samedi 24 juin 2017

Renaissance - Novella (1977)

Renaissance Novella
Renaissance - Novella (1977)
Coincé entre Scheherazade And Others Sories (1975) et A Song For All Seasons (1978), Novella est un album peu connu de Renaissance. Il n'en demeure pas moins excellent et se classe au sommet de leurs meilleures productions.

Si, à sa sortie en 1977, Novella se différencie de ses prédécesseurs avec sa pochette d'inspiration médiévale conçue par Churchmouse et non plus par les célèbres studios Hipgnosis, il s'inscrit dans leur continuité sur le plan musical. Renaissance propose toujours ce savant dosage de musiques classiques, progressives et folks qui ont fait son succès. La présence d'un orchestre a de nouveau été requise. Richard Hewson s'est chargé de le diriger et a réalisé les arrangements. C'est à lui que l'on doit ceux du fameux Accross The Universe des Beatles. Il a également collaboré avec les Bee Gees, Supertramp et Fleetwood Mac.

Le guitariste Michael Dunford est au cœur des compositions. Trois sont cosignées avec Jon Camp et une avec John Tout. Comme sur les précédents opus, la poétesse Bettie Thatcher, retirée dans ses Cornouailles, a participé à l'écriture des paroles. Elle décédera en 2011 des suites d'un cancer, année de la réédition et remasterisation de Novella par la maison de disques Repertoire.

Toujours inventif, Renaissance ne recopie pas à l'identique les mêmes recettes usitées auparavant. De nouveaux ingrédients sont ajoutées telle la guitare espagnole sur The Sisters, magnifique complainte faisant suite au majestueux morceau d'ouverture aux airs d'opéra Can You Hear Me? s'étendant sur treize minutes frénétiques. Autre nouveauté, John Tout délaisse partiellement son piano et utilise toute une gamme de synthétiseurs dont le Moog. Le saxophone est un autre instrument que l'on peut entendre pour la première fois sur un album de Renaissance. Il fait une brève apparition sur le second épique Touching Once à l'ambiance cabaret. 

Bien évidemment, Annie Haslam brille tout au long de cet album. Son chant inimitable rend unique chaque pièce et donne vie aux cinq histoires qui se succèdent, de la ballade romantique The Captive Heart à l'intrigante Midas Man qui trouve sa source dans la mythologie antique. Selon la légende, ce roi transformait en or tout ce qu'il touchait. Tout aussi précieux, Novella est de cette même substance.


Renaissance


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitares acoustiques, chant
John Tout : claviers, chant
Jon Camp : basse, guitare acoustique, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

Titres


01. Can You Hear Me?
02. The Sisters
03. Midas Man
04. The Captive Heart
05. Touching Once

jeudi 22 juin 2017

Pentangle - Open The Door (1985)

Pentangle Open The Door
Pentangle - Open The Door (1985)
Alors que l'année 1985 est marquée par le cultissime The Head On The Door de The Cure, Pentangle, groupe phare de la scène folk des années 60-70 revient par la grande porte avec son Open The Door, premier album depuis Solomon's Seal remontant à... 1973. 

Après sa dissolution, ses deux piliers, les guitaristes John Renbourn et Bert Jansch ont poursuivi chacun de leur côté une carrière en solo. A la fin des années 70, Renbourn fonde The John Renbourn Group spécialisé dans la musique médiévale avec une certaine Jacqui McShee au chant. Cette dernière posera également sa voix sur un titre du Thirteen Down de Jansch en 1980. Entre deux apparitions, elle profite de son temps pour se consacrer à sa famille. Danny Thompson et le batteur Terry Cox deviennent des musiciens de sessions. Le premier pour John Martyn et le second accompagne régulièrement Charles Aznavour entre 1974 et 1982. 

Les cinq musiciens se retrouvent en 1982 pour une tournée exceptionnelle en Europe et en Australie. De là, germe l'idée d'une reformation sur le long terme et d'un retour en studio. Seul Renbourn lâche l'affaire, il choisi de reprendre ses études afin d'étudier la musique classique au prestigieux Dartington College of Arts dans le Devon. Il est alors remplacé par Mike Piggott également joueur de violon. 

Cet instrument enrichit considérablement la musique du Pentangle des origines. Il se retrouve même en duo avec une Jacqui très en forme sur l'énergique Dragonfly où la contrebasse de Thompson réalise des merveilles. Tous les titres sont des compositions originales, à l'exception de deux chansons folkloriques traditionnelles, le bien nommé morceau d'ouverture Open The Door qui propose une confrontation McShee/Jansch sans concession, et Yarrow à l'introduction poignante, interprétée a cappella par Jacqui. Mother Earth est une reprise du célèbre compositeur brésilien Milton Nascimento qui l'interprétera quelques années plus tard sur scène avec Jon Anderson de Yes. 

Grâce à Open The Door, Pentangle réalise un retour honorable. Durant la décennie suivante, quatre autres albums de qualité inégale suivront. La légende continue...



Musiciens


Jacqui McShee : chant
Bert Jansch : chant, guitare acoustique
Mike Piggott : violon, guitares
Danny Thompson : contrebasse
Terry Cox : batterie, percussions, chant

Titres


01. Open The Door
02. Dragonfly
03. Mother Earth
04. Child Of The Winter
05. The Dolphin
06. Lost Love
07. Sad Lady
08. Taste Of Love
09. Yarrow
10. Street Song

dimanche 18 juin 2017

The Morrigan - Rides Out (1990)

The Morrigan Rides Out
The Morrigan - Rides Out (1990)
Héritier des Pentangle, Steeleye Span, Fairport Convention et ancêtre de Mostly Autumn ou Karnataka, The Morrigan est de retour en 1990 avec son deuxième album, Rides Out. Cinq longues années d'intervalle ont été nécessaires entre cette nouvelle production et sa première œuvre Spirit Of The Soup

Durant ce lapse de temps, le trio formé de Cathy Alexander, Colin Masson et Cliff Eastabrook a accueilli en son sein deux musiciens complémentaires. Ainsi, le batteur Archie fait son entrée en 1988 suivi de Melanie Byfield aux vocaux et claviers. Cette même année est marquée par un événement important : le mariage de Cathy et Colin.  

En cette fin de décennie, la troupe devenue quintet entre en studio l'esprit créatif. Pourtant, Rides Out nécessitera plus d'un an de travail épuisant. La faute en revient au mauvais matériel d'enregistrement mis à disposition par leur ami John Hayward, futur membre du groupe. Pour l'heure, les pannes se succèdent, ce qui crée tensions et frictions. Melanie s'en ira ainsi vers d'autres cieux à peine le disque sorti.

Avec Rides Out, The Morrigan poursuit sa voie originale entre folk traditionnel et rock progressif. Aux côté des guitares électriques et claviers plus présents que précédemment, s'ajoutent clavecin, flûtes ou fiddle. Si les quelques soli de guitare de Colin font mouches comme sur The Rakes Of Kildare / Bedtime Stories, le jeu de basse de Cliff est bluffant, à mi-chemin entre Chris Squire de Yes et Jon Camp de Renaissance. Bien évidemment, l'atout majeur de The Morrigan demeure Cathy Alexander à la voix si énigmatique évoquant Jacqui McShee. Mêlée à celle de Melanie, elles font de Corpus Christi une pièce mystique de toute beauté. En revanche, la folie prend le dessus sur l'inquiétant Tom O'Bedlam, sombre conte populaire remontant au XVIIe siècle où il est question d'asile insalubre et de mendiants ayant perdu la raison.  

Malgré une production qui laisse à désirer, Rides Out demeure un disque honnête de bonne facture. Il est le fruit d'un travail collectif réunissant des musiciens d'horizons diverses. Si Cathy a reçu une formation classique dans sa jeunesse et ne s'est intéressée au folk celtique que bien plus tard, la formation musicale de Cliff est le heavy metal, tandis qu'Archie vient du rock et Colin trouve ses racines dans les musiques progressives et classiques. Un joli cocktail à découvrir !


Musiciens


Cathy Alexander : chant, claviers, flûtes, clavecin
Colin Masson : guitares, chant
Cliff Eastabrook : basse, chant, percussions
Archie : batterie, percussions, chant
Melanie Byfield : chant, claviers, percussions

Cath Watkins : fiddles
Gary Miles : chant
John Hayward : chant

Titres


01. The Morrigan Rides Out
02. Night Comes Closer
03. The Rakes Of Kildare / Bedtime Sories
04. The Black Nag
05. Girls Will You Take Him / Four Times Over
06. The Well Below The Valley
07. Busketts Folly
08. Corpus Christi
09. Tom O'Bedlam / Allemande

samedi 17 juin 2017

Iona - Another Realm (2011)

Iona Another Realm
Iona - Another Realm (2011)
Suite au message de Dave Bainbridge en date du 11 décembre 2016 annonçant la fin de Iona, il semble désormais acquis qu'Another Realm soit le dernier album de cette formation de rock progressif et celtique unique en son genre.

Paru en 2011, Another Realm est le seul album studio de Iona sur lequel n'apparaît pas Troy Donockley, que ce soit en tant que membre à part entière ou en simple invité. Parti rejoindre Nightwish, il a cédé sa place à Martin Nolan joueur de uilleann pipes et de whistles. Avant d'intégrer sa nouvelle famille, Martin a publié sous son nom deux albums de musique folklorique irlandaise, Travel'n Style puis Bright Silver Dark Wood. Son recrutement s'est effectué sur recommandation du mari de Moya Brennan. Séduit par ses talents de musicien et son ouverture d'esprit, Dave lui a grandement ouvert les portes.

Another Realm a la particularité d'être le premier double album de Iona. Si ce n'était pas prévu au départ, l'idée s'est imposée d'elle-même au regard de la qualité du matériel accumulé durant les sessions d'enregistrement. Comme souvent chez Iona, les nouveaux morceaux sont nés de séances d'improvisations en studio. Il en est ainsi de The Fearless Ones, Ruach, instrumental sur lequel brille le violon de Frank van Essen, ou du majestueux épique An Atmosphere Of Miracles s'étendant sur une quinzaine de minutes.  

Jamais le chant de Joanne Hogg n'a été aussi envoûtant. Désormais épanouie et s'assumant pleinement, elle habite intensément chacune des chansons, à l'image de The Ancient Wells à l'interprétation sans faille. Elle en cosigne dix et en signe seule trois : Clouds aux accents progressifs, Foreign Soil, plus folk, et Saviour qui semble extraite de son album solo Personal. Davantage impliquée, c'est à elle que l'on doit ce ton religieux plus direct par rapport aux précédentes productions. Si Iona n'a jamais caché puiser son inspiration au cœur des racines celtiques du monde chrétien, saint Colomban en particulier (As It Was, As It Shall Be), le spirituel s'impose davantage sur Another Realm, que ce soit à travers les textes synonymes de prières adressées à Dieu, ou sur la pochette, avec ce cavalier et cette épée levée, symbole de l'Esprit saint. Pour l'anecdote, ce cavalier n'est autre que Joanne elle-même. Les photos de la couverture et du livret ont été prises près de chez elle, sur la côte nord-irlandaise.

La production soignée, maîtrisée d'un bout à l'autre par Dave Bainbridge, offre de belles envolées instrumentales. La guitare se fait flamboyante sur le final de Clouds tandis que les claviers deviennent symphoniques sur le second épique d'une beauté à pleurer, White Horse. Les instruments traditionnels ont également leur place au sein de cette musique contemporaine d'exception : bouzouki (Speak To Me), cornemuse (As It Shall Be), violon (Ruach), flûte (Foreign Soil) et chophar, trompe au son ethnique construite à partir d'une corne de bélier, joué ici par Wytze Valkema, originaire des Pays-Bas, sur un The Fearless Ones surprenant.  

Another Realm fait partie de cette catégorie d'albums nécessitant du temps et de l'attention avant d'être appréciés à sa juste valeur. A l'instar de ses prédécesseurs, il occupe une place primordiale dans la discographie du groupe. Tous sont de véritables bijoux, taillés avec minutie afin de se trouver élevés à l'échelle d'œuvres d'art à part entière.



Musiciens


Joanne Hogg : chant, claviers, percussions
Dave Bainbridge : guitares, bouzouki, claviers, autoharp, percussions
Frank van Essen : batterie, percussions, violon, alto, chant, glockenspiel, claviers
Phil Barker : basse
Martin Nolan : uilleann pipes, whistles, chant

Debbie Bainbridge : chant
Evie Bainbridge : chant
Wytze Valkema : chophar

Titres


1.01. As It Was
1.02. The Ancient Wells
1.03. Another Realm
1.04. Clouds
1.05. An Atmosphere Of Miracles
1.06. Let Your Glory Fall

2.01. Ruach
2.02. Speak To Me
2.03. And The Angels Dance
2.04. Foreign Soil
2.05. Let The Waters Flow
2.06. Saviour
2.07. The Fearless Ones
2.08. White Horse
2.09. As It Shall Be

dimanche 11 juin 2017

Troy Donockley - Messages (2011)

Troy Donockley Messages
Troy Donockley - Messages (2011)
Inutile de présenter Troy Donockley, le plus célèbre joueur d'uilleann pipes (cornemuse irlandaise) et de whistles (flûtes irlandaises) de la scène progressive contemporaine. Ancien membre de Iona qu'il a quitté en 2009 pour intégrer Nightwish, il a joué avec un nombre considérable d'artistes, de Maddy Prior à Barbara Dickson en passant par Mostly Autumn, Magenta ou Karnataka.  

En parallèle à ces multiples collaborations et en l'espace d'une décennie, il a sorti sous son seul nom trois splendides albums d'une qualité exceptionnelle : The Unseen Stream (1998), The Pursuit Of  Illusion (2003) et The Madness Of Crowds (2009). Messages, compilation mise sur le marché en 2011, rassemble une sélection d'extraits de ces trois disques, plus deux inédits : For Him Who Will Never Return, chanson traditionnelle réarrangée, et Dunmail Rising inspirée de la beauté sauvage de Lake District, région montagneuse du Nord-Ouest de l'Angleterre, sur laquelle on découvre le violon virevoltant de Peter Knight du Fairport Convention. 

Barbara Dickson, Heather Findlay (ex-Mostly Autumn), Olivia Sparnenn (Mostly Autumn) et surtout Joanne Hogg (Iona), absolument fabuleuse sur Pursuit Of Illusions, titre qui mérite à lui seul l'achat de cette compilation voire de l'album du même nom, sont les quatre grandes voix féminines enchanteresses que l'on croise au fil des titres. La musique de Troy, complexe, demeure difficile à définir. Elle se veut à la fois savante, classique, sacrée, progressive, expérimentale, celtique et folklorique. 

Messages est le reflet fidèle de l'univers artistique de Troy Donockley, multi-instrumentiste inspiré et talentueux, l'un des plus doués de sa génération, mais aussi des plus convoités. Compilation indispensable à toute bonne discothèque de référence qui se respecte. 


Titres


01. Sights
02. For Him Who Will Never Return
03. Now, Voyager
04. Fragment
05. Orkahaugr
06. Finlandia
07. Dunmail Rising
08. Pursuit Of Illusion
09. Tunnels
10. The Procession

samedi 10 juin 2017

Barbara Dickson - Words Unspoken (2011)

Barbara Dickson Words Unspoken
Barbara Dickson - Words Unspoken
(2011)
Avec Words Unspoken, son nouvel album paru en 2011, Barbara Dickson poursuit sa collaboration avec Troy Donockley entamée en 2004 sur Full Circle. Outre la multitude d'instruments dont il a la charge (guitares, cornemuse, whistles, bouzouki, claviers, percussions), Troy a également produit et arrangé ce disque. Ensemble, ils ont composé The Magical West située en première piste. Unique composition originale, ce morceau aux accents celtiques, n'est pas sans rappeler Iona, l'ancien groupe de Troy, ou Clannad

Les musiciens qui les accompagnent ne sont pas des inconnus à leur univers. Déjà présent à l'époque de Time & Tide (2008), le batteur de Iona, Frank van Essen, est de retour. Il assure la rythmique avec le bassiste Brad Lang. Nick Holland, vieux complice de Troy, partage le chant avec Barbara sur quelques titres. Troy et lui ont joué également avec Maddy Prior sur plusieurs de ses albums solos de la fin des années 90 et du début des années 2000. Andy Dinan (fiddle) et Lucy Muir (harpe) sont également des proches de Troy. Le premier a été membre de The Bad Shepherds, autre groupe de Troy qui a pour originalité de reprendre des classiques punks à l'aide d'instruments folk. Quant à la seconde, on a pu l'entendre sur The Madness Of Crowds, son troisième album solo sorti en 2009. 

Words Unspoken est un album varié, servi par des arrangements subtils au service d'une grande voix. Les douze titres enregistrés se répartissent entre composition originale (le déjà cité The Magical West), chant de Noël (Personnent Hodie), passages a cappella (Will Ye Gang Love? sur plus de trois minutes extraordinaires), reprise (magnifique version du Bridge Over Troubled Water, ode à l'amitié signée Paul Simon) et chansons folk traditionnelles, écossaises essentiellement. Celles-ci sont porteuses de messages à caractère social, aux dénouements souvent tragiques. Ainsi, The Trees They Do Grow High, déjà interprétée par Joan Baez en 1961, puis par bien d'autres à sa suite comme Pentangle, Steeleye Span ou Sarah Brightman, aborde la délicate question des mariages arrangés d'antan. Jamie Raeburn raconte l'histoire d'un pauvre boulanger de Glasgow accusé d'un vol qu'il n'a pas commis, puis condamné au bagne dans les colonies, loin de chez lui et de ses proches. La version très émotionnelle de Smile In Your Sleep rappelle que cette chanson a été écrite en mémoire des Highland Clearances du XIIIe siècle, nom donné au déplacement forcé des populations écossaises habitant ces régions montagneuses reculées et qui a engendré de véritables tragédies humaines. 

My Donald, Kishmul's Galley et King Orfeo sont d'autres petites perles bien ciselées qu'il serait dommage de ne pas mentionner explicitement. Words Unspoken regorge de ces moments de grâce qui en font un album à part dans la discographie déjà bien fournie de la chanteuse écossaise à la voix de cristal.  


Musiciens


Barbara Dickson : chant, guitare acoustique

Troy Donockley : guitares, cornemuse, flûtes irlandaises, bouzouki, claviers, percussions, chœurs
Brad Lang : contrebasse, basse, chœurs
Frank van Essen : violon, alto, batterie
Nick Holland : chant
Andy Dinan : fiddle
Lucy Muir : harpe

Titres


01. The Magical West
02. Jamie Raeburn
03. Ythanside
04. The Trees They Do Grow High
05. Will Ye Gang Love?
06. Smile In Your Sleep
07. My Donald
08. Personent Hodie
09. Kishmul's Galley
10. Ca' The Yowes
11. King Orfeo
12. Bridge Over Troubled Water

vendredi 9 juin 2017

Loreena McKennitt - The Visit (1991)

Loreena McKennitt The Visit
Loreena McKennitt - The Visit (1991)
Loreena McKennitt poursuit sa mue avec The Visit disponible en 1991. Tout en continuant à explorer les civilisations celtiques anciennes, elle élargit son champ de recherche en regardant davantage vers l'Orient et le Sud. All Souls Nights en ouverture et l'instrumental Tango To Evora sont le résultat de cette nouvelle orientation.  

Les neuf titres présentés se partagent entre compositions originales, à l'instar des deux titres cités ci-dessus, chansons folkloriques traditionnelles comme le célèbre Greensleeves ou Bonny Portmore, et adaptation de textes d'auteurs classiques. Shakespeare est l'un d'eux. Loreena a utilisé un extrait de sa pièce Cymbeline mettant en scène le roi breton du même nom en proie à l'invasion des Romains. Morceau fleuve de onze minutes, le texte de Lady Of Shalott est signé Alfred Lord Tennyson, célèbre poète de l'époque victorienne. La chanteuse narre sous forme de complainte l'histoire tragique d'une princesse qui ne peut voir le monde que par l'intermédiaire d'un miroir et qui tisse ce qu'elle voit sur une tapisserie.

Outre son intérêt manifeste pour l'histoire, Loreena aborde d'autres thèmes qui lui sont chers. Bonny Portmore et Courtyard Lullaby sont toutes deux, à leur manière, porteuses d'un message écologique. La première est un hymne au Grand Chêne du château de Portmore en Irlande, en réponse aux forêts dévastées par l'homme au fil des siècles sur cette terre celte. La seconde fait référence au mystérieux cycle des saisons. Poussant encore plus loin sa réflexion, Loreena s'interroge également sur la place de chacun dans ce monde, ainsi que sur notre relation avec l'au-delà, à travers All Souls Nights, Cymbeline ou bien l'intense The Old Ways, un des plus beaux titres de son répertoire.

Déjà présent sur l'album précédent Parallel Dreams, Brian Hughes est passé du statut de simple musicien à celui de coproducteur. Autre futur pilier de l'équipe de Loreena, l'archer Hugh Marsh fait ici une première apparition remarquée au fiddle. Comme à l'accoutumée, instruments traditionnels (harpe, accordéon, sitar, violoncelle, cornemuse, balalaika, bodhran...) côtoient le plus naturellement du monde instruments modernes contemporains. 

The Visit est un album de transition dans la carrière de la chanteuse qui regarde désormais vers de nouveaux horizons. Les suivants ne feront qu'accentuer et préciser cette nouvelle option qui s'annonce des plus passionnantes. 


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, claviers, accordéon, harpe, bodhran

Brian Hughes : guitares, balalaika
George Koller : basse, fiddle, violoncelle, percussions, sitar
Tom Hazlett : basse
Al Cross : batterie
Rick Lazar : percussions
Anne Bourne : violoncelle
Patrick Hutchinson : cornemuse
Hugh Marsh : fiddle

Titres


01. All Souls Nights
02. Bonny Pormore
03. Between The Shadows
04. The Lady Of Shalott
05. Greensleeves
06. Tango To Evora
07. Courtyard Lullaby
08. The Old Ways
09. Cymbeline

lundi 5 juin 2017

Judy Collins - Sings Leonard Cohen: Democracy (2004)

Judy Collins Leonard Cohen
Judy Collins - Sings Leonard Cohen:
Democracy (2004)
Les carrières de Judy Collins, célèbre chanteuse folk américaine souvent comparée à Joan Baez, et de Leonard Cohen sont intimement liées. 

Née en 1939 à Seattle, Judy découvre les chansons populaires et traditionnelles à l'âge de seize ans. C'est une véritable révélation pour celle qui se destinait à la musique classique et avait interprété un concerto de Mozart au piano dès ses treize ans. Elle décide alors de se consacrer uniquement à la musique folk  ainsi que d'apprendre à jouer de la guitare acoustique. Devenue chanteuse professionnelle en 1959, elle signe son premier album chez Elektra deux ans plus tard. Son répertoire ne comprend que des chansons folk traditionnelles, et ce jusqu'en 1966. 

Cette année-là, elle se met en quête de nouveaux horizons musicaux. Par l'intermédiaire de sa maison de disque, elle fait la rencontre du jeune Leonard Cohen, poète et compositeur canadien de cinq ans son aîné, totalement inconnu. C'est le coup de foudre artistique immédiat. Sur son album In My Life, Judy chante l'éternelle Suzanne ainsi que le non moins fulgurant Dress Rehearsal Drag. Le succès est instantané, la carrière de Cohen lancée. A la fin des années 60, ce dernier encouragera Judy qui avait jusqu'alors uniquement chantée les chansons des autres, à interpréter ses propres compositions. La première sera Since You've Asked.

Tout au long de sa (très) longue carrière, Judy reprendra régulièrement des chansons de son ami. Elle décide de lui rendre hommage en 2004 avec ce Judy Collins Sings Leonard Cohen: Democracy. Le disque se compose de trois reprises inédites spécialement enregistrée pour l'occasion (Democracy, A thousand Kisses Deep, Night Comes On) et de toute une sélection de chansons interprétées au fil des années, de 1966 à 1999. Parmi celles-ci, les désormais classiques Sisters Of Mercy, Bird On The Wire en mode country, la perle des perles Famous Blue Raincoat ou encore Song Of Bernadette dans une version live mémorable. 

Avec Jennifer Warnes à qui l'ont doit un autre album hommage au grand Leonard, Judy Collins demeure l'interprète féminine la plus légitime à interpréter ses chansons. Sa proximité avec l'artiste, sa sensibilité, sa voix si limpide donnent une dimension exceptionnelle à ces pièces poétiques entrées depuis au patrimoine culturel de l'humanité.


Musiciens


Judy Collins : chant, guitare, piano

Titres


01. Democracy
02. Suzanne
03. A Thousand Kisses Deep
04. Hey, That's No Way To Say Goodbye
05. Dress Rehearsal Rag
06. Priests
07. Night Comes On
08. Sisters Of Mercy
09. Story Of Isaac
10. Bird On The Wire
11. Famous Blue Raincoat
12. Joan Of Arc
13. Take This Longing
14. Song Of Bernadette (Live)

dimanche 4 juin 2017

Annie Haslam - Annie Haslam (1989)

Annie Haslam Moonlight Shadow
Annie Haslam - Annie Haslam (1989)
Deux ans après la séparation (provisoire) de Renaissance, Annie Haslam revient, en 1989, avec un troisième album solo simplement dénommé Annie Haslam. Annie l'appelle elle-même The Epic Album en référence à la maison de disque qui l'a signé. Sinon, les Japonais lui ont donné le nom de Moonlight Shadow, tube planétaire de Mike Oldfield que reprend ici Annie. 

Sur ce premier morceau, Annie se rapproche davantage de Kim Wilde, alors au sommet de sa gloire en cette fin de décennie, que de la Annie du Renaissance des années 70. Le son est typé années 80 et l'ambiance générale est plutôt à la pop synthétique. Malgré ce son daté, cet album mérite d'être (re)découvert car il recèle quelques beaux passages, notamment un She's The Light mystique, lumineux comme un rayon de soleil à travers un vitrail sacré. Toujours dans le domaine du religieux, The Angels Cry est une pièce émouvante composée par Justin Hayward des Moody Blues. Écrite à l'origine pour Agnetha d'Abba, il l'offrira finalement à Annie et lui fera l'amitié de venir jouer quelques notes de guitare acoustique et de participer aux chœurs. 

Produit par Larry Fast (Peter Gabriel, Bryan Ferry, Foreigner), cet album accueille une jolie brochette de musiciens talentueux parmi lesquels le violoniste David Rose, l'ex-King Crimson et Camel Mel Collins sur Let It Be Me et deux anciens de la dernière mouture de Renaissance, Raphael Rudd et le guitariste Mark Lampariello. Tous deux formeront le noyau du "Annie Haslam Band" auquel s'ajouteront le complice de toujours Rave Tesar et le batteur Joe Goldberger. C'est avec cette formation que tournera Annie, au Japon en particulier, un des seuls endroits où le disque connaîtra un certain succès. A son grand regret, Annie ne recevra aucun soutien de la maison de disque Epic et les ventes ne décolleront pas.

Avec le recul, on ne peut que regretter ce manque d'intérêt d'Epic car, sans être un chef d'œuvre intemporel, Annie Haslam est un album honorable qui clôt avec panache une décennie compliquée pour l'artiste et annonce une "renaissance" à venir des plus passionnantes.

  

Musiciens


Annie Haslam : chant

Larry Fast : claviers, batterie électronique
Justin Hayward : guitare acoustique, chant
Mark Lampariello : guitares
Peter Bliss : guitares, programmation, chant
David Rose : violon
Raphael Rudd : piano, harpe
Mel Collins : saxophone
Joe Franco : batterie, percussions
Robert Natarazzo : chant
John de Nicola : programmation

Titres


01. Moonlight Shadow
02. The Angels Cry
03. When A Heart Finds Another
04. Let It Be Me
05. She's The Light
06. Celestine
07. Further From Fantasy
08. Wishing On A Star
09. Wildest Dreams
10. One More Arrow
11. One Love

vendredi 2 juin 2017

Vakia Stavrou - Alasia (2016)

Vakia Stavrou Alasia
Vakia Stavrou - Alasia (2016)
Formée à Prague, Vakia Stavrou est une jeune artiste auteur-compositeur chypriote qui chante aussi bien en grec, qu'en anglais ou en... portugais. Ce n'est donc pas par hasard si le label Accords Croisés qui ambitionne de rapprocher les cultures, s'est intéressé à elle et a publié Alasia, un album riche en saveurs. 

Digne héritière des Billie Holiday, Ella Fitzgerald ou Cesaria Évora, Vakia propose un cocktail savamment dosé de fado, bossa nova, jazz et musique folklorique grecque. Dotée d'une voix angélique, s'adressant directement au cœur, Vakia chante l'Amour avec un grand "A", celui de la nostalgie, mais aussi des promesses oubliées. Dans cet océan de mélancolie, bien plus vaste que la douce Méditerranée entourant sa belle île de Chypre, chaque chanson n'en conserve pas moins une lueur d'espoir. Ainsi, Homa Ke Nero, Sozinha, Bellaroussa, ou encore Dia Sem Mim aux paroles signées José Luís Peixoto, un des écrivains portugais les plus brillants de sa génération, deviendront, à ne pas en douter, des classiques populaires que se transmettront les générations futures. Stay, seul titre chanté en anglais, est également de cette trempe. Vakia, littéralement habitée, l'interprète avec une telle intensité que l'on songe inévitablement à la divine Edith Piaf, il ne peut en être autrement.   

C'est à Paris que Vakia a fait la connaissance des musiciens qui l'accompagnent. Ils sont à son image : éclectiques, discrets et efficaces. Né à Cardiff, capitale du Pays de Galles, de parents brésiliens, Carlos Bernardo a grandi à Rio de Janeiro. Très jeune il apprend la guitare et se nourrit de musique jazz. Il a sorti un premier album sous son nom, Pacifico, en 1995, puis connaîtra une carrière internationale, en France notamment avec le Théâtre du Soleil. Né à La Havane (Cuba), le percussionniste Inor Sotolongo réside maintenant à Paris. Il a collaboré avec des artistes aussi brillants que Dee Dee Bridgewater, Herbie Hancock, Bonnie Raitt ou Zucchero. L'équipe est complétée par Octavio Angarita de la formation Namasté au violoncelle, et Guillaume Robert à la contrebasse.

Alasia était le nom donné à Chypre par les Grecs anciens. Dans leur imaginaire, cette île était "embrassée par la mer". Vakia a transformé ce baiser en un album splendide, d'une beauté envoûtante et mystérieuse que l'on ne peut que conseiller. 


Musiciens


Vakia Stavrou : chant, guitare

Carlos Bernardo : guitare
Inor Sotolongo : percussions
Guillaume Robert : contrebasse
Octavio Angarita : violoncelle

Titres


01. Homa Ke Nero
02. Sozinha
03. Pare Fora
04. Mais Um Beijo
05. Thalassimo Nero
06. Bellaroussa
07. Black Bossa
08. Petalouda
09. Stay
10. Dia Sem Mim
11. O Meu Peito Diz
12. Kita Me
13. Xehases
14. Pour Den Se Niazi
15. Parapono

jeudi 1 juin 2017

Davey Dodds - Kernowcopia (2017)

Davey Dodds Kernowcopia
Davey Dodds - Kernowcopia (2017)
Oyez, oyez, le légendaire Davey Dodds, chanteur historique de Red Jasper, est de retour ! Depuis 1997 et Anagramary, il n'avait plus rien enregistré après s'être réfugié dans les Cornouailles, loin de ce monde, consacrant son temps à ses deux passions, l'écriture et à la pêche.

Kernowcopia, sa première œuvre en solo, est le produit de toutes ces années d'isolement et de réflexion. A l'image de sa région d'adoption, "Kernow" signifiant Cornouailles en cornique, langue celtique locale, Kernowcopia fleure bon la nature sauvage et l'homme révolté. Davey délivre une musique folk aux consonances celtiques brutes, sans compromis. Seul l’envoûtant Merlin's Isle Of Grammary plonge ses racines dans un rock progressif symphonique flamboyant. Son étrange atmosphère oppressante n'est pas sans rappeler celle toute aussi inquiétante du Bal De Laze de Polnareff, repris par Ange sur leur album A Propos De... en 1982. Davey se métamorphose, l'espace d'un instant, en un Christian Décamps à la gouaille bien trempée.

Merlin's Isle Of Grammary est le seul titre sur lequel apparaît la guitare électrique de Robin Harrison, cofondateur de Red Jasper avec Davey. Tous les autres instruments sont acoustiques, à commencer par la harpe celtique dont il faut signaler l'excellent travail effectué par Martin Solomon, également joueur de fiddle. Outre le chant, Davey joue de la mandoline, de la flûte irlandaise et des percussions. Derrière les fûts, se tient David Clifford, autre pilier de Red Jasper. Ce même Clifford a participé à l'aventure Alchemy de Clive Nolan.

Aux côtés d'inédits, Dodds s'amuse à revisiter quelques titres emblématiques de l'époque Red Jasper. The Mappie de Sting In The Tale (1990), repris récemment par la formation folk The Unthanks sur leur album Mount The Air de 2015, Jean's Tune de A Midsummer Night's Dream (1993), Ship On The Sea et The Shaman's Song de The Winter's Tale (1994) sont de ceux-là.

Situé à la croisée des chemins entre Jethro Tull pour la musique et Fish pour la voix, Davey Dodds revient sur le devant de la scène avant tout pour son propre plaisir. Et cela s'entend !  Kernowcopia procure un rare moment de complicité entre l'artiste et l'auditeur. Welcome back !

Musiciens


Davey Dodds : chant, mandoline, tin whistle, percussions

Martin Solomon : fiddle, harpe celtique
Robin Harrison : guitare électrique, basse
David Clifford : batterie
Bradders Bluesinger : percussions
Keven Taylor : harmonica
Stephi Underdown : chœurs

Titres


01. Storm Cat Song
02. Kernowcopia
03. Contented Man
04. Jean's Tune
05. Ship On The Sea
06. The Magpie
07. Merlin's Isle Of Grammarye
08. Titchmarsh Trauma
09.The Shaman's Song
10. Shoot Of Gruffalo
11. Kick Off Your Shoes

dimanche 28 mai 2017

Heather Findlay & Chris Johnson - Live At The Cafe 68 (2012)

Heather Findlay Live At The Cafe 68
Heather Findlay & Chris Johnson -
Live At The Cafe 68 (2012)
Le 29 septembre 2011, devant un parterre d'une trentaine de privilégiés, Heather Findlay et son acolyte Chris Johnson donnent un concert acoustique au Cafe 68 de York. Ils ont la bonne idée d'enregistrer ce set disponible en CD l'année suivante.

L'ambiance est chaleureuse, voire familiale. Les deux artistes discutent, rient, boivent du vin et interprètent onze chansons extraites de leurs répertoires respectifs. Heather est au chant et aux percussions, Chris la seconde à la guitare ainsi qu'au chant. 

Le showcase débute par un Phoenix hanté que l'on retrouve sur le premier EP solo d'Heather tout juste disponible alors, The Phoenix Suite. Cette version acoustique dénudée apporte incontestablement un supplément à la version initiale plus électrique. Heather se lance ensuite dans un Caught In A Fold toujours aussi poignant. Retour à nouveau à la période Mostly Autumn avec un Blue Light interprété non pas par Chris mais par une Heather sensuelle à faire dresser les poils. Magpie, le morceau suivant, est extrait d'Offerings d'Odin Dragonfly, projet parallèle d'Heather et de sa complice de toujours Angela Gordon. Seule reprise de la soirée, Dear Someone a été composée par la chanteuse de country Gillian Welch et son mari David Rawlings. Le duo donne à cette douce ballade une couleur très "Simon & Garfunkel".   

Pour Out Of Season, Chris prend le chant principal. Ce titre était à l'origine sur l'album The Northern Country de son tout premier groupe, The Evernauts. L'interprétation est splendide et donne envie de découvrir cette formation yorkaise aujourd'hui disparue. Après Blue Light, Gaze est une autre composition de Chris pour l'album Heart Full Of Sky. Cette délicieuse chanson n'est disponible que sur la version collector du disque. Quel dommage ! Sans prévenir, Heather enchaîne avec un Evergreen qui n'a rien perdu de sa splendeur, bien au contraire. Cette version épurée à l'extrême est à tomber par terre tant la voix d'Heather atteint des sommets insoupçonnés. Uniquement chantée par Chris sur The Fabric de Parade avec Anne-Marie Helder aux chœurs, The Dogs est transformée ici en un duo où les deux voix se mêlent pour notre plus grand bonheur. Avant-dernier titre, Yellow Time, autre passage d'Offerings annonce tranquillement la fin de la soirée. Celle-ci s'achève en beauté avec un Silver Glass d'une sensibilité à fleur de peau. L'émotion est à son comble tant cette magnifique chanson que l'on retrouve à l'origine sur Heart Full Of Sky ne peut laisser insensible.

Live At The Cafe 68 est, en définitive, une sympathique curiosité proposant un survol honorable de la carrière de ces deux artistes attachants. Elle permet de mieux découvrir l'univers musical de Chris, à nouveau membre à part entière de Mostly Autumn aujourd'hui, et de suivre les pérégrinations de la douce Heather suite à son départ inattendu de cette même formation en 2010.  

Musiciens


Heather Findlay : chant, percussions
Chris Johnson : chant, guitare

Titres


01. Phoenix
02. Caught In A Fold
03. Blue Light
04. Magpie
05. Dear Someone
06. Out Of Season
07. Gaze
08. Evergreen
09. The Dogs
10. Yellow Time
11. Silver Glass

samedi 27 mai 2017

Heather Findlay - The Phoenix Suite (2011)

Heather Findlay The Phoenix Suite
Heather Findlay - The Phoenix Suite
(2011)
The Phoenix Suite, première tentative en solo de la belle Heather Findlay après son départ de Mostly Autumn, a dérouté plus d'un fan à sa sortie en 2011. Ce court EP d'une vingtaine de minutes propose cinq chansons très variées, sans véritables liens avec son ancien groupe, ni avec son projet parallèle Odin Dragonfly où officie sa complice de toujours Angela Gordon

Côté musiciens, Heather ne s'est toutefois guère éloignée de la galaxie "autumnienne". Chris Johnson, ex-Mostly Autumn et actuel Parade, s'est vu confié les guitares, la programmation, mais aussi la production et le mixage. Personnage clé de cette nouvelle aventure, Chris est un ami de longue date d'Heather ; ils ont même été colocataires à une certaine époque. En soutien à Chris, Dave Kilminster est le deuxième guitariste de l'album. Ses riffs ravageurs et son doigté exceptionnel ont déjà conquis auparavant Keith Emerson, Roger Waters, John Wetton, mais aussi Anne-Marie Helder. A la rythmique, on retrouve Steve Vantsis à la basse et le jeune Alex Cromarty à la batterie. Ce dernier a été vivement recommandé par John Spence, ingénieur du son de la plupart des albums de Mostly Autumn. Paul Cusick est le premier avec lequel il a enregistré un disque. C'était Focal Point en 2009. Depuis 2014, il est devenu le batteur attitré de Mostly Autumn. Quant à Steve, il a été recruté suite à son excellent travail sur 13th Star de Fish. 

The Phoenix Suite est une suite de chansons plaisantes, aux textes sombres, qui fait la part belle à la voix toujours aussi séduisante d'Heather. Plus proche du rock alternatif que du rock progressif, cet EP se situe quelque part entre The Fabric de Parade et le Satellite de Panic Room. A noter la pochette peinte par Heather. Son art ressemble étonnamment à celui d'une autre grande dame de la scène progressive, la doyenne de toutes, Annie Haslam (Renaissance).

Musiciens


Heather Findlay : chant, percussions

Chris Johnson : guitares, programmation, chœurs
Dave Kilminster : guitares
Steve Vantsis : basse
Alex Cromarty : batterie

Titres


01. Red Dust
02. Phoenix
03. Cellophane
04. Seven
05. Mona Lisa

vendredi 26 mai 2017

Louisa John--Krol - Alexandria (2000)

Louisa John-Krol Alexandria
Louisa John-Krol - Alexandria (2000)
Après Argo, Alexandria offre un nouvel aperçu du monde féerique dans lequel vit Louisa John-Krol. 

Pour cette deuxième production, la chanteuse australienne a de nouveau fait appel au producteur et multi-instrumentiste Harry Williamson. Cet Anglais, émigré en Australie, a collaboré dans le passé avec de grandes figures de la scène progressive comme Anthony Philipps (Genesis) ou Daevid Allen (Soft Machine, Gong). 

Très riche en références culturelles, Alexandria se présente comme un hommage aux écrivains disparus, à des lieux mythiques ainsi qu'aux légendes d'antan. Alexandria, la chanson titre, est de cette veine. Inspirée de textes du poète grec Constantin Cavafy né à Alexandrie et de John Milton, Lycidias en particulier, cette magnifique ballade éthérée est construite sur une musique remontant au XVe siècle.  

Au fil des titres, Louisa entraîne l'auditeur à la rencontre des dragons (Contradiction In The Dragon) et du dernier centaure (The Last Centaur), mais aussi au cœur de l'Australie profonde (Hide In Your Shadow, Talim Ridge) ou de lieux imaginaires sortis tout droit de son esprit (Fortress, The Valley Of Seven Keys). Elle l'initie également à la grande littérature à travers ses hommages à Ramón Pérez de Ayala (Berlamino's Dictionary), Dostoëvski (Paper Door) ou Dante (Canto IV). 

Avec Alexandria, Louisa démontre une nouvelle fois qu'elle est une artiste complète. Grâce à une imagination inspirée, elle s'est créée un univers artistique original, complètement à part, à l'instar des Grandes Dames que sont Kate Bush, Loreena McKennitt ou Lisa Gerrard. A noter que la réédition 2008 du label américain Forest Of The Fae comporte deux titres bonus, Death's Illusion et Gwyllion, non dénués d'intérêts. A bon entendeur...


Musiciens


Louisa John-Krol : chant, mandoline, percussions, claviers, guitares, ocarina

Harry Williamson : claviers, percussions, basse, harpe
Miles Alexander : batterie
Stephen Robinson : cor, hautbois
Rüdiger Gleisberg : piano

Titres


01. Alexandria
02. Contradiction In The Dragon
03. Hide In Your Shadow
04. Fortress
05. Talim Ridge
06. Belarmino's Dictionary
07. Paper Door
08. Ariel's Flight
09. The Valley Of Seven Keys
10. Madame Alchemier
11. Canto IV
12. The Last Centaur
13. Death's Illusions
14. Gwyllion

jeudi 25 mai 2017

Liv Kristine - Deus Ex Machina (1998)

Liv Kristine Deus Ex Machina
Liv Kristine - Deus Ex Machina (1998)
Liv Kristine est une chanteuse norvégienne célèbre pour avoir été membre successivement de deux formations phares de la scène metal : Theatre of Tragedy puis Leaves' Eyes avec son mari de l'époque, Alexander Krull. En parallèle, elle a mené une carrière en solo et a publié sous son seul nom cinq albums jusqu'à ce jour. Deux Ex Machina, sorti en 1998, est le premier d'entre eux.

Ce disque est une véritable surprise puisqu'il propose de découvrir une nouvelle facette artistique de Liv, bien éloignée de ce qu'elle proposait jusqu'alors avec Theatre of Tragedy. Ambiances oniriques et mélancoliques sont au rendez-vous, baignées par une voix majestueuse à la fragilité délicieuse. S'il fallait faire des comparaisons, on pourrait dire que Liv se situe à la croisée des chemins entre Enya et... Mylène Farmer. 

A l'instar de sa compatriote Kari Rueslåtten qui elle aussi a sorti son premier opus solo l'année précédente, Liv puise son inspiration dans sa terre ancestrale et ses légendes féeriques. Portrait: Ei Tulle Med Øyne Blå est une berceuse remise au goût du jour, que lui chantait sa grand-mère dans son enfance. Quant à Huldra, il s'agit d'une courte pièce musicale en écho aux forêts magiques de la Scandinavie. Toutes deux sont interprétées dans sa langue natale. Les autres titres, plus dans l'air du temps, sont chantés en anglais. Sur l'excitant 3 am, Liv s'offre même le luxe de convier le charismatique Nick Holmes de Paradise Lost aux vocaux. 

Neuf longues années seront nécessaires pour donner une suite à ce Deus Ex Machina hypnotique. Il faut dire qu'entre temps, Liv a connu un parcours mouvementé puisque, après d'être fait virée de Theater of Tragedy en 2003, elle s'est investie corps et âme dans son nouveau projet Leaves' Eyes, avant d'en être également éjectée en 2016. Mais il s'agit là d'une autre histoire...

Musiciens


Liv Kristine : chant

Günther Illi : guitares, claviers, basse, percussions, programmation
Nick Holmes : chant
Stefan Müller-Ruppert : chant

Titres


01. Requiem
02. Deus Ex Machina
03. In The Heart Of Juliet
04. 3 am
05. Waves Of Green
06. Take Good Care
07. Huldra
08. Portrait: Ei Tulle Med Øyne Blå
09. Good Vibes Bad Vibes
10. Outro

mercredi 24 mai 2017

Kari Rueslåtten - Spindelsinn (1997)

Kari Rueslatten Spindelsinn
Kari Rueslåtten - Spindelsinn (1997)
Avec Spindelsinn, son premier opus solo, la chanteuse norvégienne Kari Rueslåtten surprend son monde en s'éloignant littéralement des territoires musicaux de son ancien groupe The 3rd and the Mortal. 

Cette petite merveille disponible dès 1997 a été conçue comme un concept album célébrant à la fois le folklore norvégien et la nature majestueuse dans laquelle il puise son inspiration. Toutefois, ce n'est pas une œuvre passéiste ou nostalgique. Bien au contraire, ce Spindelsinn est bien ancré dans son temps, les légères touches electro aux côtés des instruments traditionnels ou à cordes sont là pour le rappeler. 

Kari chante divinement bien, et ce, exclusivement dans sa langue natale. Dotée d'une savoureuse voix de cristal riche en couleurs, elle transmet toute une large palette d'émotions intenses. Sa musique respire les fjords norvégiens, les étendues sauvages et les forêts enchantées aux mille légendes. On pense à Enya (Skogens Kjole), Kate Bush (Agatha), Tori Amos (Jeg Kommer Inn) ou Björk (Hør Min Sang).

Il est bien loin le temps où Kari et ses 3rd and the Mortal apparaissaient en pionniers de la scène metal en mettant en avant une voix féminine enchanteresse. C'était en 1992. Ils seront très vite rejoints par leurs compatriotes Theatre of Tragedy puis par les Néerlandais de The Gathering. Vingt ans plus tard, les trois chanteuses de ces formations, Kari, Liv Kristine et Anneke van Giersbergen, se retrouveront sous le doux nom de The Sirens.  



Musiciens


Kari Rueslåtten : chant, piano

Børge Petersen Øverleir : guitare
Kai Priddy : guitare
Rune Arnessen : percussions
Annbjorg Lien : hardingfele
Hans-Josef Groh : violoncelle
Atle Sponberg : violon
Vegard Johnsen : violon
Dorthe Dreier : alto
Jan Olav Martinsen : cor

Titres


01. I Månens Favn
02. Spindelsinn
03. Skogens Kjole
04. Agatha
05. Trollferd
06. Vintersol
07. Jeg Kommer Inn
08. Hør Min Sang
09. Som Av Meg
10. Nordnatt

samedi 20 mai 2017

Anneke van Giersbergen - Everything Is Changing (2012)

Anneke van Giersbergen Everything Is Changing
Anneke van Giersbergen -
Everything Is Changing (2012)
2012, année du changement et c'est maintenant pour Anneke van Giersbergen. Débarrassée de l'encombrant patronyme "Agua de Annique", son nouvel opus Everything Is Changing sort sous son seul nom. Telle un papillon, la douce Anneke est sortie de sa chrysalide et s'assume pleinement.  

Après un succulent In Your Room à l'ambiance très pop suivi de diverses expériences musicales extrêmes, du conte pour enfants De Beer Die Geen Beer Was aux seigneurs du grindcore Napalm Death, Anneke retrouve un son plus heavy. Everything Is Changing propose une musique romantique, sombre et mélancolique, bourrée d'énergie positive.

Cette touche de maturité, on la doit notamment à Daniel Cardoso, totalement investi dans ce projet puisqu'il en est le producteur. Ce musicien d'origine portugaise, mieux connu maintenant grâce à sa collaboration avec Anathema, a également participé au mixage et à l'écriture de l'album. Multi-instrumentiste, il y joue des claviers, de la guitare et de la basse. D'autres musiciens accompagnent le duo van Giersbergen/Cardoso dont son batteur de mari Rob Snijders, présent depuis Air, ainsi que certaines figurent de la scène metal symphonique néerlandaise : Ruud Jolie (Within TemptationMaiden UniteD), Dennis Leeflang (Within Temptation, Epica), et René Merkelbach (Within Temptation, Ayreon). 

C'est à ce dernier que l'on doit la magnifique ballade piano/voix Circles. Sur ce titre, Anneke atteint des sommets incommensurables, tant sur le plan émotionnel que technique. Sa prestation la rend digne héritière des Kate Bush, Tori Amos ou Annie Haslam. D'autres moments forts traversent ce disque tout en puissance, que ce soit le flamboyant My Boy dédié à son fils, la chanson titre Everything Is Changing ou un Too Late "rentre dedans" aux guitares bien grasses. 

Cinq ans après son départ de The Gathering, Anneke continue son bonhomme de chemin en construisant une carrière aux multiples facettes. Loin de lasser son public, elle ne cesse de le surprendre par une créativité toujours bien inspirée semblant illimitée.


Musiciens


Anneke van Giersbergen : chant

Daniel Cardoso : claviers, guitares, basse
Rob Snijders : batterie
Dennis Leeflang : batterie
Ruud Jolie : guitares
Ferry Duijsens : guitares
Joost van Haaren : basse
René Merkelbach : claviers, piano
Camilla van der Kooij : violon

Titres


01. Feel Alive
02. You Want To Be Free
03. Everything Is Changing
04. Take Me Home
05. I Wake Up
06. Circles
07. My Boy
08. Stay
09. Hope, Pray, Dance, Play
10. Slow Me Down
11. Too Late
12. 1000 Mile Away From You

vendredi 19 mai 2017

Anneke van Giersbergen & Martijn Bosman - De Beer Die Geen Beer Was (2011)

Anneke van Giersbergen De Beer
Anneke van Giersbergen &
Martijn Bosman -
De Beer Die Geen Beer Was (2011)
De Beer Die Geen Beer Was est une jolie curiosité dans la discographie déjà bien fournie de la délicieuse Anneke van Giersbergen. Associée à Martijn Bosman, elle publie en 2011 ce conte musical d'une trentaine de minutes. 

Alternant textes lus, bruitages, passages instrumentaux ou chantés, l'histoire est librement inspirée de The Bear That Was Not du scénariste et réalisateur américain Frank Tashlin. Datant de 1946, le texte a été traduit en français sous le titre Mais, Je Suis Un Ours ! et publié à L'École des loisirs, célèbre éditeur de livres pour enfants. 

Alors qu'un ours s'est endormi au début de l'hiver, une usine est construite au printemps suivant, au-dessus de sa grotte. A son réveil, l'ours est pris pour un ouvrier récalcitrant par le contremaître. Refusant de voir en lui l'animal qu'il est, il veut absolument l'envoyer au travail. Cette fable porte en elle une double critique, celle du travail à la chaîne vu comme un système aliénant, et celle du droit d'exister pour chaque individu en dehors de son rôle attribué par la société. 

Mise en musique par Anneke et Martin, l'ambiance sonore évolue au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire. Une pop-folk bucolique illustre l'environnement naturel de l'ours avant son hibernation, puis, une musique industrielle prend le dessus suite à la construction de l'usine. Les deux protagonistes se partagent le chant, tandis que le texte narratif est lu par une certaine Jellie Schippers. 

Comme à son habitude, Anneke est époustouflante. Elle pourrait chanter l'annuaire, cela n'en demeurerait pas moins merveilleux. Quelle voix formidable ! Quant à Martijn, connu avant tout pour ses talents de batteur au sein des formations néerlandaises Guus Meeuwis, Loïs Lane, Venise ou Kane, il s'est également illustré dans son pays comme acteur, présentateur et DJ.

Conduit par les deux artistes, De Beer Die Geen Beer Was est également un spectacle itinérant pour enfants qui a séduit, à ne pas en douter, aussi bien petits que grands.

Musiciens


Anneke van Giersbergen : chant, piano, guitare
Martijn Bosman : chant, claviers, accordéon, percussions, samples

Jellie Schippers : lecture

mardi 16 mai 2017

Karin Höghielm - Apocryphal (2006)

Karin Höghielm Apocryphal
Karin Höghielm - Apocryphal (2006)
Apocryphal ou la rencontre entre les Vikings et Dead Can Dance...  Née sur l'île de Gotland, dépendance suédoise située dans la mer Baltique, Karin Höghielm célèbre la terre sacrée de ses ancêtres à travers ce disque étrange. Sorti une première fois en 1999, il est réédite en 2006 sur le label des fées Prikosnovénie. 

A la fois auteure et compositrice, Karin a travaillé dans des domaines aussi divers que le cinéma, le théâtre, l'opéra ou la dance. Puisant ses forces dans la nature, elle s'est construite son propre univers musical inspiré du folklore scandinave, religieux et païen. Aussi à l'aise avec le monde moderne qu'avec les temps passés, elle n'hésite pas à assembler instruments de diverses époques, vikings notamment. 

Mystérieux, son chant s'apparente davantage à des incantations sacrées antiques et, en cela, Karin se rapproche de la grande Lisa Gerrard ou des Grecs de Daemonia Nymphe. Afin d'apporter encore plus d'authenticité à sa démarche artistique, elle emploie le gotlandais, dialecte local, le vieux narrois, langue des Vikings à l'origine des différents parlers scandinaves, mais aussi le latin, le sumérien et le copte, héritier direct de l'égyptien ancien.

Porté par une voix puissante digne des grandes prêtresses d'antan, Apocryphal distille une musique pure, sans artifices. Si, de prime abord, cette musique peut sembler lointaine, voire inaccessible, ne pas hésiter à aller vers elle, à se laisser porter, elle se transformera alors en une expérience unique, à la frontière de notre monde et de ses dimensions mystiques parallèles.


Musiciens


Karin Höghielm : chant, percussions, tournebout, flûte, claviers

Ute Goedecke : chant, tournebout, harpe gothique
Johan Ohlsson : piano, orgue, claviers, accordéon
Peter Wilgotsson : clarinette
Sofi Hakansson : flûte
Pete Matsson : psalmodicon, fiddle
Ulrika Carlsson : violoncelle
Dick Heijkenskjöld : contrebasse
Thomas Rodrick : percussions

The Choir Of The House

Titres


01. Stanley Park
02. Sensomoto
03. Entrada
04. Kyrie
05. Roma Ruined Abbey
06. Sordo
07. Miller In Memoriam
08. Ave Maria
09. Lamento
10. Aguéli
11. Domini
12. Vocalis
13. Teidlausr

dimanche 14 mai 2017

Eivør - Krákan (2003)

Eivør Krakan
Eivør - Krákan (2003)
Valkyrie des temps modernes, Eivør envoie Krákan, le corbeau messager d'Odin, à la conquête de la Scandinavie. Après une tournée triomphante dans ces terres de prédilection que sont le Danemark, la Suède, l'Islande et le Groenland, l'étoile montante des îles Féroé publié son deuxième album en 2003.

Enregistré en Norvège et en Islande avec trois musiciens de l'île de Björk, Pétur Grétarsson (batterie, percussions, accordéon), Edvard Lárusson (guitares) et Birgir Bragason (basse, contrebasse, violoncelle), Eivør propose onze compositions personnelles, mélange élégant de jazz et de folk. Âgée seulement de 18 ans, elle a écrit seule ces onze titres où elle expose ses sentiments de jeune fille, colère, passion mais aussi peine et doutes. Souvent à fleur de peau et d'apparence fragile, elle surprend son monde, tel un volcan en éruption, sur un Nú Brennur Tú Í Mæer bouillonnant jeté sur le papier suite à une rupture amoureuse, ou un Brostnar Borgir dément porté par des guitares furieuses. A l'inverse, tristesse et mélancolie dominent dans le soyeux Rósufarið d'ouverture.

Plus encore que sur son premier album éponyme, Eivør dévoile l'étendue de ses capacités vocales sublimes, semblant sans limites. Si la douce berceuse Rura Barnið est la digne héritière de ses années d'apprentissage des chants traditionnels féroïens ancestraux, sa formation classique transparaît clairement sur l'émouvant Har Heitur Eldur Brann. Et c'est libre comme l'air qu'elle se laisse aller à des mélopées éthérées sur le splendide Sorgblídni... l'éblouissante Lisa Gerrard n'est pas bien loin...

Krákan marque un tournant dans la carrière de l'artiste car elle sera une des rares chanteuses non Islandaise à être nominée trois fois aux fameux Icelandic Music Awards de 2003. Elle remportera deux prix et pas n'importe lesquels, celui de la meilleure chanteuse de l'année et de la meilleure performance. Et ce n'est que le début d'une longue et belle carrière...


Musiciens


Eivør Pálsdóttir : chant, guitare

Edvard Lárusson : guitares
Birgir Bragason : basse, contrebasse, violoncelle
Pétur Grétarsson : batterie, percussions, accordéon

Titres


01. Rósufarið
02. Har Heitur Eldur Brann
03. Hjarta Mitt
04. Krákan
05. Kanska Ein Dag
06. Nú Brennur Tú Í Mær
07. Rura Barnið
08. Sum Sólja Og Bøur
09. Brostnar Borgir
10. Sorgblídni
11. Hjarta mítt (version islandaise)

samedi 13 mai 2017

Eivør - Eivør Pálsdóttir (2000)

Eivør Pálsdóttir 2000
Eivør - Eivør Pálsdóttir (2000)
Sorti en l'an 2000, le premier album d'Eivør Pálsdóttir  porte tout simplement son nom. Née en 1983 dans les îles Féroé, dépendance du Danemark, cette jeune chanteuse a très tôt été initiée à la musique par ses parents. Après plusieurs concours de chant, elle décide d'arrêter l'école à l'âge de 15 ans pour devenir une artiste professionnelle. En 1999, elle intègre la formation de rock Clickhaze ainsi qu'un quartet de jazz. 

Elle n'a que 16 ans lorsque paraît ce disque de jazz ethnique puisant son inspiration dans ses îles natales et leur nature sauvage environnante. Deux titres interpellent particulièrement : Í Gótu Ein Dag, vibrant hommage au village où elle a grandi, et Føroyar Mín Møðir, littéralement "Féroé, ma mère". Airs traditionnels et compositions originale d'Eivør et de ses musiciens se côtoient pour le meilleur. Ils sont trois à l'accompagner : le guitariste Búi E. Dam, le batteur Brandur Jacobsen et le contrebassiste Mikael Blak que l'on retrouvera par la suite régulièrement à ses côtés ainsi que sur Le Cheschire Cat & Moi de Nolwenn Leroy (2009). Pour l'anecdote, Tróndur Bogason, invité aux claviers sur quatre titres, deviendra l'époux d'Eivør en 2012. 

Si Eivør Pálsdóttir n'est peut-être pas un album indispensable dans la riche discographie d'Eivør, il n'en demeure pas moins traversé par de très beaux moments musicaux sur lesquels se dévoile cette toute jeune chanteuse, une des meilleures de sa génération, seulement âgée, rappelons-le, de 16 ans. Et puis, n'est-ce pas une jolie occasion de découvrir et de s'initier au féroïen, langue authentique méconnue, à la fois si proche et si éloignée de l'islandais ?


Musiciens


Eivør Pálsdóttir : chant
Búi E. Dam : guitare
Mikael Blak : contrebasse
Brandur Jacobsen : batterie et percussions

Tróndur Bogason : claviers
Kim Enk Zorde : guitare acoustique
Hans Jacob Á Brúnni : chant
Fótatraðk : chorale

Titres


01. Ástarstund
02. Randaðu Rósur
03. Vakrasti Dreymur
04. Áh, Kundu Á Tíðarhavi
05. Vársins Ljóð
06. Lítla Barnið
07. Í Gøtu Ein Dag
08. Silvurkannan
09. Føroyar Mín Móðir
10. Jesuspápin
11. Som Den Gyldne Sol Fremmbryder
12. Giv Fred Fremdeles

lundi 8 mai 2017

Hector Zazou - Chansons Des Mers Froides (1994)

Hector Zazou Songs From The Cold Seas
Hector Zazou - Chansons Des
Mers Froides (1994)
"Les Anglais ont Peter Gabriel, les Américains David Byrne, les Français Hector Zazou" - Jean-François Bizot.

Décédé en 2008, Hector Zazou était un artiste éclectique qui mêlait aussi bien musiques du monde que rock, classicisme ou musiques électroniques. Après l'Afrique (Noir Et Blanc, Sahara Blue) et la Corse (Les Nouvelles Polyphonies Corses), il se tourne du côté des régions arctiques de notre belle planète et publie en 1994 le très surprenant Chansons Des Mers Froides. Ce concept-album combine avec ingéniosité chants traditionnels séculaires de peuplades disparates (Aïnous du Japon, Inuits du Groenland, Iacoutes de Sibérie...) mais aussi d'Écosse, d'Islande et de Scandinavie, à une musique ambient moderne très prenante. 

Aux côtés d'authentiques artistes locaux peu connus (ensemble Värttina de Finlande, Lena Willemark de Suède, Wimme Saari de Laponie finlandaise, Catherine-Ann MacPhee d'Écosse, Tokiko Kato du Japon, Lioudmila Khandi de la Yacoutie sibérienne, Elisha Kilabuk et Koomoot Nooveya du Groenland), Hector Zazou a fait appel à quelques grandes figures de la scène internationale : Björk (impressionnante sur le magnifique Visur Vatnsenda-Rosu chanté dans sa langue natale), Suzanne Vega et John Cale (tous deux surprenants dans leur interprétation de The Long Voyage à l'atmosphère très "Cocteau Twins"), Jane Siberry (vibrante d'émotion sur un She's Like A Swallow revisité à la perfection) et Siouxsie (fidèle à elle-même avec ce The Lighthouse hanté, aux paroles extraites d'un poème de Wilfred Gibson). Brendan Perry (Dead Can Dance), Budgie (Siouxsie & The Banshees), Jerry Marotta (Peter Gabriel), Harold Budd (Cocteau Twins), B.J. Cole (Roger Waters, David Gilmour, Procol Harum, Björk...), Ligthwave ainsi que le Balanescu Quartet sont sur la longue liste des musiciens également conviés.

Grâce à ce Chansons des Mers Froides, Hector Zazou démontre une nouvelle fois l'énorme potentiel de la musique, capable de nous faire voyager rien qu'en fermant les yeux. Certaines prestations sont littéralement à couper le souffle (les déjà mentionnées Visur Vatnsenda-RosuShe's Like A SwallowThe Lighthouse ainsi que Iacoute Song) et confirment cette citation attribuée à Charles Darwin : "La musique est l'un des dons de l'humanité les plus mystérieux".

Musiciens


Hector Zazou : claviers

Värtina : chant
Björk : chant
Suzanne Vega : chant
John Cale : chant
Lena Willemark : chant
Vimme Saari : chant
Jane Siberry : chant
Siouxsie : chant
Catherine-Anne MacPhee : chant
Tokito Kato : chant
Lioudmila Khandi : chant

Marc Ribot : guitare
Pierre Chaze : guitare
Lone Kent : guitare
B.J. Cole : pedal steel guitare
Guy Sigsworth : piano
Patrick Morgenthaler : piano
Harold Budd : claviers
Guy Delacroix Herpin : basse
Sara Lee : basse
Orlan Mongouch : basse
Brendan Perry : percussions
Angelyn Tytot : percussions
Sakharine Percussion Group : percussions
Sissimut Dance Drummers : percussions
Ainu Dancers OfHokkaido : percussions
Sargo Maianagacheva : tambours
Ivan Sopotchine : tambours
Budgie : batterie
Jerry Marotta : batterie
Mark Isham : trompette
Renault Pion : clarinette, saxophone, cornemuse, clarinette, flûte
Ale Möller : mandole
Jan Johan Andersen : guimbarde
Lightwave : sons électroniques
Elisabeth Valletti : harpe
The Balanescu Quartet : cordes
Noriko Sanagi : koto
Claudie Amirault : chœurs
Demmine Ngamtovsovo : chant rythmique
Tchotghtguerele Chalchin : chant chamane

Titres


01. Annukka Suaren Neito
02. Visur Vatnsenda-Rosu
03. The Long Voyage
04. Havet Stomar
05. Adventures In The Scandinavian Skin Trade
06. She's Like A Swallow
07. The Lighthouse
08. Oran Na Maighdean Mhara
09. Yaisa Maneena
10. Iacoute Song
11. Song Of The Water