samedi 29 avril 2017

Irfan - Irfan (2003)

Irfan Denitza Seraphimova
Irfan - Irfan (2003)
Tout comme Vas, Stellamara ou Daemonia Nymphe, Irfan suit le sillon tracé par Dead Can Dance dans lequel musiques sacrées, ethniques et médiévales sont savamment mêlées. A chaque fois, le résultat s'en trouve des plus réjouissants. 

Basé en Bulgarie, Irfan est né en 2001 de la rencontre de trois musiciens, Kalin Yordanov, Kiril Bakardjiev et Ivailo Petrov, qui ont été ensuite rejoints par la chanteuse Denitza Seraphimova à la voix enchanteresse. Ce qui les a réuni, c'est leur passion commune pour les arts, la philosophie, la théologie, l'histoire et l'ethnologie. Ces domaines de connaissance se retrouvent dans leur musique, qui est vue comme un message s'adressant directement au cœur et à l'âme. 

Dans la religion musulmane, l'irfan est l'équivalent de la gnose chrétienne, concept philosophico-religieux lié à la connaissance mystique. Pont entre l'Occident et l'Orient, la musique d'Irfan véhicule cette notion de sacré en puisant son inspiration aussi bien dans les cultures ancestrales bulgares, balkaniques, byzantines et occidentales que dans celles en provenance du Moyen-Orient, de Perse, d'Inde ou d'Afrique du Nord. 

Si les techniques de chant usitées trouvent leur origine dans le riche passé des civilisations évoquées ci-dessus, les musiciens manient avec une même prestance les instruments traditionnels (saz, santour, gaïda également connue sous le nom de cornemuse balkanique) que ceux du monde contemporain comme les synthétiseurs ou samplers. Il en résulte une musique profonde, semblant sortir du fond des temps, agrémentée de sonorités modernes aux consonances electro. 

S'étirant sur onze minutes majestueuses, Monsalvato a symboliquement été placé en ouverture de ce premier album car il s'agit du tout premier titre écrit et enregistré par le groupe en 2002. Les deux voix, masculine et féminine, ressemblent à s'y méprendre à celles du célèbre duo Brendan Perry/Lisa Gerrard, c'est dire la qualité. Plus tribal, Otkrovenie est le titre qui a ouvert les portes du label français Prikosnovénie car, envoyé comme une simple démo, il a été sélectionné pour figurer sur la compilation Fairy World aux côtés d'autres artistes comme Louisa John-Krol, Caprice, Fleür, Daemonia Nymphe ou Ashram. S'en est suivi la signature d'un contrat entre le label et le groupe. 

A la fois hors du temps et dans son temps, Irfan livre une musique spirituelle envoûtante portée par le chant fascinant de Denitza Seraphimova, pierre angulaire de la formation. Deux autres albums tout aussi inspirés suivront : Seraphim en 2007, puis The Eternal Return en 2015.

Musiciens


Denitza Seraphimova : chant
Kalin Yordanov : chant, percussions
Ivailo Petrov : programmation, guitares, saz, percussions
Kirik Bakardjiev : programmation, claviers, santour, percussions

Shtoni Kokoudev : percussions, cornemuse (gaïda)
Nikolai Tonev : luth, flûte
Vesselin Mitev : cornemuse (gaïda)

Titres


01. Monsalvato
02. Salome
03. Elena
04. Return To Eden
05. Otkrovenie
06. Gospodi Pomilui
07. Peregrinatio
08. Outremer
09. Santa Maria

vendredi 28 avril 2017

Stellamara - Star Of The Sea (1997)

Stellamara Sonja Drakulich
Stellamara - Star Of The Sea (1997)
Stellamara se situe dans la lignée de Dead Can Dance et de Vas. Cette formation californienne s'articule autour de sa chanteuse et productrice Sonja Drakulich, ainsi que du violoniste virtuose Gary Haggerty. Star Of The Sea, leur premier album, sort en octobre 1997. Deux autres suivront en l'espace d'une décennie. 

D'origine à la fois serbe et hongroise, Sonja a grandi dans le quartier arménien de Los Angeles. Durant son adolescence, elle étudie la musique médiévale et des Balkans. Par la suite, elle développe une technique de chant influencée par les héritages bulgare, perse, turque et arabe. Elle commence alors à tourner avec des ensembles turcs et bulgares, puis fonde Stellamara en 1994. 

Gary Haggerty (également Gari Hegedus) est lui aussi d'origine hongroise. Passionné de violon, d'ailleurs son nom de famille "Hegedus" signifie "violon" en langue hongroise, il s'intéresse très tôt à la musique celtique et bretonne avant de s'investir dans l'étude de la musique ancestrale turque, et, plus particulièrement, de l'ordre mevlevi. Cet ordre musulman soufi remonte au XIIIe siècle, ses membres sont les fameux derviches tourneurs. 

Sur Star Of The Sea, les deux musiciens sont accompagnés du multi-instrumentiste Jeffery Stott, de la violoncelliste Marika Hughes, ainsi que des percussionnistes Susu Pampanin et Michael Emenau. 

Entre Orient et Occident, ce premier album offre un large panorama musical inspiré. Maris et ses paroles en galicien datant du XIIIe siècle donne l'impression d'assister en direct à une procession religieuse d'un autre temps. Sans transition, Kereshme évoque le Dead Can Dance de Into The Labyrinth avec son chant et ses percussions orientales. Les titres suivants nous transportent à leur tour d'un lieu ou d'une époque à une autre jusqu'à un Oj Jabuko final hypnotique mêlant influences est-européennes des Balkans et rythmes orientaux enivrants en provenance d'un Empire ottoman exhumé l'espace d'un instant.  

Véritable merveille musicale, Star Of The Sea est à découvrir absolument. Stellamara avait pour ambition de créer une musique célébrant l'amour, la beauté et l'unité à travers des harmonies transcendantes, on peut dire que c'est réussi ! 


Musiciens


Sonja Drakulich : chant, percussions, claviers
Gary Hagertty : violon, alto
Jeffery Stott : oud, hammered dulcimer, percussions, guitares, claviers
Susu Pampanin : percussions
Michael Emenau : percussions, claviers
Marika Hughes : violoncelle

Titres


01. Maris
02. Kereshme
03. Zephyrus
04. Taqsim
05. Del Mar Rojo
06. Immrama
07. Leda
08. Karuna
09. Oj Jabuko

mercredi 26 avril 2017

Vas - Sunyata (1998)

Vas Sunyata Azam Ali Greg Ellis
Vas - Sunyata (1998)
Vas est né de la rencontre improbable entre deux musiciens hors du commun, Azam Ali et Greg Ellis.

Venue au monde en Iran, Azam a passé son enfance en Inde avant de suivre sa mère vers les États-Unis. Là-bas, elle s'initie à la musique occidentale médiévale, Hildegarde von Bingen en particulier. Elle apprend également à jouer du hammered dulcimer, instrument à cordes frappées de la famille des cithares, descendant du santour perse. A cette même époque, Azam prend conscience de son potentiel vocal extraordinaire et apprend à l'exploiter.

Greg Ellis est Californien. Dès l'âge de treize ans, il apprend à jouer de toutes sortes de percussions. Cette passion le mène à poursuivre des études musicales à l'université. Sa culture s'est construite autour du jazz américain, en écoutant les maîtres Miles Davis ou John Coltrane, mais aussi de la musique indienne avec Ravi Shankar ou Zakir Hussain en référents.

Les routes d'Azam et Greg se sont croisées en novembre 1995, lors de concerts donnés à l'Université de Californie de Los Angeles (UCLA). Impressionnés par leurs performances respectives, ils décident de travailler ensemble et fondent Vas ("vaisseau" en latin) l'année suivante. Sunyata, terme sanskrit désignant la vacuité dans la religion bouddhiste, est disponible en 1997 sur le label Narada, spécialisé dans les musiques world et new-age.

Ce premier album est le résultat de leurs influences musicales respectives. Azam a puisé son inspiration dans les cultures perse et indienne de son enfance ainsi que dans l'héritage médiéval occidental. Greg utilise toute une panoplie de percussions en provenance du Moyen-Orient, d'Asie, d'Afrique et d'Europe et les a adaptées à sa propre technique. Souhaitant revenir aux sources mêmes de la musique, la voix éthérée d'Azam, confrontée aux seules percussions, est utilisée comme un instrument à part entière, sans paroles distinctes. En cela, elle s'inscrit dans la lignée de Lisa Gerrard et Vas du mythique duo Dead Can Dance. D'ailleurs Sunyata offrent de nombreux points communs avec l'album Spiritchaser sorti en 1996.

Mystique, spirituel et tribal, Sunyata est une invitation au voyage dans un monde ouvert, sans frontières, où se côtoient Lisa Gerrard, Loreena McKennitt, mais aussi l'Ouzbek Sevara Nazarkhan, Sheila Chandra ou Sonja Drakulich de Stellamara. Sublime.


Musiciens


Azam Ali : chant, hammered dulcimer, percussions
Greg Ellis : percussions, claviers

Titres


01. Ningal
02. Saphyrro
03. Refuge
04. Sunyata
05. Apsara
06. Astrae
07. Iman
08. Remembrance
09. Arc Of Ascent
10. At Siva's Feet

dimanche 23 avril 2017

Ciccada - A Child In The Mirror (2010)

Ciccada A Child In The Mirror
Ciccada - A Child In The Mirror
(2010)
Ciccada nous vient de Grèce. Fondé en 2005 à Athènes par Nicolas Nikolopoulos (flûte, claviers) et Yorgos Mouchos (guitares), les deux musiciens sont très vites rejoints par la chanteuse Evangelia Kozoni. Après plusieurs changements, le line up se stabilise en 2009 suite à l'arrivée du bassiste Omiros Komninos. En 2010, sort chez Fading Records, subdivision du label italien AltrOck, le monumental A Child In The Mirror.

Ce premier opus propose une musique raffinée et gracieuse. Plusieurs références viennent à l'esprit à son écoute, que ce soit les mythiques Renaissance des années 70 ou, plus proche de nous, les Russes de Caprice ou de Iamthemorning. La douce voix d'Evangelia, chantant aussi bien en anglais que dans sa langue natale, se situe dans le même registre que ses consœurs Inna Brejestovskaya et Marjana Semkina.

Rock symphonique, folk médiéval et jazz sont au rendez-vous tout au long de ces dix titres sur lesquels se côtoient une grande variété d'instruments à cordes, à cuivre et à vent. La richesse des compositions et des arrangements ne laissent place à aucun temps mort. Tout est parfaitement maîtrisé, que ce soit du premier titre, l'instrumental de présentation Ciccada, au flamboyant bouquet final qu'est A Garden Of Delights, en passant par le merveilleux Raindrops délicatement introduit au glockenspiel.

Avec A Child In The Mirror, Ciccada frappe fort. Véritable bouffée d'oxygène, cet album n'en finit pas de se dévoiler et de surprendre. Cinq années seront nécessaires à nos amis grecs pour lui donner une suite de même qualité.


Musiciens


Evangelia Kozoni : chant, accordéon, percussions
Nicolas Nikolopoulos : flûtes, claviers, percussions, chant
Yorgos Mouchos : guitares, chant
Omiros Komninos : basse

Alberto De Grandis : batterie
Mattia Signo : glockenspiel
Panayotis Yannakakis : piano
Pietro Cavedon : piano
Paolo Botta : claviers
Valerio Cipollone : clarinette
Hryssoula Georgaki : clarinette
Spyros Laskarides : trompette
Napoleon Savanis : saxophone
Anna Böhmig : cor
Vassilis Lykos : violoncelle

Titres


01. Ciccada
02. Isabella Sunset
03. A Child In The Mirror
04. A Storyteller's Dream
05. Raindrops
06. An Endless Sea
07. Epirus - A Mountain Song
08. Elisabeth
09. The Moment
10. A Garden Of Delights

samedi 22 avril 2017

Alan Simon - Anne De Bretagne Live Au Château Des Ducs De Bretagne (2010)

Alan Simon Anne De Bretagne Live Au Château Des Ducs De Bretagne
Alan Simon - Anne De Bretagne
Live Au Château Des Ducs
De Bretagne (2010)
Quelques mois seulement après la sortie de son opéra-rock Anne De Bretagne, Alan Simon décide de le produire sur scène. Les deux premières sont données à Nantes, les 29 et 30 juin 2009, dans la cour du château des ducs de Bretagne. Alors que le spectacle n'est pas encore rodé, il prend le pari fou de l'enregistrer en vue d'un CD et DVD. 

Le résultat est impressionnant, encore plus passionnant que la version studio. La setlist initiale a été quelque peu modifiée, l'ensemble est entrecoupé des interventions narratives du génial Jean-Claude Dreyfus accompagné au piano d'improvisations de Didier Squiban. Cette mise en contexte bienvenue permet de suivre l'histoire et de mieux comprendre chaque chanson.

Ainsi, les légendes vivantes que sont Ange, Fairport Convention ou Barclay James Harvest côtoient sur une même scène de grands noms comme Nilda Fernandez, Pat O'May ou Tri Yann. Mention spéciale à la jeune Cécile Corbel qui a su endosser avec talent le difficile rôle principal d'une Anne de Bretagne à la fois forte et fragile, trahie de toutes parts. Et comme si tout ce beau monde ne suffisait pas, Alan Simon à convoquer le Bagdad de Saint-Nazaire, rebaptisé pour l'occasion Bagdad Anna Vreizh, le Symphonique de la Renaissance conduit par Laurent Couson et le chœur céleste de l'Opéra de Gênes.

Spectacles grandiose à l'image de l'ambition d'Alan Simon, puisant son inspiration dans l'histoire mouvementée de notre Europe, son originalité réside également dans cette combinaison d'instruments modernes (guitares électriques cosmiques, basse stick), anciens (grand orgue de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, clavecin, luth) et traditionnels (cornemuse, accordéon, harpe celtique). Chapeau bas, l'artiste !

Musiciens


Alan Simon : chant, guitare
Cécile Corbel : chant, harpe celtique
Michel Bourcier : grand orgue
Frédéric Bourgeois (Tri Yann) : claviers, chœurs
Rob Callero : basse stick
Marco Canepa : clavecin, programmation
Jean Chocun (Tri Yann) : bouzouki, chœurs
Gerry Conway (Fairport Convention) : batterie, percussions
Jean-Paul Corbineau (Tri Yann) : chant
Christian Décamps (Ange) : chant
Tristan Décamps (Ange) : chant
Sylvain Fabre : percussions
Marco Fadda : percussions
Nilda Fernandez : chant
Gérard Goron (Tri Yann) : batterie, percussions, chœurs
Etienne Grandjean : accordéon
Miguel Henry : luth, guitare Renaissance
Les Holroyd (Barclay James Harvest) : chant
Jean-Louis Jossic (Tri Yann) : chant
Basile Leroux : guitare électrique
Chris Leslie (Fairport Convention) : violon, bouzouki, chant
Konan Mevel (Tri Yann) : cornemuse, flûte irlandaise
Simon Nicol (Fairport Convention) : chant, guitare
Pat O'May : guitare électrique
Dave Pegg (Fairport Convention) : basse, chœurs
Christophe Péloil (Tri Yann) : violon, chœurs
Didier Squiban : piano
Laurent Tixier : vielle à roue, flûte, chant
James Wood : guitare, chant

Titres


1.01. Ouverture: Anna Dei Gratia
1.02. François II
1.03. Messire Le Duc
1.04. L'Infante D'Armorique
1.05. Ysabeau
1.06. Duchess Anne
1.07. Pierre Landais
1.08. Diridin
1.09. La Guerre Folle
1.10. La Valse Des Trahisons
1.11. Le Lys Et L'Hermine
1.12. 28 Juillet 1488
1.13. Ô Ma Fille
1.14. Ma Zat
1.15. Roazhon
1.16. Ma Dame
1.17. Langeais
1.18. Je Vous Pleure
1.19. Le Prince D'Orange
1.20. Desire

2.01. The Soldier
2.02. La Folie Du Roy
2.03. Moi Le Maudit
2.04. Eleonora De Mazona
2.05. L'Italie
2.06. La Cadière
2.07. Amerigo
2.08. La Lettre D'Angleterre
2.09. The King
2.10. Onze Campagnes
2.11. Le Pommier D'Or
2.12. Pas El Agua
2.13. Hervé Portizoguer
2.14. Marie La Cordelière
2.15. Que Mon Cœur Reste En Bretagne
2.16. Anna Vreizh
2.17. Fina: In Pace Anna

jeudi 20 avril 2017

Annie Lennox - A Christmas Cornucopia (2010)

Annie Lennox A Christmas Cornucopia
Annie Lennox - A Christmas
Cornucopia (2010)
On ne présente plus Annie Lennox, légendaire chanteuse d'Eurythmics, formation qui a connu son heure de gloire dans les années 80. Depuis, elle a entamé une carrière en solo à succès et elle est devenue une des personnalités les plus respectées de la scène pop. En 2010, elle publie A Christmas Cornucopia, collection de chants de Noël comportant un inédit, Universal Child

Écrite par Annie, cette chanson servira de premier single. Confirmant sa réputation d'artiste généreuse, Annie reversera toutes ses royalties à sa fondation The SING Campaign qui vient en aide aux femmes et enfants victimes du SIDA en Afrique du Sud. Il faut dire que ce pays compte le pourcentage le plus élevé au monde de personnes infectées par ce fléau, soit 12% de la population environ. C'est en 2003 qu'Annie prend conscience de la gravité de la situation, lors d'un concert de charité donné au Cap avec son complice Dave Stewart. Quatre ans plus tard, elle récolte une première série de dons grâce au single Sing réunissant uniquement des chanteuses, de Madonna à Beth Gibbons (Portishead) en passant par Céline Dion, Bonnie Raitt, Shakira ou Pink. Cet argent servira au financement à sa propre ONG The SING Campaign mise en place cette même année. 

D'Afrique, il en est également question sur cet album regroupant des chants de Noël d'origine européenne. Dans sa vision universaliste, Annie Lennox souhaite unir les différentes cultures. C'est pourquoi elle utilise toute une gamme d'instruments du monde entier et a fait appel à The African Children's Choir qui intervient sur la majorité des titres, sans pour autant les dénaturer, bien au contraire. Tout comme les expériences world de Peter Gabriel, cet apport enrichit indéniablement la proposition musicale et donne une dimension supérieure à ces morceaux traditionnels. Ce chœur à la particularité de rassembler des enfants orphelins, victimes de guerre ou de famines, et de leur donner une nouvelle chance. 

Quel plaisir d'entendre Annie reprendre tous ces classiques. Nos oreilles frétillent de plaisir à l'écoute de ses "Gloria... In Excelsis Day O" enjouées de Angels From The Realms Of Glory ou de son délicieux accent anglophone sur Il Est Né Le Divin Enfant. God Rest Ye Merry Gentlemen, In The Bleak Midwinter, Silent Night, tous ces intemporels retrouvent un nouveau souffle grâce à la pureté de son interprétation et aux nouveaux arrangements proposés. Un vrai délice. 

Il est évident qu'Annie a pris beaucoup de plaisir à réaliser cet album. La pochette, certes naïve, n'est pas sans rappeler une certaine Julie Andrews dans La Mélodie Du Bonheur. On y retrouve ce même optimisme et une joie de vivre communicative qui, au final, procurent une sérénité salvatrice.


Musiciens


Annie Lennox : chant, claviers, flûtes, percussions, santour, dulcimer

Mike Stevens : basse, claviers, programmation, oud, guitare, percussions
Mark Stevens : percussions
Barry von Zyl : percussions

The African Children's Choir

Titres


01. Angels From The Realms Of Glory
02. God Rest Ye Merry Gentlemen
03. See Amid The Winter's Snow
04. Il Est Né Le Divin Enfant
05. The First Noel
06. Lullay, Lullay (The Coventry Carol)
07. The Holly And The Ivy
08. In The Bleak Midwinter
09. As Joseph Was Walking (The Cherry Tree Carol)
10. O Little Town Of Bethlehem
11. Silent Night
12. Universal Child

lundi 17 avril 2017

Silly - Alles Rot (2010)

Silly Alles Rot
Silly - Alles Rot (2010)
A la surprise générale, l'année 2010 voit la sortie d'un nouvel album d'un figure emblématique du rock de l'ancienne RDA, Silly. Alles Rot fait donc suite à Paradies qui datait de... 1996. Explications. 

La toute première mouture de Silly voit le jour à Berlin-Est en 1978, avec au chant la charismatique Tamara Danz. Celle-ci s'était déjà illustrée dans diverses formations dont le Horst Krüger Band aux orientations musicales progressives. Silly va rencontrer rapidement une notoriété certaine qui ne cessera de croître suite à ses tournées dans l'ex-bloc soviétique, en Roumanie en particulier où Tamara a passé une partie de son enfance. Durant ses premières années, le groupe se voit contraint de se faire appeler "Familie Silly" à cause des autorités est-allemandes qui refusent l'utilisation des noms à consonances anglophones. Nous sommes alors à l'époque de la Guerre froide et de la confrontation Est-Ouest.  

Jusqu'en 1989, le poète Werner Karma signe tous les textes. Très riches, ceux-ci ont la particularité de comporter des paroles à double sens, ce qui, là-aussi, provoquera quelques tensions avec ces mêmes autorités. 1982 voit l'arrivée du claviériste Ritchie Barton, alors petit ami de Tamara. En 1986, le guitariste Uwe Hassbecker, futur mari de Tamara, et le bassiste Jäcki Reznicek font à leur tour leur entrée. Ces trois musiciens deviendront les piliers de Silly, ils en sont encore aux commandes aujourd'hui. 

1996 est  une année dramatique puisque Tamara est emportée par un cancer du sein, peu après la sortie de Paradies. Marqué par cette disparition, le groupe entre en hibernation durant une décennie. Il revient à la fin de l'année 2005 où une tournée est organisée avec différents chanteurs et chanteuses. L'année suivante, l'intégration de l'actrice Anna Loos est officialisée. Née à Brandebourg, dans l'est du pays, Anna n'est pas une inconnue puisqu'elle tient depuis 1997 le rôle de la secrétaire Lissy Pütz dans la série policière à succès Tatort, véritable institution outre-Rhin.  

C'est donc sous forme de quatuor que Silly entre en studio à la fin des années 2000. Par la même occasion, il renoue avec Werner Karma qui signe une nouvelle fois tous les textes. Véritable affaire de famille, on retrouve à la batterie Basti Reznicek, le fils de Jäcki, et au violoncelle, celui de Uwe, Daniel Hassbecker. 

Alles Rot réalise un carton à sa sortie et se classera à la troisième place des charts allemands. Il faut dire que cette petite merveille pop-rock frappe fort dès le premier morceau. Riffs de guitares accrocheurs, chant solide dès les premières mesures, refrain imparable, la chanson titre comporte tous les atouts d'un futur hit. Aucun temps mort ne suit, tout est parfaitement ficelé, que ce soit les passages plus rock (Erinnert, Noch, Ich Verlasse Mich) ou les magnifiques ballades que sont Findelkinder évoquant la nostalgie de l'enfance, Warum Ich tout en symphonie, ou l'émouvant hommage à Tamara, Sonnenblumen qui clôt admirablement bien le disque. 

Éloigné des terres progressives, Silly n'en demeure pas moins un groupe intéressant à découvrir. La frontière de la langue ne doit pas être un obstacle aux non initiés à l'allemand. Souvent jugée comme austère, on se rend compte que, grâce à Silly, cette langue est parfaitement adaptée à un rock enjoué et ajoute un charme certain que l'on n'imaginait pas jusqu'alors.


Musiciens


Anna Loos : chant
Uwe Hassbecker : guitares, violon, mandoline, chœurs
Ritchie Barton : claviers, chœurs
Jäcki Reznicek : basse, chœurs

Basti Reznicek : batterie
Daniel Hassbecker : violoncelle
Leo Vaessen : batterie

Titres


01. Alles Rota
02. Ich Sag Nicht Ja
03. Erinnert
04. Nackter Als Du
05. Findelkinder
06. Flieger
07. Mein Kapitän
08. Noch
09. Leg Mich Fest
10. Warum Ich
11. Ich Verlasse Mich
12. Die Furcht Der Fische
13. Höhle
14. Sonnenblumen

samedi 15 avril 2017

Blackmore's Night - Autumn Sky (2010)

Blackmore's Night Autumn Sky
Blackmore's Night - Autumn Sky
(2010)
En 2010, Blackmore's Night, chantres d'un folk médiéval de qualité, reviennent sur le devant de la scène avec Autumn Sky, leur huitième album. Plus électrique que les précédents, il propose une musique inspirée et diversifiées comportant de très beaux moments.

Mais que de changements depuis Secret Voyage en 2008 ! Après dix-neuf ans de vie commune, la douce Candice Night et son guitar hero bourru  Ritchie Blackmore se sont (enfin) mariés et ont donné naissance deux ans plus tard, en 2010, à une petite fille prénommée... Autumn. Et oui, c'est elle la source d'inspiration de ce nouvel opus.

Épanouie, Candice n'a jamais aussi bien chanté. Elle fait vibrer chacune des chansons grâce à sa magnifique voix. Ritchie a lui ressorti les guitares. Entre riffs cinglants et soli lumineux, on retrouve le musicien audacieux que l'on admire toujours après toutes ces années. Sur les morceaux intimistes, on perçoit sa sensibilité à fleur de peau diffusée à travers les cordes de sa guitare acoustique. 

Ce qui fait également l'originalité du couple, c'est l'utilisation d'instruments peu communs. Ainsi, Candice utilise toute une panoplie d'instruments à vent, souvent d'époque médiévale telle que la flûte à corne (gemshorn) ou la bombarde. Pour Ritchie, mandoline, vielle à roue et nyckelharpa (instrument à corde d'origine scandinave) n'ont pas de secrets pour lui. 

Bien évidemment, d'autres ménestrels les ont accompagnés dans cette nouvelle épopée. Bard David of Larchmont (claviers), Gypsy Rose (violon), Earl Grey of Chimey (basse), Squire Malcom of Lumley (batterie, percussions) et Albert Danneman (instruments à vent de la Renaissance) sont de la partie. Ensemble, ils interprètent les compositions originales du duo, dont les dansants All The Fun Of The Fayre ou Keeper Of The Flame qui restent bien en tête, ainsi que quelques reprises : Highland des Suédois One More Time, Vandraren (devenu Journeyman) de Nordman, autre groupe suédois, Celulloid Heroes des Kinks ou encore Barbara Allen, chanson traditionnelle écossaise. Deux titres sont à retenir : Darkness et Dance Of The Darkness. Construits sur un même air médiéval, l'un privilégie la voix de Candice tandis que l'autre met en avant le sublime jeu de guitare de Ritchie. 

Avec Autumn Sky, Blackmore's Night démontre qu'il est encore capable de se renouveler et de surprendre. Nos troubadours ont encore de beaux jours devant eux.

Musiciens


Candice Night : chant, instruments à vent
Ritchie Blackmore : guitares, percussions, nyckelharpa, vielle à roue, mandoline

Bard David of Larchmont : claviers, chœurs
Gypsy Rose : violon, chœurs
Earl Grey of Chimey : basse, guitare
Squire Malcom of Lumley : batterie, percussions
Albert Danneman : instruments à vent de la Renaissance, chœurs

Titres


01. Highland
02. Vagabond (Make A Princess Of Me)
03. Journeyman (Vandraren)
04. Believe In Me
05. Sake Of The Song
06. Song And Dance
07. Celluloid Heroes
08. Keeper Of The Flame
09. Night At Eggersberg
10. Strawberry Girl
11. All The Fun Of The Fayre
12. Darkness
13. Dance Of The Darkness
14. Health To The Company
15. Barbara Allen

dimanche 9 avril 2017

Life Line Project - Distorted Memories (2010)

Life Line Project Distorted Memories
Life Line Project - Distorted Memories
(2010)
La musique progressive n'est pas une musique qui s'aborde facilement. Pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut se donner du temps, savoir y revenir, encore et encore avec beaucoup d'attention. C'est seulement au bout de plusieurs écoutes que l'on peut enfin la savourer pleinement, distinguer toutes ses nuances et prendre un plaisir incommensurable. L'œuvre entière d'Erik de Beer et de son Life Line Project est de cette veine. Et Distorted Memories n'échappe pas à cette règle.

Comme toujours, Erik y joue d'une multitude d'instruments : guitares, claviers (synthétiseurs, piano, clavecin, Moogs), luth, mandoline, chitarrone. Il sait aussi brillamment s'entourer, notamment des élèves de son école de musique. De The King, nous retrouvons avec plaisir Maruscka Kartosonto et son chant haut perché évoquant une nouvelle fois celui de la grande Annie Haslam de Renaissance, son épouse Elsa de Beer à la flûte, Dineke Visser au hautbois, Jody van der Gijze aux guitares et aux chœurs, ainsi que Ludo de Murlanos à la batterie et aux percussions.

A cet ensemble solidement constitué, s'ajoutent la violoniste Josine Fraaij aux interventions lumineuses, notamment lors de l'hommage à Vivaldi sur la chanson titre, ou encore pendant sa confrontation avec le jeune guitariste Jason Eekhout sur Caelum Aurum qu'il a composé. On lui doit également le court Ignition qui ouvre de manière percutante ce Distorted Memories aux multiples surprises. C'est également lui qui a conçu l'étrange pochette de l'album. La basse, impressionnante de précision, est jouée par Iris Sagan. Son travail est remarquable sur Distorted Memories, Reaper Of The Keys et Steam Roller où elle se retrouve en parfaite osmose avec Ludo et ses fûts acérés.

Musique classique, rock symphonique typé seventies, jazz, folk (The Dancing Dutchess est la réadaptation d'une chanson traditionnelle néerlandaise) sont autant d'ingrédients savamment parsemés tout au long de ce Distorted Memories qui saura séduire, à ne pas en douter, les amateurs de musiques progressives les plus exigeants et toute personne curieuse ne craignant pas de sortir des sentiers battus. Heureusement que des artistes comme Erik sont encore là pour faire vivre la musique et la rendre passionnante, bien loin de ce que la radio et autres médias de masse osent encore nous proposer.



Musiciens


Erik de Beer : guitares, claviers, mandoline, luth, chitarrone, chœurs
Maruschka Kartonso : chant
Jason Eekhout : guitares
Jody van der Gijze : guitares, chœurs
Josine Fraaij : violon
Elsa de Beer : flûtes
Dineke Visser : hautbois
Iris Sagan : basse
Ludo de Murlanos : batterie, percussions

Titres


01. Ignition
02. Distorted Memories
03. Life Line Suite 2010
04. Frozen Heart
05. Caelum Aurum
06. Interlude
07. Reaper Of The Keys
08. P.C. Left Is Right
09. Acoustic Spring
10. Steam Roller
11. The Final Word
12. The Dancing Dutchess (Bonus Track)


samedi 8 avril 2017

The Dave - Gravity (2011)

David Foster Mr. So & So
The Dave - Gravity (2011)
The Dave... sous ce pseudonyme se dissimule Dave Foster, guitariste émérite et cofondateur de la formation néo-progressive Mr. So & So avec son complice de toujours, le bassiste et chanteur Shaun McGowan. Disponible en 2011, Gravity est son premier album en solo. Il fait suite au délicieux Sugarstealer (2009) qui marquait le retour au sommet de son groupe, après plus d'une décennie d'absence. 

Dave est ici seul aux commandes. Ou presque... Shaun est venu lui prêter main forte sur le très poétique titre finale, The Bride. Il y joue du bouzouki, du banjo et du psaltérion, sorte de cithare médiévale. Clare, son épouse, les accompagne en toute simplicité à la flûte. Membre du groupe néerlandais NOONe, Dinet Poortman tient le chant principal sur deux titres aux résonances très "Panic Room". Il s'agit de Paradox et Only A Lullaby qu'elle a coécrit avec lui. Sa voix ressemble à s'y méprendre à celle d'Anne-Marie Helder, provoquant ainsi le même genre d'envoûtement magique. 

Pour le reste, The Dave a tout composé seul et a joué de tous les instruments : basse, batterie et, surtout, guitares dont un véritable festival nous est proposé. L'aisance et le dynamisme de son jeu combleront de bonheur, à ne pas en douter, les fervents admirateurs de guitar heroes. Il y a du Satriani en lui, c'est sûr ! Et ce n'est pas une surprise si Steve Rothery de Marillion le recrutera pour son projet solo. L'épique Apollo 13, voyage spatial sur lequel il se surpasse littéralement, nous entraîne au fin fond d'un cosmos dont on ne peut revenir indemne.  

En 2015, Dave est devenu un membre à part entière de Panic Room. Il n'est donc pas inutile de se replonger dans ce Gravity aux nombreux rebondissements afin de mieux cerner la personnalité et le talent de ce musicien modeste, mais ô combien attachant. A découvrir absolument ! 

Musiciens


Dave Foster : guitares, basse, batterie, chant

Dinet Poortman : chant
Clare Foster : flûte
Shaun McGowan : bouzouki, banjo, psaltérion

Titres


01. Tesla
02. Summer Sky
03. Paradox
04. Liberty Bridge
05. Polarised
06. Only A Lullaby
07. Apollo 13
08. Shining Light
09. The Wait
10. The Bride

vendredi 7 avril 2017

Anathema - We're Here Because We're Here (2010)

Anathema We're Here Because We're Here
Anathema - We're Here Because
We're Here (2010)
We're Here Because We're Here ou le retour en grâce d'Anathema. Sans label depuis 2004 suite au rachat de Music For Nations par Sony-BMG, le groupe était devenu orphelin et sans moyens. A Natural Disaster, leur dernier album studio remontait à 2003, une éternité. Mais en 2008, il opère un retour d'abord discret avec Hindsight réunissant des reprises semi-acoustiques. Cette compilation paraît chez Kscope alors dirigé par Steven Wilson, celui-là même qui transforme tout ce qu'il touche en or et qui demeure la référence incontournable des musiques progressives actuelles. Le succès retrouvé permet ainsi à Anathema de s'ouvrir vers de nouveaux horizons.

Horizons, c'était le titre initialement choisi. A la dernière minute, les frères Cavanagh lui ont préféré l'énigmatique We're Here Because We're Here, expression extraite d'une chanson populaire que chantaient les soldats britanniques dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale. 

Devenu un sextet depuis l'intégration définitives de Lee Douglas au chant et aux chœurs, Anathema propose désormais un rock progressif atmosphérique classieux bien éloigné du doom metal de ses débuts. D'ailleurs, le magazine de référence Classic Rock ne s'y est pas trompé en désignant ce formidable We're Here Because We're Here comme album de rock progressif de l'année 2010. Il est vrai qu'il recèle de belles surprises, que ce soit le titre d'ouverture Thin Air, l'onirique sans fin Dreaming Light, l'ingénieux Everything sur lequel se mêlent avec majesté les voix de Lee et Vincent Cavanagh, ou encore A Simple Mistake à la mélodie déchirante. On pense au meilleur de Marillion (ère Hogarth), Radiohead, Coldplay, Muse...

En signant seul six des dix titres, Danny Cavanagh confirme sa mainmise, ce qui, au final, n'est pas plus mal, doué comme il est dans le travail de composition et d'écriture. Beaucoup de tristesse, de mélancolie et d'âmes tourmentées hantent cet opus envoûtant qui constitue un indéniable tournant dans la carrière de nos amis anglais. 

 Musiciens


Vincent Cavanagh : chant, guitare
Daniel Cavanagh : guitare, claviers, chant
Jamie Cavanagh : basse
John Douglas : batterie, percussions, claviers, guitares
Lee Douglas : chant
Les Smith : claviers

Titres


01.Thin Air
02. Summernight Horizon
03. Dreaming Light
04. Everything
05. Angels Walk Among Us
06. Presence
07. A Simple Mistake
08. Get Off Get Out
09. Universal
10. Hindsight

dimanche 2 avril 2017

Balsamo Deighton - Unfolding (2016)

Balsamo Deighton Unfolding
Balsamo Deighton - Unfolding (2016)
Unfolding, du duo Balsamo Deighton, est l'exemple type de l'album où deux voix, l'une féminine et l'autre masculine, se marient à merveille. Complices, elles se mêlent, se démêlent, se complètent, se répondent sur d'agréables mélodies à la fois douces et enivrantes. Cette parfaite harmonie est le résultat d'une profonde amitié apparue au début des années 2000. 

Issue d'une famille d'artistes, Rosalie Deighton est née aux Pays-Bas en 1976, puis a grandi en Angleterre, dans le Yorkshire. La musique est son élément. Avec son frère et ses trois sœurs, ses parents fondent l'ensemble folk The Deighton Family qui rencontrera un certain succès. Un premier album est disponible en 1987, deux autres suivront. Au début des années 2000, Rosalie entre en studio pour enregistrer Truth Drug, son premier album solo. Elle y fait la connaissance du jeune Steve Balsamo également présent pour son premier disque, All I Am

D'origine galloise, Steve s'est déjà fait un nom en participant à plusieurs comédies musicales renommées parmi lesquelles Les Misérables (1993), Jesus Christ Superstar (1997) et Notre-Dame De Paris (2000). Par la suite, il collaborera avec de grands noms comme Eric Woolfson d'Alan Parsons Project, l'ex-Deep Purple Jon Lord, ou encore Rob Reed (Chimpan A, Kompendium) et Christina Booth (Broken Lives & Bleeding Hearts) de Magenta. Il est aussi le cofondateur de The Storys que rejoindra Rosalie. Après la séparation de ces derniers, tous deux décide de poursuivre ensemble leur expérience musicale. C'est ainsi que voit le jour Unfolding en 2016. 

Ensemble, ils rendent un hommage appuyé aux nombreux artistes qui les ont guidé tout au long de leurs carrières respectives. Cela va de Bruce Springsteen à Emmylou Harris en passant par Tom Petty, Bryan Adams ou Jackson Browne dont ils reprennent le très poignant Sky Blue And Black

L'amour et le souvenir sont les deux principaux thèmes abordés. L'Amour, avec un grand "A", qui ne tombe jamais au bon moment (Run Back To Your Life), qui intrigue (Long Way Round) ou qui dure éternellement (The Ghost Of Me And You). Si l'album entier est dédié à Kathleen Deighton-Cousins, la sœur de Rosalie, emportée par un cancer le 24 décembre 2010, The Dream Song est un respectueux hommage de Steve à Jon Lord sur lequel on peut entendre Ian Paice à la batterie, tandis que la chanson titre évoque le souvenir d'un jeune soldat britannique tombé en Afghanistan. Fan de The Storys, il avait souhaité qu'une de leurs chansons soit jouée le jour de ses funérailles. C'est en son souvenir que le duo est rejoint sur ce titre par leurs anciens camarades Andy Collins, Alan Thomas et Tim Hamill, coproducteur de Luck

A la qualité musicale indéniable, s'ajoute la qualité d'un livret richement illustré par les clichés de Graham Harries, photographe inspiré basé à Llanelli, petite bourgade côtière du Pays de Galles. Que demander de plus ?

Musiciens


Steve Balsamo : chant, guitare
Rosalie Deighton : chant, guitare

Tim Hamill : guitares, claviers, batterie
Alan Thomas : guitares, claviers
Christian Philips : piano, guitare
Ben Robbins : claviers, percussions
Pete Thomas : claviers
Gareth Thorrington : claviers
Andy Collins : basse, chœurs
Ian Paice : batterie

Titres


01. Drive On
02. Blue
03. Ride It
04. Sky Blue And Black
05. Long Way Round
06. Light In The Dark
07. The Dream Song
08. Run Back To Your Life
09. The Ghost Of Me And You
10. 50 Foot Jesus
11. These Four Walls
12. Unfolding

samedi 1 avril 2017

Rob Thompson - Dust (2010)

Rob Thompson Dust
Rob Thompson - Dust (2010)
Durant sept ans, le guitariste Rob Thompson a été une des quatre voix du groupe gallois The Storys. Quelques mois à peine après leur séparation, courant 2010, il sort Dust, son premier essai en solo. 

Et l'essai est transformé ! Avec Dust, Rob présente un rock classieux tout en douceur, à la fois efficace et excitant, guère éloigné des mondes progressifs. Si, de prime abord, sa musique fait penser au Lloyd Cole des années 80, elle évoque également le Alan Parsons Project de ces mêmes années (Could You Come Around?) ou le David Bowie de la décennie précédente. L'excellentissime The Director's Cut, la pépite de l'album aux côtés de la chanson titre et du dernier morceau The Ending Credits, propose un jeu piano/guitare orgasmique aussi jouissif que ce que réalisa Mick Ronson sur Moonage Daydream du mythique Ziggy Stardust. Mark Knopfler ou David Gilmour, époque On An Island, sont d'autres références qui viennent à l'esprit. 

Pour mener à bien son projet, Rob a fait appel au producteur Tim Hamill qui tient également les baguettes. Ils avaient déjà collaboré ensemble sur Luck. Les ont rejoints deux ex-Storys, le bassiste Andy Collins qui a coécrit deux titres et Alan Thomas aux claviers. Sans révolutionner le genre, Dust demeure un album agréable à écouter. Le chant plaisant et rassurant de Rob n'est sûrement pas étranger à cette sensation de bien-être.

Musiciens


Rob Thompson : chant, guitares, claviers

Andy Collins : basse, guitare, claviers, chœurs
Alan Thomas : claviers
Tim Hamill : batterie, percussions, guitare, claviers
Matthew John : guitares, harmonica
Ceri Lloyd Morgan : piano, guitare

Titres


01. Dust
02. Come You Come Around?
03. It All Makes Sense In The End
04. I Can't Tune In
05. The Director's Cut
06. Standing Still
07. Watching How All The Dust's Drawn On The TV
08. The Ending Credits
09. Dut (Radio Edit)