 

Après sa dissolution, ses deux piliers, les guitaristes John Renbourn et Bert Jansch ont poursuivi chacun de leur côté une carrière en solo. A la fin des années 70, Renbourn fonde The John Renbourn Group spécialisé dans la musique médiévale avec une certaine Jacqui McShee au chant. Cette dernière posera également sa voix sur un titre du Thirteen Down de Jansch en 1980. Entre deux apparitions, elle profite de son temps pour se consacrer à sa famille. Danny Thompson et le batteur Terry Cox deviennent des musiciens de sessions. Le premier pour John Martyn et le second accompagne régulièrement Charles Aznavour entre 1974 et 1982. 

Les cinq musiciens se retrouvent en 1982 pour une tournée exceptionnelle en Europe et en Australie. De là, germe l'idée d'une reformation sur le long terme et d'un retour en studio. Seul Renbourn lâche l'affaire, il choisi de reprendre ses études afin d'étudier la musique classique au prestigieux Dartington College of Arts dans le Devon. Il est alors remplacé par Mike Piggott également joueur de violon. 

Cet instrument enrichit considérablement la musique du Pentangle des origines. Il se retrouve même en duo avec une Jacqui très en forme sur l'énergique Dragonfly où la contrebasse de Thompson réalise des merveilles. Tous les titres sont des compositions originales, à l'exception de deux chansons folkloriques traditionnelles, le bien nommé morceau d'ouverture Open The Door qui propose une confrontation McShee/Jansch sans concession, et Yarrow à l'introduction poignante, interprétée a cappella par Jacqui. Mother Earth est une reprise du célèbre compositeur brésilien Milton Nascimento qui l'interprétera quelques années plus tard sur scène avec Jon Anderson de Yes. 

Grâce à Open The Door, Pentangle réalise un retour honorable. Durant la décennie suivante, quatre autres albums de qualité inégale suivront. La légende continue...



Musiciens


Jacqui McShee : chant
Bert Jansch : chant, guitare acoustique
Mike Piggott : violon, guitares
Danny Thompson : contrebasse
Terry Cox : batterie, percussions, chant

Titres


01. Open The Door
02. Dragonfly
03. Mother Earth
04. Child Of The Winter
05. The Dolphin
06. Lost Love
07. Sad Lady
08. Taste Of Love
09. Yarrow
10. Street Song

dimanche 18 juin 2017

The Morrigan - Rides Out (1990)

The Morrigan Rides Out
The Morrigan - Rides Out (1990)
Héritier des Pentangle, Steeleye Span, Fairport Convention et ancêtre de Mostly Autumn ou Karnataka, The Morrigan est de retour en 1990 avec son deuxième album, Rides Out. Cinq longues années d'intervalle ont été nécessaires entre cette nouvelle production et sa première œuvre Spirit Of The Soup

Durant ce lapse de temps, le trio formé de Cathy Alexander, Colin Masson et Cliff Eastabrook a accueilli en son sein deux musiciens complémentaires. Ainsi, le batteur Archie fait son entrée en 1988 suivi de Melanie Byfield aux vocaux et claviers. Cette même année est marquée par un événement important : le mariage de Cathy et Colin.  

En cette fin de décennie, la troupe devenue quintet entre en studio l'esprit créatif. Pourtant, Rides Out nécessitera plus d'un an de travail épuisant. La faute en revient au mauvais matériel d'enregistrement mis à disposition par leur ami John Hayward, futur membre du groupe. Pour l'heure, les pannes se succèdent, ce qui crée tensions et frictions. Melanie s'en ira ainsi vers d'autres cieux à peine le disque sorti.

Avec Rides Out, The Morrigan poursuit sa voie originale entre folk traditionnel et rock progressif. Aux côté des guitares électriques et claviers plus présents que précédemment, s'ajoutent clavecin, flûtes ou fiddle. Si les quelques soli de guitare de Colin font mouches comme sur The Rakes Of Kildare / Bedtime Stories, le jeu de basse de Cliff est bluffant, à mi-chemin entre Chris Squire de Yes et Jon Camp de Renaissance. Bien évidemment, l'atout majeur de The Morrigan demeure Cathy Alexander à la voix si énigmatique évoquant Jacqui McShee. Mêlée à celle de Melanie, elles font de Corpus Christi une pièce mystique de toute beauté. En revanche, la folie prend le dessus sur l'inquiétant Tom O'Bedlam, sombre conte populaire remontant au XVIIe siècle où il est question d'asile insalubre et de mendiants ayant perdu la raison.  

Malgré une production qui laisse à désirer, Rides Out demeure un disque honnête de bonne facture. Il est le fruit d'un travail collectif réunissant des musiciens d'horizons diverses. Si Cathy a reçu une formation classique dans sa jeunesse et ne s'est intéressée au folk celtique que bien plus tard, la formation musicale de Cliff est le heavy metal, tandis qu'Archie vient du rock et Colin trouve ses racines dans les musiques progressives et classiques. Un joli cocktail à découvrir !


Musiciens


Cathy Alexander : chant, claviers, flûtes, clavecin
Colin Masson : guitares, chant
Cliff Eastabrook : basse, chant, percussions
Archie : batterie, percussions, chant
Melanie Byfield : chant, claviers, percussions

Cath Watkins : fiddles
Gary Miles : chant
John Hayward : chant

Titres


01. The Morrigan Rides Out
02. Night Comes Closer
03. The Rakes Of Kildare / Bedtime Sories
04. The Black Nag
05. Girls Will You Take Him / Four Times Over
06. The Well Below The Valley
07. Busketts Folly
08. Corpus Christi
09. Tom O'Bedlam / Allemande