dimanche 26 février 2017

Hayley Griffiths - Silver Screen (2010)

Hayley Griffiths Silver Screen Karnataka
Hayley Griffiths - Silver Screen (2010)
Avant d'intégrer Karnataka en 2011, Hayley Griffiths a sorti deux albums sous son nom. Silver Screen, disponible en 2010, est le premier d'entre eux.

La jeune Hayley, originaire du Surrey, comté du sud de l'Angleterre, a débuté les cours de chant dès l'âge de six ans avec le soutien de ses parents qui ne cesseront de l'encourager. Elle poursuivra ses études dans cette voie et prendra également des cours de théâtre. Son ambition était de devenir actrice ou chanteuse.

A dix-huit ans, elle est recrutée pour participer à Riverdance, ce formidable spectacle folklorique irlandais. Avec la troupe, elle entame son premier tour du monde et se produit aussi bien en Russie qu'au Japon ou en Chine. Puis, elle passe des auditions et est sélectionnée pour jouer le rôle de la déesse Erin dans Lord Of The Dance, autre spectacle à succès abordant l'histoire et la mythologie irlandaise. 

L'idée d'un album solo germe dans sa tête au cour de l'année 2007. Sur recommandation d'un proche, elle envoie une maquette au label américain Surefire Music Group localisé à Boston. Séduite, la maison de disque, pourtant spécialisée dans le R&B et le hip-hop, accepte de collaborer avec la Britannique. Totalement impliquée dans le processus, celle-ci cosignera chacune des chansons et coproduira son album.

Silver Screen comporte onze titres dont un seul dépasse légèrement les quatre minutes, le premier single Separated By Glass. Hayley a construit chaque chanson dans l'idée de raconter une histoire, comme un court métrage. Ainsi, Haunted avec son intro au piano faisant référence au thème principal du film L'Exorciste, raconte le retour d'une femme assassinée revenue hanter son meurtrier. Tout aussi dramatique, Silent As The End, le dernier titre, évoque le retour chez elle d'une mère qui a tout perdu pour cause de guerre destructrice.

On retiendra également Our Love, hymne à l'amour, qui aura la chance d'être interprétée sur scène avec Karnataka et qui figurera sur New Light - Live In Concert en 2012. Vanished, influencée par le film L'Illusionniste, semble tout droit sorti du répertoire de la chanteuse Enya. Enfin, le sympathique Blank Canvas ressemble à s'y méprendre à un extrait d'une comédie musicale à succès de Broadway.

Album pop réussit, Silver Screen  est un judicieux équilibre entre la culture musicale classique et celtique d'Hayley associée aux sons plus actuels propres au label. Sa principale qualité est de mettre avant tout en valeur la délicieuse voix de celle qui est en train de devenir une des "ladies" incontournables de la scène progressive actuelle.

    

Musiciens


Hayley Griffiths : chant

Titres


01. Prelude
02. Vanished
03. What Is A Champion?
04. Our Love
05. Wait For The Sun
06. Haunted
07. Mechanical Lives
08. Blank Canvas
09. Separated By Glass
10. Is This A Dream
11. Silent As The End

samedi 25 février 2017

Children In Paradise - Mórrígan (2016)

Children In Paradise Morrigan
Children In Paradise - Mórrígan (2016)
Quatre ans. Quatre longues années ont été nécessaires aux Children In Paradise pour donner une suite au vénérable EsylltMórrígan, disponible en 2016, est le deuxième volet d'une trilogie ambitieuse dédiée aux mythes celtiques. 

Si le groupe demeure constitué du noyau Dam Kat (chant) - Gwalchmei (guitares), tous deux auteurs-compositeurs, auquel il ne faut pas oublier à la cornemuse et aux flûtes irlandaises Loïc Bléjean, le reste du line-up a complètement été renouvelé. Exit le pianiste Philippe Turbin, ce qui explique en partie ce nouveau son plus brut, et bienvenue à la nouvelle rythmique réunissant le batteur Frédéric Moreau influencé aussi bien par Stewart Copland que Phil Collins ou Mike Portnoy, et le bassiste Stéphane Rama aperçu aux côtés de Dan Ar Braz. Son jeu vif n'est pas sans rappeler celui d'un certain Simon Gallup de The Cure. D'ailleurs, Mórrígan s'inscrit dans la lointaine continuité de leur album culte Pornography tant il est traversé pas la même noirceur et un désespoir tout aussi profond. Cette face obscure se retrouve également sur l'album Metamorphosis de leurs cousins gallois Magenta, formation de rock néo-progressif menée par la chanteuse Christina Booth et le prolifique claviériste Rob Reed. Autre point commun entre chacun de ces disques incontournables, leurs pochettes à dominante rouge... sang.

Le rouge est la couleur associée à Mórrígan, déesse de la Mort, de la Guerre, de la Destruction, mais aussi de l'Amour et de la Protection. A travers la longue suite centrale lui étant consacrée, Dam Kat narre d'une voix ensorcelante sa vengeance envers Cú Chulainn, le héros celtique par excellence à l'épopée comparable à celle d'Achille de la mythologie grecque ancienne. Alors qu'elle s'était métamorphosée en jeune fille rousse pour le séduire, celui-ci a refusé sans ménagement ses avances. Une violente confrontation s'en suivra durant laquelle elle se transformera successivement en anguille, louve, vache puis corneille, la même que l'on peut admirer sur la magnifique pochette conçue par l'artiste polonais Tomasz Alen Kopera. Au final, la déesse prendra l'aspect d'une vieille dame qui, blessée, sera soignée par le héros.

Construites sur ce thème identique du courage face à la destinée et à la mort, les six autres chansons dégagent une même ambiance énigmatique et sépulcrale. La douce voix éthérée de Dam Kat, navigant dans un registre similaire à celui de Beth Gibbons de Portishead, se trouve en perpétuelle confrontation avec la guitare rugueuse et violente de Gwalchmei. Paradoxalement, cette dualité permanente donne son équilibre à l'album où il est question de solitude (Alone), de guerrier gaulois blessé (I Wait), de souffrance intérieure (I'm Falling), d'amour brisé (Stay), de regrets éternels (In My Mind) et de passage vers l'au-delà (He's Dying, splendide conclusion).

Cette présentation ne serait pas complète sans évoquer la participation exceptionnelle du joueur de carnyx John Kenny sur I'm Falling. Véritable œuvre d'art, cette impressionnante trompe mesurant plusieurs mètres, servait aux temps des Celtes autant à galvaniser les troupes qu'à terrifier l'ennemi. John Kerry, originaire d'Écosse, est un des rares musiciens actuels à savoir en jouer. Mélangé ici aux guitares, le rendu est saisissant.

De par son aspect torturé aux tourments incessants laissant peu d'espoir, Mórrígan offre une musique gothique flamboyante post-progressive aux influences celtiques d'un qualité indéniable ne pouvant que séduire. Le volet suivant abordera quant à lui la légende de la reine Boadicea et s'annonce tout aussi sombre. Entre-temps, Dam Kat proposera Alawn, son premier opus en solo réalisé en collaboration avec le fidèle Gwalchmei. Comme on dit si bien en anglais : "Can't wait!".

Animation de George Redhawk à partir de l'œuvre de
Tomasz Alen Kopera

Children In Paradise carnyx
Joueur de carnyx
© Kabuto 7

Musiciens


Dam Kat : chant, guitare, claviers
Gwalchmei : guitares
Loïc Bléjean : uilleann pipes, low whistle
Stéphane Rama : basse
Frédéric Moreau : batterie

John Kenny : carnyx

Titres


01. Alone
02. I Wait
03. I'm Falling
04. Intro - I Will Follow You
05. Part I -  Mórrígan
06. Part II - Cú Chulainn Is Mine
07. Part III - The Nightmare
08. Stay
09. In My Mind
10. He's Dying

vendredi 24 février 2017

The Morrigan - Spirit Of The Soup (1985)

The Morrigan Spirit Of The Soup
The Morrigan - Spirit Of The Soup
(1985)
Dans la mythologie celtique, Morrigan est la déesse de la Mort, de la Guerre et de la Destruction. C'est ce "drôle" de nom qu'ont choisi d'adopter trois jeunes musiciens du sud de l'Angleterre dans les années 80. Contre toute attente, ils ne proposent pas un post-punk encore en vogue, ni une new-wave alors à son apogée, mais un folk rock raffiné teinté de musique progressive. Un pari totalement fou au vu du contexte musical de l'époque.  

Retour en 1984, dans la ville de Basingstoke. Cathy Alexander, chanteuse et multi-instrumentiste qui a participé en solo à quelques festivals et chanté dans des clubs, répond à une annonce du guitariste Tom Foad en quête de musiciens pour former un nouveau groupe. Ils sont très vite rejoints par le bassiste Cliff Eastabrook, émule du gigantesque (dans tous les sens du terme) Chris Squire. Au bout de quelques semaines, Tom laisse tomber l'affaire. Il est aussitôt remplacé par Colin Masson, alors tout juste séparé de son groupe Elidor. Les personnages principaux sont maintenant en place, l'histoire peut commencer.

Le trio s'installe dans la maison de Cliff où règne une ambiance propice à la création. Mais ils n'ont toujours pas choisi de nom. C'est avec malice qu'ils se font nommer dans un premier temps Airport Convenience, clin d'œil appuyé au Fairport Convention qu'ils admirent tant et dont ils revendiquent l'héritage. D'ailleurs, la voix de Cathy est assez proche de celle de l'éternelle Sandy Denny. Durant la lecture d'un roman de fantasy d'Alan Garner, Colin s'initie à la déesse Morrigan. C'est le déclic tant attendu, son nom est adopté sur le champ.  

Au printemps 1985, The Morrigan enregistre sans moyens techniques ni financiers son premier album. L'enregistrement se déroule dans le salon de Cathy transformé pour l'occasion en studio, et s'effectue en une seule nuit. Au final, il en sort un Spirit Of The Soup d'abord vendu uniquement sous forme de cassette. Il faudra attendre 1999 pour qu'il soit enfin gravé sur CD. 

Dans la continuité de ce que proposaient Fairport Convention, Steeleye Span ou Pentangle durant la décennie précédente, Spirit Of The Soup est constitué de cinq adaptations de chansons traditionnelles arrangées à la sauce Morrigan. Colin signe seul trois titres, dont un délicieux Executioners Song de plus de huit minutes aux incursions progressives. Silent Seasons est l'œuvre de Cathy. Détail amusant, elle semble tout droit sortie du répertoire de la Canadienne Loreena McKennitt alors que celle-ci se trouve au même moment en train de préparer Elemental, son premier album. Les voix des deux chanteuses sont d'ailleurs étrangement confondantes sur ce titre. Spirit Of The Soup se termine par une composition de l'ensemble du groupe, le planant The Great Sun, dont ressortent en catimini les influences de Renaissance, Yes, Genesis et Pink Floyd.

Imparfait, brouillon, inabouti, ces qualificatifs collent parfaitement à la description de Spirit Of The Soup. Néanmoins, après une ou plusieurs écoutes attentives, il devient évident que The Morrigan dispose d'un important potentiel qui ne demande qu'à être exploité. Avant de connaître la suite confirmant ou pas cet avis, cinq longues années d'attentes seront cependant nécessaires. Patience, patience... 

Musiciens


Cathy Alexander : chant, guitare, claviers, flûte, autoharp
Colin Masson : chant, guitares, claviers
Cliff Eastabrook : chant, basse, guitare

Titres


01. Cold Haily Windy Night
02. Fingals Cave / Spirit Of The Soup
03. Turtle Dove
04. Executioners Song
05. Off The Rails
06. Agincourt
07. Cold Blows The Wind (The Unquiet Grave)
08. Silent Seasons
09. Dribbles Of Brandy / Johnny Get Brose
10. The Great Sun

jeudi 23 février 2017

Loreena McKennitt - Parallel Dreams (1989)

Loreena McKennitt Parallel Dreams
Loreena McKennitt -
Parallel Dreams (1989)
"Les rêves nous transportent au pays de l'imaginaire, mais ils sont aussi un rite de passage du conscient vers l'inconscient, du réel vers l'irréel, et de l'extraordinaire vers l'immatériel, rite dont le but premier est d'arriver à l'union".

C'est par ces quelques mots que Loreena McKennitt présente son troisième album Parallel Dreams, disponible en 1989. Dans la longue discographie de la chanteuse à la voix exceptionnelle, ce disque ne constitue pas une rupture, mais une (r)évolution toute en douceur.

Comme sur les précédents opus, l'héritage des Celtes demeure au cœur de la création artistique. Si Loreena navigue bien en terre connue, elle a néanmoins étoffé son offre musicale en s'enrichissant de la présence de musiciens invités. C'est là la principale nouveauté. Auparavant intimiste, sa musique bénéficie désormais de l'apport d'instruments nouveaux que sont le violon, le violoncelle, certaines percussions, la cornemuse, la basse, la mandoline ou encore la guitare. Cette dernière est jouée par Brian Hughes, début d'une longue et fructueuse collaboration entre les deux artistes qui traversera les décennies. 

Autre nouveauté, pour la première fois, les compositions personnelles sont plus nombreuses que les reprises de chants traditionnels. Parmi ceux-ci, Annachie Gordon qui trouve sa source dans l'Écosse médiévale. Tout au long de ses huit minutes, Loreena narre, telle un troubadour, cette tragédie rocambolesque d'un amour impossible à la Roméo et Juliette. L'héroïne se prénomme Jeannie. Contrainte par son père, elle se voit obligée d'épouser un lord pour lequel elle n'éprouve aucun sentiment. L'élu de son cœur n'est autre qu'un certain Annachie Gordon. Et cette histoire dramatique finira mal, très mal...

Toute aussi émouvante, mais dans un registre différent, Breaking Silence a été écrite par Loreena. Cette très belle chanson est dédiée au combat quotidien mené par Amnesty International. Près de vingt ans après, elle demeure toujours d'actualité ; bien des silences nécessitent encore d'être brisés. 

Si Parallel Dream a été conçu comme une invitation au rêve, Loreena n'en oublie pas moins le monde qui l'entoure. A cette triste réalité, elle entrouvre, l'espace d'un instant, une fenêtre vers un ailleurs dans lequel il fait bon de regarder et voguer tranquillement l'âme apaisée.


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, claviers, ukelin, bodhran, whistle

Brian Hughes : guitare, basse
David Woodhead : mandoline, accordéon
Oliver Schroer : violon
George Koller : violoncelle, basse, percussions
Patrick Hutchinson : cornemuse
Rick Lazar : percussions
Al Cross : percussions
Ratesh Dasj : tablas
Shelly Berger : pzud, basse

Titres


01. Samain Night
02. Moon Cradle
03. Huron 'Beltane' Fire Dance
04. Annachie Gordon
05. Standing Stones
06. Dickens' Dublin (The Palace)
07. Breaking The Silence
08. Ancient Pines

mercredi 22 février 2017

Introitus - Anima (2014)

Introitus Anima
Introitus - Anima (2014)
Anima, troisième album du groupe suédois Introitus, est magique. En à peine plus d'une heure, il synthétise le meilleur de ce qu'a pu produire au cours de ces dernières années le courant néo-progressif conjugué au féminin. 

D'entrée, l'instrumental Initiare et son piano solitaire, son chant lointain, sa flûte bucolique suivi de son final symphonique se place dans l'héritage direct du Renaissance glorieux des années 70.  

Sans transition, Introitus se lance ensuite dans un Broken Glass typique du rock néo-progressif contemporain comportant son lot de guitares nerveuses et ses claviers flamboyants. La chanteuse Anna Jobs Bender établit alors une mise sous tension directe opérant sur les nerfs de l'auditeur, comme sait si bien le faire Tracy Hitchings de Landmarq. 

Who Goes There, introduit pas une basse bien ronflante à la Matt Cohen de The Reasoning, oscille entre AOR et progressif bien pêchu. L'univers de Touchstone n'est pas bien loin. Le solo de guitare final exécuté avec grâce par Päre Helje n'est pas sans rappeler ceux de leur mentor John Mitchell, également membre éminent d'Arena. 

Cette même guitare ouvre avec majesté un Slipping Away dépassant de peu les onze minutes. Plus classique dans sa construction pourtant complexe, il est cette fois-ci aisé de faire le parallèle avec les Américains de Glass Hammer, notamment lorsqu'ils sont menés par la divine Susie Bogdanowicz

La famille est un thème de prédilection récurrent au sein d'Introitus. D'ailleurs, le groupe est en partie constitué des parents Bender, Anna au chant et Mats aux claviers, ainsi que de deux de leurs enfants, Mattias à la batterie et sa sœur Johanna aux chœurs. Les autres membres étant le guitariste Päre Helje, le bassiste Dennis Lindkvist et le flûtiste Henrik Björlind également claviériste. Comme son titre le laisse indiquer, You Will Always Be My Girl est un hommage appuyé à la fille du couple. Le doux chant d'Anna, puis sa fulgurante montée en puissance rappelle une autre diva, à savoir la magnifique Olivia Sparnenn de Mostly Autumn, et auparavant de Breathing Space. Les mêmes claviers atmosphériques typiques de ces deux formations, tenus par le maestro Iain Jennings, se retrouvent également, comme par enchantement, dans cette émouvante ballade.

Le grain de folie qui habite l'instrumental Free, véritable dynamite, renvoie quant à lui sans hésitation aux excentriques de IO Earth et plus particulièrement à leur album Moments.

Pièce maîtresse de cet Anima, la chanson titre est bien loin d'être un long fleuve tranquille tout au long de ses seize minutes tourmentées. Cette étrange histoire d'âme errante s'inscrit dans la continuité des meilleures compositions du combo que sont Child (dédiée aux enfants du couple) du premier album Fantasy et Soulprint (dédiée à la mère d'Anna alors récemment disparue) du disque suivant Elements. Ce même sentimentalisme poignant a traversé en son temps l'album culte Home de Magenta. Il se distingue ici par quelques incursions mesurées dans un metal symphonique à la Ayreon.

Retour enfin au monde enchanté de Renaissance grâce à l'instrumental final Exire. Il est suivi d'une neuvième plage cachée qui prolonge de quelques minutes encore cette musique onirique conduite par de douce nappes synthétiques, ultime clin d'œil à leurs lointains cousins insulaires Iona.   

Toutes ces comparaisons n'ont qu'un seul objectif final, celui de marquer la singularité de ce disque d'exception de très haute tenue. Après deux albums prometteurs, Introitus entre définitivement, grâce à cet Anima, dans la cour des grands. Devenu à son tour un groupe de référence, il est tout naturel d'attendre maintenant sa prochaine production avec la plus grande impatience.


Musiciens


Anna Jobs Bender : chant
Mats Bender : claviers
Henrik Björlind : flûte, claviers
Pär Helje : guitare
Dennis Lindkvist : basse
Mattias Bender : batterie, chœurs
Johanna Bender : chœurs

Titres


01. Initiare
02. Broken Glass
03. Who Goes There
04. Slipping Away
05. You Will Always Be My Girl
06. Free
07. Anima
08. Exire

mardi 21 février 2017

Clive Nolan - Skeletons In The Cupboard (2003)

Clive Nolan Skeletons In The Cupboard
Clive Nolan - Skeletons In The
Cupboard (2003)
Clive Nolan est un musicien incontournable dans l'univers très fermé du rock néo-progressif. Non seulement il fait partie des deux plus emblématiques formations de ce courant musical, Pendragon et Arena, mais ses multiples collaborations ont favorisé la carrière d'un grand nombre de chanteuses talentueuses parmi lesquelles Tracy Hitchings, Michelle Young, Agnieszka Swita, Christina Booth ou, plus récemment, Verity Smith et Victoria Bolley. 

Sorti en 2003, Skeletons In The Cupboard rassemble douze démos enregistrées souvent de manière artisanale au début de sa carrière, entre 1987 et 1992. Cinq d'entre elles comportent des voix féminines.

Partnes In Crime est une formation éphémère mise sur pied en 1989 avec le chanteur Andy Smith. Il ne reste plus de trace de cette association à l'exception des deux titres Listen To The Doctor et Heaven sur lesquels on peut vaguement entendre aux chœurs une certaine Melanie Reypert. Peu de temps auparavant, en 1987, fasciné par Kate Bush, Clive avait fait appel à Rachel Scholar pour constituer la base de son nouveau groupe The Cast et enregistrer la chanson Say Goodbye To The President

Intéressant mais sans plus, le remix de Beauty And The Beast, chanson qui ouvrait le premier (et unique) album solo de Tracy Hitchings, From Ignorance To Ecstasy (1991) coproduit par Clive. Tous deux ont un long passé commun. Dans la première moitié des années 90, Clive a fait appel à Tracy pour son projet Strangers On A Train qui donnera naissance à deux disques. Tout au long de cette décennie, il l'invitera régulièrement à participer aux chœurs des albums de Pendragon, Arena et Shadowland. Cette collaboration se poursuivra sur les comédies musicales Jabberwocky (1999), The Hound Of The Baskervilles (2002) puis Alchemy en 2013.

Tina Riley a également était choriste sur des albums de Pendragon (The Masquerade Overture, Not Of This Word) et de Shadowland (Throw The Looking Glass). Clive offre ici un de leurs premiers enregistrements en commun, In My Heart (1992) aux sonorités pop-rock très "Roxette" avec un Karl Groom déchaîné à la guitare. A noter aussi cette première version de Walk On Water datant de 1990 et chantée par Clive. Dix-sept ans plus tard, elle deviendra un des titres phares de son projet Caamora et donnera son titre à un de leurs EP. Cette fois-ci, ce sera la fulgurante Agnieszka Swita qui aura l'honneur de l’interpréter. 

Malgré une pochette attrayante aux multiples détails, Skeletons In The Cupboard est avant tout conseillé aux inconditionnels du virtuose des claviers. L'aspect inabouti des démos risque de rebuter les novices, malgré la présence de pointures comme Martin Orford (IQ), Fudge Smith (Pendragon), Ian Salmon (Arena) ou encore Dave Wagstaffe (Landmarq). 

Musiciens


Clive Nolan : claviers, chant

Tracy Hitchings : chant
Tina Riley : chant
Rachel Scholar : chant
Melanie Reypert : chœurs
Andy Smith : chant
Simon Clew : chant
Martin Orford : claviers
Peter Wyer : guitare
Peter Gee : guitare
Karl Groom : guitares, basse
Ian Salmon : basse
Laurie Cottall : basse
John Jowitt : basse
Fudge Smith : batterie
Dave Wagstaffe : batterie

Titres


01. Walk On Water
02. Listen To The Doctor
03. Heaven
04. Old Priest Suite
05. Say Goodbye To The President
06. Beauty And The Beast
07. Jigsaw
08. The Whistleblower
09. In My Heart
10. Tomorrow Today
11. Out In The Cold
12. Quantum Leap

lundi 20 février 2017

Janison Edge - The Services Of Mary Goode (1999)

Janison Edge The Services Of Mary Goode
Janison Edge - The Services Of
Mary Goode (1999)
Avant de rejoindre Landmarq, le claviériste Mike Varty avait déjà fait partie d'un groupe de rock progressif avec chanteuse, Janison Edge. Il en était même à l'origine. En février 1999, après de longs mois d'attente, paraît le cultissime The Services Of Mary Goode

Janison Edge est né de la rencontre entre Mike et son amie la chanteuse Sue Element qui se fera appeler par la suite Sam Collins. En 1994, ils commencent à travailler sur un projet d'album. Cinq années seront nécessaires pour le mener à terme. Si Sue signe seule les paroles, tous deux en composent la musique. Ian Salmon, bassiste de Shadowland puis d'Arena, est le premier à intégrer cette nouvelle formation et occupera le poste de guitariste. Il sera suivi de Dave Wagstaffe, batteur attitré de Landmarq. Le dernier arrivé, le bassiste Paul Brown, a été recruté sur recommandation du Maître Clive Nolan himself. 

La musique est un rock néo-progressif typique de qualité, dans la droite lignée de ce que proposera Magenta quelques années plus tard. D'ailleurs, on pourrait penser que Janison Edge est constitué des musiciens de Magenta dont on aurait remplacé Christina Booth par Heather Findlay, tant le doux chant théâtral de Sue évoque celui tout aussi attachant de l'emblématique chanteuse de Mostly Autumn, encore au tout début de sa carrière en cette fin de millénaire. En poursuivant dans cette comparaison, les lumineux soli de guitare de Ian provoquent les mêmes frissons que ceux de Chris Fry, de même que la basse ronflante de Paul ainsi que les envolées synthétiques de Mike s'inscrivent en précurseurs de ce que proposera le génial Rob Reed avec sa formation devenue incontournable. Quant à Dave, fidèle à lui-même, il offre un jeu de batterie d'un niveau similaire à ce qu'il effectue habituellement au sein de Landmarq, c'est-à-dire grandiose.

The Services Of Mary Goode a été pensé comme un 33 tours, avec une face A et une face B. Si son cœur est constitué de la chanson titre divisée en quatre parties et dont la durée totale occupe plus de la moitié du disque, ceux sont trois autres morceaux qui ont le plus retenu notre attention. Oldman, courte ballade sentimentale, met en avant la délicate voix de Sue, simplement accompagnée d'un piano. La chanson suivante, Beneath The Boy, démarre par un fabuleux solo de guitare digne des meilleurs Pendragon, et tient ses promesses tout au long de ses huit minutes. Enfin, Joker ne peut laisser indifférent. Son étrange atmosphère nous ramène dans le Berlin de l'entre-deux-guerres et ses célèbres cabarets remis aux goûts du jour par Ute Lemper.

Avec ce disque, Janison Edge nous plonge dans un univers fantastique à la frontière de celui imaginé par Lewis Carrol comme le laisse si bien suggérer la pochette et les illustrations signées Jane Bryan. On ne peut que regretter qu'il ne demeurera qu'un "one shot", aucune suite ne lui sera donnée à l'exception d'un EP acoustique de trois titres dont nous parlerons une prochaine fois.


Musiciens


Sue Element : chant
Mike Varty : claviers, chœurs
Ian Salmon : guitares, flûte irlandaise, percussions
Paul Brown : basse
Dave Wagstaffe : batterie

Titres


Side A
01. A Twist In The Tale Of Earth History
02. Oldman
03. Beneath The Boy
04. The Services Of Mary Goode I. The Services Of Mary Goode
05. The Services Of Mary Goode II. The Birth Of Mary Goode

Side B
06. The Services Of Mary Goode III. Mary Goode And The Dwarf Of Dreams
07. Joker
08. Julie Lies
09. The Services Of Mary Goode IV. The Day That I Fall

dimanche 19 février 2017

Bill Bourne - Boon Tang (2007)

Bill Bourne Eivør Pálsdóttir
Bill Bourne - Boon Tang (2007)
Trois ans après l'album Eivør, les routes d'Eivør Pálsdóttir, chanteuse des îles Féroé, et du Canadien Bill Bourne se croisent à nouveau. Cette fois-ci, c'est sur le nouveau disque de Bill, Boon Tang, dont les sessions d'enregistrement se sont étendues de décembre 2004 à avril 2006.

Bill est né et à grandi dans une zone rurale de l'Alberta. Sa famille l'a initié très jeune à la musique. Son style peut être qualifié de folk rock d'influence ouest-américaine, même s'il s'est enrichi au fil des années d'éléments de musiques traditionnelles du monde entier. A la sortie de Boon Tang en 2007, il a à son actif une vingtaine d'albums, dont de nombreuses collaborations avec des artistes comme le violoniste Shannon Johnson ou Alan MacLeod, joueur de cornemuse.

Eivør participe aux vocaux sur quatre titres de cet album. Ensemble, ils reprennent dans une version décalée le célèbre No Woman No Cry immortalisé par Bob Marley. Rain est une ballade acoustique classique sur laquelle se posent les chœurs d'Eivør semblant venir tout droit... d'Afrique. Ce mélange détonnant est étonnant dans le bon sens du terme. Open Up Your Hand, autre passage sur lequel se mélangent les deux voix, est certes agréable, mais moins surprenant. Au contraire de The Terror Time, véritable bombe du disque, où Eivør s'empare du lead. Imaginez un désert aride du Far West digne des meilleurs westerns dans lequel se rencontreraient le grand Ennio Morricone et la soprano Lisa Gerrard dévoilant ses plus belles vocalises dans cet espace sans limites. Eivør, littéralement transcendée, atteint ici les mêmes sommets que la diva australienne. De l'art brut sans artifices. 

On retrouve cette ambiance psychédélique et cette liberté absolue ailleurs, notamment sur la chanson titre où Bill est accompagné au chant par une autre chanteuse prénommée Laurelle. Mais aussi sur l'étrange instrumental agencé aux rythmes des marimbas Search The Conversation, ainsi que sur Grail Song avec un Bill cette fois-ci seul au chant, secondé à la guitare électrique par Jo-Jo Rynde, également ingénieur du son.

Eivør et Bill n'auront plus l'occasion de collaborer ensemble après Boon Tang. Ils laissent donc en héritage à l'histoire du rock deux disques, Eivør et ce Boon Tang qui, sans pour autant être indispensable, recèle d'agréables surprises. 

Musiciens


Bill Bourne : chant, guitares, percussions, violon

Eivør Pálsdóttir : chant
Laurelle : chant
Aysha Wills : flûte
Jo-Jo Rynde : guitare électrique
Gary Koliger : basse, percussions

Titres


01. No Woman No Cry
02. The Gift
03. The Terror Time
04. Roll River Roll
05. Boon Tang
06. Rain
07. Open Up Your Mind
08. Search In Conversation
09. For Lovin Me
10. Grail Song
11. Pie And Ice Cream

samedi 18 février 2017

Eivør - Eivør (2004)

Eivør Pálsdóttir
Eivør - Eivør (2004)
Eivør est le troisième album de notre chanteuse préférée des îles Féroé. Sorti en 2004, il est constitué d'un curieux assemblage de musique country nord-américaine et de folk scandinave, ce qui donne un résultat des plus surprenant.

Afin d'y parvenir, Eivør s'est associée au chanteur et compositeur de folk canadien, Bill Bourne. Non seulement Bill a produit le disque, mais il en est également le principal musicien puisqu'il joue de la guitare, de la basse et participe au chant. Bien évidemment, c'est Eivør qui tient le chant principal. Elle seconde Bill à la guitare et joue de quelques percussions. Pétur Grétarsson (percussions et accordéon), ainsi que Birgir Bragason (bass) font tous deux de furtives apparitions.

Eivør est avant tout un disque acoustique et intimiste chanté en quatre langues : le féroïen, l'islandais, le suédois et l'anglais. Peu de démonstration vocale ici, Eivør, la chanteuse, cherche avant tout à s'inscrire dans un registre émotionnel tout en retenue. Ce qui ne l'empêche pas toutefois de se lancer dans quelques envolées célestes dont elle seule à le secret (Om Jag Våagar, Veit Þú Kemur). Sur les titres en langue anglaise comme Only A Friend Of Mine ou Sweet Sweet Song, se laisse découvrir une voix légèrement éraillée renvoyant à la déjantée mais iconique Cyndi Lauper. D'ailleurs, sur la pochette du disque, Eivør lui ressemble étrangement dans son évocation du Cri de Munch. Toutes deux ont cette particularité commune de partager un même grain de folie faisant tout le charme de leur musique.

De charme, il en est question dans Trøllabundin, histoire d'un ensorcellement amoureux, futur classique de son répertoire scénique. Tout comme Mín Móðir ("Ma Mère"), ode viscérale à ses îles natales auxquelles Eivør revendique fièrement son appartenance. Si l'aspect légèrement rétro de Mær Leingist suscite une nostalgie heureuse, une certaine mélancolie s'empare de nous à l'écoute de la magnifique ballade Við Gengum Tvö ou de Må Solen Alltid Skina dédiée à sa mère, son modèle qui, dès son plus jeune âge, chantait en toutes occasions et qui n'a cessé de l'encourager dans cette voie.

Eivør, l'album, a rencontré un certain succès international, notamment en Islande où il a été nommé pour les Islandic Music Award face à Medúlla de Björk. Aux États-Unis et au Canada, il est même devenu l'album des îles Féroé le plus vendu dans ces contrées. Au fond, rien d'étonnant à cela. Chacune de ses productions sont de véritables pépites artistiques.  

Musiciens


Eivør : chant, guitare, percussions

Bill Bourne : guitare, basse, chant
Pétur Grétarsson : percussions, accordéon
Birgir Bragason : basse

Titres


01. Við Gengum Tvö
02. Only A Friend Of Mine
03. Om Jag Vågar
04. Sweet Sweet Song
05. Where Are The Angels
06. Mín Móðid
07. Veit Þú Kemur
08. If I Needed You
09. Mæer Leingist
10. Må Solen Alltid Skina
11. Trøllabundin

mardi 14 février 2017

Luar Na Lubre - O Son Do Ar (1988)

Luar Na Lubre O Son Do Ar
Luar Na Lubre - O Son Do Ar (1988)
Les inconditionnels du grand Mike Oldfield ont certainement entendu parler de Luar Na Lubre. Ce groupe s'est formé en 1985 à La Corogne, ville la plus importante de la Galice, en Espagne. Dès son origine, il s'est spécialisé dans les musiques folklorique et celtique.

Le point commun avec Mike Oldfield ? En 1996, pour son nouvel album The Voyager, Mike a repris l'instrumental O Son Do Ar composé par le fondateur de Luar Na Lubre, Bieito Romero. Le morceau est devenu The Song Of The Son et ouvre cet album aux sonorités celtiques. 

On le retrouve sur le premier disque du même nom paru en 1988. Principalement instrumental, il comporte toutefois quelques parties chantées comme le magnifique A Frol Da Iauga, complainte traditionnelle galicienne sur laquelle on peut découvrir la voix si expressive d'Ana Espinosa. 

L'ambition affichée de Luar Na Lubre, dont le nom peut se traduire par "Clair de lune sur la forêt sacrée des druides", est de perpétuer la culture de la Galice, riche mélange de traditions hispaniques et celtiques, voire lusitaniennes, et de lui apporter un renouveau afin qu'elle continue à briller. L'importance de l'identité celte ne doit pas être sous-estimée dans cette partie de la péninsule ibérique, bien au contraire, car cette région est considérée par certains comme le septième pays celte, les autres étant la Bretagne, l'Irlande, le Pays de Galles, l'Écosse, l'île de Man et les Cornouailles. Avec Luar Na Lubre, la Galice a trouvé un nouveau porte-voix aux côtés du déjà renommé Carlos Nuñez. 



Musiciens


Ana Espinosa : chant, claviers
Bieito Romero : cornemuse, flûtes, accordéon
Xan Cerqueiro : flûtes, cornemuse, percussions
Roberto Ouro : basse, mandoline
Daniel Cerqueiro : guitare
Patxi Bermudez : percussions
Xulio Varela : percussions, cornemuse, chant

Titres


01. Muiñeira De Niñodaguía - Chascarraschás
02. Danza De Paus - Danza Do S. Lucas
03. Gaivota
04. Luar Na Lubre
05. O Son Do Ar
06. O Berce Do Sol
07. A Frol Da Iauga
08. Morrison's Jig
09. O Mouro

vendredi 10 février 2017

Louisa John-Krol - Argo (1996)

Louisa John-Krol Argo
Louisa John-Krol - Argo (1996)
Louisa John-Krol est une fée. Une fée australienne. Née en 1966, dans le sud-est de l'Australie, Louisa a grandi entourée de la nature et s'est construite un monde imaginaire suite à ses lectures des œuvres de C.S. Lewis, Ursula K. Le Guin ou de l'incontournable Tolkien. Enfant, elle écrit ses premières chansons avec ses sœurs Catherine et Rebecca. Magiciens, elfes et fées étaient déjà ses sujets de prédilection. Afin de poursuivre ses études, elle part s'installer à Melbourne où elle vit toujours. Elle ne cessera alors de fréquenter les milieux artistiques underground de cette immense métropole.

Argo, son premier album, sort en 1996. Il est à l'image de son monde fantastique et merveilleux qui la rend unique. Cet univers musical la relie ainsi aux talentueuses Kate Bush, Lisa Gerrard et Loreena McKennitt. Kate par cette quête sans fin de liberté et de nouvelles expérimentations, Lisa par le positionnement de la voix au cœur de l'œuvre, et Loreena par cette même ambition de multiplier les sources d'inspiration, le plus souvent ancestrales. 

Ainsi, pour Argo, ces sources remontent aux temps les plus reculés. Déjà, l'Argo était la nef qui transporta Jason et ses fameux Argonautes lors de leur périple à la recherche de la Toison d'or. Cette métaphore vise à proposer à l'auditeur un voyage tout aussi extraordinaire à la rencontre de la Grèce antique et de ses dieux (Argo, Out Of The EquipageInside The Bubble), de la civilisation sumérienne (Inanna), des légendes nordiques (House Of Legend) ou de la mythologie celtique (Duncan The Fiddler). Plus proche de nous, Louisa rend hommage aux artistes de la Renaissance italienne (The Healer's Name) ainsi qu'aux grands écrivains britanniques que sont Shakespeare, Kipling (Oak, Ash And Thorn) et William Blake (Little Wanderer).

Entourée du producteur Harry Williamson et de son mari Mark Krol, Louisa livre une première œuvre à la fois fragile et passionnante qui ne peut laisser indifférent. Décidément, le pouvoir des fées est sans limite... 


Musiciens


Louisa John-Krol : chant, claviers, guitare acoustique, percussions

Harry Williamson : claviers, guitare, charango, harpe, percussions, narration
Elisabeth Van Dort : chœurs
Miles Alexander : percussions
John Francis : percussions

Titres


01. Dunsany's Hope
02. Hyperion
03. Argo
04. I'm Not Walking
05. Little Wanderer
06. Inanna
07. Out Of The Equipage
08. Inside The Bubble
09. House Of Legend
10. Duncan The Fiddler
11. Oak, Ash And Thorn
12. The Healer's Name

jeudi 9 février 2017

Loreena McKennitt - To Drive The Cold Winter Away (1987)

Loreena McKennitt To Drive The Cold Winter Away
Loreena McKennitt - To Drive
The Cold Winter Away (1987)
To Drive The Cold Winter Away, le deuxième album de Loreena McKennitt sorti en 1987, est intimement lié à ses souvenirs d'enfance.

Dans sa jeunesse, Loreena avait été impressionnée que les chants et cantiques captés dans les églises et autres endroits sacrés conservaient si bien l'atmosphère et les traditions propres à ces lieux. Son souhait était donc de reproduire cette ambiance mystique dans son nouveau disque. C'est pourquoi les enregistrements se sont déroulés sans artifices dans trois lieux spirituels, une vieille bâtisse isolée au milieu de la nature irlandaise, un ancien monastère de ce même pays et une église du XIXe siècle au Canada.

Le répertoire sélectionné est essentiellement composé de chants traditionnels anglais célébrant Noël et la période hivernale. In Praise Of Christmas, datant du XVIIe siècle, autrement connu sous le nom de To Drive The Cold Winter Away, est de ceux-là et a donné son nom à l'album. Simplement accompagnée de Shannon Purves-Smith à la viole, Loreena est seule au chant, à la harpe et à l'accordéon. Sur les autres titres, eux aussi dépouillés à l'extrême, elle joue en plus des instruments déjà cités des percussions et de la flûte irlandaise. Elle interprète même a cappella Let All That Are To Mirthinclined duquel se laisse entendre un lointain son de cloche, et Balulalow, ce qui permet de découvrir au mieux l'acoustique des lieux. Ce dernier titre est un classique écossais remontant à la fin du XVIe siècle. Sting l’interprétera par la suite en 2009 sur If On A Winter's Night... . Encore plus ancien puisque datant du XIIe siècle, The Wexford Carol est un chant religieux irlandais célébrant la Nativité du Christ.

Aux côtés de ces intemporels, Loreena livre trois compositions personnelles. Banquet Hall et The Stockford Carol sont deux instrumentaux joués à la seule harpe. Elle a également signé la musique de Snow aux paroles extraites d'un poème du même nom d'Archibald Lampman, célèbre poète canadien du XIXe siècle qui glorifiait la vie rurale et la beauté de la nature.

Avec To Drive The Cold Winter Away, peut-être le plus méconnu de ses albums, Loreena joue la carte de l'authenticité en démontrant que tout superflu est inutile lorsqu'on souhaite toucher au plus près le divin. 


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, accordéon, flûte irlandaise, percussions

Cedric Smith : chant
Shannon Purves-Smith : viole

Titres


01. In Praise Of Christmas
02. The Seasons
03. The King
04. Banquet Hall
05. Snow
06. Balulalow
07. Let Us The Infant Greet
08. The Wexford Carol
09. The Stockford Carol
10. Let All That Are To Mirthinclined

mardi 7 février 2017

Ghost Community - Cycle Of Life (2016)

Ghost Community Cycle Of Life
Ghost Community - Cycle Of Life
(2016)
Bienvenue à Ghost Community, nouvelle formation prometteuse de la scène progressive galloise. Formée en décembre 2014 à Cardiff, elle a passé près de deux ans à peaufiner son premier album Cycle Of Life.

Mais qui se cache derrière cette "communauté" ? Le bassiste Matthew Cohen (ex-Erasmus, ex-Magenta, ex-The Reasoning) en est en quelque sorte le père spirituel. Il a réuni autour de lui Jake Bradford Sharp, son ancien batteur au sein de The Reasoning, Moray Macdonald, claviériste accompagnant habituellement Godsticks sur scène, le guitariste Simon Rogers d'Also Eden et Marc Atkinson, chanteur de Gabriel et Riversea que l'on a pu entendre parfois aux côtés de Mostly Autumn. Mais trop occupé par d'autres engagements, il abandonnera l'aventure en cours de route et sera remplacé par John Paul Vaughan, vielle connaissance de Matthew puisqu'ils avaient formés ensemble Unbroken Spirit il y a une vingtaine d'années. 

D'un point de vue vocal, John Paul est la principale révélation de ce Cycle Of Life. Son timbre de voix, semblable à celui du grand Damian Wilson, inscrit Ghost Community dans le sillon tracé par leurs aînés de Headspace, une excellente référence. Les six morceaux du disque, d'une durée variant entre six et quinze minutes, dégagent une sacrée énergie positive, en harmonie avec la philosophie du groupe qui souhaite susciter de l'espoir face à l'adversité de la vie. L'unique ballade Blue December Morning mérite à elle seule son achat. Tout y est émotion pure, que ce soit le chant suave, le solo de guitare final, le piano enivrant ou la rythmique chaleureuse. 

L'ensemble a été produit et mixé avec professionnalisme par Bruce Soord de The Pinneaple Thief. Mention spéciale à l'artwork extérieur et intérieur conçu par Graeme Bell. Là aussi, c'est un sans faute apportant une douce sérénité. Certes, il n'y a pas de vocaux féminins, mais cela n'empêche pas Ghost Community d'être une des meilleures révélations de la scène progressive de l'année 2016. A suivre de très près...


Musiciens


John Paul Vaughan : chant
Simon Rogers : guitares
Moray Macdonald : claviers
Matthew Cohen : basse, percussions
Jake Bradford Sharp : batterie, programmation, percussions

Marc Atkinson : chant
Bruce Soord : chœurs

Titres


01. Rise Up
02. Mirror Lakes
03. Anything And Everything
04. Blue December Morning
05. Ghost Community
06. Cycle Of Life

lundi 6 février 2017

The Reasoning - Adventures In Neverland (2012)

The Reasoning Adventures In Neverland
The Reasoning - Adventures
In Neverland (2012)
Adventures In Neverland, ou le chant du cygne The Reasoning. Disponible en 2012, quelques mois seulement après l'EP And Another Thing..., ce nouvel album studio avait tout pour plaire sur le papier. 

Pour la première fois, Rachel Cohen se trouvait seule au chant principal, signant par la même occasion toutes les paroles. Les voix masculines passaient quant à elles au second plan. De plus, un début de fusion s'opérait avec le combo Mr. So & So grâce à la participation du guitariste Dave Foster et de leur chanteuse Charlotte Evans. Enfin, doté d'une pochette intrigante, et donc alléchante, le disque était distribué par un label d'envergure, Cherry Red Records. 

Et pourtant, la magie n'opère pas. Rachel est devenue froide, lointaine. Son chant, monotone, trop détaché, manque cruellement d'émotion, notamment sur un morceau clé comme Threnody faisant allusion à la disparition mystérieuse du guitariste Owain Roberts. Depuis le mois de mars 2012, ce dernier n'a plus donné signe de vie, personne ne sait où il se trouve. Le groupe l'a finalement remplacé par Keith Hawkins qui s'en sort avec les honneurs. Mais on sent bien que cet événement à complètement déstabilisé l'alchimie qui régnait au sein du groupe. Son ombre continue à planer. Une certaine légèreté, marque de fabrique de The Reasoning, s'en est allée avec lui. 

Heureusement, quelques titres relèvent le niveau. Stop The Clock et sa longue intro laissant croire à un instrumental avant que Rachel n'intervienne, Otherworld porté par le magnifique solo de Dave Foster, futur Panic Room, l'étrange Forest Of Hands And Teeth à l'ambiance gothique genre Faith & The Muse, ou encore la petite merveille qu'est Adventures In Neverland avec sa guitare gilmourienne et son refrain entêtant qui ne nous lâche plus. 

Après la sortie d'Adventures In Neverland, le claviériste Tony Turrell sera le premier à quitter le navire. Puis, le couple Cohen, Matthew et Rachel, explosera, mettant un terme définitif à l'aventure The Reasoning. Certes, on aurait préféré une meilleure fin, mais le bilan n'en demeure pas moins globalement positif avec quatre albums studio, un acoustique, un live, un EP et un DVD qui continueront à procurer du bonheur à tous ceux qui prendront le temps d'écouter cette formation atypique à l'histoire courte, moins d'une dizaine d'années, mais mouvementée. 


Musiciens


Rachel Cohen : chant, percussions
Keith Hawkins : guitares
Tony Turrell : claviers, chœurs
Matthew Cohen : basse, guitares, claviers, programmation, chœurs
Jake Bradford-Sharp : batterie

Charlotte Evans : chant
Dave Foster : guitare
Owain Roberts : guitare
James Kennedy : guitare, chœurs

Titres


01. Hyperdrive
02. The Omega Point
03. The Glass Half
04. Stop The Clock
05. Otherworld
06. End Of Days
07. No Friend Of Mine
08. Threnody
09. Forest Of Hands And Teeth
10. Adventures In Neverland

dimanche 5 février 2017

The Reasoning - And Another Thing... (2012)

The Reasoning And Another Thing
The Reasoning - And Another Thing...
(2012)
Derrière cet EP d'apparence anodine, se cache un drame. Celui de la disparition inexpliquée le 10 mars 2012 du guitariste Owain Roberts. Cette absence mènera indirectement The Reasoning à la désintégration. Au moment d'écrire ces lignes, cinq ans après, Owen n'a toujours pas été retrouvé. 

Le principe d'And Another Thing... était de laisser s'exprimer librement chaque membre du groupe à travers une chanson qu'il aurait composé. Des cinq titres prévus, seuls quatre ont été retenus, celui d'Owain étant mis de côté aux vues des circonstances. 

One By One et 21 Grams à la construction plus progressive sont taillés pour la scène par leur côté dynamique et entraînant. Plus pop, Pale Criminal fait suite à Apophenia, le maillon fort du disque. Construite autour d'un piano mélancolique, cette émouvante ballade s'illumine en son milieu grâce au magnifique solo d'Owain digne d'un Steve Hackett. Il ne serait pas surprenant que le claviériste Tony Turrell soit derrière ce titre. 

Le point commun entre chacune de ces chansons, c'est qu'elles mettent toutes en valeur la voix si fragile et si diaphane de Rachel Cohen, nymphe éternelle de The Reasoning. Il serait donc dommage de faire l'impasse sur ces quatre titres de très bonne facture. 

Musiciens


Rachel Cohen : chant, percussions
Owain Roberts : guitares
Tony Turrell : claviers, chœurs
Matthew Cohen : basse, guitare, programmation, chœurs
Jake Bradford-Sharp : batterie

Titres


01. One By One
02. Apophenia
03. Pale Criminal
04. 21 Gramm

samedi 4 février 2017

The Reasoning - Live In The USA: The Bottle Of Gettysburg (2011)

The Reasoning Live In The USA
The Reasoning - Live In The USA:
The Bottle Of Gettysburg (2011)
Tout comme Touchstone avant eux, The Reasoning ont profité de leur passage au RoSfest 2011 à Gettysburg, Pennsylvanie, pour enregistrer leur premier disque live, le bien nommé Live In The USA: The Bottle Of Gettysburg. Il fait figure de pendant électrique à leur précédent album tout en acoustique, Acoustically Speaking sorti un an auparavant. 

Comme chacune le sait, la vie de The Reasoning est des plus mouvementées. A chaque nouveau disque, un nouveau line-up. De sept membres, la formation est passé à un quintet. Exit Maria Owen, seconde voix féminine, exit Dylan Thompson, le cofondateur du groupe avec Matthew Cohen. Aux côtés du couple Cohen, Matt et Rachel, se dressent le claviériste Tony Turrell, le guitariste Owain Roberts et le batteur Jake Bradford-Sharp. Rachel se trouve désormais seule au chant principal. Bien que secondée par les garçons, et plus particulièrement par Tony, elle se réapproprie entièrement l'ancien répertoire, y compris les chansons où le lead était tenu par Dylan comme Shadows Of The Mind. Et, il faut bien l'avouer, cela lui réussit plutôt bien. 

Après une introduction mettant de suite dans l'ambiance, The Reasoning démarre en grande pompe avec Diamonds & Leather de leur dernier album studio, Adverse Camber. La set-list se compose d'un parfait équilibre entre tous les disques, quatre titres de Awakening et Adverse Camber sont joués, et trois de Dark Angel. Si le public demeure plutôt réservé au début, il devient beaucoup plus chaleureux au fil des titres, particulièrement après un 14 haut en couleur. Le groupe reste égal à lui même, professionnel sans se prendre au sérieux. Rachel est tout simplement lumineuse, incarnation majestueuse d'une Annie Lennox et d'une Elizabeth Fraser réunies dans une seule et même voix. 

Complémentaire au DVD Highway To High Voltage, ce Live In The USA demeure l'ultime témoignage scénique de cette formation progressive prometteuse. A noter la sympathique pochette signée Mark Wilkinson, illustrateur attitré des albums de Fish et des premiers Marillion.  

Musiciens


Rachel Cohen : chant, percussions
Owain Roberts : guitare
Tony Turrell : claviers, chant
Matthew Cohen : basse, chœurs
Jake Bradford-Sharp : batterie, chœurs

Titres


01. Intro
02. Diamonds & Leather
03. Fallen Angels
04. Sharp Sea
05. The Nobody Effect
06. Shadows Of The Mind
07. The Thirteenth Hour
08. How Far To Fall?
09. Chasing Rainbows
10. 14
11. Dark Angel
12. Aching Hunger