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dimanche 9 avril 2017

Life Line Project - Distorted Memories (2010)

Life Line Project Distorted Memories
Life Line Project - Distorted Memories
(2010)
La musique progressive n'est pas une musique qui s'aborde facilement. Pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut se donner du temps, savoir y revenir, encore et encore avec beaucoup d'attention. C'est seulement au bout de plusieurs écoutes que l'on peut enfin la savourer pleinement, distinguer toutes ses nuances et prendre un plaisir incommensurable. L'œuvre entière d'Erik de Beer et de son Life Line Project est de cette veine. Et Distorted Memories n'échappe pas à cette règle.

Comme toujours, Erik y joue d'une multitude d'instruments : guitares, claviers (synthétiseurs, piano, clavecin, Moogs), luth, mandoline, chitarrone. Il sait aussi brillamment s'entourer, notamment des élèves de son école de musique. De The King, nous retrouvons avec plaisir Maruscka Kartosonto et son chant haut perché évoquant une nouvelle fois celui de la grande Annie Haslam de Renaissance, son épouse Elsa de Beer à la flûte, Dineke Visser au hautbois, Jody van der Gijze aux guitares et aux chœurs, ainsi que Ludo de Murlanos à la batterie et aux percussions.

A cet ensemble solidement constitué, s'ajoutent la violoniste Josine Fraaij aux interventions lumineuses, notamment lors de l'hommage à Vivaldi sur la chanson titre, ou encore pendant sa confrontation avec le jeune guitariste Jason Eekhout sur Caelum Aurum qu'il a composé. On lui doit également le court Ignition qui ouvre de manière percutante ce Distorted Memories aux multiples surprises. C'est également lui qui a conçu l'étrange pochette de l'album. La basse, impressionnante de précision, est jouée par Iris Sagan. Son travail est remarquable sur Distorted Memories, Reaper Of The Keys et Steam Roller où elle se retrouve en parfaite osmose avec Ludo et ses fûts acérés.

Musique classique, rock symphonique typé seventies, jazz, folk (The Dancing Dutchess est la réadaptation d'une chanson traditionnelle néerlandaise) sont autant d'ingrédients savamment parsemés tout au long de ce Distorted Memories qui saura séduire, à ne pas en douter, les amateurs de musiques progressives les plus exigeants et toute personne curieuse ne craignant pas de sortir des sentiers battus. Heureusement que des artistes comme Erik sont encore là pour faire vivre la musique et la rendre passionnante, bien loin de ce que la radio et autres médias de masse osent encore nous proposer.



Musiciens


Erik de Beer : guitares, claviers, mandoline, luth, chitarrone, chœurs
Maruschka Kartonso : chant
Jason Eekhout : guitares
Jody van der Gijze : guitares, chœurs
Josine Fraaij : violon
Elsa de Beer : flûtes
Dineke Visser : hautbois
Iris Sagan : basse
Ludo de Murlanos : batterie, percussions

Titres


01. Ignition
02. Distorted Memories
03. Life Line Suite 2010
04. Frozen Heart
05. Caelum Aurum
06. Interlude
07. Reaper Of The Keys
08. P.C. Left Is Right
09. Acoustic Spring
10. Steam Roller
11. The Final Word
12. The Dancing Dutchess (Bonus Track)


jeudi 8 septembre 2016

Life Line Project - The King (2009)

Life Line Project The King
Life Line Project - The King (2009)
La vie tumultueuse d'Erik de Beer, l'âme de Life Line Project, mériterait à elle seule un roman. 

Ce multi-instrumentiste néerlandais s'initie dans sa jeunesse au rock progressif en intégrant le groupe J. S. Quasar en 1975. Attention, ce Quasar n'a rien à voir avec celui de Keith Turner et Tracy Hitchings. Afin de parfaire sa formation musicale, il entre au conservatoire de musique puis devient professeur de guitare et de claviers à sa sortie. 

En 1988, il crée le concept Life Line Project où la musique symphonique est reine et le rock progressif roi. Il y joue de tous les instruments et s'accompagne parfois de chanteuses. Mais faute de moyens, aucun album n'est alors enregistré. 

A partir de 1995, il fonde Tempesta Consort, ensemble baroque avec lequel il enregistre une soixantaine de disques jusqu'en 2003. Il faut dire que les musiciens se sont construits une solide réputation en jouant des morceaux rares et souvent oubliés. Encouragé par ce succès, Erik décide de relancer son ancien groupe. Grâce à la vente des disques de Tempesta Consort, il possède enfin suffisamment d'argent pour entrer en studio avec Life Line Project. 

En 2006, il choisit donc d'enregistrer The King, vieux morceaux épique d'une quarantaine de minutes composé dans les années 70. Cette pièce relate l'ascension et la chute d'un dictateur se servant de la démocratie ainsi que de la religion  pour conquérir le monde. A l'époque, Erik avait en tête Ceaucescu, le tyran communiste roumain. En 2006, c'est plutôt George W. Bush qu'il imagine dans ce rôle. Les temps changent, pas les hommes...

Mais voilà, le projet prend une toute autre dimension lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale. Selon les médecins, ses jours sont comptés. Ou presque... car il s'agissait, en fait, d'une erreur de diagnostique. Néanmoins, plus rien ne sera jamais comme avant.

The King voit enfin le jour en 2009, après moult changements et réécritures. Quatre titres précèdent la pièce maîtresse qui se divise en dix parties. On tendra une oreille toute particulière à Is This The End? interprété par Maruschka Kartosonto dont le chant haut perché n'est pas sans évoquer la légendaire Annie Haslam de Renaissance. Cet émouvant morceau devait être sa dernière composition, il a été écrit au moment où Erik pensait mourir. 

The King est un album ambitieux doté d'une très grande richesse musicale. Il s'inscrit dans la droite lignée de la musique symphonique des années 70. ELP, Renaissance déjà cité, ou Mike Oldfield sont les premières références venant à l'esprit. Les grands noms tels que Berlioz ne sont pas loin non plus. 

Hautbois, clarinettes, basson, flûtes, guitares électriques, synthétiseurs analogiques, orgue se mêlent pour donner naissance à une œuvre vivante et artisanale. Ce dernier terme doit être compris dans un sens positif. Erik est, en effet, un véritable artisan. Il n'utilise aucun ordinateur pour synchroniser l'ensemble au risque de laisser quelques imperfections. Ce choix assumé permet à la musique de s'exprimer en toute liberté et cela la rend encore plus belle. 

Construit sur le même modèle que Scheherazade And Other Stories de Renaissance, The King a toute sa place à proximité de cet intemporel classique. 




Musiciens


Erik de Beer : guitares, claviers, mandoline, luth, chitarrone, chœurs
Maruschka Kartonso : chant
Peter van der Stel : chant
Yvette Vrij : chant
Jody van der Gijze : chœurs
Elsa de Beer : flûtes
Dineke Visser : hautbois
Anneke Verhagen : clarinette
Ada Bienfait : basson
Jessica ter Horst : flûtes
Bram Vroon : guitares
Remon Bergwerff : basse
Ludo de Murlanos : batterie, percussions

Titres


01. Opening
02. Is This The End?
03. Free Passage
04. Dusk
05. The King