dimanche 18 juin 2017

The Morrigan - Rides Out (1990)

The Morrigan Rides Out
The Morrigan - Rides Out (1990)
Héritier des Pentangle, Steeleye Span, Fairport Convention et ancêtre de Mostly Autumn ou Karnataka, The Morrigan est de retour en 1990 avec son deuxième album, Rides Out. Cinq longues années d'intervalle ont été nécessaires entre cette nouvelle production et sa première œuvre Spirit Of The Soup

Durant ce lapse de temps, le trio formé de Cathy Alexander, Colin Masson et Cliff Eastabrook a accueilli en son sein deux musiciens complémentaires. Ainsi, le batteur Archie fait son entrée en 1988 suivi de Melanie Byfield aux vocaux et claviers. Cette même année est marquée par un événement important : le mariage de Cathy et Colin.  

En cette fin de décennie, la troupe devenue quintet entre en studio l'esprit créatif. Pourtant, Rides Out nécessitera plus d'un an de travail épuisant. La faute en revient au mauvais matériel d'enregistrement mis à disposition par leur ami John Hayward, futur membre du groupe. Pour l'heure, les pannes se succèdent, ce qui crée tensions et frictions. Melanie s'en ira ainsi vers d'autres cieux à peine le disque sorti.

Avec Rides Out, The Morrigan poursuit sa voie originale entre folk traditionnel et rock progressif. Aux côté des guitares électriques et claviers plus présents que précédemment, s'ajoutent clavecin, flûtes ou fiddle. Si les quelques soli de guitare de Colin font mouches comme sur The Rakes Of Kildare / Bedtime Stories, le jeu de basse de Cliff est bluffant, à mi-chemin entre Chris Squire de Yes et Jon Camp de Renaissance. Bien évidemment, l'atout majeur de The Morrigan demeure Cathy Alexander à la voix si énigmatique évoquant Jacqui McShee. Mêlée à celle de Melanie, elles font de Corpus Christi une pièce mystique de toute beauté. En revanche, la folie prend le dessus sur l'inquiétant Tom O'Bedlam, sombre conte populaire remontant au XVIIe siècle où il est question d'asile insalubre et de mendiants ayant perdu la raison.  

Malgré une production qui laisse à désirer, Rides Out demeure un disque honnête de bonne facture. Il est le fruit d'un travail collectif réunissant des musiciens d'horizons diverses. Si Cathy a reçu une formation classique dans sa jeunesse et ne s'est intéressée au folk celtique que bien plus tard, la formation musicale de Cliff est le heavy metal, tandis qu'Archie vient du rock et Colin trouve ses racines dans les musiques progressives et classiques. Un joli cocktail à découvrir !


Musiciens


Cathy Alexander : chant, claviers, flûtes, clavecin
Colin Masson : guitares, chant
Cliff Eastabrook : basse, chant, percussions
Archie : batterie, percussions, chant
Melanie Byfield : chant, claviers, percussions

Cath Watkins : fiddles
Gary Miles : chant
John Hayward : chant

Titres


01. The Morrigan Rides Out
02. Night Comes Closer
03. The Rakes Of Kildare / Bedtime Sories
04. The Black Nag
05. Girls Will You Take Him / Four Times Over
06. The Well Below The Valley
07. Busketts Folly
08. Corpus Christi
09. Tom O'Bedlam / Allemande

samedi 17 juin 2017

Iona - Another Realm (2011)

Iona Another Realm
Iona - Another Realm (2011)
Suite au message de Dave Bainbridge en date du 11 décembre 2016 annonçant la fin de Iona, il semble désormais acquis qu'Another Realm soit le dernier album de cette formation de rock progressif et celtique unique en son genre.

Paru en 2011, Another Realm est le seul album studio de Iona sur lequel n'apparaît pas Troy Donockley, que ce soit en tant que membre à part entière ou en simple invité. Parti rejoindre Nightwish, il a cédé sa place à Martin Nolan joueur de uilleann pipes et de whistles. Avant d'intégrer sa nouvelle famille, Martin a publié sous son nom deux albums de musique folklorique irlandaise, Travel'n Style puis Bright Silver Dark Wood. Son recrutement s'est effectué sur recommandation du mari de Moya Brennan. Séduit par ses talents de musicien et son ouverture d'esprit, Dave lui a grandement ouvert les portes.

Another Realm a la particularité d'être le premier double album de Iona. Si ce n'était pas prévu au départ, l'idée s'est imposée d'elle-même au regard de la qualité du matériel accumulé durant les sessions d'enregistrement. Comme souvent chez Iona, les nouveaux morceaux sont nés de séances d'improvisations en studio. Il en est ainsi de The Fearless Ones, Ruach, instrumental sur lequel brille le violon de Frank van Essen, ou du majestueux épique An Atmosphere Of Miracles s'étendant sur une quinzaine de minutes.  

Jamais le chant de Joanne Hogg n'a été aussi envoûtant. Désormais épanouie et s'assumant pleinement, elle habite intensément chacune des chansons, à l'image de The Ancient Wells à l'interprétation sans faille. Elle en cosigne dix et en signe seule trois : Clouds aux accents progressifs, Foreign Soil, plus folk, et Saviour qui semble extraite de son album solo Personal. Davantage impliquée, c'est à elle que l'on doit ce ton religieux plus direct par rapport aux précédentes productions. Si Iona n'a jamais caché puiser son inspiration au cœur des racines celtiques du monde chrétien, saint Colomban en particulier (As It Was, As It Shall Be), le spirituel s'impose davantage sur Another Realm, que ce soit à travers les textes synonymes de prières adressées à Dieu, ou sur la pochette, avec ce cavalier et cette épée levée, symbole de l'Esprit saint. Pour l'anecdote, ce cavalier n'est autre que Joanne elle-même. Les photos de la couverture et du livret ont été prises près de chez elle, sur la côte nord-irlandaise.

La production soignée, maîtrisée d'un bout à l'autre par Dave Bainbridge, offre de belles envolées instrumentales. La guitare se fait flamboyante sur le final de Clouds tandis que les claviers deviennent symphoniques sur le second épique d'une beauté à pleurer, White Horse. Les instruments traditionnels ont également leur place au sein de cette musique contemporaine d'exception : bouzouki (Speak To Me), cornemuse (As It Shall Be), violon (Ruach), flûte (Foreign Soil) et chophar, trompe au son ethnique construite à partir d'une corne de bélier, joué ici par Wytze Valkema, originaire des Pays-Bas, sur un The Fearless Ones surprenant.  

Another Realm fait partie de cette catégorie d'albums nécessitant du temps et de l'attention avant d'être appréciés à sa juste valeur. A l'instar de ses prédécesseurs, il occupe une place primordiale dans la discographie du groupe. Tous sont de véritables bijoux, taillés avec minutie afin de se trouver élevés à l'échelle d'œuvres d'art à part entière.



Musiciens


Joanne Hogg : chant, claviers, percussions
Dave Bainbridge : guitares, bouzouki, claviers, autoharp, percussions
Frank van Essen : batterie, percussions, violon, alto, chant, glockenspiel, claviers
Phil Barker : basse
Martin Nolan : uilleann pipes, whistles, chant

Debbie Bainbridge : chant
Evie Bainbridge : chant
Wytze Valkema : chophar

Titres


1.01. As It Was
1.02. The Ancient Wells
1.03. Another Realm
1.04. Clouds
1.05. An Atmosphere Of Miracles
1.06. Let Your Glory Fall

2.01. Ruach
2.02. Speak To Me
2.03. And The Angels Dance
2.04. Foreign Soil
2.05. Let The Waters Flow
2.06. Saviour
2.07. The Fearless Ones
2.08. White Horse
2.09. As It Shall Be

dimanche 11 juin 2017

Troy Donockley - Messages (2011)

Troy Donockley Messages
Troy Donockley - Messages (2011)
Inutile de présenter Troy Donockley, le plus célèbre joueur d'uilleann pipes (cornemuse irlandaise) et de whistles (flûtes irlandaises) de la scène progressive contemporaine. Ancien membre de Iona qu'il a quitté en 2009 pour intégrer Nightwish, il a joué avec un nombre considérable d'artistes, de Maddy Prior à Barbara Dickson en passant par Mostly Autumn, Magenta ou Karnataka.  

En parallèle à ces multiples collaborations et en l'espace d'une décennie, il a sorti sous son seul nom trois splendides albums d'une qualité exceptionnelle : The Unseen Stream (1998), The Pursuit Of  Illusion (2003) et The Madness Of Crowds (2009). Messages, compilation mise sur le marché en 2011, rassemble une sélection d'extraits de ces trois disques, plus deux inédits : For Him Who Will Never Return, chanson traditionnelle réarrangée, et Dunmail Rising inspirée de la beauté sauvage de Lake District, région montagneuse du Nord-Ouest de l'Angleterre, sur laquelle on découvre le violon virevoltant de Peter Knight du Fairport Convention. 

Barbara Dickson, Heather Findlay (ex-Mostly Autumn), Olivia Sparnenn (Mostly Autumn) et surtout Joanne Hogg (Iona), absolument fabuleuse sur Pursuit Of Illusions, titre qui mérite à lui seul l'achat de cette compilation voire de l'album du même nom, sont les quatre grandes voix féminines enchanteresses que l'on croise au fil des titres. La musique de Troy, complexe, demeure difficile à définir. Elle se veut à la fois savante, classique, sacrée, progressive, expérimentale, celtique et folklorique. 

Messages est le reflet fidèle de l'univers artistique de Troy Donockley, multi-instrumentiste inspiré et talentueux, l'un des plus doués de sa génération, mais aussi des plus convoités. Compilation indispensable à toute bonne discothèque de référence qui se respecte.

Titres


01. Sights
02. For Him Who Will Never Return
03. Now, Voyager
04. Fragment
05. Orkahaugr
06. Finlandia
07. Dunmail Rising
08. Pursuit Of Illusion
09. Tunnels
10. The Procession

samedi 10 juin 2017

Barbara Dickson - Words Unspoken (2011)

Barbara Dickson Words Unspoken
Barbara Dickson - Words Unspoken
(2011)
Avec Words Unspoken, son nouvel album paru en 2011, Barbara Dickson poursuit sa collaboration avec Troy Donockley entamée en 2004 sur Full Circle. Outre la multitude d'instruments dont il a la charge (guitares, cornemuse, whistles, bouzouki, claviers, percussions), Troy a également produit et arrangé ce disque. Ensemble, ils ont composé The Magical West située en première piste. Unique composition originale, ce morceau aux accents celtiques, n'est pas sans rappeler Iona, l'ancien groupe de Troy, ou Clannad

Les musiciens qui les accompagnent ne sont pas des inconnus à leur univers. Déjà présent à l'époque de Time & Tide (2008), le batteur de Iona, Frank van Essen, est de retour. Il assure la rythmique avec le bassiste Brad Lang. Nick Holland, vieux complice de Troy, partage le chant avec Barbara sur quelques titres. Troy et lui ont joué également avec Maddy Prior sur plusieurs de ses albums solos de la fin des années 90 et du début des années 2000. Andy Dinan (fiddle) et Lucy Muir (harpe) sont également des proches de Troy. Le premier a été membre de The Bad Shepherds, autre groupe de Troy qui a pour originalité de reprendre des classiques punks à l'aide d'instruments folk. Quant à la seconde, on a pu l'entendre sur The Madness Of Crowds, son troisième album solo sorti en 2009. 

Words Unspoken est un album varié, servi par des arrangements subtils au service d'une grande voix. Les douze titres enregistrés se répartissent entre composition originale (le déjà cité The Magical West), chant de Noël (Personnent Hodie), passages a cappella (Will Ye Gang Love? sur plus de trois minutes extraordinaires), reprise (magnifique version du Bridge Over Troubled Water, ode à l'amitié signée Paul Simon) et chansons folk traditionnelles, écossaises essentiellement. Celles-ci sont porteuses de messages à caractère social, aux dénouements souvent tragiques. Ainsi, The Trees They Do Grow High, déjà interprétée par Joan Baez en 1961, puis par bien d'autres à sa suite comme Pentangle, Steeleye Span ou Sarah Brightman, aborde la délicate question des mariages arrangés d'antan. Jamie Raeburn raconte l'histoire d'un pauvre boulanger de Glasgow accusé d'un vol qu'il n'a pas commis, puis condamné au bagne dans les colonies, loin de chez lui et de ses proches. La version très émotionnelle de Smile In Your Sleep rappelle que cette chanson a été écrite en mémoire des Highland Clearances du XIIIe siècle, nom donné au déplacement forcé des populations écossaises habitant ces régions montagneuses reculées et qui a engendré de véritables tragédies humaines. 

My Donald, Kishmul's Galley et King Orfeo sont d'autres petites perles bien ciselées qu'il serait dommage de ne pas mentionner explicitement. Words Unspoken regorge de ces moments de grâce qui en font un album à part dans la discographie déjà bien fournie de la chanteuse écossaise à la voix de cristal.  


Musiciens


Barbara Dickson : chant, guitare acoustique

Troy Donockley : guitares, cornemuse, flûtes irlandaises, bouzouki, claviers, percussions, chœurs
Brad Lang : contrebasse, basse, chœurs
Frank van Essen : violon, alto, batterie
Nick Holland : chant
Andy Dinan : fiddle
Lucy Muir : harpe

Titres


01. The Magical West
02. Jamie Raeburn
03. Ythanside
04. The Trees They Do Grow High
05. Will Ye Gang Love?
06. Smile In Your Sleep
07. My Donald
08. Personent Hodie
09. Kishmul's Galley
10. Ca' The Yowes
11. King Orfeo
12. Bridge Over Troubled Water

vendredi 9 juin 2017

Loreena McKennitt - The Visit (1991)

Loreena McKennitt The Visit
Loreena McKennitt - The Visit (1991)
Loreena McKennitt poursuit sa mue avec The Visit disponible en 1991. Tout en continuant à explorer les civilisations celtiques anciennes, elle élargit son champ de recherche en regardant davantage vers l'Orient et le Sud. All Souls Nights en ouverture et l'instrumental Tango To Evora sont le résultat de cette nouvelle orientation.  

Les neuf titres présentés se partagent entre compositions originales, à l'instar des deux titres cités ci-dessus, chansons folkloriques traditionnelles comme le célèbre Greensleeves ou Bonny Portmore, et adaptation de textes d'auteurs classiques. Shakespeare est l'un d'eux. Loreena a utilisé un extrait de sa pièce Cymbeline mettant en scène le roi breton du même nom en proie à l'invasion des Romains. Morceau fleuve de onze minutes, le texte de Lady Of Shalott est signé Alfred Lord Tennyson, célèbre poète de l'époque victorienne. La chanteuse narre sous forme de complainte l'histoire tragique d'une princesse qui ne peut voir le monde que par l'intermédiaire d'un miroir et qui tisse ce qu'elle voit sur une tapisserie.

Outre son intérêt manifeste pour l'histoire, Loreena aborde d'autres thèmes qui lui sont chers. Bonny Portmore et Courtyard Lullaby sont toutes deux, à leur manière, porteuses d'un message écologique. La première est un hymne au Grand Chêne du château de Portmore en Irlande, en réponse aux forêts dévastées par l'homme au fil des siècles sur cette terre celte. La seconde fait référence au mystérieux cycle des saisons. Poussant encore plus loin sa réflexion, Loreena s'interroge également sur la place de chacun dans ce monde, ainsi que sur notre relation avec l'au-delà, à travers All Souls Nights, Cymbeline ou bien l'intense The Old Ways, un des plus beaux titres de son répertoire.

Déjà présent sur l'album précédent Parallel Dreams, Brian Hughes est passé du statut de simple musicien à celui de coproducteur. Autre futur pilier de l'équipe de Loreena, l'archer Hugh Marsh fait ici une première apparition remarquée au fiddle. Comme à l'accoutumée, instruments traditionnels (harpe, accordéon, sitar, violoncelle, cornemuse, balalaika, bodhran...) côtoient le plus naturellement du monde instruments modernes contemporains. 

The Visit est un album de transition dans la carrière de la chanteuse qui regarde désormais vers de nouveaux horizons. Les suivants ne feront qu'accentuer et préciser cette nouvelle option qui s'annonce des plus passionnantes. 


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, claviers, accordéon, harpe, bodhran

Brian Hughes : guitares, balalaika
George Koller : basse, fiddle, violoncelle, percussions, sitar
Tom Hazlett : basse
Al Cross : batterie
Rick Lazar : percussions
Anne Bourne : violoncelle
Patrick Hutchinson : cornemuse
Hugh Marsh : fiddle

Titres


01. All Souls Nights
02. Bonny Pormore
03. Between The Shadows
04. The Lady Of Shalott
05. Greensleeves
06. Tango To Evora
07. Courtyard Lullaby
08. The Old Ways
09. Cymbeline

lundi 5 juin 2017

Judy Collins - Sings Leonard Cohen: Democracy (2004)

Judy Collins Leonard Cohen
Judy Collins - Sings Leonard Cohen:
Democracy (2004)
Les carrières de Judy Collins, célèbre chanteuse folk américaine souvent comparée à Joan Baez, et de Leonard Cohen sont intimement liées. 

Née en 1939 à Seattle, Judy découvre les chansons populaires et traditionnelles à l'âge de seize ans. C'est une véritable révélation pour celle qui se destinait à la musique classique et avait interprété un concerto de Mozart au piano dès ses treize ans. Elle décide alors de se consacrer uniquement à la musique folk  ainsi que d'apprendre à jouer de la guitare acoustique. Devenue chanteuse professionnelle en 1959, elle signe son premier album chez Elektra deux ans plus tard. Son répertoire ne comprend que des chansons folk traditionnelles, et ce jusqu'en 1966. 

Cette année-là, elle se met en quête de nouveaux horizons musicaux. Par l'intermédiaire de sa maison de disque, elle fait la rencontre du jeune Leonard Cohen, poète et compositeur canadien de cinq ans son aîné, totalement inconnu. C'est le coup de foudre artistique immédiat. Sur son album In My Life, Judy chante l'éternelle Suzanne ainsi que le non moins fulgurant Dress Rehearsal Drag. Le succès est instantané, la carrière de Cohen lancée. A la fin des années 60, ce dernier encouragera Judy qui avait jusqu'alors uniquement chantée les chansons des autres, à interpréter ses propres compositions. La première sera Since You've Asked.

Tout au long de sa (très) longue carrière, Judy reprendra régulièrement des chansons de son ami. Elle décide de lui rendre hommage en 2004 avec ce Judy Collins Sings Leonard Cohen: Democracy. Le disque se compose de trois reprises inédites spécialement enregistrée pour l'occasion (Democracy, A thousand Kisses Deep, Night Comes On) et de toute une sélection de chansons interprétées au fil des années, de 1966 à 1999. Parmi celles-ci, les désormais classiques Sisters Of Mercy, Bird On The Wire en mode country, la perle des perles Famous Blue Raincoat ou encore Song Of Bernadette dans une version live mémorable. 

Avec Jennifer Warnes à qui l'ont doit un autre album hommage au grand Leonard, Judy Collins demeure l'interprète féminine la plus légitime à interpréter ses chansons. Sa proximité avec l'artiste, sa sensibilité, sa voix si limpide donnent une dimension exceptionnelle à ces pièces poétiques entrées depuis au patrimoine culturel de l'humanité.


Musiciens


Judy Collins : chant, guitare, piano

Titres


01. Democracy
02. Suzanne
03. A Thousand Kisses Deep
04. Hey, That's No Way To Say Goodbye
05. Dress Rehearsal Rag
06. Priests
07. Night Comes On
08. Sisters Of Mercy
09. Story Of Isaac
10. Bird On The Wire
11. Famous Blue Raincoat
12. Joan Of Arc
13. Take This Longing
14. Song Of Bernadette (Live)

dimanche 4 juin 2017

Annie Haslam - Annie Haslam (1989)

Annie Haslam Moonlight Shadow
Annie Haslam - Annie Haslam (1989)
Deux ans après la séparation (provisoire) de Renaissance, Annie Haslam revient, en 1989, avec un troisième album solo simplement dénommé Annie Haslam. Annie l'appelle elle-même The Epic Album en référence à la maison de disque qui l'a signé. Sinon, les Japonais lui ont donné le nom de Moonlight Shadow, tube planétaire de Mike Oldfield que reprend ici Annie. 

Sur ce premier morceau, Annie se rapproche davantage de Kim Wilde, alors au sommet de sa gloire en cette fin de décennie, que de la Annie du Renaissance des années 70. Le son est typé années 80 et l'ambiance générale est plutôt à la pop synthétique. Malgré ce son daté, cet album mérite d'être (re)découvert car il recèle quelques beaux passages, notamment un She's The Light mystique, lumineux comme un rayon de soleil à travers un vitrail sacré. Toujours dans le domaine du religieux, The Angels Cry est une pièce émouvante composée par Justin Hayward des Moody Blues. Écrite à l'origine pour Agnetha d'Abba, il l'offrira finalement à Annie et lui fera l'amitié de venir jouer quelques notes de guitare acoustique et de participer aux chœurs. 

Produit par Larry Fast (Peter Gabriel, Bryan Ferry, Foreigner), cet album accueille une jolie brochette de musiciens talentueux parmi lesquels le violoniste David Rose, l'ex-King Crimson et Camel Mel Collins sur Let It Be Me et deux anciens de la dernière mouture de Renaissance, Raphael Rudd et le guitariste Mark Lampariello. Tous deux formeront le noyau du "Annie Haslam Band" auquel s'ajouteront le complice de toujours Rave Tesar et le batteur Joe Goldberger. C'est avec cette formation que tournera Annie, au Japon en particulier, un des seuls endroits où le disque connaîtra un certain succès. A son grand regret, Annie ne recevra aucun soutien de la maison de disque Epic et les ventes ne décolleront pas.

Avec le recul, on ne peut que regretter ce manque d'intérêt d'Epic car, sans être un chef d'œuvre intemporel, Annie Haslam est un album honorable qui clôt avec panache une décennie compliquée pour l'artiste et annonce une "renaissance" à venir des plus passionnantes.

  

Musiciens


Annie Haslam : chant

Larry Fast : claviers, batterie électronique
Justin Hayward : guitare acoustique, chant
Mark Lampariello : guitares
Peter Bliss : guitares, programmation, chant
David Rose : violon
Raphael Rudd : piano, harpe
Mel Collins : saxophone
Joe Franco : batterie, percussions
Robert Natarazzo : chant
John de Nicola : programmation

Titres


01. Moonlight Shadow
02. The Angels Cry
03. When A Heart Finds Another
04. Let It Be Me
05. She's The Light
06. Celestine
07. Further From Fantasy
08. Wishing On A Star
09. Wildest Dreams
10. One More Arrow
11. One Love

vendredi 2 juin 2017

Vakia Stavrou - Alasia (2016)

Vakia Stavrou Alasia
Vakia Stavrou - Alasia (2016)
Formée à Prague, Vakia Stavrou est une jeune artiste auteur-compositeur chypriote qui chante aussi bien en grec, qu'en anglais ou en... portugais. Ce n'est donc pas par hasard si le label Accords Croisés qui ambitionne de rapprocher les cultures, s'est intéressé à elle et a publié Alasia, un album riche en saveurs. 

Digne héritière des Billie Holiday, Ella Fitzgerald ou Cesaria Évora, Vakia propose un cocktail savamment dosé de fado, bossa nova, jazz et musique folklorique grecque. Dotée d'une voix angélique, s'adressant directement au cœur, Vakia chante l'Amour avec un grand "A", celui de la nostalgie, mais aussi des promesses oubliées. Dans cet océan de mélancolie, bien plus vaste que la douce Méditerranée entourant sa belle île de Chypre, chaque chanson n'en conserve pas moins une lueur d'espoir. Ainsi, Homa Ke Nero, Sozinha, Bellaroussa, ou encore Dia Sem Mim aux paroles signées José Luís Peixoto, un des écrivains portugais les plus brillants de sa génération, deviendront, à ne pas en douter, des classiques populaires que se transmettront les générations futures. Stay, seul titre chanté en anglais, est également de cette trempe. Vakia, littéralement habitée, l'interprète avec une telle intensité que l'on songe inévitablement à la divine Edith Piaf, il ne peut en être autrement.   

C'est à Paris que Vakia a fait la connaissance des musiciens qui l'accompagnent. Ils sont à son image : éclectiques, discrets et efficaces. Né à Cardiff, capitale du Pays de Galles, de parents brésiliens, Carlos Bernardo a grandi à Rio de Janeiro. Très jeune il apprend la guitare et se nourrit de musique jazz. Il a sorti un premier album sous son nom, Pacifico, en 1995, puis connaîtra une carrière internationale, en France notamment avec le Théâtre du Soleil. Né à La Havane (Cuba), le percussionniste Inor Sotolongo réside maintenant à Paris. Il a collaboré avec des artistes aussi brillants que Dee Dee Bridgewater, Herbie Hancock, Bonnie Raitt ou Zucchero. L'équipe est complétée par Octavio Angarita de la formation Namasté au violoncelle, et Guillaume Robert à la contrebasse.

Alasia était le nom donné à Chypre par les Grecs anciens. Dans leur imaginaire, cette île était "embrassée par la mer". Vakia a transformé ce baiser en un album splendide, d'une beauté envoûtante et mystérieuse que l'on ne peut que conseiller. 


Musiciens


Vakia Stavrou : chant, guitare

Carlos Bernardo : guitare
Inor Sotolongo : percussions
Guillaume Robert : contrebasse
Octavio Angarita : violoncelle

Titres


01. Homa Ke Nero
02. Sozinha
03. Pare Fora
04. Mais Um Beijo
05. Thalassimo Nero
06. Bellaroussa
07. Black Bossa
08. Petalouda
09. Stay
10. Dia Sem Mim
11. O Meu Peito Diz
12. Kita Me
13. Xehases
14. Pour Den Se Niazi
15. Parapono

jeudi 1 juin 2017

Davey Dodds - Kernowcopia (2017)

Davey Dodds Kernowcopia
Davey Dodds - Kernowcopia (2017)
Oyez, oyez, le légendaire Davey Dodds, chanteur historique de Red Jasper, est de retour ! Depuis 1997 et Anagramary, il n'avait plus rien enregistré après s'être réfugié dans les Cornouailles, loin de ce monde, consacrant son temps à ses deux passions, l'écriture et à la pêche.

Kernowcopia, sa première œuvre en solo, est le produit de toutes ces années d'isolement et de réflexion. A l'image de sa région d'adoption, "Kernow" signifiant Cornouailles en cornique, langue celtique locale, Kernowcopia fleure bon la nature sauvage et l'homme révolté. Davey délivre une musique folk aux consonances celtiques brutes, sans compromis. Seul l’envoûtant Merlin's Isle Of Grammary plonge ses racines dans un rock progressif symphonique flamboyant. Son étrange atmosphère oppressante n'est pas sans rappeler celle toute aussi inquiétante du Bal De Laze de Polnareff, repris par Ange sur leur album A Propos De... en 1982. Davey se métamorphose, l'espace d'un instant, en un Christian Décamps à la gouaille bien trempée.

Merlin's Isle Of Grammary est le seul titre sur lequel apparaît la guitare électrique de Robin Harrison, cofondateur de Red Jasper avec Davey. Tous les autres instruments sont acoustiques, à commencer par la harpe celtique dont il faut signaler l'excellent travail effectué par Martin Solomon, également joueur de fiddle. Outre le chant, Davey joue de la mandoline, de la flûte irlandaise et des percussions. Derrière les fûts, se tient David Clifford, autre pilier de Red Jasper. Ce même Clifford a participé à l'aventure Alchemy de Clive Nolan.

Aux côtés d'inédits, Dodds s'amuse à revisiter quelques titres emblématiques de l'époque Red Jasper. The Mappie de Sting In The Tale (1990), repris récemment par la formation folk The Unthanks sur leur album Mount The Air de 2015, Jean's Tune de A Midsummer Night's Dream (1993), Ship On The Sea et The Shaman's Song de The Winter's Tale (1994) sont de ceux-là.

Situé à la croisée des chemins entre Jethro Tull pour la musique et Fish pour la voix, Davey Dodds revient sur le devant de la scène avant tout pour son propre plaisir. Et cela s'entend !  Kernowcopia procure un rare moment de complicité entre l'artiste et l'auditeur. Welcome back !

Musiciens


Davey Dodds : chant, mandoline, tin whistle, percussions

Martin Solomon : fiddle, harpe celtique
Robin Harrison : guitare électrique, basse
David Clifford : batterie
Bradders Bluesinger : percussions
Keven Taylor : harmonica
Stephi Underdown : chœurs

Titres


01. Storm Cat Song
02. Kernowcopia
03. Contented Man
04. Jean's Tune
05. Ship On The Sea
06. The Magpie
07. Merlin's Isle Of Grammarye
08. Titchmarsh Trauma
09.The Shaman's Song
10. Shoot Of Gruffalo
11. Kick Off Your Shoes

dimanche 28 mai 2017

Heather Findlay & Chris Johnson - Live At The Cafe 68 (2012)

Heather Findlay Live At The Cafe 68
Heather Findlay & Chris Johnson -
Live At The Cafe 68 (2012)
Le 29 septembre 2011, devant un parterre d'une trentaine de privilégiés, Heather Findlay et son acolyte Chris Johnson donnent un concert acoustique au Cafe 68 de York. Ils ont la bonne idée d'enregistrer ce set disponible en CD l'année suivante.

L'ambiance est chaleureuse, voire familiale. Les deux artistes discutent, rient, boivent du vin et interprètent onze chansons extraites de leurs répertoires respectifs. Heather est au chant et aux percussions, Chris la seconde à la guitare ainsi qu'au chant. 

Le showcase débute par un Phoenix hanté que l'on retrouve sur le premier EP solo d'Heather tout juste disponible alors, The Phoenix Suite. Cette version acoustique dénudée apporte incontestablement un supplément à la version initiale plus électrique. Heather se lance ensuite dans un Caught In A Fold toujours aussi poignant. Retour à nouveau à la période Mostly Autumn avec un Blue Light interprété non pas par Chris mais par une Heather sensuelle à faire dresser les poils. Magpie, le morceau suivant, est extrait d'Offerings d'Odin Dragonfly, projet parallèle d'Heather et de sa complice de toujours Angela Gordon. Seule reprise de la soirée, Dear Someone a été composée par la chanteuse de country Gillian Welch et son mari David Rawlings. Le duo donne à cette douce ballade une couleur très "Simon & Garfunkel".   

Pour Out Of Season, Chris prend le chant principal. Ce titre était à l'origine sur l'album The Northern Country de son tout premier groupe, The Evernauts. L'interprétation est splendide et donne envie de découvrir cette formation yorkaise aujourd'hui disparue. Après Blue Light, Gaze est une autre composition de Chris pour l'album Heart Full Of Sky. Cette délicieuse chanson n'est disponible que sur la version collector du disque. Quel dommage ! Sans prévenir, Heather enchaîne avec un Evergreen qui n'a rien perdu de sa splendeur, bien au contraire. Cette version épurée à l'extrême est à tomber par terre tant la voix d'Heather atteint des sommets insoupçonnés. Uniquement chantée par Chris sur The Fabric de Parade avec Anne-Marie Helder aux chœurs, The Dogs est transformée ici en un duo où les deux voix se mêlent pour notre plus grand bonheur. Avant-dernier titre, Yellow Time, autre passage d'Offerings annonce tranquillement la fin de la soirée. Celle-ci s'achève en beauté avec un Silver Glass d'une sensibilité à fleur de peau. L'émotion est à son comble tant cette magnifique chanson que l'on retrouve à l'origine sur Heart Full Of Sky ne peut laisser insensible.

Live At The Cafe 68 est, en définitive, une sympathique curiosité proposant un survol honorable de la carrière de ces deux artistes attachants. Elle permet de mieux découvrir l'univers musical de Chris, à nouveau membre à part entière de Mostly Autumn aujourd'hui, et de suivre les pérégrinations de la douce Heather suite à son départ inattendu de cette même formation en 2010.  

Musiciens


Heather Findlay : chant, percussions
Chris Johnson : chant, guitare

Titres


01. Phoenix
02. Caught In A Fold
03. Blue Light
04. Magpie
05. Dear Someone
06. Out Of Season
07. Gaze
08. Evergreen
09. The Dogs
10. Yellow Time
11. Silver Glass