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dimanche 26 février 2017

Hayley Griffiths - Silver Screen (2010)

Hayley Griffiths Silver Screen Karnataka
Hayley Griffiths - Silver Screen (2010)
Avant d'intégrer Karnataka en 2011, Hayley Griffiths a sorti deux albums sous son nom. Silver Screen, disponible en 2010, est le premier d'entre eux.

La jeune Hayley, originaire du Surrey, comté du sud de l'Angleterre, a débuté les cours de chant dès l'âge de six ans avec le soutien de ses parents qui ne cesseront de l'encourager. Elle poursuivra ses études dans cette voie et prendra également des cours de théâtre. Son ambition était de devenir actrice ou chanteuse.

A dix-huit ans, elle est recrutée pour participer à Riverdance, ce formidable spectacle folklorique irlandais. Avec la troupe, elle entame son premier tour du monde et se produit aussi bien en Russie qu'au Japon ou en Chine. Puis, elle passe des auditions et est sélectionnée pour jouer le rôle de la déesse Erin dans Lord Of The Dance, autre spectacle à succès abordant l'histoire et la mythologie irlandaise. 

L'idée d'un album solo germe dans sa tête au cour de l'année 2007. Sur recommandation d'un proche, elle envoie une maquette au label américain Surefire Music Group localisé à Boston. Séduite, la maison de disque, pourtant spécialisée dans le R&B et le hip-hop, accepte de collaborer avec la Britannique. Totalement impliquée dans le processus, celle-ci cosignera chacune des chansons et coproduira son album.

Silver Screen comporte onze titres dont un seul dépasse légèrement les quatre minutes, le premier single Separated By Glass. Hayley a construit chaque chanson dans l'idée de raconter une histoire, comme un court métrage. Ainsi, Haunted avec son intro au piano faisant référence au thème principal du film L'Exorciste, raconte le retour d'une femme assassinée revenue hanter son meurtrier. Tout aussi dramatique, Silent As The End, le dernier titre, évoque le retour chez elle d'une mère qui a tout perdu pour cause de guerre destructrice.

On retiendra également Our Love, hymne à l'amour, qui aura la chance d'être interprétée sur scène avec Karnataka et qui figurera sur New Light - Live In Concert en 2012. Vanished, influencée par le film L'Illusionniste, semble tout droit sorti du répertoire de la chanteuse Enya. Enfin, le sympathique Blank Canvas ressemble à s'y méprendre à un extrait d'une comédie musicale à succès de Broadway.

Album pop réussit, Silver Screen  est un judicieux équilibre entre la culture musicale classique et celtique d'Hayley associée aux sons plus actuels propres au label. Sa principale qualité est de mettre avant tout en valeur la délicieuse voix de celle qui est en train de devenir une des "ladies" incontournables de la scène progressive actuelle.

    

Musiciens


Hayley Griffiths : chant

Titres


01. Prelude
02. Vanished
03. What Is A Champion?
04. Our Love
05. Wait For The Sun
06. Haunted
07. Mechanical Lives
08. Blank Canvas
09. Separated By Glass
10. Is This A Dream
11. Silent As The End

samedi 10 décembre 2016

Karnataka - The Gathering Light (2010)

Karnataka The Gathering Light
Karnataka - The Gathering Light
(2010)
The Gathering Light marque le retour en grâce d'un Karnataka que l'on pensait disparu à jamais. Certes, la formation de 2010 n'a plus rien à voir avec l'originale. Seul subsiste Ian Jones, le bassiste. Rachel Jones, devenue Cohen, s'en est allé rejoindre The Reasoning. Anne-Marie Helder et Gavin Griffiths jouent désormais au sein de Mostly Autumn. Ils ont également fondé Panic Room avec leurs vieux complices Jonathan Edwards et Paul Davies.

L'explosion du Karnataka initial remonte à l'année 2004. Elle a eu lieu un an à peine après la sortie de leur troisième album Delicate Flame Of Desire, largement salué par la critique de l'époque. Karnataka faisait alors partie des nouveaux espoirs d'un rock progressif renaissant avec chanteuses. Mais, la fin du couple Rachel-Ian a entraîné cette dissolution.

Courant 2005, Ian Jones décide contre vents et marées de poursuivre l'aventure sous ce nom. Il s'entoure alors de divers musiciens, souvent de passage, dont le claviériste espagnol Gonzalo Carrera, ex-Landmarq et ancien membre de Fragile, tribute band consacré à Yes. A partir de 2007, la formation se stabilise autour de Ian, Gonzalo, Enrico Pinna, guitariste italien, Ian Harris qui a joué auparavant de la batterie aux côté de Chris Rea, et de Lisa Fury. 

Lisa est chanteuse professionnelle depuis l'âge de 17 ans. Elle a chanté dans de nombreux clubs de jazz londoniens, collaboré à différents petits groupes locaux et s'est fait remarquée grâce à Fleetwood Bac, tribute band de Fleetwood Mac. Elle y incarnait le rôle de Stevie Nicks. Sa collaboration avec Ian Jones ne s'est pas limitée à Karnataka. Elle a aussi participé à son projet Chasing The Moonson dont on peut entendre un extrait sur la compilation Songs For Luca 2

The Gathering Light a nécessité deux ans de travail acharné, avec pour ambition de dépasser le prometteur Delicate Flame Of Desire. Ian Jones demeure l'élément central du dispositif et fait preuve d'un perfectionnisme sans faille. Le résultat final est sans appel, ce nouvel album se classe parmi les meilleurs de sa catégorie de l'année 2010.

A la fois multi-instrumentiste, compositeur principal et producteur, Jones n'en a pas pour autant étouffé ses collaborateurs. Gonzalo, Enrico et Harris ont disposé de tout l'espace nécessaire pour s'exprimer au sein des huit titres atteignant un total de soixante-dix minutes de musique. D'ailleurs, Enrico Pinna est une véritable révélation, il illumine cet album par son jeu de guitare à la fois subtil et intuitif. Il explose littéralement, tel un Gilmour ou un Latimer, sur un Forsaken épique dépassant les douze minutes, dédié aux parents de Lisa. 

Cette dernière maintient le suspens en n'apparaissant qu'à partir du troisième titre, le flamboyant Your World. Levant toute crainte, son chant ne crée pas de réelle surprise, il s'inscrit dans la continuité de celui de Rachel. Tout aussi envoûtant, il est bien plus expressif. Chantant ses propres textes, Lisa a ainsi tout le loisir de communiquer ses propres émotions. 

Côté musique, Jones et sa bande nous entraînent à la croisée des musiques progressive, rock, folk et celtique. Troy Donockley, invité de marque, incarne par excellence ce dernier aspect avec ses flûtes irlandaises et sa cornemuse, notamment sur l'instrumental d'ouverture The Calling, ainsi que sur les monuments que sont Moment In Time, Forsaken et The Gathering Light. Le violoncelliste Hugh McDowell, ex-Electric Light Orchestra, et déjà entendu sur She de Caamora et le projet Icon de Wetton & Downes, intervient sur quatre titres, les déjà cités Forsaken et The Gathering Light, mais aussi sur les non moins passionnants State Of Grace et Tide To Fall accompagné d'un quatuor à cordes. 

Alors que The Gathering Light devait relancer la carrière de Karnataka, le groupe va être à nouveau frappé par le destin, brisant à nouveau une ascension qui semblait irrésistible. Quelques mois seulement après sa parution, Lisa, Gonzalo et Ian Harris annoncent à la surprise générale leur départ. Cela ne va pas pour autant effrayer Ian Jones qui a connu bien pire. Désormais secondé par Pinna, il se lance corps et âme dans une troisième incarnation de Karnataka. Sera-t-elle la bonne cette fois-ci ?


Musiciens


Lisa Fury : chant, percussions
Ian Jones : basse, claviers, percussions, bodhran, programamtion
Gonzalo Carrera : claviers
Enrico Pinna : guitares
Ian Harris : batterie

Troy Donockley : uilleann pipes, whistles
Hugh McDowell : violoncelle

Philippe Honoré : violon
Bridget Davey : violon
Jane Fenton : violoncelle
Clive Howard : alto

Titres


01. The Calling
02. State Of Grace
03. Your World
04. Moment In Time
05. The Serpent And The Sea
06. Forsaken
07. Tide To Fall
08. The Gathering Light

vendredi 11 septembre 2015

Mermaid Kiss - The Mermaid Kiss Album (2003)

Mermaid Kiss - The Mermaid Kiss Album
Mermaid Kiss - The Mermaid Kiss
Album (2003)
Mélange de Kate Bush, Cocteau Twins et Karnataka, The Mermaid Kiss Album est une invitation au rêve. 

Originaires de Kington, petite bourgade anglaise frontalière avec le Pays de Galles et peuplée d'à peine 2600 âmes en ce début de XXIe siècle, Evelyn Downing (chant, flûte), Jamie Field (guitares, basse) et Andrew Garman (claviers, basse, batterie) sortent leur premier album autoproduit en 2003.

Auparavant, Evelyn avait publié, sous son seul nom, deux disques introuvables aujourd'hui : Shine en 2001 puis Electric en 2002. Si Jamie et Andrew avaient participé à leur élaboration, désormais, ils forment un vrai groupe. 

Les chansons, quatorze au total, sont courtes. La plus longue, Write My Name In Stars, peine à atteindre les six minutes. Un brin poétique, un brin atmosphérique, elle évoque Mostly Autumn avec cette flûte mélodieuse et cette ambiance feutrée. Plus vive, Some Days Are Like This est le plus ancien morceau de l'album. Il a été écrit en 1999 par Jamie qui l'a ensuite réarrangé avec ses deux acolytes. Soundchaser et Whisper annoncent avec quatre ans d'avance le futur album Etarlis, véritable chef d'œuvre du groupe. A l'origine, il s'agit d'un roman de fantasy écrit en duo par Evelyn et Jamie. Ils se sont inspiré du monde imaginaire inventé dans leur livre pour composer ces deux titres qui auraient eu toute leur place sur cet album relatant les aventures des héroïnes Anna et Gerri. 

Accompagnée au simple piano par Andrew, Evelyn délivre les paroles énigmatiques de Thirteen dans un français au délicieux accent anglais. 

Treize, un nombre malheureux
Un nombre sans bonheur
Et sans joie
Mais aujourd'hui vous êtes dans mon cœur
Et vous êtes un bonheur
Pour moi

Mais maintenant un nouveau jour commence
Et pour nous une nouvelle danse
Et maintenant le numéro treize à de la bonne chance. 

© Jamie Field & Evelyn Downing 2003. All rights reserved

Avec The Mermaid Kiss Album, Mermaid Kiss ouvre la porte de son univers onirique. Suivront l'EP Salt On Skin tout aussi intéressant, l'immense Etarlis puis Another Country, ultime témoignage de ce groupe d'exception à la musique aussi douce que le tendre baiser d'une sirène.  

Musiciens


Evelyn Downing : chant, flûte
Jamie Field : guitares, basse
Andrew Garman : claviers, basse, batterie

Titres


01. Mermaid Kiss
02. Breathing Under Water
03. Write My Name In Stars
04. Blind
05. Spirit
06. Soundchaser
07. This Feeling
08. Just Like You
09. Some Days Are Like This
10. Like Water
11. Fated
12. Whisper
13. Thirteen
14. Mermaid Kiss Reprise

mardi 8 septembre 2015

Mermaid Kiss - Salt On Skin (2006)

Mermaid Kiss - Salt On Skin
Mermaid Kiss - Salt On Skin (2006)
En 2006, Mermaid Kiss n'est plus qu'un trio réunissant ses deux membres fondateurs, Jamie Field et Andrew Garman, ainsi que le guitariste Nigel Hooton arrivé fin 2003. Evelyn Downing les a quitté, en 2004, pour suivre des études de musicologie. 

Néanmoins, elle vient prêter sa voix sur deux titres du tout nouveau Salt On Skin. Dès les premières notes de Hollow, sa voix rappelle de manière troublante celle de l'immense Kate Bush. Elle signe également les paroles de cette chanson. A l'inverse, elle ne fait qu'interpréter Volcano écrite par Jamie à son intention. Si Hollow évoque la dépression, Volcano n'est que folie, et si le piano domine sur la première, les percussions sont à l'honneur sur la seconde.

Kate Belcher a elle aussi écrit les paroles de Walk Away, morceau plutôt calme, mi-ambient, mi-jazzy, sur lequel elle joue également de la guitare acoustique. Mais, sa voix éclate particulièrement sur le très réussi Human Zoo au refrain accrocheur, ponctué de vifs soli de guitare exécutés par Nigel.

C'est avec l'électrique The Blushing Bride que Kate Emerson ouvre Salt On Skin. Ce titre semble tout droit sorti du répertoire de Karnataka. La présence de leur ancien guitariste, Paul Davies, n'est sûrement pas étrangère à cette agréable sensation. Sur A Hard Row, Evelyn se fait à nouveau entendre, non pas au chant, mais à la flûte. Kate interprète cette émouvante chanson qui s'interroge sur notre comportement face à la pauvreté. Par sa douceur, I Go To Sleep est une conclusion idéale pour ce disque. Écrite par Jamie pour son épouse, Frances, Kate en livre une version pleine de force et de conviction.

D'une durée inférieure à trente minutes, Salt On Skin c'est trois hommes, trois femmes et sept possibilités. Cet EP, d'une très bonne qualité, annonce le futur chef d'œuvre du groupe, Etarlis.   

Musiciens


Jamie Field : guitares
Andrew Garman : claviers, batterie, , percussions, basse
Nigel Hooton : guitares

Evelyn Downing : chant, flûte
Kate Belcher : chant, guitare acoustique
Kate Emerson : chant
Paul Davies : guitare

Titres


01. The Blushing Bride
02. Walk Away
03. Hollow
04. Human Zoo
05. A Hard Row
06. Volcano
07. I Go To Sleep

vendredi 4 septembre 2015

Mermaid Kiss - Etarlis (2007)

Mermaid Kiss - Etarlis
Mermaid Kiss - Etarlis (2007)
Une merveille. Etarlis est une merveille. Sorti en 2007, cet album s’inscrit dans la droite lignée des meilleurs Iona, Karnataka et Mostly Autumn. Cette filiation est confirmée par la présence de Troy Donockley aux uilleann pipes ainsi que de Jonathan Edwards, ex-claviériste de Karnataka, et par la participation de Chris Walkden, collaborateur régulier de Mostly Autumn, à l'artwork. Son travail, très soigné, dépeint à la perfection l'univers du disque.

Formé en 2000 par Evelyn Downing (chant, flûte), Jamie Field (guitares) et Andrew Garman (claviers, basse, batterie, percussions), le trio adopte rapidement le doux nom de Mermaid Kiss. Le guitariste Nigel Hooton les rejoint à la toute fin 2003. Le groupe avait déjà publié The Mermaid Kiss Album quelques mois auparavant. Ensemble, ils sortent l'EP Salt On Skin en 2006.

Mais c'est avec Etarlis que le quatuor connaîtra son apogée artistique. Ce disque, aux multiples influences, est un concept-album relatant le voyage de deux héroïnes, Anna et Gerri, dans l'étrange contrée d'Etarlis, monde imaginaire à la fois fantastique et dangereux. Evelyn et Jamie ont inventé et écrit cette histoire sur plusieurs années.

Afin d'enrichir sa texture musicale, le groupe à fait appel à Kate Belcher au chant et à Wendy Mark aux instruments à vent comme le cor anglais, le hautbois et la flûte à bec. D'une qualité inouïe, chaque chanson représente un tableau différents de cette aventure.

Prelude, instrumental symphonique dépassant à peine les deux minutes, ouvre le rêve. Puis, A Different Sky nous entraîne corps et âme dans un tourbillon onirique où l'on découvre la voix cristalline d'Evelyn portée par une guitare électrique flamboyante. Walking With Ghosts et ses flûtes nous ramène dans des eaux plus calmes, même si cette voix déchirante continue à nous transpercer. Avec Dark Cover et son chant torturé, nous sombrons encore un peu plus dans la noirceur. Mais une lueur d'espoir surgit sur la fin grâce à ce solo de guitare lumineux exécuté par Nigel. Kate prend le relais sur Nowhere To Hide. Son innocence rappelle celle d'Heather Findlay à ses débuts, sur les premiers albums de Mostly Autumn. Elle enchaîne ensuite sur une Siren Song qui n'est qu'émotion. A Sea Change, aux résonances médiévales, se divise en cinq parties et nous offre de splendides soli accomplis par Troy Donockley puis Jonathan Edwards. Kate revient une dernière fois sur un Shadow Girl d'une grande fragilité où se côtoient chant nostalgique, flûte, hautbois et nappes de claviers atmosphériques. Puis surgit Crayola Skies à la beauté renversante. Evelyn est telle une déesse, son chant exprime comme nul autre une infinie tristesse. Émotion garantie. The Citiy Of Clouds (Qway-Lin) termine cette odyssée en apothéose. Nos deux héroïnes arrivent au bout de leur aventure. Claviers mystiques, chant grandiose, guitare hispanisante et orchestration brillante nous ramènent progressivement durant ces dix dernières minutes vers la réalité.      

Aujourd'hui, Mermaid Kiss n'est plus. Le groupe s'est séparé suite au départ d'Evelyn. Avant cela, il a publié un quatrième et dernier album, Another Country, en 2012, disponible uniquement en téléchargement. Jaimie Field, en compagnie de Wendy Marks, se consacre désormais à son nouveau projet, Zero She Flies. En revanche, aucune nouvelles d'Andy Garman ou de Nigel Hooton qui avaient déjà quitté le navire bien avant Another Country. Où qu'ils soient, tous peuvent se prévaloir d'avoir donner naissance à un chef d'œuvre exceptionnel, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Grâce à eux, Etarlis est.

Musiciens


Evelyn Downing : chant, flûte
Jamie Field : guitares
Andrew Garman : claviers, basse, batterie, percussions
Nigel Hooton : guitares

Kate Belcher : chant
Wendy Marks : cor anglais, hautbois, flûte
Troy Donockley : uilleann pipes
Jonathan Edwards : claviers

Titres


01. Prelude
02. A Different Sky
03. Walking With Ghosts
04. Dark Cover
05. Nowhere To Hide
06. Siren Song
07. A Sea Change
08. Shadow Girl
09. Beat The Drum
10. Crayola Skies
11. The City Of Clouds (Qway-Lin)

samedi 22 août 2015

Songs For Luca 2 (2007)

Songs For Luca 2
Songs For Luca 2
Quatre ans après Songs For Luca, le couple Bainbridge renouvelle l'expérience en réunissant sur une nouvelle compilation sobrement intitulée Songs For Luca 2, un grand nombre d'artistes. Le but recherché étant toujours le même, à savoir récolter des fonds afin de venir en aide à leur fils autiste, Luca. Au final, 2 CD, 140 minutes de musique et une trentaine de participants et de titres portés par de magnifiques voix féminines.

Joanne Hogg est la chanteuse la mieux représentée puisqu'il nous est possible de l'entendre sur quatre titres. Entourée de Roine Stolt des Flower Kings à la guitare, de Dave Bainbridge aux claviers, de Nick Beggs à la basse, de Frank van Essen à la batterie et accompagnée d'Heather Findlay de Mostly Autumn au chant, elle livre une version totalement transformée et magnifiée de Journey Into The Morn issue de l'album de Iona du même titre. C'est également en compagnie de ses amis Dave Bainbridge, Troy Donockley et Frank van Essen qu'elle réinterprète deux chansons tirées de son premier album solo, Looking Into Light. Enfin, le remix de Bird Of Heaven de Iona ouvre le second disque. On retrouve sa version originale sur Beyond These Shores. Si Joanne n'en demeure pas moins discrète sur ce titre, le splendide solo final de guitare exécuté par Dave Bainbridge mérite à lui seul son écoute. 

Autre merveille que recèle cette compilation, la chanson Circles Of Stone du projet musical Chasing The Monsoon. Formé de Ian Jones, bassiste de Karnataka, du claviériste Steve Evans, producteur de l'album Delicate Flame Of Desire, du guitariste Ian Simmons et de la chanteuse Lisa Fury, ce titre est un mélange de musique celtique, progressive et ambient navigant dans les mêmes eaux que Karnataka. A noter d'ailleurs que Lisa Fury succédera à Rachel Jones au sein du groupe de Swansea et qu'au moment où nous écrivons ces lignes, aucun album de Chasing The Monsoon n'a encore vu le jour. Circles Of Stone demeure donc le seul titre de cette expérience musicale à être gravé sur CD.

Déjà présente sur l'EP Spirits Of Christmas Past, Winter Is King a bénéficié d'un remix exclusif du guitariste Ben Matthews du groupe Thunder. Cette douce chanson hivernale composée et chantée par Heather Findlay prend toute son ampleur grâce au duo de flûtes formé d'Angela Gordon et de Troy Donockley. Un vrai régal pour les oreilles tout comme le titre d'ouverture du premier CD, Eirigh Suas A Stoirin enregistré par Moya Brennan (Clannad) et ses musiciens. Cet inédit s'inscrit dans la grande tradition des ballades celtiques enivrantes.

Il serait trop fastidieux d'aborder tous les morceaux. Précisons simplement qu'à côté d'artistes confirmés tels que Mae McKenna, Nick Fletcher ou Phil Keaggy, d'autres, moins connus et répartis aux quatre coins de la planète, nous ouvre une fenêtre sur leur univers qui ne demande qu'à être exploré. Parmi eux, nous trouvons l'Allemand Frank Bossart et son projet Eureka, le groupe de rock progressif japonnais Kenso, Chris Hale et Peter Hicks, deux Américains qui ont grandi en Inde et qui ont formé Aradhna en 1999, ou encore Theophonic Cloud, duo basé en Alaska. 

Songs For Luca 2 n'est donc pas qu'une simple compilation. Nombreux sont les titres inédits et les artistes plus ou moins connus qui, d'une manière ou d'une autre, gravitent dans la fructueuse galaxie Iona. Il faut plutôt voir ce disque comme une passerelle entre ces différents musiciens dont l'écoute ne peut que susciter l’enthousiasme et le désir de découvrir de nouveaux horizons musicaux.  

Titres et interprètes


1.01. Eirigh Suas A Stoirin (Moya Brennan)
1.02. Big Fish Rumba (David Beegle)
1.03. Journey Into The Morn - new version (Joanne Hogg)
1.04. A Stor Mo Chroi (Troy Donockley / Dave Bainbridge)
1.05. Strange Kind Of Friend (Martyn Joseph)
1.06. Lost For You (Soulful Terrain)
1.07. A Winter In Hokkaido (Kenso)
1.08. I Ask No Dream (Joanne Hogg)
1.09. Asilomar Sunrise (Keith Baker)
1.10. Across The Sea (Dave Bainbridge / Phil Keaggy)
1.11. Rahim Dhaga (Aradhna)
1.12. Arabesque (Eureka)
1.13. Excuses To Fall (Richard John Thompson)
1.14. In Your Arms (Debbie Bainbridge)
1.15. Dreaming (Invisible Opera Company Of Tibet)

2.01. Bird Of Heaven - 2007 remix (Iona)
2.02. Do Wot You Want (Nick Beggs)
2.03. Circles Of Stone (Chasing The Monsoon)
2.04. Hymn To The Sea (Troy Donockley)
2.05. Silver Moon (Nick Fletcher)
2.06. Super Glue (Rachel Taylor-Beales)
2.07. Sacred Space (Debbie Bainbridge)
2.08. Winter Is King (Mostly Autumn)
2.09. O Euchari (David Fitzgerald / Dave Bainbridge)
2.10. A Prayer (Mae McKenna / Dave Bainbridge)
2.11. The Brilliance Of Stars (Deborah Martin)
2.12. Almighty Father Who Dost Give (Joanne Hogg)
2.13. Out Of The Ether (Guillermo Cides / Emmett Chapman)
2.14. Luca (Theophonic Cloud)
2.15. Red Sun (Nick Fletcher / Dave Bainbrige)

mardi 31 mars 2015

ProgAID - All Around The World (2005)

ProgAID - All Around The World (2005) - Magenta - Iona - Mostly Autumn - Karnataka
ProgAID - All Around The World
(2005)
26 décembre 2004. Le monde est figé suite au tsunami qui a tout emporté sur son passage en Asie du Sud-Est. Très vite, dans un élan de solidarité sans précédent, l'aide internationale s'organise de toute part, parfois de manière inattendue. David Robinson, patron du label de musique F2 Records, décide d'agir après un échange par mail avec Nick Gielkens, auteur du site Internet Mostly Pink. Sous la houlette de Rob Reed de Magenta, il réunit une quarantaine d'artistes dans le but d'enregistrer un disque qui permettra de récolter des fonds. Dans l'esprit du Band Aid des années 80, le collectif prend le nom de ProgAID. La chanson choisie, All Around The World, à la thématique pacifiste, est extraite du deuxième album de Cyan, Pictures From The Other Side. Sa structure se prête facilement à ce genre d'exercice où plusieurs intervenants, chanteurs ou musiciens, peuvent se succéder aisément. 

Le disque est prêt en deux mois à peine, et réunit du très beau monde sensibilisé à la cause. Iona est représenté par Troy Donockley, Mostly Autumn par Heather Findlay et Bryan Josh, et Karnataka, désormais séparé, par Rachel Jones, Jonathan Edwards et Paul Davies. Toute l'équipe Magenta est au rendez-vous : Rob Reed, producteur du CD, Matthew Cohen, co-investigateur du projet, Christina, Chris Fry, Martin Rosser ainsi qu'Allan Mason-Jones. A leurs côtés, nous pouvons citer, en vrac, les chanteuses Tracy Hitchings (Landmarq) et Susie Bogdanowicz (Glass Hammer), Stu Nicholson (Galahad), Rob Cottingham (Touchstone), Alan Reed (Pallas), Nick Barrett (Pendragon), Clive Nolan (Pendragon/Arena), John Mitchell (Arena), Arjen Lucassen (Ayreon), Steve Balsamo, Oliver Wakeman, Anthony Phillips (ex Genesis), Pete Trewavas (Marillion), Andy Edwards (Ezra) ou encore Nigel Voyle (Cyan), chanteur originel de la chanson. 

L'EP rassemble cinq versions différentes de cette chanson. La plus intéressante est celle intitulée Definitive Mix qui, sur douze minutes, regroupe la totalité des participants ainsi qu'une dizaine de soli de guitares et quatre de claviers. Le Single Mix est extrait de cette version. Sur Air Mix, les Britanniques tels que Alan Reed, Peter Nicholls ou Nick Barrett sont plutôt à l'honneur. En revanche, le Cue Mix semble avoir privilégié les artistes internationaux comme Neal Morse, Roine Stolt des Flower Kings ou bien Arjen Lucassen. La cinquième piste est uniquement instrumentale. Elle laisse donc un plus grand espace au violon de Liz Prendergast, à la flûte de Martin Orford, aux whistles et uilleann pipes de Troy Donockley et à la 12 cordes d'Anthony Phillips.

Jamais un disque n'avait auparavant associé autant d'artistes de la scène progressive. L'opération est d'autant plus louable qu'elle a été réalisée pour la bonne cause. Un dernier détail intéressant à signaler, la pochette a été conçue par Adam J. Hodgson déjà auteur de celle de l'album Seven de Magenta.

    
Musiciens

Neal Morse (ex Spck's Beard/Transatlantic) : chant, guitare
Anthony Phillips (ex Genesis) : guitare
Pete Trawavas (Marillion) : basse
Rione Stolt (The Flower Kings) : chant, guitare
Arjen Lucassen (Ayreon) : guitare
Peter Nicholls (IQ) : chant
John Jowitt (IQ) : basse
Martin Orford (IQ) : flûte, claviers
Alan Reed (Pallas) : chant
Nick Barrett (Pendragon) : chant, guitare
Clive Nolan (Arena/Pendragon) : claviers, chant
Gary Chandler (Jadis) : chant, guitare
Oliver Wakeman : claviers
Troy Donockley (Iona) : whistles, uilleann pipes
Steve Balsamo (Alan Parsons Project) : chant
Heather Findlay (Mostly Autumn) : chant
Bryan Josh (Mostly Autumn) : guitare
John Mitchell (Arena/The Urbane/Kino) : guitare
Mike Baker (Shadow Gallery) : chant
Gary Wehrkamp (Shadow Gallery) : guitare
Fred Schendel (Glass Hammer) : claviers
Susie Bogdanowicz (Glass Hammer) : chant
Walter Moore (Glass Hammer) : chant
Bruce Soord (Pineapple Thief) : chant, guitare
Stu Nicholson (Galahad) : chant
Steve Taylor (Strangefish) : chant
Dave Whittaker (Strangefish) : batterie
Rob Reed (Magenta) : claviers
Christina (Magenta) : chant
Matthew Cohen (Magenta) : basse
Chris Fry (Magenta) : guitare
Martin Rosser (Magenta) : guitare
Allan Mason-Jones (Magenta) : batterie
Nigel Voyle (Cyan) : chant
Andy Edwards (Ezra) : chant, guitare
Dave Wagstaff (Landmarq) : batterie
Tracy Hitchings (Landmarq) : chant
Steve Gee (Landmarq) : guitare
Doogie White (ex Rainbow/Yngwie Malmsteen) : chant
Chris Dale (Sack Trick) : chant, basse
Rob Gould (Fula) : claviers
Rachel Jones (ex Karnataka) : chant
Jonathan Edwards (ex Karnataka/Panic Room) : claviers
Paul Davies (ex Karnataka/Panic Room) : guitare
Robert Cottingham (Touchstone) : claviers, chant
Liz Prendergaste (Bluehorses) : chant, violon
Nic Waulker (Bluehorses) : batterie

Titres

01. Single Mix
02. Definitive Mix
03. Air Mix
04. Cue Mix
05. Instrumental

dimanche 29 mars 2015

Anne-Marie Helder - The Contact (2004)

Anne-Marie Helder - The Contact (2004)
Anne-Marie Helder - The Contact
(2004)
Après avoir fait ses premières armes au sein du groupe gallois Tiger Dragon, Anne-Marie Helder rejoint Karnataka, alors en pleine ascension, en 2002. Deux ans plus tard, alors que la formation est sur le point d'éclater suite à la séparation de Ian et Rachel Jones, Anne-Marie sort son premier album solo, The Contact. En réalité, il s'agit plus exactement d'un mini album puisqu'il ne comporte que six titres et dépasse à peine la demi-heure.

Avec ce disque, Anne-Marie Helder dévoile plusieurs facettes de son talent. Talent de compositrice car elle a seule écrit toutes les chansons du disque. Talent de multi-instrumentiste en jouant quasiment de tous les instruments : guitare, piano, flûte, percussions mais aussi programmation. Dave Kilminster, son compagnon et également guitariste de Keith Emerson sur scène depuis 2002, est juste venu lui prêter main forte avec quelques soli sur Blood Red Sky, No Other Lover et Murder ainsi que Adam Pain à la basse. Talent de chanteuse. Avec Karnataka, elle n'était qu'aux chœurs. Grâce à cet album, sa voix, à la fois douce, puissante et écorchée est mise en avant. Talent de productrice associée à ses deux collaborateurs, Dave Kilminster et Adam Pain. Enfin, talent de graphiste puisque c'est elle qui a conceptualisé l'artwork du livret et de la pochette du CD.

A l'exception d'Exodus, toute les chansons ont été construites à partir de la guitare acoustique. Blood Red Sky, inspirée par une histoire de double meurtre dans l'Est de l'Angleterre, lorgne du côté de Joni Mitchell par son aspect folk. Exodus était prévue à l'origine pour Tiger Dragon. Elle combine une voix d'une grande intensité accompagnée d'un piano solitaire et de quelques notes synthétiques de violoncelle. Ce morceau intimiste préfigure, avec une petite dizaine d'années d'avance, le projet Luna Rossa qu'Anne-Marie montera avec Jonathan Edwards. A contrario, Autocratic est bien plus violente, que ce soit dans la forme ou dans le fond. Anne-Marie laisse exprimer sa colère contre ces personnes parasites qui se mêlent continuellement de ce qui ne les regarde pas. Retour aux influences folk avec Stallions & Nags, au chant tourmenté, qui a pour thème l'addiction aux drogues, à l'alcool et à tout autre fléau qui nous détruit de l'intérieur sous couvert d'apporter un bien-être mensonger. No Other Lover est la chanson d'amour du disque pleine d'émotion. Enfin, Murder conclut The Contact de manière angoissante. Ce titre torturé évoque les psychopathes qui prennent plaisir à faire souffrir les autres. Anne-Marie en livre une prestation complètement habitée, possédée. 

Ce qui ressort de ce disque, c'est qu'Anne-Marie Helder est une femme libre, qui sait où elle va et ce qu'elle veut. Cependant, s'il faut bien reconnaître que son chant n’atteint pas la dimension émotionnelle d'une Joanne Hogg, d'une Christina Booth ou d'une Heather Findlay, notre chanteuse compense cette "faiblesse" (toute relative)  par son éclectisme qui l'emmène à prendre des risques et à la conduire là où on ne l'attend pas forcément. En définitive, The Contact ne marque que le début d'une longue et riche carrière à venir. 

Musiciens


Anne-Marie Helder : chant, guitare, piano, flûte, percussions, programmation

Dave Kilminster : guitare
Adam Pain : basse

Titres


01. Blood Red Sky
02. Exodus
03. Autocratic
04. Stallions & Nags
05. No Other Lover
06. Murder

jeudi 26 mars 2015

Karnataka - Strange Behaviour (2004)

Karnataka - Strange Behaviour (2004)
Karnataka - Strange Behaviour (2004)
Sorti en 2004, Strange Behaviour marque la fin d'une époque. Il s'agit du premier et dernier enregistrement live audio de Karnataka, du moins sous cette formation qui comprend Rachel Jones au chant, Ian Jones à la basse, Jonathan Edwards aux claviers, Paul Davies à la guitare, Gavin Griffiths à la batterie et Anne-Marie Helder aux chœurs, flûte, bombarde et percussions. 

Sur scène, cette dernière est très vite devenue la valeur ajoutée du groupe. Par sa présence, elle est dotée d'un charisme remarquable, mais aussi par son talent artistique. Sa voix se mélange à merveille avec celle de Rachel qui, soit dit en passant, demeure toujours aussi unique et envoûtante. L'apport de la flûte au côté des instruments plus "classiques" des autres musiciens donne de réelles couleurs à des titres comme After The Rain, Heaven Can Wait, The Right Time, The Storm ou encore The Journey. Quant à la bombarde, cet autre instrument de musique à vent, elle illumine littéralement l'inédit Talk To Me

Effectivement, non seulement Strange Behaviour ne comporte pas moins de vingt-et-un titres, mais deux sont inédits (le précité et These Dreams Are Over) et deux sont cachés à la fin du second CD (le rare Run To Me du premier album et l'inévitable Shine interprété à chaque tournée). Si Delicate Flame Of Desire est joué dans sa quasi-intégralité à l'exception d'un seul titre, The Storm est bien représenté avec sept chansons sur dix, de même que l'album Karnataka avec quatre titres.

Ce double album live est donc un excellent témoignage de ce dont était capable Karnataka sur scène, à une époque où régnait encore une certaine osmose entre ses musiciens. Malheureusement, peu de temps après sa parution, le groupe annoncera sa séparation. Mais, tel le phénix, il renaîtra quelques années plus tard sous la seule conduite de Ian Jones alors que Rachel sera partie rejoindre The Reasoning et que les quatre membres restant formeront Panic Room avec un autre bassiste et Anne-Marie au chant principal.  

Musiciens


Rachel Jones : chant, percussions
Ian Jones : basse, guitare acoustique
Jonathan Edwards : claviers
Anne-Marie Helder : chant, flûte, bombarde, percussions
Paul Davies : guitare, chant
Gavin John Griffiths : batterie, percussions

Titres


1.01. Intro - Karnataka (excerpt)
1.02. Time Stands Still
1.03. After The Rain
1.04. Crazy
1.05. Dreamer
1.06. Heaven Can Wait
1.07. The Right Time
1.08. I Should Have Known
1.09. Delicate Flame Of Desire
1.10. These Dreams Are Over
1.11. The Storm

2.01. Must Be The Devil
2.02. Strange Behaviour
2.03. Everything Must Change
2.04. Talk To Me
2.05. The Journey
2.06. Tell Me Why
2.07. Heart Of Stone
2.08. Out Of Reach
+ Run To Me
+ Shine

mercredi 11 février 2015

Dave Bainbridge - Veil Of Gossamer (2004)

Dave Bainbridge - Veil Of Gossamer (2004)
Dave Bainbridge - Veil Of Gossamer
(2004)
Après Troy Donockley puis Joanne Hogg, Dave Bainbridge sort, en 2004, son premier album solo, Veil Of Gossamer. Il lui aura fallu deux années complètes de préparation pour réaliser ce chef d’œuvre. A l'origine, il avait envisagé de tout faire tout seul, de jouer de tous les instruments et de ne faire appel que ponctuellement à quelques musiciens additionnels. Au final, s'il joue bien d'une quinzaine d'instruments, plus d'une dizaine d'artistes sont venus lui prêter main forte, dont trois magnifiques chanteuses aux voix si envoûtantes : Joanne Hogg, Rachel Jones et Mae McKenna.

Il est désormais inutile de présenter la célèbre chanteuse du groupe britannique Iona, Joanne Hogg. C'est un peu grâce à elle, d'ailleurs, si cet album a pu voir le jour car elle s'est mise en retrait de Iona après être tombée enceinte de son premier enfant, ce qui a laissé du temps libre à Dave. Elle est présente par ses vocalises sur cinq titres et chante seule sur le poignant Until The Tide Turns qui se termine par un magnifique final de cornemuse exécuté par Troy Donockley. Dave avait prévu de faire interpréter cette chanson par Moya Brennan, mais, trop occupée par l'enregistrement de Two Horizons, il l'a finalement faite enregistrée par Joanne, en Irlande, alors enceinte de huit mois. Le résultat est époustouflant.

Pour enregistrer Rachel Jones, il s'est rendu au Pays de Galle, terre natale de la fascinante chanteuse de Karnataka. Rachel et Dave se sont rencontrés en novembre 2002, lors d'un concert de Iona pour le Classic Rock Society. Il sont restés en contact par la suite et, impressionné par le timbre de sa voix, Dave a de suite pensé à elle pour son projet. Elle ne chante pas à proprement parlé de chanson, sa voix sert d'accompagnement harmonieux aux titres les plus forts du disque : Chanting Waves, Over The Waters, The Everlasting Hills et Star-Filled Skies. Combinée à celles de Joanne et Mae McKenna, elle renforce à merveille la texture déjà si profonde de chacun de ces morceaux.

Malgré ses racines irlandaises et écossaises, c'est en Angleterre que Dave a réalisé ses séances d'enregistrements avec Mae McKenna. Chanteuse du groupe Contraband, au début des années 70, qui mêlait à la fois chansons traditionnelles celtes et musique folk-rock contemporaine, Mae entame ensuite une carrière solo et sort trois albums sur Transatlantic Records entre 1975 et 1977. Dans les années 80 et au-delà, elle demeure dans l'ombre et travaille essentiellement en studio. Elle réalise un grand nombre de sessions de chant pour des artistes aussi divers que Donna Summer, Kylie Minogue, Pete Townshend, Sting, Michael Jackson, Annie Lennox, Björk, Blur, Manic Street Preachers, ABC, Chris Rea ou encore Tears For Fears. Outre les vocalises, Dave lui confie la mission de chanter les trois passages de l'album en gaélique et c'est tout à notre avantage de pouvoir ainsi écouter distinctement cette grande voix aux sonorités si celtiques. Nous avions déjà pu l'entendre auparavant sur deux chansons de la compilation Songs For Luca, mais son chant s'insère ici en parfaite symbiose avec l’œuvre de Dave. 

Parmi les musiciens invités, quatre sont des membres ou ex-membres de Iona : les inévitables Troy Donockley et Frank van Essen ainsi que les bassistes Tim Harries et Nick Beggs. Les autres sont des proches de cette galaxie Iona puisque le violoniste Peter Whitfield a joué sur les premiers albums du groupe, William Schofield est le violoncelliste de l'Emperor String Quartet, Peter Fairclough était le batteur de Plan B, groupe crée dans les années 80 par Dave, et Chris Hale est le chanteur de Aradhna.

Sur le plan musical, Dave Bainbridge nous offre une œuvre personnelle dense, très riche, influencée aussi bien par le mysticisme chrétien d'origine celte (monastère de l'île de Iona, légende de saint Cuthbert, Royaume céleste), que par des poètes (George MacLeod, David Adam) ou de célèbres compositeurs (Gustav Mahler, Erik Satie, Mike Oldfield). Cet album est donc vivement recommandé à toute personne curieuse qui souhaite explorer en profondeur la galaxie Iona et découvrir de nouvelles sensations musicales qui ne peuvent que séduire.

Musiciens


Dave Bainbridge : claviers, guitares, bouzouki, mandoline, balafon, percussions, harpe

Mae McKenna : chant
Rachel Jones : chant
Joanne Hogg : chant
Chris Hale : chant
Troy Donockley : uilleann pipes, tin whistle, low whistle, chant
Peter Whitfield Strings : violon, alto
William Schofield : violoncelle
Nick Beggs : basse
Tim Harries : basse
Frank van Essen : violon, batterie, percussions
Peter Fairclough : percussions

Titres


01. Chanting Waves
02. Over The Waters
03. Veil Of Gossamer
04. The Seen And The Unseen
05. The Everlasting Hills (part 1)
06. The Everlasting Hills (part 2)
07. The Everlasting Hills (part 3)
08. The Everlasting Hills (part 4)
09. The Everlasting Hills (part 5)
10. Seahouses
11. Until The Tide Turns
12. The Homeward Race
13. Star-Filled Skies (part 1)
14. Star-Filled Skies (part 2)
15. Star-Filled Skies (part 3)
16. Star-Filled Skies (part 4)

dimanche 8 février 2015

Karnataka - Delicate Flame Of Desire (2003)

Karnataka - Delicate Flame Of Desire (2003)
Karnataka - Delicate Flame Of Desire
(2003)
Deux ans après The Storm qui avait suscité un certain engouement, la bande de Swansea revient, en 2003, avec un nouvel album répondant à toutes les espérances passées, Delicate Flame Of Desire. S'il fallait qualifier ce disque par un seul qualificatif, ce serait, sans aucune hésitation, par l'adjectif "luxueux".

Luxueux tout d'abord dans la forme. Ce qui nous fera toujours préférer l'objet disque au téléchargement, c'est la pochette et le livret qui nous permettent de découvrir l'univers de l'artiste. Ici, la pochette est très évocatrice avec son papillon de nuit se dirigeant droit vers la source lumineuse. Quant au livret de vingt pages, il est des plus agréables au toucher grâce à son tirage sur papier glacé. C'est vraiment de la grande classe. De plus, l'artwork intérieur réalisé par Inner Vision est particulièrement réussi.

Luxueux également dans la production très léchée. Que de chemin parcouru depuis le premier album réalisé dans le home studio du bassiste Ian Jones. Coproduit, enregistré et mixé par Steve Evans secondé par Joe Gibb aux studios Rockfield, Zero Gravity et Mighty Atom, le mastering a ensuite été coordonnée par Nick Webb aux mythiques studios Abbey Road de Londres. Au final, le disque bénéficie d'une excellente qualité sonore.

Luxueux aussi dans la musique. La présence de Steve Evans à la production a impulsé une nouvelle dynamique qui se ressent immédiatement dans la musique. Tous les instruments sont cette fois-ci mis en valeur : la guitare expressive de Paul Davies, sublime dans ses soli, les riches claviers, parfois "yessiens", de Jonathan Edwards, la basse toujours aussi harmonieuse de Ian Jones et la batterie à la frappe régulée comme un métronome de Gavin John Griffiths. 

Luxueux surtout dans les harmonies vocales. La voix de Rachel Jones est unique, il n'y a aucun doute là-dessus. Elle a ce don précieux de savoir à la fois quand et comment se déposer si délicatement sur la musique et de rendre cet éphémère mélange si magique. Elle bénéficie désormais du renfort d'Anne-Marie Helder qui joue également de la flûte et des percussions. Membre auparavant des groupes gallois Creamy Jobe et Tiger Dragon, elle commence à tourner avec Karnataka en 2001 et intègre officiellement la formation durant l'enregistrement de Delicate Flame Of Desire, en 2002. L'harmonie de ces deux voix donne un résultat remarquable à laquelle s'ajoute une troisième toute aussi pure, celle de la sensuelle Heather Findlay de Mostly Autumn sur les titres Time Stands Still, The Right Time et Heart Of Stone.

A mi-chemin entre Mostly Autumn et Iona, Karnataka signe avec Delicate Flame Of Desire un très grand disque, luxueux, aux sonorité plus pop que prog. Néanmoins, il se conclut sur le premier titre épique du groupe dépassant les dix minutes, Heart Of Stone, sur lequel tout le potentiel des musiciens et chanteuses est richement mis en valeur dans des arrangements complexes qui ancrent, sans réserve, nos Gallois dans l'univers du rock progressif.

Anne-Marie Helder, Heather Findlay, Rachel Jones
Anne-Marie Helder
Heather Findlay
Rachel Jones


Musiciens



Rachel Jones : chant, percussions
Ian Jones : basse, guitare acoustique, chœurs, percussions
Jonathan Edwards : claviers, chœurs
Paul Davies : guitares électriques
Anne-Marie Helder : chœurs, flûte, percussions
Gavin Griffiths : batterie, percussions

Heather Findlay : chœurs

Titres


01. Karnataka
02. Time Stands Still
03. Delicate Flame Of Desire
04. After The Rain
05. Strange Behaviour
06. The Right Time
07. One Breath Away
08. Out Of Reach
09. Heart Of Stone

jeudi 15 janvier 2015

Songs For Luca (2003)

Songs For Luca (2003) - Dave Bainbridge - Iona
Songs For Luca (2003)
Je m'appelle Luca. Je vis dans le Lincolnshire, en Angleterre. Je suis autiste et pour me venir en aide, mon Papa (Dave Bainbridge) qui joue dans un groupe de musique appelé Iona, et ma Maman (Debbie Bainbridge) ont souhaité m'inscrire au programme Son-rise® du Centre Américain du Traitement de l'Autisme qui a pour objectif de favoriser le développement des enfants comme moi. Afin de financer ce projet, mes parents ont fait appel à tous leurs amis pour qu'ils participent bénévolement à une compilation simplement dénommée Songs For Luca. Cette compilation regroupe vingt-six titres, dont onze inédits, sur deux CD et on retrouve de grandes figures de la scène musicale progressive, celtique, folklorique et chrétienne.

Toute ma famille s'est investie dans ce projet ambitieux. Ma sœur adorée, Evie, nous a apporté tout son soutien. Maman a joué deux morceaux de piano composés spécialement pour l'occasion, Starlit Garden et Bright Flame, sur lesquels elle exprime tout son amour maternel. Papa a lui aussi écrit et joué à la guitare In The Wake Of Colmcille. Ensuite, il a regardé vers l'Extrême-Orient et a remixé l'instrumental Beijing que l'on peut entendre sur le premier album de Iona, et il a dévoilé une version live jusque là inédite du flamboyant Man (Matthew The Man - The Book Of Kells) enregistré à Tokyo en 2001. Quant à moi, avec mes crayons, j'ai dessiné la pochette.

Ma grande famille Iona s'est également mobilisée. Les vieux complices, David Fitzgerald et Papa, ont offert une interprétation live de Open My Eyes - Reprise dont la version originale se trouve sur leur album commun, The Eye Of The Eagle. C'est d'ailleurs Oncle David (Fitzgerald) qui a l'honneur d'ouvrir Songs For Luca avec le très aérien Columba Aspexit, premier titre également de son dernier album Breath Of Heaven. Tante Joanne (Hogg) met l'accent sur l'aspect familial de se projet en autorisant la reproduction de Brightest And Best, extrait de Looking Into Light, sur lequel elle chante accompagnée par ses trois sœurs, Helen, Doreen et Muriel. Oncle Troy (Donockley), quant à lui, nous a envoyé l'instrumental Sights tiré de son premier album solo, The Unseen Stream. Mes autres oncles, Nick (Beggs) et Frank (van Essen) nous ont fait un double cadeau avec deux inédits chacun. Tonton Terl (Bryant) apparaît également sur deux titres. Celui issu de son album PsalmMy Song Is Love Unknown,  très cérémonieux avec son orgue d'église sur lequel se pose la délicate voix de Tante Joanne. Et celui de son nouveau groupe Eden's Bridge, Open Sea, que l'on pouvait déjà entendre sur leur dernier album paru en 2002, Isles Of Tide.

Et puis de nombreux autre amis sont là. Les anciens comme Peter Fairclough du jazz band Peter Fairclough Group (Shepherd Wheel) qui jouait avec Papa au sein du groupe Plan B formé bien avant que je naisse, dans la première moitié des années 80, ou bien Adrian Snell dont Papa était le guitariste et le claviériste dans, cette fois-ci, la seconde moitié des années 80. C'est par son intermédiaire qu'il a rencontré Oncle David et Tante Joanne, noyau du futur Iona. Like Father, Like Son, au titre très symbolique, est la chanson qu'il interprète pour ma compilation. De grandes dames sont aussi présentes parmi lesquelles la mythique chanteuse du non moins mythique Clannad, Maire (Moya) Brennan (Misty Eyed Adventures), l'actrice et chanteuse anglaise Julie Tippetts (Lament), Mae McKenna à la voix si douce (The Whistlin' Gypsy Rover, Ca' The Ewes) et les merveilleuses Rachel Jones et Anne-Marie Helder de Karnataka (After The Rain). Ils sont peut être à la fin de ma présentation, mais ils n'en demeurent pas moins de grands artistes : Rick Wakeman et ses claviers magiques (Morning Has Broken), l'Américain Jeff Johnson (I'll Look For You) et les groupes de musique progressive Gentle Giant (Aspirations) et The Flower Kings (A King's Prayer).

A toutes et à tous, je leur dis un grand merci d'avoir contribué à cette si belle compilation qui dresse un panorama complet de la galaxie Iona et bien au-delà. A vous qui achèterez ce disque, je vous remercie également car tous les fonds récoltés me permettront de mieux affronter les difficultés de la vie et contribueront, sans aucun doute, à améliorer le sort de l'enfant que je suis.

Titre et Interprètes


1.01. Columba Aspexit (David Fitgerald)
1.02. Open Sea (Eden's Bridge)
1.03. Sights (Troy Donockley)
1.04. In The Wake Of Colmcille (Dave Bainbridge)
1.05. Shepherd Wheel (Peter Fairclough Group)
1.06. King's Prayer (The Flower Kings)
1.07. Brightest And Best (Joanne Hogg)
1.08. For Luca (Nick Beggs)
1.09. Whistlin' (Mae McKenna)
1.10. Ester (Frank van Essen)
1.11. Beijing - The Widescreen Remix (Iona)
1.12. I'll Look For You (Jeff Johnson)
1.13. Starlit Garden (Debbie Bainbridge)

2.01. After The Rain (Karnataka)
2.02. Morning Has Broken (Rick Wakeman)
2.03. My Song Is Love Unknown (Terl Bryant)
2.04. Labyrinth (Frank van Essen)
2.05. Lament (Julie Tippetts)
2.06. Man - Live in Tokyo (Iona)
2.07. Like Father, Like Son (Adrian Snell)
2.08. Misty Eyes Adventures (Maire Brennan)
2.09. Forever In My Heart (Nick Beggs)
2.10. Aspirations (Gentle Giant)
2.11. Ca' The Ewes (Mae McKenna)
2.12. Open My Eyes - Reprise (Dave Bainbridge & David Fitzgerald)
2.13. Bright Flame (Debbie Bainbridge)

dimanche 23 novembre 2014

Karnataka - The Storm (2000)

Karnataka - The Storm (2000)
Karnataka - The Storm (2000)
La bande de Swansea est de retour en ce début de millénaire avec un nouvel album, The Storm, disponible sur leur propre label, Immrama Records. Dans la mythologie celtique, les Immrama sont des contes narrant les voyages de ses héros. Et, justement, The Storm est une invitation au voyage qui, comme dans les légendes celtes, débute et se termine avec la mer.

Bienvenue, donc, dans l'univers de Karnataka, à la confluence des musiques celtiques, progressives, folks, pop et d'ailleurs, et où les groupes comme Clannad, Renaissance, Iona et Mostly Autumn ne sont pas loin. Nos cinq héros, Rachel Jones, Ian Jones, Jonathan Edwards, Paul Davies et Gavin John Griffiths nous offrent là un album réussi, nettement meilleur que le précédent, ne serait-ce que sur le plan du mixage. Il faut dire que celui-ci a été réalisé non pas dans le studio maison de Ian, mais aux studios Rockfield, au Pays de Galles, qui ont vu passer, entre autre, Rush, Queen et, justement, Clannad.

C'est Rachel qui a la délicate mission de nous raconter les dix histoires que comporte cet album. Comme elle l'a avoué dans différentes interviews, que ce soit sur le plan vocal ou de l'écriture, elle cherche avant tout à toucher personnellement chacun de ses auditeurs en essayant de créer un phénomène d'identification afin qu'il se reconnaisse dans ses chansons. Pour cela, elle se laisse envahir par ses émotions et aborde des sujets d'ordre universel comme, par exemple, sur Heaven Can Wait où elle mène une réflexion sur le sens de la vie et ses espoirs. Grâce aux multiples effets de réverbes sur son chant cristallin et à sa voix hypnotisante, elle réussit, telle une sirène, à nous captivé d'un bout à l'autre de ce disque merveilleux.

Les chansons sont également portées par des musiciens au sommet de leur talent. La basse de Ian n'a jamais été aussi mélodieuse, la frappe de Gavin est réglée comme un métronome et demeure d'une grande efficacité et les claviers de Jonathan confèrent au disque cette ambiance si feutrée et atmosphérique. Quant à Paul Davies, malgré un mixage un peu trop en retrait, son travail est remarquable. Il nous sert des soli de guitare ravageurs dignes d'un Bryan Josh, voire même d'un David Gilmour, et nous livre de bons gros riffs accrocheurs sur des titres comme Love And Affection ou Shine.

Le cap du deuxième album est souvent le plus difficile à franchir pour un artiste. Mais, Karnataka remporte l'épreuve haut la main. Heaven Can Wait, The Journey, The Storm, Everything Must Change ou encore Dreamer sont très vite devenus des classiques du groupe. Comme on dit en anglais, The Storm est un "must have"!

Musiciens


Rachel Jones : chant
Jonathan Edwards : claviers
Ian Jones : basse, guitare acoustique, samples, bodhran
Paul Davies : guitares électriques
Gavin John Friffiths : batterie, percussions

Peter Davies : petite cornemuse écossaise
Steve Evans : percussions, samples
Jenny Hooker : flûte à bec
Steve Simmonds : saxophone

Titres


01. Heaven Can Wait
02. Dreamer
03. The Journey
04. Hay
05. Move And Affection
06. I Should Have Known
07. Everything Must Change
08. Shine
09. Writing On The Wall
10. The Storm

lundi 13 octobre 2014

Karnataka - Karnataka (1998)

Karnataka - Karnataka (1998) - Rachel Jones
Karnataka - Karnataka (1998)
Le Karnataka est un État indien dont la capitale est Bangalore. Mais c'est également un groupe gallois de rock progressif originaire de Swansea et formé de Ian Jones à la basse, Jonathan Edwards aux claviers, Paul Davies à la guitare, Gavin Griffiths à la batterie et Rachel Jones au chant. 

Rachel, Ian et Jonathan ont tout d'abord joué ensemble dans diverses formations et avec d'autres musiciens. A la recherche d'une certaine stabilité, et suite à un voyage de Ian en Inde, ils adoptent le nom de Karnataka pour leur nouveau projet. Rapidement, Gavin, suivi de Paul, va se greffer au groupe et l'alchimie va alors fonctionner. 

Entre l'hiver 1997 et le printemps 1998, ils enregistrent leur premier album simplement intitulé Karnataka dans le home studio de Ian Jones. Peu d'exemplaires ont été pressés à l'époque, ce qui fait que cet album est malheureusement épuisé aujourd’hui. Sa rareté le rend donc encore bien plus précieux. Pourtant, il faut bien l'avouer, le son n'est pas fameux et on a surtout l'impression d'écouter une (bonne) maquette. Il comporte d'anciennes compositions du premier trio déjà rodées sur scène et des nouveaux morceaux. Sur les huit titres enregistrés, quatre dépassent les 7 mn : Must Be The Devil (7'05''), Until Next Time (7'50''), There Must Be A Way (7'18'') et Run To You (7'49''). 

Notre première surprise à son écoute est la voix ensorcelante de Rachel Jones. Légère, elle se pose délicatement sur chaque morceau. Elle est la synthèse d'un délicieux mélange entre les voix d'Annie Lennox d'Eurythmics et d'Elizabeth Fraser des Cocteau Twins auquel on a ajouté une pincée vocale de Kate Bush. Dès le morceau d'ouverture, Must Be The Devil, le charme opère et nous voilà envoûté par ses magnifiques mélopées.  

La seconde surprise provient de l'omniprésence du saxophone. En effet, Steve Simmonds et son instrument sont présents sur la grande majorité des titres. L'utilisation est faite à bon escient, aucune fausse note. Mais cela donne l'impression qu'il s'agit plutôt d'un membre du groupe à part entière et non pas d'un simple invité. En tous les cas, c'est un véritable plaisir de l'entendre jouer, notamment sur There Must Be A Way. Avec son refrain entêtant, ce morceau expérimental aux accents jazz par le saxophone et progressifs par la guitare électrique de Paul Davies est parfaitement bien maîtrisé. 

Le reste de l'album est évidemment très agréable à écouter. Par-ci, par-là on perçoit les influences des seventies comme Pink Floyd, Camel, Led Zeppelin ou ELP. Clannad et Iona ne sont pas loin non plus car il souffle un petit vent celte sur leur musique. Dans ce tableau, impossible de faire l'impasse sur All About Ave qui a également beaucoup inspiré nos Gallois.

Nous avons donc ici le premier témoignage d'un groupe très prometteur au destin hors norme. Au final, notre principal regret ne vient pas de la faible qualité sonore de l'album, bien au contraire car cela lui donne une réelle touche authentique, mais plutôt de la quasi-impossibilité de se le procurer de nos jours.

Musiciens


Rachel Jones : chant
Ian Jone : basse, guitare synthé
Jonathan Edwards : claviers
Paul Davies : guitares
Gavin John Griffiths : batterie, percussions

Steve Simmonds : saxophone

Titres


01. Must Be The Devil
02. Tell Me Why
03. Crazy
04. Until Next Time
05. The Woman In Me
06. There Must Be A Way
07. Closer
08. Run To You