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vendredi 9 juin 2017

Loreena McKennitt - The Visit (1991)

Loreena McKennitt The Visit
Loreena McKennitt - The Visit (1991)
Loreena McKennitt poursuit sa mue avec The Visit disponible en 1991. Tout en continuant à explorer les civilisations celtiques anciennes, elle élargit son champ de recherche en regardant davantage vers l'Orient et le Sud. All Souls Nights en ouverture et l'instrumental Tango To Evora sont le résultat de cette nouvelle orientation.  

Les neuf titres présentés se partagent entre compositions originales, à l'instar des deux titres cités ci-dessus, chansons folkloriques traditionnelles comme le célèbre Greensleeves ou Bonny Portmore, et adaptation de textes d'auteurs classiques. Shakespeare est l'un d'eux. Loreena a utilisé un extrait de sa pièce Cymbeline mettant en scène le roi breton du même nom en proie à l'invasion des Romains. Morceau fleuve de onze minutes, le texte de Lady Of Shalott est signé Alfred Lord Tennyson, célèbre poète de l'époque victorienne. La chanteuse narre sous forme de complainte l'histoire tragique d'une princesse qui ne peut voir le monde que par l'intermédiaire d'un miroir et qui tisse ce qu'elle voit sur une tapisserie.

Outre son intérêt manifeste pour l'histoire, Loreena aborde d'autres thèmes qui lui sont chers. Bonny Portmore et Courtyard Lullaby sont toutes deux, à leur manière, porteuses d'un message écologique. La première est un hymne au Grand Chêne du château de Portmore en Irlande, en réponse aux forêts dévastées par l'homme au fil des siècles sur cette terre celte. La seconde fait référence au mystérieux cycle des saisons. Poussant encore plus loin sa réflexion, Loreena s'interroge également sur la place de chacun dans ce monde, ainsi que sur notre relation avec l'au-delà, à travers All Souls Nights, Cymbeline ou bien l'intense The Old Ways, un des plus beaux titres de son répertoire.

Déjà présent sur l'album précédent Parallel Dreams, Brian Hughes est passé du statut de simple musicien à celui de coproducteur. Autre futur pilier de l'équipe de Loreena, l'archer Hugh Marsh fait ici une première apparition remarquée au fiddle. Comme à l'accoutumée, instruments traditionnels (harpe, accordéon, sitar, violoncelle, cornemuse, balalaika, bodhran...) côtoient le plus naturellement du monde instruments modernes contemporains. 

The Visit est un album de transition dans la carrière de la chanteuse qui regarde désormais vers de nouveaux horizons. Les suivants ne feront qu'accentuer et préciser cette nouvelle option qui s'annonce des plus passionnantes. 


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, claviers, accordéon, harpe, bodhran

Brian Hughes : guitares, balalaika
George Koller : basse, fiddle, violoncelle, percussions, sitar
Tom Hazlett : basse
Al Cross : batterie
Rick Lazar : percussions
Anne Bourne : violoncelle
Patrick Hutchinson : cornemuse
Hugh Marsh : fiddle

Titres


01. All Souls Nights
02. Bonny Pormore
03. Between The Shadows
04. The Lady Of Shalott
05. Greensleeves
06. Tango To Evora
07. Courtyard Lullaby
08. The Old Ways
09. Cymbeline

vendredi 3 mars 2017

Loreena McKennitt - The Wind That Shakes The Barley (2010)

Loreena McKennitt The Wind That Shakes The Barley
Loreena McKennitt - The Wind
That Shakes The Barley (2010)
A un moment ou un autre, nous avons tous besoin de retrouver nos racines. Loreena McKennitt l'a exprimé en 2010 avec The Wind That Shakes The Barley. S’inscrivant dans la continuité de ses trois premiers albums sortis il y a un quart de siècle (Elemental, To Drive The Cold Winter Away, Parallel Dreams), Loreena revisite neuf titres issus essentiellement du folklore irlandais. 

Bien que Canadienne, la famille de Loreena trouve ses origines en Irlande et en Écosse, ce qui explique en partie sa fascination de toujours pour la civilisation celtique et sa culture. Dans les années 90, elle s'en était éloignée pour mieux s'ouvrir sur le monde. Sa musique était alors apparentée "world". Durant deux décennies, elle explore de nouveaux univers sans pour autant tourner définitivement la page de sa première passion qui continue à l'animer.

Entourée de ses fidèles musiciens, en premier lieu Brian Hughes, Hugh Marsh, Caroline Lavelle et Ben Grossman, Loreena déploie toute une palette d'instruments traditionnels, de la harpe celtique aux flûtes irlandaises en passant par le bodhran, la cornemuse, le bouzouki, la mandoline ou la vielle à roue. Chaque titre devient ainsi suffisamment habillé pour accompagner cette voix magique comme nulle autre.

As I Roved Out, The Wind That Shakes The Barley, Brian Boru's March, The Star Of The County Down et The Parting Glass sont tous des classiques de la musique irlandaise. Écrite par le poète et médecin Robert Dwyer Joyce au XIXe siècle, la chanson titre est probablement la plus connue. Immortalisée dans les années 90 par Dead Can Dance, cette ballade parle d'un jeune Irlandais prêt à sacrifier sa relation amoureuse lors de la rébellion de 1798 contre l'occupant anglais.

Entre, Loreena glisse l'instrumental inédit The Emigration Tune composé par ses soins ainsi que The Death Of Queen Jane. Cette autre ballade, typiquement anglaise, décrit les derniers instants précédents l’exécution de Lady Jane Grey, héritière d'Edouard VI, proclamée reine d'Angleterre à l'âge de seize ans en février 1554, destituée neuf jours après son couronnement et décapitée à la Tour de Londres sur ordre de Marie Tudor, également prétendante au trône. A écouter en admirant le tableau de Paul Delaroche, Le Supplice de Jane Grey (1833).

Années après années, albums après albums, Loreena est une artiste qui ne déçoit jamais, quelle que soit l'option musicale choisie. Avec The Wind That Shakes The Barley, non seulement elle suit la trace de ses ancêtres, mais elle revient également à une certaine forme de simplicité. 



Musiciens


Loreena McKennitt : chant, claviers, harpe, accordéon

Brian Hughes : guitare, bouzouki
Hugh March : violon
Caroline Lavelle : violoncelle
Ben Grossman : percussions, vielle à roue
Ian Harper : uilleann pipes, whistle
Tony McManus : guitare acoustique
Jeff Bird : basse, mandoline
Pat Simmonds : guitare acoustique, accordéon
Andrew Collins : mandoline
Brian Taheny : mandoline
Chris Gartner : basse
Andrew Downing : basse
Jason Fowler : guitare acoustique

Titres


01. As I Roved Out
02. On A Bright May Morning
03. Brian Boru's March
04. Down By The Sally Gardens
05. The Star Of The County Down
06. The Wind That Shakes The Barley
07. The Death Of Queen Jane
08. The Emigration Tunes
09. The Parting Glass

jeudi 23 février 2017

Loreena McKennitt - Parallel Dreams (1989)

Loreena McKennitt Parallel Dreams
Loreena McKennitt -
Parallel Dreams (1989)
"Les rêves nous transportent au pays de l'imaginaire, mais ils sont aussi un rite de passage du conscient vers l'inconscient, du réel vers l'irréel, et de l'extraordinaire vers l'immatériel, rite dont le but premier est d'arriver à l'union".

C'est par ces quelques mots que Loreena McKennitt présente son troisième album Parallel Dreams, disponible en 1989. Dans la longue discographie de la chanteuse à la voix exceptionnelle, ce disque ne constitue pas une rupture, mais une (r)évolution toute en douceur.

Comme sur les précédents opus, l'héritage des Celtes demeure au cœur de la création artistique. Si Loreena navigue bien en terre connue, elle a néanmoins étoffé son offre musicale en s'enrichissant de la présence de musiciens invités. C'est là la principale nouveauté. Auparavant intimiste, sa musique bénéficie désormais de l'apport d'instruments nouveaux que sont le violon, le violoncelle, certaines percussions, la cornemuse, la basse, la mandoline ou encore la guitare. Cette dernière est jouée par Brian Hughes, début d'une longue et fructueuse collaboration entre les deux artistes qui traversera les décennies. 

Autre nouveauté, pour la première fois, les compositions personnelles sont plus nombreuses que les reprises de chants traditionnels. Parmi ceux-ci, Annachie Gordon qui trouve sa source dans l'Écosse médiévale. Tout au long de ses huit minutes, Loreena narre, telle un troubadour, cette tragédie rocambolesque d'un amour impossible à la Roméo et Juliette. L'héroïne se prénomme Jeannie. Contrainte par son père, elle se voit obligée d'épouser un lord pour lequel elle n'éprouve aucun sentiment. L'élu de son cœur n'est autre qu'un certain Annachie Gordon. Et cette histoire dramatique finira mal, très mal...

Toute aussi émouvante, mais dans un registre différent, Breaking Silence a été écrite par Loreena. Cette très belle chanson est dédiée au combat quotidien mené par Amnesty International. Près de vingt ans après, elle demeure toujours d'actualité ; bien des silences nécessitent encore d'être brisés. 

Si Parallel Dream a été conçu comme une invitation au rêve, Loreena n'en oublie pas moins le monde qui l'entoure. A cette triste réalité, elle entrouvre, l'espace d'un instant, une fenêtre vers un ailleurs dans lequel il fait bon de regarder et voguer tranquillement l'âme apaisée.


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, claviers, ukelin, bodhran, whistle

Brian Hughes : guitare, basse
David Woodhead : mandoline, accordéon
Oliver Schroer : violon
George Koller : violoncelle, basse, percussions
Patrick Hutchinson : cornemuse
Rick Lazar : percussions
Al Cross : percussions
Ratesh Dasj : tablas
Shelly Berger : pzud, basse

Titres


01. Samain Night
02. Moon Cradle
03. Huron 'Beltane' Fire Dance
04. Annachie Gordon
05. Standing Stones
06. Dickens' Dublin (The Palace)
07. Breaking The Silence
08. Ancient Pines

jeudi 9 février 2017

Loreena McKennitt - To Drive The Cold Winter Away (1987)

Loreena McKennitt To Drive The Cold Winter Away
Loreena McKennitt - To Drive
The Cold Winter Away (1987)
To Drive The Cold Winter Away, le deuxième album de Loreena McKennitt sorti en 1987, est intimement lié à ses souvenirs d'enfance.

Dans sa jeunesse, Loreena avait été impressionnée que les chants et cantiques captés dans les églises et autres endroits sacrés conservaient si bien l'atmosphère et les traditions propres à ces lieux. Son souhait était donc de reproduire cette ambiance mystique dans son nouveau disque. C'est pourquoi les enregistrements se sont déroulés sans artifices dans trois lieux spirituels, une vieille bâtisse isolée au milieu de la nature irlandaise, un ancien monastère de ce même pays et une église du XIXe siècle au Canada.

Le répertoire sélectionné est essentiellement composé de chants traditionnels anglais célébrant Noël et la période hivernale. In Praise Of Christmas, datant du XVIIe siècle, autrement connu sous le nom de To Drive The Cold Winter Away, est de ceux-là et a donné son nom à l'album. Simplement accompagnée de Shannon Purves-Smith à la viole, Loreena est seule au chant, à la harpe et à l'accordéon. Sur les autres titres, eux aussi dépouillés à l'extrême, elle joue en plus des instruments déjà cités des percussions et de la flûte irlandaise. Elle interprète même a cappella Let All That Are To Mirthinclined duquel se laisse entendre un lointain son de cloche, et Balulalow, ce qui permet de découvrir au mieux l'acoustique des lieux. Ce dernier titre est un classique écossais remontant à la fin du XVIe siècle. Sting l’interprétera par la suite en 2009 sur If On A Winter's Night... . Encore plus ancien puisque datant du XIIe siècle, The Wexford Carol est un chant religieux irlandais célébrant la Nativité du Christ.

Aux côtés de ces intemporels, Loreena livre trois compositions personnelles. Banquet Hall et The Stockford Carol sont deux instrumentaux joués à la seule harpe. Elle a également signé la musique de Snow aux paroles extraites d'un poème du même nom d'Archibald Lampman, célèbre poète canadien du XIXe siècle qui glorifiait la vie rurale et la beauté de la nature.

Avec To Drive The Cold Winter Away, peut-être le plus méconnu de ses albums, Loreena joue la carte de l'authenticité en démontrant que tout superflu est inutile lorsqu'on souhaite toucher au plus près le divin. 


Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, accordéon, flûte irlandaise, percussions

Cedric Smith : chant
Shannon Purves-Smith : viole

Titres


01. In Praise Of Christmas
02. The Seasons
03. The King
04. Banquet Hall
05. Snow
06. Balulalow
07. Let Us The Infant Greet
08. The Wexford Carol
09. The Stockford Carol
10. Let All That Are To Mirthinclined

vendredi 30 décembre 2016

Loreena McKennitt - Elemental (1985)

Loreena McKennitt Elemental
Loreena McKennitt - Elemental
(1985)
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Loreena McKennitt est Canadienne. Certes, elle est issue d'une famille d'origines irlandaise et écossaise, mais c'est bien au pays à la feuille d'érable qu'elle est née et a grandi. Au cours des années 70, elle découvre la musique celtique, notamment à travers le Breton Alan Stivell, et cela devient une passion. En 1985, elle crée Quinlan Road, son propre label basé à Stratford, dans l'Ontario. Elemental est sa toute première production. Fabriqué de manière artisanale, il s'en vendra plus de 100 000 exemplaires.

Sur ce disque, Loreena chante et joue quasiment de tous les instruments : harpe, accordéon et guitare, le tout accompagné de discrètes nappes synthétiques. Pour certains titres, elle a fait appel à de invités. Pat Mullin joue du violoncelle sur Stolen Child, l'instrumental The Lark In The Clear Air et Lullaby. Toujours sur Stolen Child, George Greer le rejoint à la basse. A la guitare et au chant, on retrouve le comédien Cedric Smith sur Carrighfergus et Kellwater. Lullaby voit un autre acteur, le vénérable Douglas Campbell, lire un texte du célèbre poète anglais William Blake. 

Adapter en musique des textes d'auteurs classiques deviendra une marque de fabrique de Loreena. Le poignant Stolen Child en est un autre exemple avec ses paroles signées du grand poète irlandais William Butler Yeats. Autre singularité, son art, comme nul autre, de revisiter des chansons traditionnelles du folklore britannique. Blacksmith en ouverture, le splendide She Moved Through The Fair dans un version a cappella féerique, et Carrighfergus du nom d'une ville d'Irlande du Nord, en sont l'illustration. 

Loreena McKennitt c'est avant tout une Voix, voix authentique au service de sa musique puisant son inspiration dans l'histoire, les mondes celtiques et la nature environnante. Cette nature, on l'entend à travers cet Elemental où gazouillis d'oiseaux, ondoiements de vagues, tintements de cloches et bien d'autres sons ont été échantillonnés et distillés tout au long de ce disque respirant la bonté ainsi qu'une certaine bienveillance accompagnée d'une pointe de mélancolie. 



Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, accordéon, claviers

Pat Mullin : violoncele
George Greer : basse
Douglas Campbell : narration
Cedric Smith : chant, guitare

Titres


01. Blacksmith
02. She Moved Through The Fair
03. Stolen Child
04. The Lark In The Clear Air
05. Carrighfergus
06. Kellswater
07. Banks Of Claudy
08. Come By The Hills
09. Lullaby

samedi 23 avril 2016

Loreena McKennitt - From Istanbul To Athens (2009)

Loreena McKennitt From Istanbul To Athens
Loreena McKennitt -
From Istanbul To Athens (2009)
Sorti en 2009, From Istanbul To Athens est le troisième album en concert de Loreena McKennitt. Il fait partie du coffret A Mediterranean Odissey comprenant également la compilation The Olive And The Cedar axée sur les titres du répertoire de la Reine des Celtes évoquant la Méditerranée, ses civilisations anciennes ou actuelles. 

Quel qu'il soit, un disque de Loreena rime toujours avec invitation au voyage. Deux ans auparavant, avec Nights From The Alhambra, elle nous faisait découvrir les mystères de l'Espagne. Cette fois-ci, elle nous entraîne sur les côtes orientales de la Méditerranée. Lors de sa tournée de juin 2009, l'artiste s'est produite successivement en Turquie, en République turque de Chypre du Nord, au Liban, en Hongrie, en Italie (Sicile), puis en Grèce où elle a joué notamment dans la cité antique de Patras. From Istanbul To Athens rassemble différents extraits de cette odyssée, dix au total pour 56 minutes de musique. 

Deux de ses précédents disques sont particulièrement mis en valeur. La moitié des titres sélectionnés proviennent initialement de An Ancient Muse, l'album marquant son retour après dix longues années de silence, et trois de The Mask And The Mirror (The Dark Night Of The Soul, Santiago, Full Circle). Marco Polo se trouve sur The Book Of Secrets et Tango To Evora sur The Visit

Authenticité, intensité et émotion sont les trois maîtres-mots de ce From Istanbul To Athens. Loreena est flamboyante, tout comme les musiciens qui l'accompagnent. The Gates Of Istanbul, Caravanserai, Beneath A Phrygian Sky ou encore Tango To Evora demeurent des moments forts, du genre de ceux que l'on souhaiterait sans fin. 

Loreena McKennitt -
A Mediterranean Odyssey (2009)

Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, accordéon, claviers

Brian Hughes : oud, guitares, bouzouki
Simon Edwards : basse
Clive Deamer : batterie, percussions
Ben Grossman : vièle, percussions
Caroline Lavelle : violoncelle
Hugh Marsh : violon
Stratis Psaradellis : lyre, luth
Panos Dimitrakopoulos : qanûn
Haig Yazdjian : oud

Titres


01. The Gates Of Istanbul
02. The Dark Night Of The Soul
03. Marco Polo
04. Penelope's Song
05. Sacred Shabbat
06. Caravanserai
07. Santiago
08. Beneath A Phrygian Sky
09. Tango To Evora
10. Full Circle

samedi 5 décembre 2015

Loreena McKennitt - A Midwinter Night's Dream (2008)

Loreena McKennitt A Midwinter Night's Dream
Loreena McKennitt -
A Midwinter Night's Dream (2008)
A Mindwinter Night's Dream est un album hybride constitué d'une part des cinq titres de A Winter Garden sorti en 1995, et d'autre part, de huit autre morceaux évoquant eux aussi l'esprit de Noël et les fêtes traditionnelles avec leurs chants si particuliers.

Il faut bien avouer que ce type de répertoire sied à merveille à l'univers musical de Loreena McKennitt. L'écho des lointains troubadours du Moyen Âge se laisse aisément entendre sur Noël Nouvelet !, classique du XVIe siècle que Loreena interprète en vieux français. Avec Good King Wenceslas, ceux sont ses anciens compagnons celtes qui resurgissent du fond des siècles. A leurs côtés, le célèbre barde breton Dan Ar Braz est venu prêter main forte à la guitare acoustique. La bonne humeur des pubs irlandais se retrouve dans Gloucestershire Wassail repris en chœur a cappella.

Les influences orientales ne sont pas non plus abandonnées, notamment sur God Rest Ye Merry, Gentlemen que l'on croirait tout droit sorti de son précédent album, An Ancient Muse. Grâce à la magnifique adaptation de In The Bleak Midwinter (harpe, guitare acoustique, violon, violoncelle), Loreena rappelle à ses auditeurs combien Gustav Holst était un grand compositeur. Mais le summum est atteint avec l'interprétation toute spirituelle, pour ne pas dire religieuse, d'Emmanuel. Joanne Hogg, Sarah Lacy et Marlou van Essen se sont déjà aventurées dans la reprise de cette hymne chrétien, chacune ayant apporté son particularisme et ses émotions.  

Outre cet esprit champêtre si bien illustré par la pochette conçue par John Nobrega, A Mindwinter Night's Dream est également le symbole de l'amitié et de la fidélité. En effet, quand on regarde de plus près le crédit des musiciens, on constate que nombre de ceux qui accompagnaient déjà Loreena en 1995, sont toujours présents à ses côtés treize ans plus tard. Parmi eux, nous pouvons citer le guitariste Brian Hughes, le percussionniste Rick Lazar, le violoniste Hugh Marsh et la violoncelliste Caroline Lavelle. C'est d'ailleurs à partir de A Winter Garden que cette dernière a débuté sa collaboration avec Loreena. Cette musicienne britannique qui a trois albums solos à son actif (Spirit - 1995, Brilliant Midnight - 2001, A Distant Bell - 2004) a joué, entre autres, avec Hector Zazou, Vangelis, Peter Gabriel, Mary Black, Tarja, Massive Attack, Radiohead ou Muse.

Idéal pour les fêtes de fin d'année, A Mindwinter Night's Dream n'est sans doute pas un album majeur dans la discographie de la chanteuse canadienne, mais il n'en demeure pas moins un disque attachant porteur d'une grande sérénité. 

Loreena McKennitt A Winter Garden
Loreena McKennitt -
A Winter Garden (1995)

Musiciens


Loreena McKennitt : chant, harpe, claviers, piano, accordéon

Abdelli : chant, mandole
Waiel Abo Baker Ali : violon
Bob Berry : chant
Gill Berry : chant
Dan Ar Braz : guitare acoustique
Aidan Brennan : guitare acoustique
Bernard Coulter : chant
Simon Edwards : basse, marimbula, sintir
Ben Grossman : vièle, percussions
Brian Hughes : guitares, bouzouki
George Koller : basse
Caroline Lavelle : violoncelle
Rick Lazar : percussions
Hugh Marsh : violon
Stratis Psaradellis : lyre grecque, luth grec
Donald Quan : tabla, alto, accordéon
Hossam Ramzy : percussions
Ellen Robotham : chant
Philippa Toulson : chant
Eddie Upton : chant
Robert A. White : bombarde, uilleann pipes, whistle

Titres


01. The Holly & The Ivy
02. Un Flambeau, Jeannette, Isabelle
03. The Seven Rejoices Of Mary
04. Noël Nouvelet !
05. Good King Wenceslas
06. Coventry Carol
07. God Rest Ye Merry, Gentlemen
08. Snow
09. Breton Carol
10. Seeds Of Love
11. Gloucestershire Wassail
12. Emmanuel
13. In The Bleak Midwinter

mercredi 25 novembre 2015

Loreena McKennitt - Nights From The Alhambra (2007)

Loreena McKennitt Nights From The Alhambra
Loreena McKennitt -
Nights From The Alhambra (2007)
Un concert de Loreena McKennitt, c'est toujours un moment magique. Mais quand la grande prêtresse des Celtes réunit une poignée de fidèles dans un lieu aussi chargé d'histoire que le palais de Charles Quint à l'Alhambra (Grenade - Espagne), la représentation se mue en une véritable cérémonie mystique.

Du morceau d'ouverture, le si bien nommé The Mystic's Dream (The Mask And Mirror, 1994) à Cymbeline (The Visit, 1991), dernier titre interprété en rappel, en passant par She Moved Through The Fair (Elemental, 1985) héritage de l'ancien temps des Celtes, ainsi que par un Caravanserai (An Ancient Muse, 2006) aux sonorités plus orientales, Loreena McKennitt revisite tous les moments forts de son répertoire durant plus d'une heure trente.

Elle profite donc de se laps de temps pour donner une nouvelle vie à ses chansons, dont certaines sont nées il y a plus de vingt ans. Les douze musiciens (apôtres ?) autour d'elle, comme envoûtés par cette voix exceptionnelle, livrent une prestation d'une beauté sans nom, aux frontières du sacré. Tout au long de la cérémonie, Loreena jongle entre sa harpe traditionnelle, son accordéon dynamique et son piano mélancolique. A ses côtés, se tiennent ses vieux compagnons de route parmi lesquels la violoncelliste Caroline Lavelle, le guitariste Brian Hughes, authentique chef d'orchestre, ou bien le violoniste Hugh Marsh, flamboyant sur Santiago. Qanûn, lyre et oud sont, quant à eux, joués par des musiciens d'origine grecque (Panos Dimitrakopoulos, Sokratis Sinopoulos) ou arménienne (Haig Yazdjian).

Ce concert, donné en septembre 2006, est également l'occasion de découvrir un titre rare du répertoire de la chanteuse, Raglan Road. Disponible, jusqu'alors, uniquement sur quelques pressages d'An Ancient Muse, les paroles de cette chanson sont extraites d'un poème publié en 1946 par Patrick Kavanagh, fameux écrivain irlandais. Quatre mots la résument : voix, piano, violoncelle, émotion. Autre moment fort du spectacle, la version mémorable de The Old Ways empreinte d'une nostalgie portée à la fois par le chant haut perché de Loreena, le violoncelle grave de Caroline Lavelle et le violon transcendantal d'Hugh Marsh. 

Nights From The Alhambra est incontestablement une des plus belles pièces de l'artiste canadienne. De plus, publiée sous forme de coffret, elle privilégie l'image (DVD) et le son (2 CD). S'il nous fallait en conserver une seule, sans la moindre hésitation, ce serait cette œuvre.  

Musiciens


Loreena McKennitt : chant, piano, accordéon, harpe

Tal Bergmann : batterie, percussions
Panos Dimitrakopoulos : qanûn
Nigel Eaton : vielle
Steáfán Hannigan : uilleann pipes, bodhran, percussions
Brian Hughes : guitares, oud, bouzouki
Tim Landers : basse
Caroline Lavelle : violoncelle
Rick Lazar : percussions
Hugh Marsh : violon
Donald Quan : alto, claviers, tabla
Sokratis Sinopoulos : lyre
Haig Yazdjian : oud

Titres


1.01. The Mystic's Dream
1.02. She Moved Through The Fair
1.03. Stolen Child
1.04. The Mummer's Dance
1.05. Penelope's Song
1.06. Marco Polo
1.07. The Bonny Swans
1.08. Dante's Prayer
1.09. Caravanserai

2.01. Bonny Portmore
2.02. Santiago
2.03. Raglan Road
2.04. All Soul Night
2.05. The Lady Of Shalott
2.06. The Old Ways
2.07. Never-ending Road (Ahmrán Duit)
2.08. Huron 'Beltane' Fire Dance
2.09. Cymbeline

mercredi 18 novembre 2015

Loreena McKennitt - An Ancient Muse (2006)

Loreena McKennitt An Ancient Muse
Loreena McKennitt -
An Ancient Muse (2006)
Quand l'Occident rencontre l'Orient, tel aurait pu s'intituler le septième album de Loreena McKennitt, revenue après neuf longues années silencieuses. Finalement, ce sera An Ancient Muse.

Cet album est le fruit d'une quête mystique. La dernière Reine des Celtes est parti sur les routes du monde à la recherches de traces secrètes de ce peuple mystérieux. Son périple l'a conduite sur la Route de la soie, jusqu'en Chine, puis en Mongolie. Les morceaux Caravanserai et Kecharitomene en sont directement inspirés. Elle s'est rendu également en Jordanie, en Turquie, en Grèce où elle a visité des lieux mythiques chargés d'histoire comme Pétra, Istanbul ou Delphes.

Enregistré aux célèbres studios Real World de Peter Gabriel, les neuf titres allient modernité et traditions, traditions orientales (Incantation, The Gates Of Istanbul, Sacred Shabbat), celtes et occidentales (The English Ladye And The Knight aux paroles tirées d'un poème de l'écrivain écossais Walter Scott, Never-Ending Road). Nyckelharpa, qanûn, bouzouki et autres uilleann pipes enrichissent cette musique toujours aussi originale, au même titre que les "traditionnels" guitares électriques et synthétiseurs des temps modernes.

Clairvoyante sur son rôle, Loreena écrivait dans le livret, en 2006 : "Toujours aussi consciente que nous devons assumer le poids du passé et être à l'écoute des leçons que nous enseignent les voix disparues, je maintiens encore l'intime conviction que nous sommes le point culminant de toute l'histoire qui nous précède et que ce qui nous unit les uns aux autres doit nécessairement être plus important que ce qui nous sépare. Aussi, j'entretiens encore l'espoir qu'en aspirant à créer un climat qui encourage l'harmonie et la diversité intégrée, l'ensemble de nos croyances sauront nous guider vers un avenir garant de notre pérennité en respect de la force de vie qui nous anime". 

En cette fin d'année 2015, en France notamment, mais ailleurs dans le monde également, ces mots n'ont jamais sonné aussi juste. Aujourd'hui, plus que jamais, ils prennent tout leur sens et se doivent de résonner en chacun d'entre nous. 

Musiciens


Loreena McKennitt : chant, claviers, accordéon, percussions

Brian Hughes : guitares, vocal drone, bouzouki, oud
Charlie Jones : basse
Tim Landers : basse
Tal Bergman : batterie, percussions
Clive Deamer : batterie
Manu Katché : batterie
Stuart Bruce : percussions vocal drone
Ed Hanley : percussions
Jason Hann : percussions
Rick Lazar : percussions
Hossam Ramzay : percussions
Evangelos Karipis : percussions
Andreas Papas : percussions
Panos Dimitrakopoulos : qanûn
Nigel Eaton : vielle
Ben Grossman : vielle
Steáfán Hanningan : clarinette, uilleann pipes, vocal drone
Georgios Kontogiannis : bouzouki
Caroline Lavelle : violoncelle
Annbjorg Lien : nyckelharpa
Hugh Marsh : violon
Donald Quan : alto, vocal drone
Marco Migliari : vocal drone
Sokratis Sinopoulos : lyre
Haig Yazdjian : oud

Titres


01. Incantation
02. The Gates Of Istanbul
03. Caravanserai
04. The English Ladye And The Knight
05. Kecharitomene
06. Penelope's Song
07. Sacred Shabbat
08. Beneath A Phrygian Sky
09. Never-Ending Road (Amhrán Duit)