Affichage des articles dont le libellé est RENAISSANCE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est RENAISSANCE. Afficher tous les articles

samedi 24 juin 2017

Renaissance - Novella (1977)

Renaissance Novella
Renaissance - Novella (1977)
Coincé entre Scheherazade And Others Sories (1975) et A Song For All Seasons (1978), Novella est un album peu connu de Renaissance. Il n'en demeure pas moins excellent et se classe au sommet de leurs meilleures productions.

Si, à sa sortie en 1977, Novella se différencie de ses prédécesseurs avec sa pochette d'inspiration médiévale conçue par Churchmouse et non plus par les célèbres studios Hipgnosis, il s'inscrit dans leur continuité sur le plan musical. Renaissance propose toujours ce savant dosage de musiques classiques, progressives et folks qui ont fait son succès. La présence d'un orchestre a de nouveau été requise. Richard Hewson s'est chargé de le diriger et a réalisé les arrangements. C'est à lui que l'on doit ceux du fameux Accross The Universe des Beatles. Il a également collaboré avec les Bee Gees, Supertramp et Fleetwood Mac.

Le guitariste Michael Dunford est au cœur des compositions. Trois sont cosignées avec Jon Camp et une avec John Tout. Comme sur les précédents opus, la poétesse Bettie Thatcher, retirée dans ses Cornouailles, a participé à l'écriture des paroles. Elle décédera en 2011 des suites d'un cancer, année de la réédition et remasterisation de Novella par la maison de disques Repertoire.

Toujours inventif, Renaissance ne recopie pas à l'identique les mêmes recettes usitées auparavant. De nouveaux ingrédients sont ajoutées telle la guitare espagnole sur The Sisters, magnifique complainte faisant suite au majestueux morceau d'ouverture aux airs d'opéra Can You Hear Me? s'étendant sur treize minutes frénétiques. Autre nouveauté, John Tout délaisse partiellement son piano et utilise toute une gamme de synthétiseurs dont le Moog. Le saxophone est un autre instrument que l'on peut entendre pour la première fois sur un album de Renaissance. Il fait une brève apparition sur le second épique Touching Once à l'ambiance cabaret. 

Bien évidemment, Annie Haslam brille tout au long de cet album. Son chant inimitable rend unique chaque pièce et donne vie aux cinq histoires qui se succèdent, de la ballade romantique The Captive Heart à l'intrigante Midas Man qui trouve sa source dans la mythologie antique. Selon la légende, ce roi transformait en or tout ce qu'il touchait. Tout aussi précieux, Novella est de cette même substance.


Renaissance


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitares acoustiques, chant
John Tout : claviers, chant
Jon Camp : basse, guitare acoustique, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

Titres


01. Can You Hear Me?
02. The Sisters
03. Midas Man
04. The Captive Heart
05. Touching Once

dimanche 4 juin 2017

Annie Haslam - Annie Haslam (1989)

Annie Haslam Moonlight Shadow
Annie Haslam - Annie Haslam (1989)
Deux ans après la séparation (provisoire) de Renaissance, Annie Haslam revient, en 1989, avec un troisième album solo simplement dénommé Annie Haslam. Annie l'appelle elle-même The Epic Album en référence à la maison de disque qui l'a signé. Sinon, les Japonais lui ont donné le nom de Moonlight Shadow, tube planétaire de Mike Oldfield que reprend ici Annie. 

Sur ce premier morceau, Annie se rapproche davantage de Kim Wilde, alors au sommet de sa gloire en cette fin de décennie, que de la Annie du Renaissance des années 70. Le son est typé années 80 et l'ambiance générale est plutôt à la pop synthétique. Malgré ce son daté, cet album mérite d'être (re)découvert car il recèle quelques beaux passages, notamment un She's The Light mystique, lumineux comme un rayon de soleil à travers un vitrail sacré. Toujours dans le domaine du religieux, The Angels Cry est une pièce émouvante composée par Justin Hayward des Moody Blues. Écrite à l'origine pour Agnetha d'Abba, il l'offrira finalement à Annie et lui fera l'amitié de venir jouer quelques notes de guitare acoustique et de participer aux chœurs. 

Produit par Larry Fast (Peter Gabriel, Bryan Ferry, Foreigner), cet album accueille une jolie brochette de musiciens talentueux parmi lesquels le violoniste David Rose, l'ex-King Crimson et Camel Mel Collins sur Let It Be Me et deux anciens de la dernière mouture de Renaissance, Raphael Rudd et le guitariste Mark Lampariello. Tous deux formeront le noyau du "Annie Haslam Band" auquel s'ajouteront le complice de toujours Rave Tesar et le batteur Joe Goldberger. C'est avec cette formation que tournera Annie, au Japon en particulier, un des seuls endroits où le disque connaîtra un certain succès. A son grand regret, Annie ne recevra aucun soutien de la maison de disque Epic et les ventes ne décolleront pas.

Avec le recul, on ne peut que regretter ce manque d'intérêt d'Epic car, sans être un chef d'œuvre intemporel, Annie Haslam est un album honorable qui clôt avec panache une décennie compliquée pour l'artiste et annonce une "renaissance" à venir des plus passionnantes.

  

Musiciens


Annie Haslam : chant

Larry Fast : claviers, batterie électronique
Justin Hayward : guitare acoustique, chant
Mark Lampariello : guitares
Peter Bliss : guitares, programmation, chant
David Rose : violon
Raphael Rudd : piano, harpe
Mel Collins : saxophone
Joe Franco : batterie, percussions
Robert Natarazzo : chant
John de Nicola : programmation

Titres


01. Moonlight Shadow
02. The Angels Cry
03. When A Heart Finds Another
04. Let It Be Me
05. She's The Light
06. Celestine
07. Further From Fantasy
08. Wishing On A Star
09. Wildest Dreams
10. One More Arrow
11. One Love

mardi 7 mars 2017

The Prog Collective (2012)

The Prog Collective
The Prog Collective (2012)
Durant les années 70, le rock progressif était un domaine essentiellement réservé aux hommes. C'est pourquoi lorsque Billy Sherwoood propose de réunir en 2012 sur un même album, The Prog Collective, les vieux dinosaures survivants de cette époque, une seule femme est conviée parmi la quinzaine de musiciens, la fabuleuse Annie Haslam de Renaissance.

Les premiers à avoir répondu présents à son appel sont ses anciens complices de Yes : Rick Wakeman, Chris Squire, Tony Kaye, Peter Banks et Geoff Downes. Les artistes suivants sont eux aussi des pointures : John Wetton (Asia, UK, Icon, King Crimson, Roxy Music, Renaissance), Alan Parsons (Alan Parsons Project), Tony Levin (Peter Gabriel, King Crimson), Garry Green (Gentle Giant), Steve Hillage (Gong), Colin Moulding (XTC), John Wesley (Porcupine Tree, Fish), Richard Page (Mr. Mister), Jerry Goodman (Mahavishnu Orchestra), David Sancious (Sting, Peter Gabriel) et Larry Fast (Peter Gabriel, Foreigner, Annie Haslam).

Tout au long des sept titres, Sherwood et ses amis délivrent un rock progressif classique, sans réelle surprise. Plaisante à écouter, la musique se situe dans la lignée de ce que produit Yes. En fait, l'intérêt principal de ce projet réside dans les échanges entre musiciens. Ainsi, le chant puissant du regretté John Wetton fait face au violon oriental de Jerry Goodman sur The Laws Of Nature. The Technical Divide voit la basse virevoltante de feu Chris Squire accompagner la légende qu'est Alan Parsons. Social Circles marque la rencontre au sommet entre une Annie Haslam toujours aussi éblouissante et le guitariste Peter Banks aujourd'hui disparu. Efficace et intéressante, cette chanson évoque davantage ce qu'a proposé la chanteuse en solo que l'œuvre de Renaissance.

Face au succès rencontré par The Prog Collective, Billy Sherwood renouvellera l'expérience l'année suivante avec, cette fois-ci comme unique chanteuse, Sonja Kristina de Curved Air, contemporaine d'Annie au début de sa carrière.

Musiciens


Billy Sherwood : chant, batterie, guitare, claviers, basse
Annie Haslam : chant
John Wetton : chant
Alan Parsons : chant
Richard Page : chant
Colin Moulding : chant
John Wesley : chant, guitare
Garry Green : guitare
Peter Banks : guitare
Steve Hillage : guitare
Geoff Downes : claviers
David Sancious : claviers
Larry Fast : claviers
Tony Kaye : claviers
Rick Wakeman : claviers
Tony Levin : basse
Chris Squire : basse
Jerry Goodman : violon

Titres


01. The Laws Of Nature
02. Over Again
03. The Technical Divide
04. Social Circles
05. Buried Beneath
06. Follow The Signs
07. Check Point Karma

lundi 6 mars 2017

Renaissance - Live In Chicago (2010)

Renaissance Live In Chicago
Renaissance - Live In Chicago (2010)
Live In Chicago, enregistré en 1983, est à l'image du Renaissance des années 80, une déception. Comme pour les autres formations de rock progressif, cette décennie leur a été fatale.

Du Renaissance de l'âge d'or (1973-1978), il ne reste plus que Annie Haslam (chant), Michael Dunford (guitare) et Jon Camp (basse). Exit le claviériste John Tout et le batteur Terence Sullivan, tous deux partis en 1980. Personne n'occupera par la suite leur place de manière permanente. Pour cette tournée de 1983, Mike Taylor et Gavin Harrison, alors inconnu à l'époque, ont été recrutés. Gavin deviendra célèbre par la suite, non seulement pour son jeu de batterie unique, mais aussi pour avoir joué au sein de Porcupine Tree puis de King Crimson, ainsi que pour nombre d'artiste célèbres (Iggy Pop, Sam Brown, Dave Stewart...). 

Cette tournée américaine vise à promouvoir le dernier album en date Time-Line disponible depuis peu. Il fait suite au tout aussi peu séduisant Camera Camera sorti en 1981. Le trio était à cette époque en quête désespérée d'un succès commercial, ce qui lui a fait perdre son âme. Les longs développements symphoniques ont été abandonnés au profit d'une musique pop insipide. Cette chute sans fin dans les abîmes fait peine.

Sur le papier, Live In Chicago, publié en 2010, suscite un vif intérêt. La set list comporte onze titres de la belle époque. Seul Flight provient de Time-Line. Son interprétation est cependant une bonne surprise, l'introduction au piano évoque les années "Tout" et le chant haut perché d'Annie touche au sublime. 

Là où le bât blesse, c'est, d'une part, la médiocre qualité sonore digne d'un mauvais bootleg, et, d'autre part, la set list trompeuse. Seuls Nothern Lights, Flight et Running Hard sont présentés dans leur intégralité. D'Ashes Are Burning, n'a été conservé que le final, certes sublime, mais il manque toute la première partie de ce titre culte. Et ce n'est pas le pire, les huit titres restants inscrits sur le livret ne sont en fait qu'un medley de moins d'une vingtaine de minutes rassemblés sur une seule plage du disque. Cerise sur le gâteau, aucunes notes de Day Of The Dreamer et At The Harbour pourtant annoncés n'ont été jouées. Bref, beaucoup d'approximations qui suscitent un réel malaise, d'autant plus que ce disque est présenté comme une production de Michael Dunford.

Une fois ces informations intégrées et digérées, il faut prendre ce Live In Chicago comme le témoignage d'une époque aujourd'hui révolue. Il apporte un éclairage sur une période peu glorieuse de cette formation qui a pourtant tant apporté à la musique contemporaine la décennie précédente. 

Musiciens


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitare, chant
Jon Camp : basse, chant
Mike Taylor : claviers
Gavin Harisson : batterie

Titres 


01. Northern Lights
02. Flight
03. Running Hard
04. Opening Out
05. Day Of The Dreamer
06. Fanfare (Song Of Scheherazade)
07. Ocean Gypsy
08. At The Harbour
09. Festival Preparations (Song Of Scheherazade)
10. Can You Understand
11. Touching Once
12. Ashes Are Burning

Après correction:
01. Northern Lights
02. Flight
03. Running Hard
04. Medley
05. Ashes Are Burning

mardi 20 décembre 2016

Annie Haslam - It Snows In Heaven Too (2000)

Annie Haslam It Snows In Heaven Too
Annie Haslam - It Snows In Heaven
Too (2000)
Merveilleuse Annie Haslam ! Entre un album solo (The Dawn Of Ananda, 1999) et une reformation tant espérée de Renaissance (Tuscany, 2001), elle publie en ce début de millénaire un magnifique disque de chants traditionnels de Noël répondant au doux titre féerique de Its Snow In Heaven Too. L'idée lui est venue tout naturellement, après avoir donné durant cinq années des récitals saisonniers dans son église luthérienne de Tinicum, en Pennsylvanie.

Rave Taser qui accompagne Annie depuis une décennie en est le producteur. On lui doit également les arrangements somptueux parfaitement dans l'esprit de Noël. Il a composé la seule chanson inédite qui a donné son nom à l'album, It Snows In Heaven Too. Et c'est lui qui se trouve derrière les claviers, le piano essentiellement. A côté de ce personnage-clé, interviennent ponctuellement Joe Goldber à la batterie et John Arbo à la basse. Le chant d'Annie est parfois secondée par l'intervention bienvenue de la chorale Ars Musica.

En seize titres, Annie revisite tous les grands classiques du Noël chrétien. O Holy Night, Silent Night, Joy To The World, Ave Maria, The Little Drummer Boy et ses fameux "pa, pa, pa, pa" ou O Come, O Come Immanuel, autant de chants sublimés qui ont traversé les âges. Annie s'essaye même avec habileté  au surprenant The Snowman, comptine popularisée par le combo finlandais de metal symphonique Nightwish sous le titre de Walking In The Air. Mention spéciale aussi à Away In A Manger interprété avec grâce a cappella.  

It Snows In Heaven Too se situe dans la continuité de l'œuvre de Renaissance. La voix sublime d'Annie, l'intensité de son chant, le jeu de piano similaire à celui du génial Jon Tout, le répertoire classique modernisé avec des incursions jazzy, tout rappelle les riches heures de ce groupe de légende.


Musiciens


Annie Haslam : chant

Rave Taser : claviers
Joe Goldberger : batterie
John Arbo : basse

Ars Musica Chorale

Titres


01. O Holy Night
02. Silent Night
03. The Snowman
04. It Snows In Heaven Too
05. It Came Upon A Midnight Clear
06. Joy To The Wordl
07. The Christmas Song
08. Ave Maria
09. We Three Kings
10. The Little Drummer Boy
11. Christmas Time Is Here
12. Away In A Manger
13. O Come, O Come, Immanuel
14. Have Yourself A Merry Little Christmas
15. Hark! The Herald Angel Sing
16. White Christmas

mercredi 26 octobre 2016

Renaissance - Ashes Are Burning (1973)

Renaissance Ashes Are Burning
Renaissance - Ashes Are Burning
(1973)
Sorti en 1973, Ashes Are Burning marque le début de l'âge d'or de Renaissance qui s'étendra jusqu'en 1978 et A Song For All Seasons

Durant toute cette période, Renaissance sera constitué des mêmes musiciens, à savoir Annie Haslam à la voix unique, John Tout et son piano magique, Jon Camp émule de Chris Squire, et le percussionniste de talent Terence Sullivan. Si Michael Dunford n'est pas encore considéré comme un membre à part entière du groupe sur ce disque, il le deviendra à sa sortie et en demeurera un des piliers incontournables jusqu'à son décès en 2012.

Pour l'heure, c'est lui qui signe toutes les compositions avec la parolière Betty Thatcher, à l'exception de On The Frontier. Ce titre est une reprise de Shoot, nouvelle formation de Jim McCarty, le fondateur de Renaissance. Ainsi, la nouvelle génération rend un dernier hommage à son mentor parti voguer vers d'autres horizons.

Dunford apporte la touche ultime qui fera toute l'originalité de Renaissance par rapport à ses contemporains : l'utilisation de la seule guitare acoustique. En effet, exit la guitare électrique jouée précédemment par Rob Hendry. Désormais, la basse demeurera le seul instrument électrique. Grâce au jeu mélodique de Camp, elle occupera rapidement une place centrale dans l'architecture musicale. 

Ceci dit, c'est déjà le cas sur le titre Ashes Are Burning. Au moment du final, elle est toutefois mise en concurrence avec une guitare électrique exceptionnellement présente. Exécuté par Andy Powell de Wishbone Ash, ce dernier livre ici un des plus beaux soli de toute sa carrière. Autre grand moment, l'envolée lyrique d'Annie qui semble vouloir aller au-delà de ses capacités vocales. Véritable feu d'artifice, Ashes Are Burning deviendra sur scène un des classiques du groupe souvent joué en rappel.

Autre nouveauté, pour la première fois un orchestre classique fait son apparition. Composé d'un ensemble de vingt-deux pièces (instruments à cordes et à vent), il intervient de manière subtile sur Can You Understand, synthèse parfaite entre musique folk et rock symphonique. Un vent d'est d'origine russe plane également sur cette chanson d'ouverture, longue de près de dix minutes. 

Carpet Of The Sun est le deuxième titre sur lequel l'orchestre est présent. Par son aspect "flower power" légèrement naïf, il fait office de single idéal. Les paroles de Betty Thatcher font référence au questionnement innocent d'un enfant qui lui demandait si le gazon du jardin était un tapis. Elle lui répondit qu'effectivement, c'était le tapis du soleil. 

Si Let It Grow n'est rien d'autre qu'une simple ballade agréable joliment ficelée, At The Harbour est à découvrir absolument. Par sa noirceur, il annonce l'album suivant Turn Of The Cards. Commençant et se terminant avec quelques notes de La Cathédrale Engloutie de Debussy, l'histoire relatée est celle d'un navire à la dérive, perdu dans l'océan, sans espoir, et des femmes angoissées sur le port, guettant le retour de leurs mari(n)s, pleines d'espoir. 

Ashes Are Burning est le premier album de Renaissance à obtenir un certain succès outre-Atlantique. Il se trouvera même classé dans les charts. En revanche, le Vieux Continent restera beaucoup plus réfractaire à ce groupe pourtant tout aussi créatif que Pink Floyd, Genesis, Yes ou King Crimson. Le fait que ce soit une femme au chant lui aurait-il été préjudiciable ? On ose espérer que non...



Musiciens


Annie Haslam : chant
John Tout : clavier, chant
Jon Camp : basse, guitare, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

Michael Dunford : guitare acoustique
Andy Powell : guitare électrique

Titres


01. Can You Understand
02. Let It Grow
03. On The Frontier
04. Carpet Of The Sun
05. At The Harbour
06. Ashes Are Burning

mardi 18 octobre 2016

Renaissance - Prologue (1972)

Renaissance Prologue
Renaissance - Prologue (1972)
D'après le dictionnaire Larousse, un prologue est ce qui annonce, prépare quelque chose. Sorti en 1972, Prologue annonce parfaitement l'orientation musicale à venir du nouveau Renaissance : un savant dosage de classique, de folk et de progressif. 

Ce troisième album ne comprend plus aucun membre fondateur. Si Jim McCarty apparaît encore comme co-auteur sur deux titres (Kiev et Bound For Infinity), il n'est plus présent dans le groupe qu'il a formé en 1969, avec Keith Relf, sa sœur Jane, John Hawken et Louis Cennamo.

Repris en main en 1971 par son nouveau manager Miles Copland, frère aîné de Stewart Copland de The Police, Renaissance s'appuie désormais sur ses deux piliers que sont le pianiste John Tout, arrivé à la toute fin de l'année 1970, et Annie Haslam, chanteuse à la la voix d'or pouvant atteindre les 5 octaves, engagée au tout début de l'année 1971. 

Le bassiste Jon Camp, successeur notamment de John Wetton, le batteur Terence Sullivan et le guitariste Rob Hendry font leur entrée en 1972. Hendry ne restera pas longtemps après la sortie du disque. Il réapparaîtra aux côtés de Sandy Denny lors de sa dernière tournée en 1977 (cf Gold Dust).

En coulisse, deux personnages clés de l'histoire du groupe sont actifs : Michael Dunford, guitariste de son état, et compositeur de quatre des six titres, et la parolière Betty Thatcher. Retirée dans les Cornouailles, elle ne correspondait avec les musiciens uniquement par voie postale. C'est ainsi qu'elle leur faisait parvenir ses textes.

L'ombre de Bach, Chopin et Rachmaninov plane sur ce disque enivrant à la pochette signée des mythiques studios Hipgnosis (Pink Floyd, Led Zeppelin...). Premier enregistrement d'Annie Haslam qui était encore peu chanteuse de cabaret, il annonce sa fulgurante carrière. Le meilleur est donc encore à venir. Ce n'est qu'un prologue... 

 

Musiciens


Annie Haslam : chant, percussions
John Tout : claviers, chant
Rob Hendry : guitares, mandoline, percussions, chant
Jon Camp : basse, tampura, chant
Terry Sullivan : percussions

Francis Monkman : claviers

Titres


01. Prologue
02. Kiev
03. Sounds Of The Sea
04. Spare Some Love
05. Bound For Infinity
06. Rajah Khan

jeudi 19 mai 2016

Wetton-Downes - Icon (2005)

John Wetton Geoffrey Downes Icon
Wetton-Downes - Icon (2005)
Fondateurs d'Asia au début des années 80, John Wetton (chant, basse) et Geoffrey Downes (claviers) se retrouvent dans les années 2000 pour un nouveau projet, Icon

Comme à l'époque de leur super groupe qui réunissait à leurs côtés les légendaires Steve Howe (Yes) et Carl Palmer (ELP), ils se sont entourés de musiciens de haute volée. A la guitare, un John Mitchell (Arena) au sommet de sa forme. Son jeu, à la fois vif et inventif, ne manque pas d'illuminer certaines compositions peu originales dont Hey Josephine à peine passable. Hugh McDowell (ELO) et Ian McDonald (King Crimson) apportent eux aussi une touche particulière grâce à leurs instruments que sont respectivement le violoncelle et la flûte. Steve Christey de Jadis s'occupe avec subtilité de la batterie. 

Le dernier invité est une invitée. Il s'agit d'Annie Haslam, véritable icône vivante à la voix d'ange. Si sa participation est plus que furtive sur l'entraînant I Stand Alone, elle est tout simplement magique sur le dernier titre, In The End. Son duo avec un John Wetton au chant chaleureux et puissant, sur un air séduisant joué au piano par Downes accompagné de Ian Mc Donald à la flûte, donne des ailes à l'auditeur. Il conclut l'album en beauté. Difficile d'imaginer que jouent ensemble quatre artistes, tous anciens membres des plus grands groupes de rock progressif : King Crimson pour Wetton et McDonald, Yes pour Downes et Renaissance pour Haslam.   

D'ailleurs, Icon est un disque marqué par la nostalgie. Celle du passé de Wetton et Downes, deux figures emblématiques qui ont marqué la musique de ces trente dernières années. Pour mémoires, outre les formations déjà citées, on retrouve Wetton au fil du temps au sein de UK, Roxy Music, Uriah Heep et même de Renaissance entre 1971 et 1972. Quant à Downes, il a fait une entrée remarquée sur la scène musicale avec The Buggles dès 1977 et leur hit Video Killed Radio Star. Nostalgie d'Asia en particulier qui leur a fait connaître la gloire en 1982 dès leur premier album. Let Me Go, premier titre d'Icon, n'est pas si éloigné de ces années-là. L'année suivante, le groupe se reformera avec ses membres originaux pour une tournée, puis un nouvel album en 2008, le médiocre Phoenix. Nostalgie aussi avec toutes ses ballades parmi lesquelles Meet Me At Midnight à l'arrière-goût du célèbre Hello de Lionel Richie, Sleep Angel ou bien Far Away inspirée par le fils de John... qui a parlé de nostalgie de l'enfance ?   

En attendant une suite prochaine qui s'annonce bien meilleure, ce disque est à ranger à la suite de l'intégrale d'Asia. Il comblera sans aucun doute une grande majorité de leurs fans.


Musiciens


John Wetton : chant, basse
Geoffrey Downes : claviers

Steve Christey : batterie
John Mitchell : guitares
Hugh McDowell : violoncelle
Ian McDonald : flûte
Annie Haslam : chant

Titres


01. Overture: Paradox - Let Me Go
02. God Walks With Us
03. I Stand Alone
04. Meet Me At Midnight
05. Hey Josephine
06. Far Away
07. Please Change Your Mind
08. Sleep Angel
09. Spread Your Wings
10. In The End

dimanche 31 janvier 2016

Renaissance - Dreams & Omens (2008)

Renaissance Dreams & Omens
Renaissance - Dreams & Omens (2008)
En 2008, le label Repertoire à la bonne idée de remasteriser en lui donnant un son splendide Live At Carnegie Hall de Renaissance. De leur côté, Annie Haslam et Michael Dunford profitent de cette réédition pour sortir de leurs vieux cartons un enregistrement inédit jusqu'alors, vieux de tout juste trente ans. 

Ce concert, donné en 1978 à Philadelphie et publié sous le titre Dreams & Omens, offre un contraste saisissant avec Live At The Carnegie Hall. D'une part, la qualité sonore est nettement moins bonne, elle fait penser de prime abord à celle d'un bootleg. D'autre part, le groupe n'est pas accompagné, cette fois-ci, d'un orchestre classique. Annie Haslam (chant), Michael Dunford (guitare acoustique, chant), John Tout (claviers), Jon Camp (basse, guitare acoustique, chant) et Terence Sullivan (batterie, percussions) sont donc seuls sur scène, comme c'est toujours le cas, à de rares exceptions près. En effet, cette même année, Renaissance a eu l'occasion de jouer au Royal Albert Hall de Londres avec le Royal Philharmonic Orchestra. Un grand souvenir pour eux. Ici, pas de cordes, les parties orchestrales sont interprétées aux synthétiseurs par John, voire par Annie dans certaines lignes de chant. 

Le groupe est alors au summum de sa gloire. Il vient de sortir A Song For All Seasons avec lequel il connaîtra son premier et dernier hit classé dans les charts, Northern Lights. On le retrouve ici avec l'épique de dix minutes Day Of The Dreamer du même album. Le précédent, Novella (1977), est également bien représenté avec deux titres : l'étrange histoire de celui qui transformait le métal en or, Midas Man, et Can You Hear Me d'une durée de quatorze minutes sur lequel Annie exécute avec grâce ses fameuses envolées célestes atteignant le sublime. L'inévitable Carpet Of The Sun d'Ashes Are Burning (1973) est toujours aussi intense. Le disque se termine avec Things I Don't Understand, seul extrait du très grand Turn Of The Cards, mélange savamment dosé de jazz et de musique progressive typique des seventies.  

Dreams & Omens, malgré ses faiblesses sonores, est un véritable délice. Ce voyage dans le temps rappelle combien la musique de ce groupe était riche, originale et, avant tout, unique. Annie, dotée d'une voix tout aussi unique couvrant cinq octaves était, et demeure, l'âme de Renaissance. Délaissant par la suite progressivement la musique, avant un retour en force dans les années 2000, elle a aiguisé une autre facette de son art en se tournant vers la peinture. C'est d'ailleurs une de ses œuvres qui a été choisie pour illustrer la pochette de ce retour aux sources des plus plaisants.

Musiciens


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitare acoustique, chant
John Tout : claviers
Jon Camp : basse, guitare acoustique, chant
Terry Sullivan : batterie, percussions

Titres


01. Can You Hear Me
02. Carpet Of The Sun
03. Day Of The Dreamer
04. Midas Man
05. Northern Light
06. Things I Don't Understand  

jeudi 28 janvier 2016

Renaissance - Live At The Carnegie Hall (1976)

Renaissance Live At The  Carnegie Hall
Renaissance - Live At The
Carnegie Hall (1976)
En 1975, après une tournée triomphale sur la côte Est des États-Unis, Renaissance est au sommet de sa gloire. Cette tournée s'achève au mois de juin à New York, et le groupe décide alors d'enregistrer ses trois derniers concerts donnés au Carnegie Hall.

Cette salle, plutôt réputée pour accueillir de la musique classique ou du jazz, sied parfaitement à l'univers de cette formation hors norme. Pour l'occasion, elle est accompagnée par l'Orchestre philharmonique de New York, dirigé par Tony Cox. Ce même Tony Cox qui participera ensuite à la conception du futur chef d'œuvre Scheherazade And Other Stories.

En effet, d'un point de vue chronologique, si Live At The Carnegie Hall est sorti en 1976, son enregistrement précède de quelques mois la parution du célèbre album mythique du groupe. Ce qui peut sembler fou car Renaissance va en proposer en avant-première deux extraits, et pas n'importe lesquels. Il s'agit du splendide Ocean Gypsy porté par la voix divine d'Annie Haslam, puis de l'intégralité de Scheherazade qui dure quasiment... trente minutes ! 

Les autres titres proposés constituent une sorte de best of de la période Haslam/Dunford/Tout/Camp/Sullivan. Le concert s'ouvre en grande pompe par un Prologue explosif de l'album du même nom paru en 1972. Trois titres sont issus du disque suivant, Ashes Are Burning de 1973 : Can You Understand, le single Carpet Of The Sun et la monumentale chanson titre Ashes Are Burning d'une durée de vingt-trois minutes, sur laquelle Jon Camp, en vrai disciple de Chris Squire, livre un stupéfiant solo de basse. Avis aux amateurs ! Pour Turn Of The Cards, on aurait pu espérer Black Flame ou Cold Is Being. Finalement, ont été retenu Running Hard et Mother Russia, ténébreux hommage à Alexandre Soljenitsyne et aux victimes oubliées du Goulag soviétique.

Si, dans l'ensemble, les versions jouées sur scène semblent proches des versions studios, l'accompagnement orchestral donne une dimension grandiose aux chansons. De ce fait, Renaissance demeure, encore aujourd'hui, une des meilleures synthèses entre musique classique et rock, qu'il soit progressif ou pas. Merci au label Repertoire pour la rééditon en 2008 et la remasterisation d'une qualité exceptionnelle de cet album en concert qui demeure un des plus intéressants des années 70.  

Musiciens


Annie Haslam : chant
John Tout : claviers, chant
Michael Dunford : guitare acoustique, chant
Jon Camp : basse, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

New York Philharmonic Orchestra dirigé par Tony Cox

Titres


1.01. Prologue
1.02. Ocean Gypsy
1.03. Can You Understand
1.04. Carpet Of The Sun
1.05. Running Hard
1.06. Mother Russia

2.01. Scheherazade
2.02. Ashes Are Burning

samedi 27 juin 2015

Renaissance - Scheherazade And Other Stories (1975)

Renaissance - Sheherazade And Other Stories (1975)
Renaissance - Sheherazade
And Other Stories (1975)
Un an après Turn Of The Cards, Renaissance sort son deuxième chef d'œuvre consécutif qui bénéficiera lui aussi d'une remasterisation de qualité en 2006. Scheherazade And Other Stories est indéniablement l'album le plus ambitieux du groupe depuis sa création, ne serait-ce qu'avec Song Of Scheherazade inspirée du poème symphonique du même nom composé par Nikolaï Rimski-Korsakov à Saint-Pétersbourg, en 1888, dont la durée approche les 25 minutes. 

Tout est absolument fabuleux dans ce disque. 

Sa pochette, une miniature persane illustrant l'histoire de Shéhérazade du conte des Mille Et Une Nuits, est à nouveau signée Hypgnosis. La qualité est telle que l'on jurerait une reproduction originale. 

La production a été partagée entre le groupe et David Hitchcock. Ce dernier a collaboré auparavant avec Caravan, Camel, mais il a acquis une certaine renommée grâce à son travail sur l'album Foxtrot (1972) de Genesis qui contient le morceau fleuve, et désormais mythique, Supper's Ready. L'enregistrement a eu lieu dans les non moins mythiques studios d'Abbey Road où les arrangements orchestraux ont été réalisés par Tony Cox à qui l'on doit déjà ceux de Time And A Word de Yes (1970).  

D'ailleurs, la présence de l'orchestre, doublée d'arrangements ingénieux, contribue à donner à Renaissance ce son unique que l'on ne retrouve nulle part ailleurs à l'époque. Toutefois, cette exceptionalité réside avant tout dans la voix littéralement envoûtante d'Annie Haslam qui sait monter dans les aigus comme personne, dans la guitare de Michael Dunford qui, quelque soit le morceau, ne joue qu'en acoustique, jamais en électrique, dans la basse si mélodieuse de Jon Camp, dans le jeu de claviers si reconnaissable de John Tout et dans la frappe aussi bien vive que précise de Terence Sullivan.

Si l'intégralité des paroles est due à la poétesse Betty Thatcher, Michael Dunford n'est plus l'unique compositeur. Les deux "Jo(h)n", Tout et Camp, ont également apporté leur contribution, ce qui donne l'agréable impression d'un travail bien plus collectif. 

La première partie de l'album, qui correspond à l'ancienne face A des 33 tours, comprend trois titres. L'épique de 10 minutes Trip To The Fair, introduit au piano par un John Tout dantesque, évoque le premier rendez-vous d'Annie Haslam avec Roy Wood, son futur mari. The Vultures Fly High, plus court et plus classique, s'inscrit dans la continuité de ce que le groupe a déjà proposé auparavant. Quant à la splendide ballade folk Ocean Gipsy, elle aura l'honneur d'être reprise sur le premier album de Blackmore's Night, Shadow Of The Moon, plus de vingt ans après.

Mais c'est bien Song Of Scheherazade, l'ancienne face B, qui attire l'attention. Divisée en neuf mouvements, cette suite est essentiellement instrumentale et ne compte que trois parties chantées. The Sultan relate l'histoire du sultan qui, suite à l'infidélité de son épouse, décide de passer chaque nuit avec une jeune vierge qu'il assassine au lever du jour par vengeance. Schheerazade, la nouvelle élue, à l'idée de lui raconter, nuit après nuit, des contes tous aussi passionnants les uns que les autres, afin de rester en vie. The Young Prince And Princess as told by Scheherazade est l'un de ses merveilleux contes. Enfin, The Festival marque la fin heureuse avec le mariage de la captive et du sultan qui met ainsi un terme à cette série de meurtres macabres. 

Quarante ans après sa parution, Scheherazade And Other Stories demeure toujours aussi époustouflant. Il a permis à Renaissance d'entrer dans la légende et de devenir un groupe phare du mouvement progressif aux côtés de Genesis, Yes, Pink Floyd ou King Crimson. S'il est aujourd'hui légèrement tombé dans l'oubli, son héritage est encore bien présent au sein de groupes comme Magenta qui en revendiquent fièrement l'influence. 

Musiciens


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitare acoustique, chant
John Tout : claviers, chant
Jon Camp : basse, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

Titres


01. Trip to The Fair
02. The Vultures Fly High
03. Ocean Gipsy
04. Song Of Scheherazade

mardi 23 juin 2015

Renaissance - Turn Of The Cards (1974)

Renaissance - Turn Of The Cards  (1974)
Renaissance - Turn Of The Cards
(1974)
Sans Renaissance, Magenta, Iona, Mostly Autumn, Karnataka et bien d'autres encore n'auraient probablement jamais vu le jour. Formé à la fin des années 60 par deux anciens Yardbirds, Keith Relf et Jim McCarty, Renaissance est la référence incontournable de tous les groupes de rock progressif avec chanteuse qui lui ont succédé. Contemporain des Yes, Genesis ou autres Pink Floyd, cette formation va connaître une histoire mouvementée dès ses origines. 

En effet, en 1974 lorsque sort son cinquième album et premier chef d'œuvre, Turn Of The Cards, les membres présents n'ont plus rien à voir avec la formation originale qui, outre McCarty à la batterie et Relf à la guitare et au chant, comprenait la sœur de ce dernier, Jane Relf, au chant, John Hawken au piano et Louis Cennamo à la basse. Désormais, le groupe est constitué d'Annie Haslam au chant (soprano), de John Tout aux claviers, de Jon Camp à la basse, de Terry Sullivan à la batterie et de Michael Dunford à la guitare acoustique. Ce dernier est le compositeur de toutes les musiques tandis que les paroles sont signées par sa compagne de l'époque, Betty Thatcher. 

Paru la même année que The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis, que Crime Of The Century de Supertramp, que Red de King Crimson, mais aussi que Rising For The Moon de Fairport Convention, groupe avec lequel Renaissance a parfois été comparé, Turn Of The Cards, est un album extrêmement sombre. Sa pochette énigmatique, réalisée par Hipgnosis, célèbre pour son travail avec Pink Floyd, Electric Light Orchestra ou Led Zeppelin (Houses Of The Holy), représente un jeu de tarot tenu par une main face à un paysage duquel se découpe un château médiéval au crépuscule. 

L'album est seulement constitué de six titres où se mélangent à la fois rock, folk, jazz et classique. Trois atteignent les neufs minutes dont le grandiose Mother Russia, aux orchestrations glaciales, inspiré de la lecture d'Une Journée d'Ivan Denissovitch d'Alexandre Soljenitsyne évoquant la souffrance du Goulag. Tout aussi dramatique, Black Flame aborde la guerre du Vietnam (nous sommes dans les années 70) en se posant la question du mal présent en chaque être humain. Quant au titre le plus court, Cold Is Being, il dépasse à peine les trois minutes et n'est autre qu'un arrangement de toute beauté du célèbre Adagio d'Albinoni.

Porté par la voix fantomatique d'Annie Haslam, Turn Of The Cards marque le début d'une trilogie correspondant au sommet de la carrière du groupe qui se poursuivra avec les albums Scheherazade And Other Stories en 1975, puis Novella en 1977. 

En 2006, alors qu'Annie vient de réaliser, en collaboration avec Magenta, le single Night And Day après plusieurs années de silence, Turn Of The Cards connaît une "renaissance" grâce à une réédition et remasterisation de grande qualité qui permet ainsi de (re)découvrir ce disque, tout aussi intemporel que l'inaltérable Dark Side Of The Moon d'un an son aîné.     

Musiciens


Annie Haslam : chant
Michael Dunford : guitare acoustique, chant
John Tout : claviers
Jon Camp : basse, chant
Terence Sullivan : batterie, percussions, chant

Titres


01. Running Hard
02. I Think Of You
03. Things I Don't Understand
04. Black Flame
05. Cold Is Being
06. Mother Russia

lundi 22 juin 2015

Annie Haslam with Magenta - Night And Day (2006)

Annie Haslam with Magenta - Night And Day (2006)
Annie Haslam with Magenta -
Night And Day (2006)
Attention collector ! Cet EP 4 titres est la rencontre au sommet entre Annie Haslam, chanteuse culte du groupe Renaissance qui a connu son apogée dans les années 70, et Magenta issu de la nouvelle vague des années 2000 du courant progressif.

Petit retour en arrière.

Christina, chanteuse de Magenta, n'a pas du tout grandi en écoutant du rock progressif. Bien au contraire, dans sa jeunesse, elle était plutôt branchée punk. Elle ignorait donc tout de Renaissance jusqu'à sa rencontre avec Rob Reed et la sortie du premier album de Magenta, Revolutions, où la critique ne cessait de faire la comparaison entre sa voix et celle d'Annie Haslam. Intriguée, elle décide de s'intéresser à cette dernière afin de mieux la connaître. En 2004, via le site web d'Annie, alors en retrait du monde musical depuis quelques années et reconvertie dans la peinture, elle prend contact et lui fait parvenir une copie de Seven, tout juste paru. Puis les deux artistes se rencontrent au printemps 2005, lors du festival RoSFest à Phoenixville auquel participe Magenta. 

Quelques semaines après, Christina écrit la chanson Night And Day suite à un rêve ésotérique qu'elle a fait lors d'un séjour dans un ranch en plein cœur du Wyoming. Après l'avoir arrangée avec Rob Reed, ils proposent à Annie de l’enregistrer. Ce qu'elle accepte avec grand plaisir. 

Ceux sont trois versions de cette même chanson qui se trouvent sur cet EP. L'originale s’inscrit dans la continuité du Nothern Lights de Renaissance, un des rares "hits" du groupe qui a eu le privilège de passer en radio. Elle correspond donc parfaitement au répertoire d'Annie qui en livre une interprétation remplie de convictions. Sur l'Evening Mix, la batterie et la guitare sont en retraits au profit du piano et de la cornemuse de Troy Donockley. Cette version présente un grand intérêt car elle s'apparente à une version acoustique et met bien plus en avant la fantastique voix d'Annie. La troisième est absolument grandiose puisqu'il s'agit d'un duo avec Christina. Les deux voix sont d'abord face à face puis se mêlent dans un tourbillon d'intensité absolument gigantesque. 

La pochette du disque est une peinture d'Annie inspirée par la chanson Night And Day. Cette œuvre, intitulée Essence Of Love a, à son tour, inspiré Rob Reed qui a composé l'instrumental du même nom aux sonorités très oldfieldiennes. Il est placé en troisième position sur le disque. 

La parution de ce petit EP aura, au final, des conséquences des plus bénéfiques. En effet, cet adoubement a permis à Magenta d'accroître son influence sur la scène progressive et de devenir, simultanément à la parution de leur dernier album incontournable Home, le véritable fer de lance des groupes avec chanteuses. Quant à Annie Haslam, cette reconnaissance de la nouvelle génération va lui redonner confiance, puis l'encourager "progressivement" à reprendre le chemin des studios en vue de reformer Renaissance et d'asseoir ainsi définitivement son statut d'icône du mouvement progressif. 

Musiciens


Annie Haslam : chant
Christina Booth : chant
Rob Reed : claviers
Chris Fry : guitare
Dan Fry : basse
Allan Mason-Jones : batterie
Martin Rosser : guitare

Troy Donockley : uilleann pipes, flûtes

Titres


01. Night And Day
02. Night And Day - Evening Mix
03. Essence Of Love
04. Night And Day - Duet With Christina