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dimanche 16 octobre 2016

Trees - On The Shore (1970)

Trees On The Shore
Trees - On The Shore (1970)
On The Shore sort seulement quelques mois après The Garden Of Jane Delawney, à la fin de l'année 1970.

D'entrée, sa pochette intrigue avec cette petite fille jetant de l'eau dans un parc. Elle est l'œuvre de Storm Thorgesen d'Hipgnosis. Lui et sa société deviendront mondialement célèbre pour leur travail avec Renaissance, Led Zeppelin et, surtout, Pink Floyd. En réalité, la jeune fille se nomme Katherine Meehan, elle n'est autre que la fille de Tony Meehan, ancien batteur de Cliff Richard au sein des Shadows. 

A l'image de cette pochette, On The Shore est bien plus sombre que son prédécesseur duquel se dégageait une certaine légèreté, voire naïveté. Néanmoins, il est bien plus abouti grâce à des compositions qui ont gagné en maturité. Bias Boshell en signe trois, dont une avec David Costa, Fool à l'excellent jeu de guitare. Les deux autres sont While The Iron Is Hot qui évoque les grèves minières du siècle précédent, et Murdoch. Incontestablement une des meilleures de l'album, cette chanson a été composée dans la maison de sa mère au Pays de Galles, suite à un rêve. Elle trouve son inspiration dans la nature environnante encore à l'état sauvage du nord de cette région. Ironie de l'histoire, la maison sera rachetée quelques années plus tard par Celia Humphris et son mari. 

Sally Free And Easy, l'épique de l'album dépassant les dix minutes, est à l'origine une composition du chanteur folk Cyril Tawney. Introduite au piano par Boshell, elle a été enregistrée en une seule prise avec Tony Cox, le producteur, à la basse. Seule la seconde voix de Celia a été ajoutée ultérieurement. D'ailleurs, elle figure toujours parmi ses favorites aux côtés The Garden Of Jane Delawney et Snail's Lament du précédent disque.

Les six titres restants sont des chansons traditionnelles comme Adam's Toon composée par un troubadour au XIIIe siècle, ou Soldiers Three avec ses paroles en ancien français, datant de l'époque élisabéthaine. Dave Swarbrick l'avait auparavant enregistrée avant d'intégrer Fairport Convention. 

On The Shore est un album à la fois folk, psychédélique et progressif. Contrairement aux autres formations contemporaines, la guitare électrique occupe bien plus d'espace. L'ensemble est porté par Celia Humphris. Souvent située à juste titre entre Sandy Denny et Annie Haslam, sa voix est divine.

Le groupe se séparera peu de temps après sa sortie. Une nouvelle mouture officiera jusqu'en 1973 sans Boshell ni Brown, mais aucun autre album ne sera enregistré. Par la suite, Celia se mariera et fondera une famille. Elle fera de rares réapparitions comme en 2009, sur le magnifique Talking With Strangers de Judy Dyble, aux côtés de Jacqui McShee



Musiciens


Celia Humphris : chant
Barry Clarke : guitares
David Costa : guitares, dulcimer
Bias Boshell : basse, piano, guitare, chant
Unwin Brown : batterie, percussions, chant

Tony Cox : basse
Michael Jefferies : harpe

Titres


01. Soldiers Three
02. Murdoch
03. Streets Of Derry
04. Sally Free And Easy
05. Fool
06. Adam's Toon
07. Geordie
08. While The Iron Is Hot
09. Little Sadie
10. Polly On The Shore    

vendredi 14 octobre 2016

Trees - The Garden Of Jane Delawney (1970)

Trees The Garden Of Jane Delawney
Trees - The Garden Of
Jane Delawney (1970)
Contemporain de Fairport Convention, Pentangle et Steeleye Span, Trees ne connaîtra pas le même succès. Et pourtant, ce quintet londonien publiera coup sur coup deux albums de très haute tenue : The Garden Of Jane Delawney suivi de On The Shore quelques mois plus tard. 

Formé en 1969 par les guitaristes David Costa et Barry Clarke, ce noyau est rapidement rejoint par des amis d'amis que sont le bassiste Bias Boshell, le batteur Unwin Brown et la céleste chanteuse Celia Humphris. Celle-ci fréquentait alors la même école d'art dramatique que Jane Seymour et avait l'ambition de devenir actrice. 

En 1970, sort leur premier album The Garden Of Jane Delawney. Il s'inscrit tout droit dans la mouvance folk électrique menée par Fairport Convention. Trees pousse même le mimétisme jusqu'à reprendre She Moved Thro' The Fair, magnifique ballade traditionnelle irlandaise fraîchement interprétée par Sandy Denny sur l'album What We Do On Our Holidays (1969). Si les deux formations comptent toutes deux une chanteuse à la voix féerique, la comparaison s'arrête là. Trees a son identité propre et The Garden Of Jane Delawney est là pour le démontrer. 

Sur ses neuf titres, quatre sont des réadaptations de chansons du folklore britannique parmi lesquelles The Great Silkie. Originaire des îles Orcades situées au nord de l'Écosse, cette complainte relate l'histoire d'une femme qui découvre que le père de son enfant n'est autre qu'un selkie, créature mythologique mi-humaine mi-phoque. Maddy Prior livrera sa version sur Ravenchild en 1999, ainsi que Barbara Dickson (In Concert). 

Les cinq autres sont des compositions originales essentiellement écrite par Boshell. Bien meilleur musicien que ses collègues, on le retrouvera dans les années 80 aux côtés des Moody Blues et de Barclay James Harvest. La plus intéressante de toutes est sans aucun doute la chanson titre The Garden Of Jane Delawney de laquelle se dégage une aura mystérieuse. Écrite dès 1965, Boshell n'a jamais pu l'expliquer, ni su qui était cette Jane Delawney. Elle lui est venue comme ça. Encore aujourd'hui elle figure parmi les favorites de Celia aux côtés de Snail's Lament. Françoise Hardy, All About Eve, Dark Sanctuary et les néerlandais d'Ygdrassil en donneront tour à tour leur version. 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, The Garden Of Jane Delawney a extrêmement bien vieilli. Il offre, à qui prendra le temps de l'écouter, une originale combinaison de guitares électriques ou acoustiques, de percussions et de voix pure, doublée d'un jeu de basse des plus subtils.


Musiciens


Celia Humphris : chant
Barry Clarke : guitares
David Costa : guitares
Bias Boshell : chant, basse, guitare
Unwin Brown : batterie

Titres


01. Nothing Special
02. The Great Silkie
03. The Garden Of Jane Delawney
04. Lady Margaret
05. Glasgerion
06. She Moved Thro' The Fair
07. Road
08. Epitaph
09. Snail's Lament    

samedi 24 septembre 2016

Judy Dyble - Talking With Strangers (2009)

Judy Dyble Talking With Strangers
Judy Dyble - Talking With Strangers
(2009)
Talking With Strangers est le genre d'album que l'on aimerait découvrir plus souvent. Tout y est volupté, douceur, émerveillement.

Sorti en 2009, il marque le retour sur le devant de la scène de Judy Dyble. Certes, trois autres essais en solo demeurés confidentiels l'ont précédés : Enchanted Garden en 2004, puis Spindle et The Whorl, tous deux en 2006. Mais, Talking With Strangers demeure indiscutablement son œuvre la plus accomplie.

Coproduit et coécrit par Tim Bowness de No-Man et Alistair Murphy, il réunit une pléiade de grands noms : Ian McDonald (King Crimson, Foreigner), Robert Fripp (King Crimson), Simon Nicol (Fairport Convention), Pat Mastelotto (King Crimson), Rachel Hall (future Big Big Train) ainsi que les divines chanteuses Julianne Regan (All About Eve), Jacqui McShee (Pentangle) et Celia Humphris (Trees). 

D'inspiration plutôt folk, il comporte quelques clins d'œil au mouvement progressif. C'est La Vie est une magnifique reprise d'Emerson, Lake & Palmer qui se trouve à l'origine sur leur cinquième album studio, Works Volume 1 (1977). Le morceau final Harpsong débute comme une simple chanson folk sur laquelle Judy pose sa délicate voix et joue quelques notes répétitives d'autoharpe. Puis, il s'aventure dans une digression progressive éblouissante d'une vingtaine de minutes. 

Chanson autobiographique, elle raconte avec pudeur la vie de Judy, véritable légende du folk/rock peu connue du grand public. Sa carrière débute dans les années 60 lorsqu'elle devient la première chanteuse de Fairport Convention. Elle participe à leur premier album éponyme disponible en 1968 avant d'être remplacée par Sandy Denny. Par la suite, elle rejoint le trio Giles, Giles & Fripp avec son petit ami de l'époque Ian McDonald. Après son départ, les musiciens prendront le nom de King Crimson et deviendront un des piliers du rock progressif. Jusqu'en 1973, elle collabore de manière éphémère à d'autres formations comme Trader Horn. Puis, elle décide de se retirer du circuit musical après avoir rencontré celui qui deviendra son mari. Elle fondera alors une famille et deviendra bibliothécaire. Elle continuera à faire quelques apparitions ponctuelles lors des conventions annuelles de Fairport Convention pour le plus grand plaisir de leurs fans qui ne l'ont pas oubliée. La plus marquante d'entre elles sera celle de 1997 fêtant les trente ans du groupe.

Talking With Strangers symbolise donc son véritable retour avec comme ambition affichée, celle de réaliser un album des plus attachants doté d'une grande sensibilité, tout à son image. 

Judy Dyble Talking With Strangers
Judy Dyble - Talking With Strangers
(2009)

Musiciens


Judy Dyble : chant, autoharpe

Tim Bowness : chant, guitare électrique
Celia Humphris : chant
Jacqui McShee : chant
Julianne Regan : chant
Alistair Murphy : guitares, claviers
Robert Fripp : guitare électrique
Harry Fletcher : guitare électrique
Paul Robinson : guitare électrique
Jeremy Salmon : guitare électrique
Simon Nicol : guitare acoustique
John Gillies : guitare acoustique
Marc Fletcher : basse
Pat Mastelotto : batterie, percussions
Ian McDonald : flûte, saxophone, ukulélé
Rachel Hall : violon
Laurie A'Court : saxophone
Sanchia Pattinson : hautbois

Titres


01. Neverknowing
02. Jazzbirds
03. C'est La Vie
04. Talking With Strangers
05. Dreamtime
06. Grey October Day
07. Harpsong