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mardi 19 septembre 2017

Magenta - Chameleon (2011)

Magenta Chameleon
Magenta - Chameleon (2011)

Pourquoi écouter ce disque ?

Chameleon est le cinquième album de Magenta. Il fait suite au grandiose Metamorphosis à l'atmosphère étouffante paru trois ans auparavant. Plus lumineux et moins morose, Chameleon a la particularité d'avoir ses paroles écrites par la chanteuse Christina. Jusque là, elle était l'auteure de quelques singles (Broken, I'm Alive), tandis que Steve Reed, le frère du leader Rob Reed, se chargeait des albums. Ce changement intervient après la parution de son premier album solo Broken Lives & Bleeding Hearts (2010) qui lui a donné une plus grande confiance en elle. Ainsi, Chameleon est davantage à rapprocher de The Singles que des autres albums du groupe. Il n'empêche, ce disque est habité de beaux moments de grâce tels que Turn The Tide, Raw sur lequel on retrouve l'ancien guitariste Martin Rosser (C-Sides) ou Red. A noter la très belle pochette sur laquelle on découvre une Christina au corps recouvert de peinture. On doit cette magnifique photo à l'artiste Dave Daggers.

Musiciens

Christina Booth : chant
Chris Fry : guitares
Rob Reed : claviers, basse, guitares

Kieran Bailey : batterie, percussions
Martin Rosser : guitares

Titres

01. Glitterball
02. Guernica
03. Breathe
04. Turn The Tide
05. Book Of Dreams
06. Reflections
07. Raw
08. The Beginnning Of The End
09. Red

jeudi 10 août 2017

C-Sides - Devitrification (2011)

C-Sides Devitrification
C-Sides - Devitrification (2011)
Fondé en 2007, C-Sides est un trio gallois réunissant d'anciens musiciens de Magenta. Martin Rosser, Dan Fry et Allan Mason-Jones en ont été respectivement guitariste, bassiste et batteur. Devitrification, leur premier album, sort en 2011 sur le label confidentiel White Knight crée par Rob Reed.

La musique proposée par ce nouveau combo se trouve bien éloignée de la galaxie Magenta. Si ces derniers regardent du côté de Yes, Genesis, Pink Floyd ou Renaissance, Devitirification ressuscite l'espace d'un instant le rock bien puissant des seventies façon Rush. 

Producteur du disque, Martin Rosser délivre un jeu de guitare saisissant et fougueux. Outre Magenta, on se souvient de ce musicien intuitif pour sa participation au projet original The Othello Syndrome ainsi que sur l'unique album d'Alan McCarthy, Through The Fire en 1999. En retour (?), Ce dernier a été convié à participer aux chœurs aux côtés d'Emily Bates, seule présence féminine.

En plus de la basse, Dan Fry tient le chant principal. Sa prestation convaincante évoque à la fois le Chris Cornell du You Know My Name (la BO du James Bond Casino Royale) sur Master Plan que le Jim Kerr de Simple Minds (Stand Up).

Sans révolutionner le genre, C-Sides demeure une agréable surprise et permet de découvrir ces trois talentueux musiciens dans un autre registre que le rock néo-progressif de Magenta.


Musiciens


Martin Rosser : guitares, claviers, chœurs
Dan Fry : chant, basse
Allan Mason-Jones : batterie, percussions

Emily Bates : chœurs
Matthew Rosser : percussions, guitare
Alan McCarthy : chœurs

Titres


01. The Ribbon
02. Times For Me
03. Master Plan
04. Stand Up
05. Devitrification Pt.1
06. Devitrification Pt.2
07. Devitrification Pt.3
08. Let It Go
09. Way I See

dimanche 2 avril 2017

Balsamo Deighton - Unfolding (2016)

Balsamo Deighton Unfolding
Balsamo Deighton - Unfolding (2016)
Unfolding, du duo Balsamo Deighton, est l'exemple type de l'album où deux voix, l'une féminine et l'autre masculine, se marient à merveille. Complices, elles se mêlent, se démêlent, se complètent, se répondent sur d'agréables mélodies à la fois douces et enivrantes. Cette parfaite harmonie est le résultat d'une profonde amitié apparue au début des années 2000. 

Issue d'une famille d'artistes, Rosalie Deighton est née aux Pays-Bas en 1976, puis a grandi en Angleterre, dans le Yorkshire. La musique est son élément. Avec son frère et ses trois sœurs, ses parents fondent l'ensemble folk The Deighton Family qui rencontrera un certain succès. Un premier album est disponible en 1987, deux autres suivront. Au début des années 2000, Rosalie entre en studio pour enregistrer Truth Drug, son premier album solo. Elle y fait la connaissance du jeune Steve Balsamo également présent pour son premier disque, All I Am

D'origine galloise, Steve s'est déjà fait un nom en participant à plusieurs comédies musicales renommées parmi lesquelles Les Misérables (1993), Jesus Christ Superstar (1997) et Notre-Dame De Paris (2000). Par la suite, il collaborera avec de grands noms comme Eric Woolfson d'Alan Parsons Project, l'ex-Deep Purple Jon Lord, ou encore Rob Reed (Chimpan A, Kompendium) et Christina Booth (Broken Lives & Bleeding Hearts) de Magenta. Il est aussi le cofondateur de The Storys que rejoindra Rosalie. Après la séparation de ces derniers, tous deux décide de poursuivre ensemble leur expérience musicale. C'est ainsi que voit le jour Unfolding en 2016. 

Ensemble, ils rendent un hommage appuyé aux nombreux artistes qui les ont guidé tout au long de leurs carrières respectives. Cela va de Bruce Springsteen à Emmylou Harris en passant par Tom Petty, Bryan Adams ou Jackson Browne dont ils reprennent le très poignant Sky Blue And Black

L'amour et le souvenir sont les deux principaux thèmes abordés. L'Amour, avec un grand "A", qui ne tombe jamais au bon moment (Run Back To Your Life), qui intrigue (Long Way Round) ou qui dure éternellement (The Ghost Of Me And You). Si l'album entier est dédié à Kathleen Deighton-Cousins, la sœur de Rosalie, emportée par un cancer le 24 décembre 2010, The Dream Song est un respectueux hommage de Steve à Jon Lord sur lequel on peut entendre Ian Paice à la batterie, tandis que la chanson titre évoque le souvenir d'un jeune soldat britannique tombé en Afghanistan. Fan de The Storys, il avait souhaité qu'une de leurs chansons soit jouée le jour de ses funérailles. C'est en son souvenir que le duo est rejoint sur ce titre par leurs anciens camarades Andy Collins, Alan Thomas et Tim Hamill, coproducteur de Luck

A la qualité musicale indéniable, s'ajoute la qualité d'un livret richement illustré par les clichés de Graham Harries, photographe inspiré basé à Llanelli, petite bourgade côtière du Pays de Galles. Que demander de plus ?

Musiciens


Steve Balsamo : chant, guitare
Rosalie Deighton : chant, guitare

Tim Hamill : guitares, claviers, batterie
Alan Thomas : guitares, claviers
Christian Philips : piano, guitare
Ben Robbins : claviers, percussions
Pete Thomas : claviers
Gareth Thorrington : claviers
Andy Collins : basse, chœurs
Ian Paice : batterie

Titres


01. Drive On
02. Blue
03. Ride It
04. Sky Blue And Black
05. Long Way Round
06. Light In The Dark
07. The Dream Song
08. Run Back To Your Life
09. The Ghost Of Me And You
10. 50 Foot Jesus
11. These Four Walls
12. Unfolding

samedi 1 avril 2017

Rob Thompson - Dust (2010)

Rob Thompson Dust
Rob Thompson - Dust (2010)
Durant sept ans, le guitariste Rob Thompson a été une des quatre voix du groupe gallois The Storys. Quelques mois à peine après leur séparation, courant 2010, il sort Dust, son premier essai en solo. 

Et l'essai est transformé ! Avec Dust, Rob présente un rock classieux tout en douceur, à la fois efficace et excitant, guère éloigné des mondes progressifs. Si, de prime abord, sa musique fait penser au Lloyd Cole des années 80, elle évoque également le Alan Parsons Project de ces mêmes années (Could You Come Around?) ou le David Bowie de la décennie précédente. L'excellentissime The Director's Cut, la pépite de l'album aux côtés de la chanson titre et du dernier morceau The Ending Credits, propose un jeu piano/guitare orgasmique aussi jouissif que ce que réalisa Mick Ronson sur Moonage Daydream du mythique Ziggy Stardust. Mark Knopfler ou David Gilmour, époque On An Island, sont d'autres références qui viennent à l'esprit. 

Pour mener à bien son projet, Rob a fait appel au producteur Tim Hamill qui tient également les baguettes. Ils avaient déjà collaboré ensemble sur Luck. Les ont rejoints deux ex-Storys, le bassiste Andy Collins qui a coécrit deux titres et Alan Thomas aux claviers. Sans révolutionner le genre, Dust demeure un album agréable à écouter. Le chant plaisant et rassurant de Rob n'est sûrement pas étranger à cette sensation de bien-être.

Musiciens


Rob Thompson : chant, guitares, claviers

Andy Collins : basse, guitare, claviers, chœurs
Alan Thomas : claviers
Tim Hamill : batterie, percussions, guitare, claviers
Matthew John : guitares, harmonica
Ceri Lloyd Morgan : piano, guitare

Titres


01. Dust
02. Come You Come Around?
03. It All Makes Sense In The End
04. I Can't Tune In
05. The Director's Cut
06. Standing Still
07. Watching How All The Dust's Drawn On The TV
08. The Ending Credits
09. Dut (Radio Edit)

samedi 25 mars 2017

The Storys - Luck (2010)

The Storys Luck
The Storys - Luck (2010)
Drôle d'histoire que ce Luck, troisième et dernier album du groupe gallois The Storys. C'est durant ses sessions d'enregistrement que les six musiciens ont décidé de... se séparer. Le projet ne devait même pas arriver à son terme, mais devant la qualité des compositions, ils ont finalement fait machine arrière et décidé de sortir ce disque. Ouf !

Par rapport à son prédécesseur Town Beyond The Trees, le line-up a légèrement été modifié. Dai Smith, parti vers de nouveaux horizons, a cédé sa place à Rosalie Deighton. Désormais, The Storys comptent trois voix masculines en lead (Steve Balsamo, Rob Thompson, Andy Collins) et une féminine. Celle-ci se laisse pleinement appréciée sur Please Come Home, délicate ballade folk que l'on jurerait extraite du répertoire de Suzanne Vega si on ne la savait pas inédite. Caressante, cette voix n'est pas sans rappeler celle de Dolores O'Riordan des Cranberries. 

Entre rock californien, folk, blues et country, Luck est un album aux couleurs estivales facile d'accès. Si l'harmonica de Everybody Wants To Make It évoque dans un premier temps le Midnight Oil de l'époque Blue Sky Mining, le reste de l'album rend plutôt un vibrant hommage à leurs aînés américains que sont les Eagles ou les Beach Boys, sans oublier les légendaires Crosby, Stills, Nash & Young.  

L'histoire se terminera le 19 juin 2010 lors d'un dernier concert d'adieux à Swansea, quelques mois à peine après la sortie de Luck.  En sept ans d'existence, The Storys peuvent s'enorgueillir d'avoir tourné en premières parties d'Elton John, Céline Dion, Tom Jones, Sinéad O'Connor, Van Morrison, Joe Cocker, Carlos Santana et Katie Melua. 


Musiciens


Steve Balsamo : chant, harmonica, guitares
Rob Thompson : chant, guitares
Andy Collins : chant, basse
Rosalie Deighton : chant, guitares
Alan Thomas : claviers
Brian Thomas : batterie, percussions

Tim Hamill : guitares

Titres


01. Everybody Wants You To Make It
02. Daylights Calls Again
03. Burning Sun
04. California
05. Please Come Home
06. She'll Never Do That
07. Take All The Time That You Need
08. Long Way Up
09. Paper Plane
10. Before I Fall
11. All Inside

mardi 7 février 2017

Ghost Community - Cycle Of Life (2016)

Ghost Community Cycle Of Life
Ghost Community - Cycle Of Life
(2016)
Bienvenue à Ghost Community, nouvelle formation prometteuse de la scène progressive galloise. Formée en décembre 2014 à Cardiff, elle a passé près de deux ans à peaufiner son premier album Cycle Of Life.

Mais qui se cache derrière cette "communauté" ? Le bassiste Matthew Cohen (ex-Erasmus, ex-Magenta, ex-The Reasoning) en est en quelque sorte le père spirituel. Il a réuni autour de lui Jake Bradford Sharp, son ancien batteur au sein de The Reasoning, Moray Macdonald, claviériste accompagnant habituellement Godsticks sur scène, le guitariste Simon Rogers d'Also Eden et Marc Atkinson, chanteur de Gabriel et Riversea que l'on a pu entendre parfois aux côtés de Mostly Autumn. Mais trop occupé par d'autres engagements, il abandonnera l'aventure en cours de route et sera remplacé par John Paul Vaughan, vielle connaissance de Matthew puisqu'ils avaient formés ensemble Unbroken Spirit il y a une vingtaine d'années. 

D'un point de vue vocal, John Paul est la principale révélation de ce Cycle Of Life. Son timbre de voix, semblable à celui du grand Damian Wilson, inscrit Ghost Community dans le sillon tracé par leurs aînés de Headspace, une excellente référence. Les six morceaux du disque, d'une durée variant entre six et quinze minutes, dégagent une sacrée énergie positive, en harmonie avec la philosophie du groupe qui souhaite susciter de l'espoir face à l'adversité de la vie. L'unique ballade Blue December Morning mérite à elle seule son achat. Tout y est émotion pure, que ce soit le chant suave, le solo de guitare final, le piano enivrant ou la rythmique chaleureuse. 

L'ensemble a été produit et mixé avec professionnalisme par Bruce Soord de The Pinneaple Thief. Mention spéciale à l'artwork extérieur et intérieur conçu par Graeme Bell. Là aussi, c'est un sans faute apportant une douce sérénité. Certes, il n'y a pas de vocaux féminins, mais cela n'empêche pas Ghost Community d'être une des meilleures révélations de la scène progressive de l'année 2016. A suivre de très près...


Musiciens


John Paul Vaughan : chant
Simon Rogers : guitares
Moray Macdonald : claviers
Matthew Cohen : basse, percussions
Jake Bradford Sharp : batterie, programmation, percussions

Marc Atkinson : chant
Bruce Soord : chœurs

Titres


01. Rise Up
02. Mirror Lakes
03. Anything And Everything
04. Blue December Morning
05. Ghost Community
06. Cycle Of Life

samedi 3 décembre 2016

Magenta - Live At Real World (2010)

Magenta Live At Real World
Magenta - Live At Real World (2010)
Le 21 novembre 2009, devant un parterre de soixante privilégiés, Magenta donne un concert acoustique unique dans les mythiques studios Real World de Peter Gabriel, situés à Bath, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Live At Real World est disponible l'année suivante sous forme de coffret comprenant deux CD et un DVD. Disons-le tout de suite, il s'agit-là d'une représentation absolument fabuleuse avec une Christina au meilleur de sa forme.

Le set s'ouvre par le Children Of The Sun aux résonances "yessiennes" de Revolutions. Seules onze minutes des vingt initiales ont été conservées, mais il ne perd nullement de sa splendeur. Christina, d'abord hésitante, prend très vite confiance. Elle est entourée de Chris Fry, digne héritier de Steve Hackett et de Steve Howe, à la guitare, et de Rob Reed au piano. Tous trois représentent l'âme de Magenta. A leurs côtés, se tiennent un quatuor à cordes et une joueuse de hautbois. Il faut ensuite attendre le sixième titre, Blind Faith, pour que le reste du groupe vienne les rejoindre : Martin Rosser (guitare), Dan Fry (basse), et le petit dernier Kieran Bailey (batterie).

On s'en doutait déjà, mais les arrangements classiques fonctionnent à merveille. Ainsi, des titres comme Lemminkainen's Lament, Anger, Blind Faith ou Moving On dévoilent toute leur profondeur. Les deux derniers albums sont à l'honneur. La suite Home est constituée de cinq titres et Metamorphosis est joué en intégralité. Certes, ses chansons ont été raccourcies et seule leur essence a été conservée dans les versions présentées. Par exemple, la partie interprétée de The Ballad Of Samuel Layne est celle que l'on connaîtra plus tard sous la dénomination The War Bride's Prayer. Devenue un classique sur scène, cette émouvante chanson incarne les pleurs d'une jeune mariée espérant le retour de son Sam parti combattre au front, lors de la Première Guerre mondiale, et qui n'en reviendra jamais.

Magenta surprend également en se risquant dans l'interprétation de morceaux rarement, voire jamais, joués en concert. Greed de Seven, Cold ou Lemminkainen's Lament sont de ceux-là. Hate You est une exclusivité du futur album solo de Christina encore à paraître à ce moment-là. Elle deviendra Hanging By A Thread sur Broken Lives & Bleeding Hearts. Cerise sur le gâteau, trois autres titres ont été enregistrés le lendemain, sans public, et ajoutés au second CD. Il s'agit de Night And Day, inévitable clin d'œil à Annie Haslam, I'm Alive et All Around The World, vieille chanson de Cyan reprise en 2005 pour le ProgAID.

Avec Live At Real World, Magenta démontre qu'il est la synthèse parfaite entre le Renaissance des années 70 et le Marillion de la décennie suivante. Tout comme Fish, Christina, dont le charisme n'a rien à lui envier, dispose du même don précieux permettant de transmettre le plus naturellement du monde toute une palette d'émotions à la beauté innommable.


Musiciens


Christina Booth : chant
Rob Reed : piano, guitare acoustique
Chris Fry : guitares
Dan Fry : basse
Martin Rosser : guitare acoustique
Kieran Bailey : batterie

Karla Powell : hautbois
Jo Buckland : violon
Tina Jacobs-Lim : violon
Aimee Bryett : alto
Emma Bryden : violoncelle

Titres


1.01. Children Of The Sun
1.02. Cold
1.03. Lemminkainen's Lament
1.04. Hate You
1.05. Anger
1.06. Blind Faith
1.07. King Of The Skies
1.08. Speechless

2.01. This Life
2.02. Moving On
2.03. Demons
2.04. Morning Sunlight
2.05. Journey's End
2.06. Greed
2.07. The Ballad Of Samuel Layne
2.08. Prekestolen
2.09. Metamorphosis

Bonus
2.10. Night And Day
2.11. I'm Alive
2.12. All Around The World

vendredi 2 décembre 2016

Spectral Mornings (2015)

Spectral Mornings 2015 Magenta Steve Hackett Christina Booth
Spectral Mornings (2015)
A l'origine, Spectral Mornings est un instrumental qui a donné son nom au troisième album solo de Steve Hackett en 1979. En 2015, c'est devenu un symbole de lutte contre la maladie de Parkinson. 

Rob Reed, leader de Magenta, a eu l'idée de reprendre ce titre et d'y apposer des paroles en lien avec le combat mené contre ce fléau. Il confie alors ce projet à David Longdon, chanteur de Big Big Train. Une fois ce premier travail accompli, tous deux sont allés voir Steve Hackett pour obtenir l'autorisation de reprendre son morceau. Ce dernier leur a donné non seulement son accord, mais exprime également le vœux de participer pleinement à l'enregistrement. Le premier noyau se forme alors.

Christina Booth, chanteuse de Magenta, est ensuite conviée à partager le chant avec Longdon. La rythmique est, elle, confiée à l'ex-Iona Nick Beggs pour la basse et à l'ex-Spock's Beard Nick D'Virgilio pour la batterie. Enfin, Peter Jones de Tiger Moth Tales jouera de la flûte sur la version instrumentale et Adam Hodgson de Touchstone s'occupera de la pochette du disque. Le point commun entre tous ces protagonistes, outre leur lien avec le rock progressif, c'est qu'ils ont tous connus un proche touché par cette terrible maladie. Dans son dernier opus solo, The Light, Christina fait explicitement référence à ce mal qui a emporté son père. 

Spectral Mornings se présente sous la forme d'un EP quatre titres. Après la version 2015, suivent une version acoustique, une autre instrumentale et une dernière dite "classique". L'ajout d'un texte enrichit le morceau initial et lui donne un côté plus "Genesis", notamment grâce à la voix de Longdon qui ressemble à s'y méprendre à celle de Peter Gabriel. Son duo avec la grande Christina fonctionne à merveille. Et le solo final d'Hackett est renversant. Bref, tout est bon dans ce disque dont les bénéfices des ventes iront à des associations officielles de lutte contre la maladie de Parkinson.

Dix ans auparavant, Rob Reed avait déjà été à l'initiative d'une noble cause réunissant une pléiade d'artistes de la scène prog. C'était le fameux ProgAID venant en aide aux victimes du terrible tsunami qui avait dévasté l'Asie du Sud-Est. A une plus petite échelle, il renouvelle ici son engagement citoyen et on ne peut que saluer son action. 

 

Musiciens


David Longdon : chant, flûte
Christina Booth : chant
Steve Hackett : guitare
Rob Reed : claviers, chant
Nick Beggs : basse
Nick D'Virgilio : batterie
Peter Jones : flûte

Titres


01. Spectral Mornings 2015
02. Spectral Mornings 2015 (Acoustic Mix)
03. Spectral Mornings 2015 (Instrumental)
04. Spectral Mornings 2015 (Classic Mix)

mercredi 30 novembre 2016

Christina - The Light (2015)

Christina The Light
Christina - The Light (2015)
The Light est l'œuvre la plus aboutie de Christina, que ce soit en solo, au sein de Magenta ou dans ses autres projets parallèles. Jamais elle n'avait montré autant d'authenticité et de profondeur. Cet album est brillant, un des plus beaux qu'il m'ait été donné d'écouter. 

Il faut dire qu'il a été engendré dans la souffrance. A quelques mois d'intervalle, Christina a eu le malheur de perdre ses parents. Son père souffrait depuis de nombreuses années de la maladie de Parkinson qui a fini par l'emporter. Durant cette triste période, un cancer du sein lui a été diagnostiqué. Christina s'est battue, rudement, et a vaincu. Puis, une maladie rare auto-imune s'est manifestée. De nouveau, il a fallu qu'elle fasse face.

The Light est le résultat de la traversée de toutes ces épreuves. Impossible pour elle de garder le silence. C'est pourquoi elle n'hésite pas a évoquer la disparition de ses parents ainsi que la fragilité de la vie dans Stay. Disappeared, sa plus belle chanson, aborde avec pudeur la mort de sa mère ("I want you back, I want you back, But you disappeared") alors que Last Breath a été écrite en mémoire de son père. Il faut attendre le dernier titre, The Light, pour qu'une lueur d'espoir apparaisse. Elle se situe au bout d'un long tunnel, et ce n'est autre que sa mère qui l'attend. Grâce à cette lumière, Christina a eu le courage d'affronter une douleur sans fin.

Une nouvelle fois, c'est Rob Reed qui s'est chargé de la production et du mixage. Plus que jamais, il a réussi à mettre en valeur la voix de Christina, transformée en un fragile voile de soie délicatement posé sur la musique. Claviers, basse et guitares sont également de son domaine. Bien évidemment, Chris Fry l'a rejoint à la guitare, de même que la section rythmique live de Magenta, à savoir Dan Nelson et Andy Edwards. Comme sur Broken Lives & Bleeding Hearts, la sœur de Christina, Fran, qui a repris depuis son nom de Murphy, a participé aux chœurs. John Mitchell (Arena, Lonely Robot), Andy Tillison (The Tangent) et Theo Travis (The Tangent, Steven Wilson) font chacun de courtes mais remarquables apparitions. 

Côté influences, on croise la route de Tori Amos (Full Stop), Kate Bush (The Same Old Road), Annie Haslam (The Light), Sting (le saxophone de Travis sur Stay rappelle celui d'English Man In New-York), des Beatles (The Anger In Your Words), et même celle d'un certain Bond, James Bond (When The Darkness Falls ferait un excellent générique d'ouverture au prochain film du plus célèbre des agents secrets britanniques).  

A la fois mélancolique et tout en retenue, The Light est le témoignage émouvant d'une femme qui a connu la souffrance. Cette œuvre lui était nécessaire afin d'aller de l'avant. Christina qui a trouvé foi en la vie, nous transmet à travers ce disque sa force et nous conduit, à son tour, vers le chemin duquel émane cette lointaine lumière porteuse d'espoir.  



 

Musiciens


Christina : chant

Rob Reed : claviers, basse, guitare
Andy Edwards : batterie
Fran Murphy : chœurs
Chris Fry : guitare
Dan Nelson : basse
John Mitchell : guitare, chœurs
Andy Tillison : orgue Hammond
Theo Travis : saxophone, flûte

Titres


01. Full Stop
02. Stay
03. Legend In The Making
04. Disappeared
05. When The Darkness Falls
06. The Anger In Your Words
07. The Same Old Road
08. Last Breath
09. The Light

samedi 26 novembre 2016

Christina - Broken Lives & Bleeding Hearts (2010)

Christina Booth Magenta Broken Lives & Bleeding Hearts
Christina - Broken Lives
& Bleeding Hearts (2010)
Broken Lives & Bleeding Hearts est le premier album solo de Christina, la charismatique chanteuse du combo gallois de rock progressif Magenta. Sorti en 2010, il se compose d'une succession de chansons courtes, tantôt enjouées, tantôt introspectives, révélant la facette romantique de Miss Booth. 

Ce disque est né avant tout d'un profond désir de créer et chanter ses propres textes. En effet, au sein de Magenta, c'est le frère de Rob Reed, Steve, qui signe l'essentiel des paroles. La participation de Christina est limitée à quelques singles comme Broken, I'm Alive ou Night And Day. Réduite à un simple rôle d’interprète, certes exceptionnelle, elle a néanmoins éprouvé le besoin de s'affirmer à travers Broken Lives & Bleeding Hearts. Sa participation à d'autres projets parallèles (Caamora, Parzivals Eye,  et dans une moindre mesure Galahad), n'a visiblement pas suffit à satisfaire ce besoin d'émancipation. 

Pour autant, Christina ne s'est pas éloignée complètement de sa famille musicale. L'indispensable Rob Reed se retrouve aux manettes (composition, production, mixage) ainsi qu'aux claviers, basse et guitares. Le talentueux guitariste Chris Fry intervient à la guitare acoustique, tout comme le nouveau batteur du groupe, le jeune Kieran Bailey. Les chœurs sont assurés en partie par sa propre sœur Fran Brimble. 

Afin de parfaire sa musique, Christina a également fait appel à quelques invités prestigieux. Steve Balsamo (The Storys, Chimpan A, IO Earth) est venu poser sa voix sur un Immorality magnifié par les cornemuses celtique de l'ex-Iona Troy Donockley. John Mitchell d'Arena électrise avec sa guitare Deep Oceans et Do Or Die. Son ancien complice de Trippa, Ryan Aston, apparaît à la batterie sur quelques titres, ainsi que le bassiste Andy Coughlan qui joue désormais avec Luna Rossa. 

Les magnifiques illustrations du livret et la pochette réalisées par l'artiste Rosella Buemi aident l'auditeur à se plonger dans cet univers romanesque. Si certains titres évoquent bien Magenta (Tales Of Broken Hearts, Dawn To The River et sa basse heavy), Christina emprunte des sentiers sinueux qui la mènent vers une musique pop rock mélodique aux accents jazzy teintés de gospel (Free, single par excellence). A noter que le fulminant Hanging By A Thread a été interprété en avant-première lors du Live At Real World, concert acoustique donné devant un public restreint dans les fameux studios de Peter Gabriel, le 21 novembre 2009. Son titre provisoire était alors Hate You.

Pour être honnête, malgré ses qualités, Broken Lives & Bleeding Hearts n'est pas un album indispensable. Néanmoins, il permettra à tous les curieux, à tous ceux qui souhaitent se familiariser davantage avec l'univers musical de ce formidable groupe qu'est Magenta, de mieux appréhender Christina, figure emblématique d'un rock progressif au féminin renaissant en phase de confirmation.


Musiciens


Christina : chant

Rob Reed : claviers, basse, guitares
Chris Fry : guitares
John Mitchell : guitares, chœurs
Steve Balsamo : chant
Fran Brimble : chœurs
Troy Donockley : uilleann pipes
Andy Coughlan : basse
Ryan Aston : batterie
Kieran Bailey : batterie

Titres


01. Free
02. Way Back To My Heart
03. Deep Oceans
04. Hanging By A Thread
05. Tales Of Broken Hearts
06. Helen's Song
07. Down By The River
08. Do Or Die
09. Reel Life
10. Immorality
11. Deep Oceans ( Oceans Deep Jem Godfreys Remix)

samedi 2 juillet 2016

Galahad - Resonance - Live In Poland (2009)

Galahad Resonance Live In Poland
Galahad - Resonance -
Live In Poland (2009)
En 2006, Galahad sort Resonance, son premier DVD live enregistré en Pologne. Par la suite, en 2009, grâce au label Metal Mind, il devient disponible sous format CD. On y retrouve l'intégralité du set à l'exception de Bug Eye

2009, c'est également l'année de la parution du double album live Sleepless In Phoenixville édité chez Oskar, un autre label polonais.

Question légitime : quelle est donc la différence entre ces deux enregistrements ? 

Les deux spectacles ont été enregistrés à un an d'intervalle. Le concert de Resonance remonte au 22 mai 2006, il a été donné au sublime théâtre Wyspianski, également connu sous le nom de théâtre de Silésie, dans la ville de Katowice, située au sud de la Pologne. Celui de Sleepless In Phoenixville date du 28 avril 2007 et il a eu lieu lors du RoSfest en Pennsylvanie (États-Unis). Entre ces deux dates est paru le désormais classique Empires Never Last. Curieusement, c'est la setlist de Resonance qui est davantage axée sur le futur album encore à paraître par rapport à celle de Sleepless In Phoenixville. Sur les sept titres (en écartant l'ouverture signée Prokofiev), cinq sont extraits d'Empires Never Last, et pas des moindres : I Could Be God, Slidewinder, Empires Never Last, Termination et This Life Could Be My Last. A l'exception de Termination, on les retrouve bien évidemment sur Sleepless In Phoenixville. Mais la setlist proposée sur ce dernier est bien plus diversifiée. En fait, en offrant un large panorama sur la longue carrière du groupe fondé en 1985, il fait davantage office de rétrospective. 

Les deux enregistrements bénéficient de toute façon d'une qualité sonore exceptionnelle. Tous deux permettent de passer un moment privilégié avec ce groupe désormais incontournable de la scène progressive. Son chanteur Stuart Nicholson, doté d'un fort charisme, s'inscrit dans la droite lignée des Peter Gabriel, Fish et autres Peter Nicholls.




Musiciens


Stuart Nicholson : chant
Roy Keyworth : guitare
Dean Baker : claviers, chœurs
Lee Abraham : basse, chœurs
Spencer Luckman : batterie

Titres


01. Intro: Montagues And Capulets (Prokofiev)
02. I Could Be God
03. Year Zero (Parts 1 to 4)
04. Sidewinter
05. Sleepers
06. Empires Never Last
07. Termination
08. This Life Could Be My Last

samedi 25 juin 2016

Galahad - Sleepless In Phoenixville - RoSfest Live 2007 (2009)

Galahad Sleepless In Phoenixville Rosfest
Galahad - Sleepless In Phoenixville
(2009)
En 2007, alors que leur dernier album Empires Never Last vient à peine de paraître, Galahad est invité à participer au célèbre RoSfest, aux côtés des têtes d'affiche que sont Starcastle, Pendragon et Spock's Beard. 

Le Rites of Spring festival (RoSfest) est un festival de rock progressif crée en 2004 dans la petite ville américaine de Phoenixville (16 000 habitants), en Pennsylvanie. Il a vu passé des artistes aussi prestigieux que Jadis ou RPWL en 2004, Magenta, Arena ou Sylvan en 2005, The Watch, The Pineapple Thief ou Pallas en 2006. 

Afin de conserver un souvenir de cette mémorable soirée du 28 avril 2007, les cinq musiciens ont décidé de l'enregistrer. En 2009, sort, sur le label polonais Oskar, Sleepless In Phoenixville - RoSfest Live 2007 qui prend la forme d'un double album live. 

Les deux membres fondateurs du groupe, le chanteur Stuart Nicholson et le guitariste Roy Keyworth, ainsi que leurs acolytes Dean Baker (claviers), Lee Abraham (basse) et Spencer Luckman (batterie), ont profité de l’événement pour revisiter une part non négligeable de leur répertoire. Lady Messiah de In A Moment Of Complete Madness (1993) est le titre le plus ancien joué ce soir. Au contraire, I Could Be God en ouverture, l'intense Sidewinter, l'hypnotique Empires Never Last et This Life Could Be My Last aux accents jazzy en fermeture du set, sont tous quatre extraits du  récent chef d'œuvre Empires Never Last

Le groupe est au sommet de sa forme et offre un véritable concert de rock progressif avec aucune plage inférieure à dix minutes. Nicholson, en véritable maître de cérémonie, ne cesse de se mettre en danger. Ce n'est pas pour rien qu'il demeure un des meilleurs chanteurs de la scène progressive. 

De par sa diversité des titres proposés, Sleepless In Phoenixville peut être considéré comme une excellente introduction à l'univers de ce groupe attachant. Mais attention au risque d'addiction une fois qu'on y a goûté. 

Musiciens


Stuart Nicholson : chant
Roy Keyworth : guitare
Dean Baker : claviers
Lee Abraham : basse, chœurs
Spencer Luckman : batterie

Titres


1.01. I Could Be God
1.02. Year Zero
1.03. Bug Eye
1.04. Sidewinter

2.01. Lady Messiah / From Far Beyond The Sun
2.02. Exorcising Demons
2.03. Sleepers
2.04. Empires Never Last
2.05. This Life Could Be My Last

mercredi 22 juin 2016

Lee Abraham - Black & White (2009)

Lee Abraham Black & White
Lee Abraham - Black & White (2009)
Après un burn out, Lee Abraham quitte Galahad en 2008 pour se consacrer à son troisième album solo. Black & White est disponible l'année suivante. Il fait suite à l'honorable View From The Bridge de 2004. 

Alors que Lee tenait le chant principal sur ce dernier, il fait cette fois-ci appel à pas moins de quatre chanteurs, tous aussi talentueux les uns que les autres. Sean Filkins de Big Big Train interprète deux titres. Face The Crowd évoque le meilleur de Dream Theater ou de Threshold, et Black, un des deux épiques du disque, atteint le quart d'heure. Véritable surprise mélodique, The Mirror a pour chanteur Simon Godfrey de Tinyfish. Gary Chandler de Jadis et Steve Thorne se retrouvent respectivement sur un Celebrity Status aux relents rock FM un peu facile, et sur White, modèle de rock progressif aux multiples changements de rythme, long de vingt-cinq minutes. Ainsi, ce changement régulier de voix permet à la musique d'être confrontée à différents styles et de multiplier à souhait les atmosphères.  

Black & White est un album de guitare. Celle-ci domine tous les titres, y compris l'instrumental floydien d'ouverture And Speaking Of Which.... Lee, l'incontournable John Mitchell (Arena) et Simon Nixon se succèdent à cet instrument avec brio. Gerald Mulligan, déjà présent sur View From The Bridge, excelle à la batterie. Dean Baker, ancien complice d'Abraham au sein de Galahad, contribue à adoucir l'ensemble grâce à  son piano, tandis que Jem Godfrey illumine The Mirror avec son solo de synthé. 

Black & White est l'album de la consécration pour Lee Abraham. Si Galahad et son désormais classique Empires Never Last lui ont permis d'acquérir une certaine notoriété, il a su la capitaliser en livrant un album maîtrisé d'un bout à l'autre, bien au-delà de toutes les espérances. 

Musiciens


Lee Abraham : guitares, claviers, basse, chœurs

Sean Filkins : chant
Simon Godfrey : chant
Gary Chandler : chant
Steve Thorne : chant

Gerald Mulligan : batterie, percussions
John Mitchell : guitare
Simon Nixon : guitare
Dean Baker : piano
Jem Godfrey : claviers

Titres 


01. And Speaking Of Which...
02. Face The Crowd
03. The Mirror
04. Celebrity Status
05. Black
06. White

dimanche 19 juin 2016

Lee Abraham - View From The Bridge (2004)

Lee Abraham View From The Bridge
Lee Abraham - View From The Bridge
(2004)
Lee Abraham est un musicien britannique originaire du sud de l'Angleterre. Tombé dans la musique très jeune, c'est à l'adolescence qu'il acquiert sa première guitare et compose ses premières chansons. Mais ce n'est qu'à la fin des années 90 qu'il découvre la musique progressive au travers de groupes comme Spock's Beard ou Dream Theater.

En 2003, sort Pictures In The Hall, son premier album solo entièrement auto-produit sur lequel il chante et joue de tous les instruments.

View From The Bridge paraît l'année suivante. Toujours aux manettes, Lee s'entoure cette fois-ci de musiciens dont Martin Orford d'IQ aux claviers et Karl Groom de Threshold à la guitare pour ne citer que les plus connus. S'il chante sur la majorité des titres, Kirsty Voce est seule au chant sur le très émouvant She's Leaving Home où Lee l'accompagne au piano et à la guitare classique. On la retrouve ensuite aux chœurs avec Gary Blackman sur la pièce maîtresse Recurring Dream qui s'étend sur plus de vingt-deux minutes. C'est d'ailleurs l'alternance toute naturelle de chansons pop aux refrains entêtant (Go Right Now par exemple) et de compositions aux structures plus complexes qui fait toute la force de ce disque. Afin d'arriver à ce résultat, Lee s'est laissé influencer par Neal Morse, Dream Theater et Sting. Ces artistes sont même crédités comme références majeures de son inspiration dans le livret.

View From The Bridge est un concept-album relatant la tragique histoire de deux jumeaux séparés dans leur enfance et au destin demeuré intimement lié. En effet, les malheurs de l'un ne vont cesser de contribuer aux réussites de l'autre. Les paroles du morceau final Goodbye/Recurring Dream (Revisited) illustrent ce qui se passe dans la tête du premier, à bout, lorsqu'il se retrouve sur un pont, prêt à sauter dans le vide afin de mettre un terme à sa vie misérable... Une personne paumée sur un pont, cela ne vous dit rien ? Il s'agit de l'histoire vraie d'une jeune fille complètement déboussolée après avoir subi un traumatisme, récupérée par les autorités sur un pont séparant l'Angleterre du Pays de Galle. Cet étrange fait divers de la fin des années 80 avait alors inspiré Steve Hogarth de Marillion comme base d'inspiration du concept-album Brave devenu aujourd'hui une référence.  

La parution de ce disque surprenant va ouvrir des portes à Lee et lui permettre ainsi d'occuper le poste vacant de bassiste au sein de Galahad, suite aux départs successifs de Neil Pepper, Peter Wallbridge puis Mike Kneller. C'est lui qui aura donc l'honneur de jouer sur le cultissime Empires Never Last aux côtés de Christina Booth. Cette mise entre parenthèse de sa carrière solo ne sera que de courte durée puisqu'il reviendra en 2009 avec un Black & White encore bien meilleur. 

Musiciens


Lee Abraham : guitares, claviers, basse, chant

Gerry Hearn : guitare
Barry Thompson : guitare
Karl Groom : guitare
Martin Orford : claviers
Paul Tippett : basse
Gerald Mulligan : batterie
Sarah Bolter : flûte, saxophone
Kirsty Voce : chant
Gary Blackman : chant
Diane Abraham : lectrice

Titres


01. Goodbye
02. Overture I
03. Coming Home
04. She's Leaving Home
05. Too Long In Your Spotlight
06. Recurring Dream
07. My Other Life
08. Overture II
09. The Last Sacrifice
10. Go Right Now
11. Goodbye/Recurring Dream (Revisited)

dimanche 12 juin 2016

The Storys - Town Beyond The Trees (2009)

The Storys Town Beyond The Trees
The Storys - Town Beyond The Trees
Special Edition (2009)
Town Beyond The Trees est le deuxième album de The Storys. Sorti en 2008, il est réédité l'année suivante avec, en bonus, un CD live de huit titres.

Comme Karnataka, The Storys est un groupe gallois originaire de Swansea. Formé en 2003, ses musiciens puisent leur inspiration dans la musique country de la côte Ouest des États-Unis. La formation est constituée de Steve Balsamo (chant, guitares), Rob Thompson (chant, guitares), Dai Smith (chant, guitares), Andy Collins (chant, basse), Brian Thomas (batterie, percussions) et Alan Thomas (claviers). Avec ses quatre chanteurs et des chansons basées sur leurs harmonies vocales, The Storys peuvent être considérés comme les lointains héritiers de Crosby, Stills, Nash and Young ou des Eagles.

Ils publient un premier album éponyme en 2003 qui sera distribué par le prestigieux label Korova, filiale de Warner. Ce label est célèbre pour avoir eu à son catalogue Echo & The Bunnymen dans les années 80. Malheureusement, il cessera toute activité en 2007. En 2006, Steve Balsamo et Rob Thompson collaborent à l'étrange projet Chimpan A avec Rob Reed, le leader de Magenta. A nouveau avec leur groupe, ils auront l'opportunité de tourner avec Elton John puis Tom Jones, ce qui leur permettra d'accroître leur notoriété encore confidentielle.

Enregistré dans les mythiques studios Real World de Peter Gabriel, Town Beyond The Trees est produit par Jon Kelly, connu pour avoir travaillé auparavant avec Kate Bush, Fish ou l'ancien Beatles Paul McCartney. Les dix chansons, plutôt sombres, abordent les thématiques de l'amour, de la vie, de ses espoirs et de ses déceptions. Des cordes (alto, violon, violoncelle) apparaissent sur quatre titres et accentuent l'aspect mélancolique de l'ensemble. A noter parmi les violonistes, la participation de Martin Burgess de The Emperor String Quartet qui a accompagné par le passé Troy Donockley (The Unseen Stream, The Pursuit Of Illusion), Joanne Hogg (Looking Into Light) ainsi que Barbara Dickson (Full Circle, Nothing's Gonna Change My World).

Trouble Deep, dernière chanson du disque, fait référence aux personnes reproduisant continuellement les mêmes erreurs, sans qu'elles soient capables de les assumer. Elle bénéficie de la présence au chant de Rosalie Deighton qui, par sa voix éthérée semblable à celle de Lee Douglas d'Anathema, lui donne une touche d'originalité et une certaine profondeur. Rob Thompson vient la conclure par un splendide solo de guitare plein de finesse. Rosalie qui avait auparavant tourné avec le groupe, l'intégrera suite au départ de Dai Smith après la sortie de Town Beyond The Trees. Cette touche féminine bienvenue va indéniablement apporter un nouvel élan à The Storys.

Musiciens


Steve Balsamo : chant, guitares, harmonica
Rob Thompson : chant, guitares
Dai Smith : chant, guitares
Andy Collins : chant, basse
Brian Thomas : batterie, percussions
Alan Thomas : claviers, mandoline, guitare acoustique

Ben Robbins : claviers
Rosalie Daeighton : chant

Chris Pitsillides : alto
Matthew Sharp : violoncelle
Nicholas Holland : violoncelle
Susan Biscoe : violon
Martin Burgess : violon
Emil Chalakov : violon
Andrew Greasley : violon

Titres 


1.01. Long Hard Road
1.02. You Couldn't Make It Up
1.03. Evangelina
1.04. Alone
1.05. It's All We Really Need
1.06. Nobody Loves You
1.07. Town Beyond The Trees
1.08. Heaven Holds You Now
1.09. Feeling Something
1.10 Trouble Deep

Live
2.01. Believe In Love
2.02. Heaven Holds You Now
2.03. So Long
2.04. Be By Your Side
2.05. Town Beyond The Trees
2.06. Hollywood
2.07. Evangelina
2.08. King Of Broken Dreams

mercredi 8 juin 2016

Parzivals Eye - Fragments (2009)

Parzivals Eye Fragments
Parzivals Eye - Fragments (2009)
Bassiste de RPWL, groupe allemand spécialisé à ses débuts dans les reprises de Pink Floyd, Chris Postl se lance en 2009 dans une carrière solo sous le nom d'emprunt de Parzivals Eye. Fragments est sa première livraison.

Afin de parfaire sa musique, il s'est entouré de quelques pointures. Yogi Lang, son complice au sein de RPWL, est venu lui prêter main forte aux claviers mais a également participé à la production et au mixage. Aux guitares, on retrouve Ossi Schaller (Ian Anderson) et Ian Bairnson connu pour avoir été un des piliers d'Alan Parsons Project et joué sur les quatre premiers albums de Kate Bush.

Côté chant, outre Chris lui-même, nous avons le plaisir d'entendre la grande Christina Booth de Magenta, libérée provisoirement des griffes de Rob Reed. Un autre Reed a été invité, il s'agit d'Alan Reed encore chanteur de Pallas à cette époque. Hasard ou pas, lui et Christina se sont donnés la réplique l'année précédente sur l'opéra rock de Clive Nolan, She.

Meanings et Chicago sont les deux titres sur lesquels Christina chante seule en lead. Le premier dégage une ambiance oppressante. Sa voix, légèrement en retrait et aérienne, tente avec difficultés de se faufiler à travers une avalanche synthétique digne de Clive Nolan. D'ailleurs, Meanings n'est pas sans rappeler The Bonding de She interprété par cette même Christina. Chicago est une véritable perle. Cette chanson contestataire des années 70 a été composée par Graham Nash du fameux Crosby, Stills, Nash & Young. Elle est si bien revisitée ici qu'elle semble extraite des sessions de Home, un des chefs-d'œuvre de Magenta. On y entend le même piano et les soli de guitares ont été exécutés avec autant de dextérité que ceux de Chris Fry. Débordante d'émotions, Christina est tout simplement fantastique. 

Sur Through Your Mind en duo avec Postl, elle est cantonnée à un refrain aux airs d'Abba. Le long morceau d'ouverture Longings End qui s'étend sur près d'un quart d'heure, et le très "génésien" Skylights ont, eux, la chance de l'avoir aux chœurs. 

Grâce à Fragments, les fans de Christina ont le plaisir de découvrir une nouvelle facette de leur chanteuse favorite en dehors de son groupe d'attache. Christina brille littéralement sur Chicago. Ce titre qui aurait toute sa place dans le répertoire scénique de Magenta, mérite à lui seul l'écoute d'un disque justement salué par la critique.



Musiciens


Chris Postl : chant, basse, claviers, guitares
Christina Booth : chant
Alan Reed : chant
Ossi Schaller : guitares
Ian Bairnson : guitares
Yogi Lang : claviers
Martin Kesser : piano
Hannes Weigend : batterie

Titres


01. Longings End
02. Signs
03. Fragments
04. Face My Fear
05. Meanings
06. Skylights
07. Disguise
08. Chicago
09. Where Have Your Flowers Gone
10. Through Your Mind
11. Wide World
12. Another Day

mercredi 6 janvier 2016

Caamora - Journey's End... An Acoustic Anthology (2008)

Caamora Journey's End
Caamora - Journey's End...
An Acoustic Anthology (2008)
2008 est une année faste pour la Diva Swita et le Maestro Nolan, tous deux membres éminents de Caamora. Après la parution de l'EP Embrace et de l'ambitieux She, ils livrent le dernier volet de leur incroyable épopée, Journey's End... An Acoustic Anthology

Ce double album de 2h20 est un véritable festin visant à satisfaire l’appétit des fans les plus insatiables. Il se compose d'inédits, d'extraits de concerts, de reprises variées et se termine par une interview du duo suivie d'un dernier titre caché. Le tout a été enregistré entre 2006 et 2008.

Avec Journey's End, Caamora propose à la fois un voyage dans le temps ("anthology") et dans l'espace ("journey").  

Non seulement de multiples morceaux de She sont repris comme The Veil, Closer ou The Bonding sur lequel Christina Booth a été invitée au chant principal, mais un retour vers le passé est proposé par une relecture du (très) riche répertoire de Clive Nolan. Ainsi, Agnieszka pose sa voix toute puissante sur un Sacrifice initialement chanté par Tracy Hitchings au sein du projet Strangers On A Train en 1990. Le splendide Horizons In Your Eyes, composé par Clive pour le premier album solo de cette même Tracy, From Ignorance To Ecstasy (1991), est repris avec la même intensité que la version originale, toujours par Agnieszka. Le tout aussi émouvant Father que chante Clive figure à l'origine sur l'album Mad As A Hatter (1997) de son ancien groupe Shadowland. Il est accompagné en toute simplicité à la guitare sèche par son guitariste, Ian Salmon. Arena qu'il a fondé avec l'ancien batteur de Marillion, Mike Pointer, est bien représenté avec State Of Grace du désormais classique The Visitor sorti en 1998, et Mea Culpa et Salamender, tous deux extraits de Contagion (2003).  Ses deux précédents opéras rock coécrits alors avec Oliver Wakeman ne sont pas en reste. Glimmer Of Light apparaît sur Jabberwocky (1999), et Shadow Of Fate sur son successeur, le encore meilleur The Hound Of The Baskervilles (2002). 

Ce voyage se poursuit dans des époques encore plus lointaines avec deux titres inédits jusque là. Le magnifique et très étrange In Aeternum, écrit et chanté en latin, évoque autant la Rome antique que l'époque médiévale. Cette incantation sur laquelle voix masculines et voix féminines se mêlent, rythmées par des percussions tribales, n'est pas sans rappeler le Dead Can Dance de l'album Aion. La plage suivante, Grunwald, chantée en polonais, est l'œuvre d'Agnieszka. Elle est sobrement accompagnée de Clive au piano et d'Hugh McDowell au violoncelle. Ce chant patriotique commémore la bataille du même nom qui s'est déroulée le 15 juillet 1410, entraînant la déroute de l'Ordre Teutonique face au royaume de Pologne-Lituanie. Cette victoire demeure encore aujourd'hui très présente dans la mémoire historique du peuple polonais. 

Journey's End est également un périple à travers les continents. Et, comme tout voyage, il est fait de rencontres inoubliables. Sur le Vieux Continent, le duo a donnée des représentations en Pologne, terre natale d'Agnieszka, en Angleterre où il a été rejoint sur scène par Christina Booth et le guitariste Mark Westwood, en Allemagne, en première partie de Galahad, et en Belgique, au fameux Spirit of 66 de Verviers. Dans le Nouveau Monde, il a parcouru la Bolivie où le spectacle She sera monté en 2010 grâce à l'aide d'investisseurs locaux et remportera un vif succès, le Chili où il a partagé la scène avec une grand figure du rock progressif de ce pays, Claudio Momberg, leader des groupes Subterra et SETI, et sa terre voisine, l'Argentine. La chanteuse Celina Berro Madero y a affronté dans un duel sans merci Agnieszka sur un Confrontation mémorable. 

Comme son nom l'indique, cet album est le dernier acte de Caamora dont le cœur demeure l'opéra rock She. Bien plus dépouillé, il vient avant tout éclairer sous un angle nouveau cette œuvre monumentale qui a aussi eu l'audace de faire entrer dans la lumière une jeune artiste talentueuse et prometteuse, encore inconnue il y a peu, Agnieszka Swita.

Musiciens


Agnieszka Swita : chant
Clive Nolan : piano, chant

Christina Booth : chant
Mark Westwood : guitares
Scott Higham : batterie
Claudio Momberg : claviers
José Luis Ramos : basse
Sebastian Medina : guitares, chant
Celina Berro Madero : chant
Gonzalo Paz : guitare électrique
Myung Jung : guitare acoustique
Hugh McDowell : violoncelle
Ian Salmon : guitare acoustique

Titres


1.01. Journey's End
1.02. So The Music Stops
1.03. Sacrifice
1.04. Covenant Of Fait
1.05. Embrace
1.06. Shadows Of Fate
1.07. The BOnding
1.08. Mea Culpa
1.09. Horizons In Your Eyes
1.10. The Eleventh Hour
1.11. Judgement
1.12. Murder
1.13. Resting Place
1.14. Invisible
1.15. Closer

2.01. Shadows
2.02. State Of Grace
2.03. Glimmer Of Light
2.04. The Veil
2.05. (I Can See Your) House From Here
2.06. Salamender
2.07. Confrontation
2.08. The Storm
2.09. Vigil
2.10. The Hermit
2.11. In Aeternum
2.12. Grunwald
2.13. Father
2.14. interview with Darren Redick  

samedi 2 janvier 2016

Caamora - She (2008)

Caamora She
Caamora - She (2008)
Il aura fallu quatre longues années de travail intense à Clive Nolan pour créer et finaliser ce monumental opéra rock. She est son nom. Il dure plus de deux heures et se divise en deux actes comportant chacun cinq scènes. Depuis 2006, trois EP ont annoncé sa parution : Closer, Walk On Water puis Embrace.  

L'histoire a été imaginée à partir du roman du même nom de l'écrivain britannique Henry Rider Haggard à qui l'on doit notamment "Les mines du roi Salomon" et les aventures d'Allan Quatermain. Parue initialement en 1887, la version française est disponible sous le titre "Elle" aux éditions Terre de brume. Ce livre a fortement marqué Clive dans son enfance, et, dans une interview, il a reconnu qu'elle l'avait influencé dans certaines compositions antérieures à son opéra rock.

Difficile de résumer cette adaptation en quelques lignes tellement les rebondissements sont nombreux. Sous le nom de She se cache la reine Ayesha qui attend depuis plus de 2000 ans la réincarnation de son amour perdu Kallikrates. Elle règne d'une main de fer sur une tribu cachée au cœur de l'Afrique. Un jour, deux explorateurs anglais, Leo et Holly, débarquent dans cette tribu. Une de ses membres, Ustane, tombe alors éperdument amoureuse de Leo. Malheureusement pour elle, Ayesha voit en lui son bien aimé Kallikrates. La confrontation entre les deux femmes devient vite inévitable, Ustane finit froidement assassinée. Afin de concrétiser leur union pour l'éternité, Ayesha persuade ensuite Leo de relever l'épreuve du "Feu de la vie" afin qu'il connaisse à son tour l'immortalité et demeure pour toujours à ses côtés. Malgré les appels à la prudence de Holly, Leo accepte. Le jour dit, la souveraine se jette la première dans les flammes. L'horreur est à son comble car le sortilège ne fonctionne plus pour elle et elle perd la vie dans d'épouvantables souffrances. Leo entre à son tour dans le brasier afin de la secourir, mais trop tard. Toutefois, les flammes lui donnent son immortalité. Il décide alors d'attendre la réincarnation de son amour perdu, Ayesha. "She never dies. She changes... that is all" - Henry Rider Haggard. 

Le casting sélectionné est des plus prestigieux. Clive Nolan, maître des claviers, tient le rôle principal de Leo. A noter qu'il a déjà réalisé deux albums dans le même esprit aux côtés d'Oliver Wakeman : Jabberwocky en 1999 suivi de The Hound Of The Baskervilles trois ans plus tard, en 2002. Bien que forts intéressants, ils n'atteignent pas le niveau de l'ambitieux She. Ayesha est jouée par la chanteuse polonaise Agnieszka Swita. Une once de son talent a déjà été entendue sur les trois précédents EP déjà mentionnés, mais là, il resplendit dans son intégralité sur l'ensemble de l'œuvre et semble ne connaître aucune limite. Christina Booth de Magenta crée elle aussi la surprise. Elle est carrément bluffante dans son interprétation d'Ustane. Et quand les deux rivales se retrouvent en duel sur Confrontation, nous assistons à un véritable feu d'artifice vocal, un des meilleurs moments de l'album. Enfin, Alan Reed de Pallas est le sage Holly qui assiste impuissant au funeste sort de son ami Leo. Clive et Alan ont déjà collaboré ensemble dans les années 90 au sein de Strangers On A Train, un des multiples projets de l'hyperactif Nolan. 

Afin d'enrichir sa musique et de lui apporter toutes les nuances nécessaires, Clive s'est entouré de musiciens  tout aussi talentueux que ses interprètes et provenant de différents horizons. Ainsi, le violoncelle de Hugh McDowell (Electric Light Orchestra) se frotte à la guitare de Mark Westwood (Neo) qui côtoie le hautbois d'Alaster Bentley du Birmingham Royal Ballet en compagnie du cor de Mark Kane. Basse et batterie sont respectivement jouées par John Jowitt (IQ, Arena) et Scott Higham (Pendragon). 

Œuvre majeure dans l'univers des musiques progressives de cette année 2008, She possède une particularité peu connue. C'est un des rares albums, avec Empires Never Last de Galahad, sur lequel apparaît Christina Booth sans son mentor Rob Reed. Nous avons déjà écrit combien son interprétation d'Ustane était fabuleuse. Depuis Home, elle a atteint une maturité vocale qu'elle met entièrement à profit ici. Ses lignes de chant, intense sur The Bonding, ingénieuse sur Rescue ou tout en émotion sur Closer demeurent parmi ses meilleures encore aujourd'hui.

Musiciens


Agnieszka Swita : chant
Clive Nolan : chant, claviers, orchestrations
Alan Reed : chant
Christina Booth : chant

Mark Westwood : guitares, chœurs
Alaster Bentley : hautbois
Mark Kane : cor
Hugh McDowell : violoncelle
John Jowitt : basse
Scott Higham : batterie, percussions, chœurs

Chœur

Titres


1.01. Overture  
1.02. The Storm
1.03. The Veil
1.04. Convenant Of Faith
1.05. Rescue
1.06. The Lost City
1.07. The Bonding
1.08. Ambush
1.09. Judgement
1.10. History
1.11. Confrontation
1.12. Vigil
1.13. Shadows

2.01. Fire Dance
2.02. Cursed
2.03. Closer
2.04. Disbelief
2.05. Murder
2.06. The Eleventh Hour
2.07. Resting Place
2.08. The Sands Of Time
2.09. Embrace The Fire
2.10. The Night Before
2.11. The Fire Of Life

jeudi 31 décembre 2015

Magenta - Metamorphosis (2008)

Magenta Metamorphosis
Magenta - Metamorphosis (2008)
Courant musical fortement influencé par la science-fiction, le rock progressif est généralement décrit comme un voyage vers des mondes inconnus, vers un ailleurs merveilleux. Au contraire, avec Metamorphosis, quatrième album studio de Magenta, Rob Reed et les siens nous entraînent droit dans les Ténèbres. 

Centré sur la Mort, Metamorphosis navigue en effet sur les flots sombres du progressif et fait rejaillir une noirceur rarement entendue dans le rock depuis Joy Division et autres The Cure, au tout début des années 80.

The Ballad Of Samuel Layne ouvre cette danse macabre. Durant vingt minutes, Magenta nous narre l'histoire imaginaire de ce soldat au cœur de l'Enfer, dans les tranchées durant la Première Guerre mondiale. Nous sommes dans sa tête lorsqu'il reçoit l'ordre de partir au combat tout en sachant que ce sera le dernier, l'heure inéluctable de la fin étant désormais arrivée. Pendant ce temps, de l'autre côté de la Manche, sa fiancée prie pour son retour à travers le chant mélancolique de Christina. Gardant espoir, elle est encore loin de se douter que la Mort l'emportera comme des millions d'autres. 

Sans temps d'arrêt, arrive le morceau suivant, bien plus court (moins de quatre minutes). Il est marqué par la présence de Troy Donockley dont la cornemuse apporte à la fois une touche celtique et ésotérique. Prekestolen, c'est son nom, est en réalité une haute falaise située en Norvège, au-dessus d'un magnifique fjord. En 2000, un couple d'amoureux s'est jeté de celle-ci après avoir scellé un pacte diabolique pour en finir. La chanson raconte cette histoire vraie. 

Le morceau titre, Metamorphosis, nouvel épique dépassant les vingt-trois minutes, est la pièce maîtresse du disque. Christina, au sommet de son talent, livre une prestation brillante durant laquelle elle interprète un tueur en série schizophrène. Pris dans sa folie, il tatoue sur son corps ses différents crimes afin que l'être encore bon en lui puisse voir de quelles monstruosités il est capable. Au terme d'une lutte intérieure déchirante, il finit par se suicider, ultime voie vers la délivrance lui permettant de mettre un terme à ses propres horreurs.

Enfin, Blind Faith termine cette sombre galerie en s'interrogeant sur la vie après la mort. Ou, plus exactement, sur ce qui se passe lorsque, après une vie de certitude, le doute s'installe concernant l'au-delà promis, juste avant que la Mort n'arrive... 

Comme pour les albums précédents, la musique a été composée par Rob Reed et les paroles signées par son frère Steve. Cependant, par rapport à Live At The Point sorti cette même année, le line-up a été divisé par deux. Dan Fry et Alan Mason Jones ne sont plus là et Martin Rosser n'est crédité qu'en tant qu'invité. Le groupe est désormais resserré autour de Rob (basse, claviers, guitares, mandoline, flûte traversière, chœurs), Christina Booth (chant) et Chris Fry (guitare). Les autres instruments sont joués par des musiciens de session, comme le fidèle Tim Robinson à la batterie, présent sur les trois précédents albums (Revolutions, Seven, Home). Outre la présence exceptionnelle de Troy Donockley déjà indiquée, à signaler aussi la participation d'une ensemble à cordes qui apporte également une dimension supérieure à l'œuvre.

Comme beaucoup d'albums du courant progressif, cette œuvre se trouve intimement liée à son artwork. La pochette a été réalisée par Killustrations, société allemande connue notamment pour son impressionnant travaille sur les albums Storm Season et Signal To Noise de White Willow. Avec ce corps christique démembré et cette couleur rouge évoquant le ténébreux Pornography de The Cure, elle apporte une meilleure compréhension à ce disque étrange, sans en dévoiler pour autant toutes les énigmes.

Metamorphosis n'est pas qu'une simple nouvelle étape dans la carrière déjà riche de Magenta. Il marque la maturité enfin atteinte par ce groupe. Jusqu'alors, les influences passées comme celles de Mike Oldfield, Pink Floyd ou Renaissance étaient sans cesse recherchées dans leur musique. Avec ce nouveau disque, les trois musiciens ont non seulement trouvé leur son mais également un style qui leur est propre. Libérés de leurs liens, ils peuvent prendre leur envol devenant, à leur tour, une référence incontournable de la scène prog avec chanteuses aux côtés de Iona, Moslty Autumn et Landmarq. 



Musiciens


Christina Booth : chant
Rob Reed : guitares, basse, claviers, flûte, mandoline, chœurs
Chris Fry : guitare

Tim Robinson : batterie
Martin Rosser : guitare
Troy Donockley : uilleann pipes
Steff Rhys Williams : chœurs

Matthew Everett : violon
Helina Rees : violon
Claudine Cassidy : violoncelle
Abigail Blackman : violoncelle
Luise Evans : alto

Titres


01. The Ballad Of Samuel Layne
02. Prekestolen
03. Metamorphosis
04. Blind Faith

Bonus réédition 2013

05. A War Bride's Prayer (orchestral edit)
06. Metamorphosis (missing section)
07. Prekestolen (orchestral version)
08. Samuel Layne (orchestral edit)
09. Metamorphosis (single remix)